L'équipe de France en est, semble-t-il, bien consciente. Ce n’est pas parce que l’on joue au Groupama Stadium de Lyon qu’il y a assurance d’une victoire. Elle retrouve pour son quatrième match de poule sa voisine transalpine, l’Italie.
« On va affronter une équipe blessée, on attend une réaction très forte de leur part. Ils ont fait des ajustements, il y a des joueurs qui rentrent dans la compo de départ. Ils ont tout à gagner », a ainsi expliqué en conférence de presse le sélectionneur des Bleus, Fabien Galthié. « C’est une équipe latine, on les connaît bien puisqu’on a joué contre eux cinq fois en quatre ans.
Les Bleus joueraient-ils à se faire peur ? Peut-être pas, mais ce dernier affrontement doit, et est, pris très au sérieux. Le demi de mêlée, Maxime Lucu, en lieu et place d’Antoine Dupont - toujours dans l’attente d’un feu vert du chirurgien après sa grave blessure à la pommette -, sans être alarmiste, se veut très concentré sur ce qui l’attend vendredi soir : « On sait très bien que c’est un match à élimination directe. Ou tu continues pour un quart, ou tu rentres à la maison, donc forcément la tension est un peu plus grande. Depuis le début de la préparation, on s’entraîne pour ça. Les détails sont certes plus importants, on travaille plus dans l’analyse. Tension plus grande pour ce qui ressemble plus à un 8e de finale qu’à un match de poule et de nombreux pièges à éviter face à cette Nazionale qui a toujours posé problème au XV de France : « Souvent on fait 15 fautes contre l’Italie. On doit mettre en place le jeu et la stratégie qu’on a travaillés.
Équipe qui peut en effet être redoutable et qui a surtout beaucoup à se faire pardonner après sa prestation face aux All Blacks, qui s’est terminée par un cinglant (17-96). L’Italie a de grande chance de ne pas montrer le même visage. « Ce sera un tout autre match, avec sans doute un niveau d’engagement plus élevé et moins de plaquages manqués. On s’attend à un gros engagement durant les vingt premières minutes. À nous d’être consistants. Avec 15 des 23 joueurs retenus qui faisaient partie de l’équipe qui s’était inclinée de cinq points face à la France en février, dont 11 dans le XV de départ, les Azzurri auront des arguments à faire valoir.
Outre le diablotin Ange Capuozzo et le botteur Tommaso Allan, qui n’a raté aucune de ses 15 tentatives face aux perches dans cette Coupe du Monde 2023, les Bleus devront aussi se méfier de la deuxième et troisième lignes toujours promptes à batailler ferme dans les rucks et à ralentir le jeu de l’adversaire : « Ils ont des qualités différentes, un style de jeu différent. Ils mettent beaucoup de vitesse dans les rucks, beaucoup de mouvements dans leur ligne de trois-quarts.
Une équipe de France prévenue en vaudra-t-elle deux ? L’Italie se qualifierait en effet en deuxième position devant la France en vertu de la règle des confrontations directes. « Cela serait l’exploit de cette Coupe du monde si les Italiens battaient les Français », parachève Pierre Berbizier. Mais nous n’en sommes pas là.
Les plus gros dérapages des commentateurs sportifs ! (en plein direct...)
Le Contexte du Match
L'équipe de France avait beaucoup à se faire pardonner, ce dimanche après-midi, à Rome, après son invraisemblable défaite en Angleterre (26-25), il y a quinze jours. Et elle n'a pas raté l'occasion de rappeler qu'elle demeurait une formidable équipe, pour peu que ses avants rayonnent en conquête et avancent sur chaque impact, et que ses trois-quarts se passent le ballon dans un timing parfait. Peut-être boostés par les bonus non obtenus par l'Irlande et l'Angleterre la veille, les hommes de Fabien Galthié ont gagné un point de plus que leurs deux principaux concurrents lors de ce week-end et restent donc plus que jamais en course pour la gagne du Tournoi.
Deux succès en Irlande (le 8 mars) et contre l'Écosse (le 15 mars), l'un peut-être avec bonus, devraient pouvoir leur permettre de finir en tête, surtout au regard de leur point-average stratosphérique (+91). Trente minutes. C'est le temps qu'il a fallu aux Bleus pour décrocher ce point de bonus offensif qui s'avérera peut-être très précieux au moment des comptes finaux. Paradoxalement, ce sont pourtant les Italiens qui avaient frappé les premiers. Une minute après un essai refusé à l'arrière tricolore Léo Barré pour un en-avant préalable de Thomas Ramos, le centre Tommaso Menoncello trouvait une ouverture entre Yoram Moefana et Pierre-Louis Barassi pour franchir la ligne et marquer 40 m plus loin malgré le retour de Théo Attissogbe (11e). Mais l'avance de la Nazionale n'a pas duré.
Trois minutes plus tard, le deuxième-ligne Mickaël Guillard enfonçait trois défenseurs au sortir d'un maul pour remettre les deux équipes à égalité (7-7, 14e). Et c'est ensuite le talonneur Peato Mauvaka, sur un ballon porté dévastateur, qui plaçait son équipe en tête pour la première fois de la rencontre (10-14, 21e). Les Italiens ne la reverront plus. Antoine Dupont, venu au soutien de Louis Bielle-Biarrey, ajoutait un troisième essai à la 24e. Et c'est donc le flanker Paul Boudehent, tout en puissance, qui eut l'honneur d'inscrire le quatrième essai (17-28, 30e), celui du bonus, deux minutes après la réduction du score du deuxième centre transalpin Juan Ignacio Brex.

Le Déroulement du Match
Un festival prolongé par les remplaçants Ne restait alors plus aux Bleus qu'à gérer leur avance et, si possible, à gonfler leur point-average. Ils l'ont très bien fait. D'abord par Barré, juste avant la mi-temps (39e), qui profita d'une nouvelle passe décisive de Dupont pour récompenser une action fantastique de près de quatre minutes. Puis par Grégory Alldritt, emportant tout sur son passage après une touche parfaitement captée par son alignement (45e). Tout ça, c'était avant l'entrée du banc, à la 49e. Six avants d'un coup. Pour un résultat identique. Les Bleus ont continué à dérouler. Bielle-Biarrey y est d'abord allé de son essai, sur une offrande de l'épatant Attissogbe (50e), avant que Dupont (54e) puis Barré (65e) ne réussissent un doublé chacun et qu'Attissogbe (76e) et Barassi (80e) ne parachèvent leur succès.
Résultat final ? 24-73, onze essais à trois. Un score très large, forcément cruel pour les Italiens. Mais les Bleus étaient trop forts ce dimanche après-midi. Il faudra qu'ils le soient encore dans deux semaines, face à l'Irlande, à Dublin, pour espérer remporter ce Tournoi des 6 Nations.
Les Facteurs Clés de la Défaite
Bon, mettons un stop immédiat à l'incantation des grands absents. Ressusciter le fantôme d'Antoine Dupont, même après une telle baffe, n'est pas rationnel. Et puis c'est injuste envers Maxime Lucu, qui va sans doute prendre pour tout le monde, encore, alors qu'il en est à son troisième match sans un ballon propre. Surtout, pas sûr que le demi de mêlée toulousain, parti prendre l'air au Canada et des intervalles qui n'existent pas à quinze, aurait pu faire grand-chose de mieux étant donné l'ampleur du chantier. D'ailleurs, c'est là qu'il faut reconnaître que celui-ci, on ne l'avait pas vu venir : ce match nul (13-13), à domicile, contre l'Italie, a valeur parfaite de défaite.
Parce que si Paolo Garbisi avait un peu mieux planté son ballon sur son tee, il n'aurait sans doute pas eu à taper dans la précipitation cette pénalité de la victoire largement dans ses cordes (82e). Dans le temps additionnel, Paolo Garbisi envoie la pénalité de la gagne sur le poteau, offrant aux Bleus un match nul inespéré. (A. Des Bleus ballottés dans tous les sens Un coup de pouce du destin, un de plus dans ce Tournoi, qui épargne au quinze de France la publication d'une page bien ridicule dans le livre de sa grande histoire, sans rien changer au constat de cette fin de week-end : on ne reconnaît plus les Bleus et c'est inquiétant, car, cette fois-ci, il n'y a pas eu la belle rébellion solidaire habituelle. Au contraire, cette partie ne fut qu'une lente et inexorable chute de tension. Tout avait pourtant pas trop mal commencé.
Les Français marquaient les premiers (7e) par Charles Ollivon, au relais d'une superbe séquence. La mêlée était dominatrice au point de nous faire crier des : « Oh oui encore ! », les mauls boulottaient le terrain façon moissonneuse-batteuse et puis tout s'est déréglé, d'un coup, dans des proportions difficiles à imaginer sans en être les témoins directs. Pourquoi ? Comment ? Tout simplement parce que les Italiens étaient patients. Et plus forts. Pas techniquement ni tactiquement, simplement sur la ligne d'avantage, dans l'agressivité, sur les impacts. Hormis Posolo Tuilagi en première période et de François Cros, les joueurs de Gonzalo Quesada ont secoué les porteurs de balle français, parfois comme des personnages de dessin animé, jusqu'à les sortir de leur match et les faire douter de leurs propres points forts. Malgré une stratégie orientée sur le poids et les impacts, les Bleus ont subi l'intensité italienne.
Analyse Tactique et Disciplinaire
Le choix de départ d'une équipe poids lourd s'est dilué dans les vapeurs d'un doute inflationniste, au point de contaminer petit à petit jusqu'aux tribunes d'un stade proche de la sidération. L'impatience a alors gagné les rangs des attaquants bleus. La précipitation les faisait aller à toute vitesse vers le large contre une défense qui montait le plus souvent un ton au-dessus. Un défaut de réalisme renforcé par un joli paquet de fautes de mains (20) qui maintenait les Italiens à flot en continu jusqu'au carton rouge de Jonathan Danty (40e). Outre sa conséquence concrète sur la rencontre, il est lui aussi un symptôme des questions que se pose toute cette équipe en dépit de son déni public.
Sans doute que le centre français a voulu sonner le réveil de ses partenaires au moment où l'adversaire montait encore le curseur de l'agression, cette fois en possession du ballon. Ç'aurait pu être un malheureux accident, mais il s'agit ici du troisième en autant de matches dans ce Tournoi des Six Nations (*). Un indice du manque de lucidité de cette équipe décidément pas dans son assiette, pas au top dans sa tête et mal à l'aise dans son corps. La suite ressembla à un long calvaire, comme cet essai de 80 mètres concédé au terme d'un mouvement magistral conclu par Ange Capuozzo (70e). L'issue devenait même implacable sans cette intervention divine sur la balle de match italienne.
La dernière fois que l'équipe de France a concédé un match nul à domicile, c'était en novembre 2018, face au Japon (23-23). Dans la foulée, Bernard Laporte avait viré Guy Novès et tout son staff. Les temps ont changé, le contexte n'est pas aussi plombé, mais on comprend que les blazers en Kevlar que les joueurs tricotent à Fabien Galthié depuis quelques semaines lui soient plutôt confortables. Le sélectionneur pourra encore raboter le mot « résilience » à tort et à travers, il connaît trop bien sa matière pour tenter de nous vendre son panier de légumes et oublier trois fois le prix de la cagette de jeunes pousses avant d'aller à Cardiff dans quinze jours.

Les Réactions et Conséquences
Piqués au vif, les Bleus ont infligé une défaite record à l’Italie. On dit que la colère est mauvaise conseillère. Dimanche à Rome pourtant, c’est la fureur d’une équipe de France en ébullition qui a fait exploser l’Italie dans des proportions historiques. Après avoir ruminé pendant deux semaines les regrets d’une défaite tellement rageante face à l’Angleterre (26-25), Antoine Dupont et ses camarades ont fait payer aux Italiens leurs frustrations au prix maximum. Onze essais inscrits, 73 points marqués : l’addition record a été salée pour les joueurs de Gonzalo Quesada relégués à ce rôle de souffre-douleur qu’ils avaient abandonné ces deux dernières saisons.
« Je savais que les Français seraient touchés par les critiques. Vous me les avez énervés » Gonzalo QuesadaImpitoyableIl est rare que l’équipe de France se montre à ce point impitoyable. Mais dimanche, elle a insisté jusqu’à la 80e minute et cette dernière attaque conclue par Pierre-Louis Barassi comme si elle voulait se débarrasser de sa mauvaise humeur autant qu’affirmer son talent. La démonstration avait quelque chose d’une catharsis. « Je savais que les Français seraient touchés par les critiques. Vous me les avez énervés. Avec toutes ces piques, je me doutais qu’ils arriveraient avec une détermination totale », a souri l’entraîneur de la Squadra Azzurra, un brin désemparé et sérieusement impressionné. « Aujourd’hui, très peu d’adversaires auraient pu faire face à cette équipe de France. Quand ils ont des ballons rapides et un Antoine Dupont dans un grand jour, c’est très compliqué. »
Le capitaine du XV de France a été effectivement au cœur du festival offensif des Bleus, en marquant deux essais, en offrant deux passes décisives, en jouant surtout ce double rôle qui en fait un spécimen unique. Il a trouvé des clés dans la défense italienne tout en réglant le thermostat de l’engagement collectif. « Quand il y a des contre-performances comme en Angleterre », a-t-il commenté, « soit on baisse la tête, soit on fait preuve de révolte ».
Perspectives d'Avenir
Si l’on pouvait souffler un conseil aux Bleus, ce serait celui-ci : « Surtout, messieurs, ne changez rien. Gardez cet état d’esprit revanchard, emmenez-le avec vous en Irlande. » Car pour le XV de France, le verdict de cette édition 2025 tombera sûrement dans deux semaines à Dublin. Grâce à ce succès bonifié, le XV de France est remonté à la deuxième place à trois points des Irlandais. Il a fait gonfler son goal-average. Et le gain du tournoi n’est pas hors de portée. Mais il faudra donc battre l’Irlande et pour cela mettre au minimum autant d’agressivité, autant d’intensité dans les duels face un rival d’un tout autre calibre. Car il est peu probable que les Bleus affichent à Dublin une feuille de statistiques avec 62 % de possession, 60 % d’occupation.
« On avait imaginé ce match en Irlande comme la plus grande montagne de ce tournoi. À nous de la grimper », a assuré Antoine Dupont. « Un beau défi nous attend à Dublin », a renchéri à ses côtés un Fabien Galthié tout sourire. On comprend sa satisfaction. La semaine passée, certains de ses choix avaient soulevé des critiques. Ils ont été validés par le scénario de la rencontre. FragilitésLes mises à l’écart de Matthieu Jalibert et Damian Penaud ? Les performances de Thomas Ramos à l’ouverture, de Théo Attissogbe à l’aile droite ou encore celle de Léo Barré à l’arrière les ont fait oublier. La composition d’un banc avec sept avants ? Il faut reconnaître que cette fois le rendement du pack français n’a pas baissé de régime dans les vingt dernières minutes où les Bleus ont ajouté quatre essais. Cette option doit-elle être reconduite à Dublin ? Le débat est ouvert.
Et quid de ce jeu de démolition à une passe qui pendant les dix minutes inaugurales, évoquait une terne copie du rugby springbok ? Ce récital monocorde de percussions orchestré par Antoine Dupont mériterait quelques variations. Mais on doit aussi admettre qu’il a fini par laminer la résistance italienne. Encore une fois, ce n’était que la Squadra Azzurra et le rideau irlandais sera autrement épais. Dans deux semaines, il faudra aussi régler les fragilités de cette défense transpercée deux ou trois fois plein centre, entre Yoram Moefana et Pierre-Louis Barassi. Peut-être est-ce le moment de faire revenir Gaël Fickou. La victoire finale toujours en ligne de mire, les Bleus ont largement battu les Italiens ce dimanche pour leur troisième match du Tournoi des Six Nations 2025 (73-24). Si le Grand Chelem leur a échappé il y a 15 jours après leur cruelle défaite face à l'Angleterre, le XV de France peut toujours espérer l'emporter.
Statistiques Clés du Match
Les Bleus, menés 7 à 0 après onze minutes de jeu, ont inscrit un total de onze essais, un record français dans le Tournoi, dont des doublés d'Antoine Dupont (23e, 53e) et de Léo Barré (38e, 64e). Ils se sont replacés à la deuxième place du Tournoi avec onze points, à trois longueurs de l'Irlande, leur prochain adversaire, le 8 mars à Dublin. Après une première demi-heure éprouvante et avec une adresse retrouvée, les Français ont progressivement pris le dessus face à des Italiens qui n'ont pu faire autrement que de baisser le pied peu à peu. "C'est un match très positif, une grande satisfaction d'avoir obtenu ce résultat avec ces joueurs-là à Rome", a analysé le sélectionneur Fabien Galthié au micro de France 2.
| Statistique | France | Italie |
|---|---|---|
| Essais | 11 | 3 |
| Points marqués | 73 | 24 |
| Possession | 62% | 38% |

Records et Performances Individuelles
Pour se racheter de leur bévue en Angleterre, les Bleus n’ont pas fait dans la demi-mesure. Ils sont les premiers dans l’histoire du Tournoi, et six nations confondues, à inscrire 11 essais lors d’une même rencontre, détrônant les Anglais et leurs 10 essais infligés aux… Italiens en 2001 (succès 80-23). Autre record battu ce dimanche à Rome, celui du plus grand nombre de points inscrits par le XV de France lors d’une rencontre du Tournoi : 73, pulvérisant la précédente marque, 56 points, déjà contre l’Italie (lors de l’édition 2005). ‘’Bip-Bip’’ fonce à toute allure. Aligne les flashs d’excès de vitesse et affole déjà les compteurs. Avec un doublé contre le pays de Galles, un autre à Twickenham et une (seule) réalisation contre l’Italie à Rome, l’ailier de l’UBB en est déjà à 5 essais inscrits dans cette édition. Et encore deux rencontres à disputer. Plusieurs records sont donc à sa portée.
D’abord le nombre d’essais inscrits par un joueur Français lors d’une même édition, propriété de Philippe Bernat-Salles, 6 essais lors du Tournoi 2001 (Bielle-Biarrey a déjà égalé la deuxième meilleure performance, 5 essais pour Vincent Clerc en 2008 et Damian Penaud en 2023). Autre marque à sa portée : inscrire au moins un essai lors de chacun des cinq matchs. Un record qui appartient également à Bernat-Salles, le seul, toutes nationalités confondues, à l’avoir réalisé depuis le passage à six nations. Si on parle de record absolu, il est de huit essais inscrits en une seule édition, et remonte à des temps immémoriaux : l’Anglais Cyril Nelson Lowe en 1914 et l’Écossais Ian Scott Smith en 1925.
Six Nations : Barré et Guillard solides, Attissogbe flambe... Presque deux packs - huit titulaires et sept remplaçants -, c’était une première dans l’histoire du XV de France. L’objectif ? Un travail de démolition sans répit pendant 80 minutes. Est-ce que cela a été efficace ? Vu la séance infligée par le huit de devant lors des 48 premières minutes, on peut le penser. Sachant que la plupart allaient quitter l’arène précocement, ils ont mis un engagement, une intensité qui a fini par soumettre le pack italien. Les six avants entrés en jeu à la 48e minute, puis Alexandre Roumat à la 66e, n’avaient plus qu’à finir le boulot face à des adversaires qui n’en pouvaient plus. Le score est là pour reconnaître l’efficacité de ce ‘’squad bomb’’ à la française.
Chaque année, on se dit que c’est la bonne. Celle d’une Italie enfin conquérante. L’année dernière, les hommes de Gonzalo Quesada avaient réalisé le meilleur Tournoi de leur histoire, avec deux victoires (Galles et Écosse) et un match nul, 13-13, à Lille face à des Bleus qui pouvaient même s’estimer chanceux de ne pas avoir perdu. Et puis patatras. Nouvelle rechute. Et dans les grandes largeurs. Une défaite historique, par son ampleur inédite, face au XV de France. «Ce n’était pas un match où on ne pouvait les prendre, a reconnu, fataliste, le sélectionneur argentin de l’Italie après la rencontre. Très peu d’équipes auraient pu vaincre la France aujourd’hui. Après la défaite en Angleterre, vous (les journalistes) me les avez énervés en les critiquant (sourire). C’était sûr qu’ils arriveraient avec une détermination totale. J’espère que cette défaite va nous faire vraiment mal, j’espère que mes joueurs et mon staff vont vraiment avoir mal, car c’est le premier pas pour progresser.» On en est toujours là.
Le trois-quarts centre toulousain a aligné à Rome sa troisième titularisation consécutive et on ne peut pas dire qu’il ait convaincu jusqu’à maintenant. Après une première timide face aux Gallois et un match raté face aux Anglais, Pierre-Louis Barassi a bien failli encore complètement passer à côté. À l’image de ses deux plaquages manqués directement à l’origine des essais des centres italiens Menoncello et Brex en première période. Il en a manqué deux de plus, ne rassurant pas sur sa solidité défensive. Côté attaque, le champion de France a mis du temps à se mettre au diapason de ses camarades de la ligne arrière. Avant d’aller un peu plus de l’avant lors de la dernière demi-heure. À la 72e minute, il échappe cependant un ballon d’essai. Avant de participer à l’orgie en inscrivant le 11e et dernier essai tricolore à une minute du coup de sifflet final.
Jacques Brunel ne sera pas à Lyon ce vendredi soir pour assister à France-Italie, dernier match de la poule A de cette Coupe du monde. Il suivra la rencontre devant la télévision. Que pense-t-il de ce qui aurait pu être une grande affiche sans la raclée reçue par les Italiens face aux All Blacks (96-17) la semaine dernière ? "Sans la défaite incompréhensible de l’Italie, j’aurais dit que c’était un véritable huitième de finale, avoue-t-il. Les Italiens avaient la possibilité de se qualifier pour les quarts de finale pour la première fois de leur histoire. Avec un peu de pression, qui entoure ce genre de match et le fait qu’il y ait une qualification en jeu, la France aurait pu connaître quelques difficultés.

L'Expérience Italienne Vue par Jacques Brunel
Jacques Brunel ne parvient pas à analyser objectivement ce qui s’est passé. "Le match contre les All Blacks m’a dérouté. Jamais, je n’aurais imaginé les Italiens prendre autant de points… Ce n’est pas possible un truc pareil ! Vendredi dernier, l’Italie n’existait pas. Ni en attaque, ni en défense, même pas en conquête… Ce qu’on a vu ne ressemblait pas à l’image qu’on se faisait de la Nazionale… Je suis déboussolé." Faut-il alors craindre une réaction italienne face à la France ? "Bien sûr qu’il y aura une révolte après un tel match, indigne du niveau de l’Italie ! Mais d’un week-end à l’autre, tu ne peux pas tout changer. Il est impossible d’être aussi pitoyable sur un match et la semaine suivante te présenter en vainqueur potentiel, en te disant que tu vas prendre l’ascendant sur l’équipe adverse. Sur quels points le staff peut-il s’appuyer pour préparer le match contre la France ? Je ne vois pas comment l’équipe d’Italie peut tout changer en une semaine… Après, c’est sûr, la révolte elle aura lieu. En première mi-temps, les joueurs italiens vont tout donner. Le problème, c’est que lorsque tu mets de la détermination dans ton jeu, tu t’exposes à des fautes.