Le handball féminin a offert un spectacle intense lors de la demi-finale de l'Euro, opposant la France au Danemark. Cette rencontre, cruciale pour une place en finale, a mis en lumière la rivalité sportive entre ces deux nations majeures du handball. Retour sur les moments clés et la composition des équipes qui ont marqué ce match.

La Composition de l'Équipe Danoise
Le sélectionneur du Danemark, Jesper Jensen, a officialisé un groupe de 18 joueuses pour le Championnat du monde que son pays co-organise avec la Norvège et la Suède (29 novembre-17 décembre). Piliers de la sélection, les trois arrières de Metz Louise Burgaard, Anne Mette Hansen et Kristina Jörgensen seront de la partie, comme l'ancienne gardienne star de Brest Sandra Toft. L'arrière droite Mette Tranborg (genou) est la principale absente.
Le Groupe Danois
- Gardiennes : Toft, Reinhardt, A. Kristensen.
- Ailières : A. Hansen, Friis, Östergaard, Halilcevic.
- Arrières : A. M. Hansen, K. Jörgensen, Höjlund, Petersen, Burgaard, Haugsted, Elver, Scaglione.
Un Match Sous Haute Tension
Dès le coup d'envoi, la tension était palpable sur le parquet de la Wiener Stadthalle à Vienne. Le Danemark a ouvert la marque sur un jet de 7 mètres, mais la gardienne française Glauser a rapidement montré qu'elle était dans le match avec deux arrêts décisifs.
La France a peiné à débloquer son compteur, avec un tir de Horacek heurtant le poteau sur un jet de 7 mètres. Finalement, Flippes a inscrit le premier but français avec un superbe lob. Les premières minutes ont été marquées par une défense acharnée et des duels intenses.
Moments Clés de la Première Mi-Temps
- 9' : Zaadi égalise grâce à un jet de 7 mètres.
- 13' : Grandveau marque avec puissance.
- 20' : Glauser réalise un arrêt crucial, empêchant un écart de +3.
- 28' : Bouktit marque en pivot, perçant la défense danoise.
Malgré les efforts des Bleues, le Danemark a maintenu une légère avance, notamment grâce à une défense très performante. Les échecs se sont enchaînés côté français, soulignant un manque de réalisme avec seulement 39% de réussite en attaque.
La Deuxième Mi-Temps : La Domination Danoise se Confirme
Au retour des vestiaires, Sako a réalisé deux beaux arrêts réflexes, mais le Danemark a continué à exercer une pression constante. Elver a marqué un but spectaculaire, portant l'écart à +4 pour les Danoises.
Kristensen, la gardienne danoise, s'est illustrée par ses parades exceptionnelles, frustrant les attaquantes françaises. Son show s'est poursuivi avec une 14e parade, rendant difficile toute remontée au score pour les Bleues.
Moments Clés de la Deuxième Mi-Temps
- 52' : Valentini redonne espoir avec un but en contre.
- 48' : Hansen marque son 7e but, compliquant la situation pour la France.
- 40' : Foppa égalise enfin, après une longue phase offensive.
Malgré une exclusion temporaire de Lassource, la France a tenté de revenir au score, mais Kristensen a continué à repousser les tirs français. Hojlund a finalement marqué le but qui a scellé la victoire du Danemark.
Composition des Équipes
Voici la composition des équipes qui se sont affrontées lors de cette demi-finale :
| France | Danemark |
|---|---|
| Gardiennes : Glauser, Sako Joueuses de champ : Bouktit, Flippes, Foppa, Grandveau, Granier, Horacek, Kanor, Lassource C., Lassource D., Nze Minko, Ondono, Toublanc, Valentini, Zaadi | Gardiennes : Toft, Kristensen Joueuses de champ : Eiberg, Elver, Friis, Hansen A., Hansen A., Haugsted, Hojlund, Iversen, Jorgensen, Kindberg, Moller, Nielsen, Ostergaard, Tranborg |
| Entraîneur : Sébastien Gardillou | Entraîneur : Jesper Jensen |
Performances Individuelles Notables
- Kristensen (Danemark) : La gardienne danoise a été la clé de la victoire de son équipe, réalisant 14 arrêts cruciaux.
- Hansen (Danemark) : Auteur de 7 buts en 8 tentatives, elle a été une menace constante pour la défense française.
- Glauser (France) : Malgré la défaite, la gardienne française a réalisé plusieurs arrêts importants.
L'équipe de France a montré un bel état d'esprit et une grande combativité tout au long du match. Malgré la défaite, les Bleues ont prouvé qu'elles restaient une équipe redoutable sur la scène internationale.
Les Déclarations d'Après-Match
- Estelle Nze Minko : "On se sentait prêtes à jouer cette demi-finale mais dès le début du match, j’ai la sensation que leur attaque était plus forte que ce qu’on pensait et que leur gardienne était meilleure qu’on le pensait."
- Sébastien Gardillou : "On bute sur une gardienne excellente aujourd’hui. On espère qu’on se remobilisera face à la Hongrie."
Après cette défaite en demi-finale de l'Euro, l'équipe de France tentera de décrocher une médaille de bronze contre la Hongrie.
L'Équipe de France Face à l'Espagne : Un Match Difficile
Face à l'Espagne, déjà éliminée de l'Euro, l'équipe de France a vécu un cauchemar en première période, ce lundi à Herning (Danemark). Menée de six buts à la pause, avec un manque criant de réussite au tir, elle s'est inclinée (32-36) pour son troisième match du tour principal, compromettant grandement ses chances de se qualifier pour les demi-finales.
Deux jours après avoir fait preuve d'une folle efficacité face au Portugal (46-38), les Bleus ont cette fois connu beaucoup de déchets au tir, à l'image de Dika Mem, impeccable samedi mais qui n'a pas su régler la mire face à l'Espagne (0/4). Ludovic Fabregas, son coéquipier à Barcelone, a lancé la France en inscrivant les deux premiers buts tricolores, avant de voir les Espagnols faire un premier break (2-4, 7e).
Elohim Prandi (2/5) a permis aux Bleus de recoller dans la foulée (4-4, 8e) mais l'Espagne a continué de tendre son piège et les joueurs de Guillaume Gille sont tombés dedans, encaissant un sévère 7-1 alors qu'ils avaient repris les devants (8-7, 13e ; 9-14, 21e). Plombés par un terrible 14/27 à la pause, les coéquipiers d'Aymeric Minne sont rentrés au vestiaire avec six longueurs de retard (14-20) et ont vu l'écart grimper à +7 en début de seconde période, sur un but de l'inarrêtable Ian Barrufet (10/11).
Plusieurs arrêts précieux de Rémi Desbonnet (6 arrêts sur les 9 premiers tirs, 36 % au final), au relais de Charles Bolzinger qui avait commencé la rencontre, ont permis aux Bleus de ne pas sombrer. Et même de sonner la révolte, dans le sillage de Nicolas Tournat (4/4), pour revenir à un but (25-26, 48e) et rêver d'une folle remontée.
Guillaume Gille : Il y a beaucoup de déception et de frustration après cette rencontre. On savait qu’il ne fallait pas l’aborder dans le confort, que l’Espagne était capable de coups tactiques et n’aurait plus rien à jouer. Et c’est exactement ce qui s’est passé. Toutes les choses qu’on a vues ce soir, on a bossé dessus. Notre début de match est trop moyen par rapport à ce qu’on doit attendre à ce niveau et ça a donné de la stabilité et de la confiance à l’équipe d’Espagne. La deuxième est meilleure dans la volonté et l’engagement, on a les situations pour revenir mais, au final, le résultat est décevant et frustrant. On n’a clairement pas été au rendez-vous. En tant que coach, forcément, on se dit qu’on n’a pas donné les clés à l’équipe mais aussi que chaque garçon, individuellement, ne s’est pas mis dans les meilleures dispositions pour aborder la rencontre. Leur défense étagée nous a mis dans le dur, mais c’est un tout. Il y a beaucoup de choses qui n’ont pas fonctionné.
Rémi Desbonnet : J’ai du mal à analyser ce qu’il s’est passé. On savait qu’ils allaient proposer des choses et on est tombé exactement dans le piège qu’ils nous ont tendu. C’était le piège parfait. On savait qu’ils voulaient nous piéger, mais vraiment, on n’a pas fait ce qu’il fallait. En deuxième, on a tout lâché, on est bien meilleur dans l’engagement et l’intensité qu’on met, et dans tout ce qu’on fait. Mais en même temps, on est fébrile comme une équipe qui doit recoller. On revient à un but, mais leur gardien de but nous fait du mal alors que lui-même, ce matin, nous disait qu’il n’avait pas fait une bonne compétition. Recoller, dans ces conditions, en partant de six buts, ça aurait été presque un exploit, mais malheureusement, ça n’a pas fonctionné.
Dika Mem : On est tombé les deux pieds dans leur piège, et c’est ce qui fait que je suis énervé. Maintenant, on dépend des autres et c’est exactement ce qu’on ne voulait pas. A la mi-temps, on s’est dit que ça n’était pas fini, qu’on avait déjà été plus bas et qu’on était revenu. On se dit les choses aussi, parce que ce n’est pas normal d’avoir joué en première comme on a joué. Mais on n’a pas été bon, même pour recoller en seconde période, on a les ballons mais on rate des choses. C’est ce qui est chiant. Leur gardien nous fait du mal, alors que bon, il le dit qu’il n’a pas été bon depuis le début de l’EURO. Ça met un coup au moral, mais ce n’est pas fini, il reste encore un moyen de se qualifier.
Aymeric Minne : Ça me parait clair, on fait trop d’erreurs, face à une équipe morte de faim et qui n’avait rien à perdre. Parce que, pour eux, battre la France, c’est toujours un truc spécial. On n’a pas été assez agressif, on perd plein de ballons et même quand on recolle à un but, on fait des erreurs à la finition. Le gardien en face fait 16 ou 17 arrêts, forcément, c’est compliqué de gagner dans des conditions comme ça. Je pense que cette bataille, on la perd aussi tactiquement. Ils ont su nous proposer des choses qu’on n’a pas su résoudre. Maintenant, on va regarder le match suivant et espérer que le Danemark joue le jeu. S’ils jouent au niveau où ils jouent d’habitude, ça devrait le faire. C’est un coup d’arrêt, parce que contre le Danemark, on joue bien sauf les dix dernières minutes, et là, on est à côté pendant trente minutes. Tout ce qu’on fait, on n’y arrive pas, même en défense, où on prend vingt buts en une mi-temps.
Les Bleus n’ont plus les cartes en mains : une victoire du Danemark ce soir face aux Allemands leur permettrait de disputer un véritable quart de finale face à l’Allemagne mercredi (18h). Sinon ?
Exclusions temporaires : M.
Avec le Danemark dès ce jeudi, l’ensemble tricolore entrera pleinement dans cette phase majeure de la compétition avec l’objectif d’atteindre le dernier carré. Avec seulement 2 billets pour les demi-finales pour les 6 équipes encore toutes en capacité de les composter, la lutte promet d’être acharnée et pourquoi pas donner lieu à des joutes légendaires à ce stade de la compétition. Ce match au Danemark confirme surtout ce qu’on avait imaginé : cette deuxième semaine sera très dense.
Est-ce qu’on était préparés à jouer le Danemark en premier ? Non, ce n’était pas le scénario prioritaire, c’est évident. On les imaginait plutôt en deuxième match, notamment après une victoire contre la Norvège. À date, le Danemark doit aller chercher des points pour pouvoir ambitionner une qualification en demi-finales. De notre côté, bien sûr que deux points seraient les bienvenus, et on va tout faire pour.
Quand Mathias Gidsel évolue en demi-centre, le jeu devient un peu plus centré, voire plus égocentré.
- 65,2 : la moyenne des sélections des 18 joueurs français présents à l’Euro.
Les Forces en Présence : Danemark, France et Autres Équipes
Danemark: Brillamment sacré champion olympique l'été dernier aux Jeux de Paris, vice-champion d'Europe il y a un an et triple champion du monde en titre, le Danemark domine la planète handball comme jamais. Les légendes Mikkel Hansen et Niklas Landin ont tiré leur révérence après les JO, mais elles avaient déjà transmis le relais à leurs successeurs, l'infernal arrière droit Mathias Gidsel et le gardien du Barça (et ex-Nantais) Emil Nielsen. L'ensemble déborde de talent et d'expérience à tous les postes. À domicile à Herning, les Danois vont pouvoir monter en puissance lors des phases de groupes avant de s'attaquer aux matches couperets à Oslo, où la concurrence s'annonce plus relevée.
France, Suède, Allemagne: La France est en reconquête, surmotivée pour faire oublier son énorme flop à domicile aux JO (sortie en quarts de finale par l'Allemagne, 34-35 a.p.). L'équipe est rajeunie après la retraite de Nikola Karabatic, Vincent Gérard et Valentin Porte, mais toujours talentueuse. Si les buteurs Hugo Descat et Yanis Lenne sont blessés et Elohim Prandi en reprise, Dika Mem est bien revenu après son opération d'une épaule. Les Bleus bénéficient d'un parcours très favorable. Seuls parmi les principaux favoris dans leur moitié de tableau, les champions d'Europe en titre et finalistes du Mondial 2023 ont une belle vue vers la finale d'Oslo.
La Suède, championne d'Europe 2022, est elle aussi revancharde après son échec en quarts de finale des Jeux. L'ex-entraîneur adjoint Michael Apelgren a pris la suite du sélectionneur Glenn Solberg, démissionnaire, mais l'équipe a conservé ses cadres, du demi-centre Jim Gottfridsson au gardien du PSG Andreas Palicka. Elle enregistre le retour de l'une de ses figures emblématiques, l'ailier droit Niclas Ekberg, sorti de sa retraite internationale. Mais elle sera mise à l'épreuve dès le tour préliminaire face à l'Espagne.
L'Allemagne surfe sur une énorme vague de confiance après sa médaille d'argent surprise aux JO, en coupant la tête des Bleus en quarts (34-35 a.p.). Ses deux stars, le gardien Andreas Wolff et le demi-centre Juri Knorr, ont trouvé leurs lieutenants avec l'arrière droit Renars Uscins et l'arrière gauche Julian Köster. La Nationalmannschaft va cependant devoir gérer une pression beaucoup plus importante après son changement de statut et les attentes qu'elle génère au pays.
Espagne: Après son désastreux Championnat d'Europe 2024 (sortie au tour préliminaire), l'Espagne a relevé la tête avec panache à Paris cet été, décrochant une médaille de bronze olympique inespérée. L'équipe de Jordi Ribera poursuit son renouvellement avec l'arrivée de plusieurs grands espoirs sacrés dans ses sélections de jeunes comme le Barcelonais Petar Cikusa. Malgré la blessure du buteur Aleix Gomez, elle compte toujours des valeurs sûres à l'image du gardien Gonzalo Pérez de Vargas et des frères Alex et Daniel Dujshebaev. Elle devra cependant batailler pour atteindre les quarts de finale puisqu'elle figure dans le quart de tableau le plus relevé avec la Suède et la Norvège.
Norvège, Croatie: En déclin ces dernières années, la Norvège reste dangereuse, comme elle l'a montré en dominant les Bleus en phase de groupes à Paris (22-27). À domicile, la star Sander Sagosen et ses coéquipiers peuvent espérer créer la surprise malgré le forfait de l'arrière droit Harald Reinkind, mais leur parcours est semé d'embûches. Ils devront d'abord assurer leur place en quarts de finale, à la lutte avec la Suède et l'Espagne.
L'âge d'or de la génération Balic semble aujourd'hui bien loin pour la Croatie, toujours guidée par un Domagoj Duvnjak vieillissant. Après sa piteuse 11e place à l'Euro 2024, l'équipe au damier a fait appel au prestigieux entraîneur islandais Dagur Sigurdsson, qui l'a qualifiée pour les JO, mais elle n'y a pas franchi la phase de groupes. À domicile jusqu'en demi-finales, un coup d'éclat n'est pas impossible pour ces brillants manieurs de ballon.
