Damien Roget : De l'Orthoptie aux Jeux Paralympiques, un Parcours Inspirant

Damien Roget, un nom qui résonne avec détermination et résilience, est bien plus qu'un athlète paralympique. C'est un homme aux multiples facettes, jonglant avec succès entre sa carrière d'orthoptiste et sa passion pour le volley assis. Découvrons le parcours inspirant de ce sportif accompli, de son cabinet médical à son objectif ultime : les Jeux de Paris.

Vendredi 23 février, huit heures du matin, Damien Roget entame ses premières consultations d'orthoptie dans son cabinet grenoblois. Devant lui se présente le petit Noah, quatre ans et demi, accompagné de son père. Concentré, Noah enchaîne les bonnes réponses. Le doute se lève rapidement : "C'est rassurant, il y a un bel équilibre entre les deux yeux.

Quelques minutes plus tard, Robin fait son entrée dans la salle. Avant de réaliser sa séance de rééducation, le trentenaire passe devant un mur de dessins réalisés par de plus jeunes patients, fièrement affichés par le praticien. A l'accueil, les secrétaires Malika et Lila expliquent leur "impatience" de voir celui qu'elles côtoient depuis plusieurs années sous le feu des projecteurs à Paris cet été.

"Il est super sociable, dynamique, et c'est vrai qu'on le voit un peu moins maintenant qu'il est à mi-temps. Parfois, le lundi matin, il est un peu fatigué après ses week-ends de compétition ou de stage.

Un Handicap Surmonté : Le Syndrome de Guillain-Barré

Il est 13 heures lorsque l'appel du ventre retentit. Damien Roget récupère ses affaires et ferme le cabinet. Durant les quelques minutes de marche qui le séparent de son domicile, le natif d'Echirolles (Isère) prend le temps d'évoquer son handicap, le syndrome de Guillain-Barré.

"Quand j'ai été touché au début de mon adolescence, j'avais une vie un peu en parallèle : je ne sortais pas trop avec mes potes, dès qu'il y avait EPS, j'allais en rééducation... J'étais un peu paumé. On m'avait dit que j'allais récupérer de ma pathologie, mais je me suis retrouvé avec des séquelles aux jambes qu'on m'a annoncées de manière très brutale.

A peine la porte d'entrée de son domicile franchie, le regard se fige sur la salle de musculation aménagée. En face des machines, de l'autre côté de la baie vitrée, une vue imprenable sur la Bastille, le fort militaire qui surplombe la capitale des Alpes, se dessine. En cuisine, le menu du midi est efficace : salade-poulet-pâtes. Camille, la compagne de Damien, arrive juste après le repas.

AÄSGARD supporte Damien LETULLE !

Le Soutien Indéfectible de Camille

"Quand je l'ai rencontré, il n'y avait pas cette dimension handisport. Aujourd'hui je participe aussi à cette aventure. Je le suis avec son club et un peu en équipe de France. Je suis à fond dedans ! Mais si c'était un projet sur dix ans, j'aurais peut-être dit non. C'est beaucoup de sacrifices. Il était souvent absent l'année dernière et il y a également l'aspect financier. On a le rêve d'acheter une petite maison. S'il travaillait à plein temps, ce serait plus facile pour emprunter. Il est en libéral, donc il n'a pas d'emploi du temps aménagé comme d'autres sportifs qui sont salariés ou en convention d'insertion professionnelle [CIP].

Pour l'accompagner encore davantage, elle a monté un dossier afin de démarcher des partenaires intéressés par le projet de Damien.

Un Entraînement Rigoureux pour les Jeux

Bientôt 15 heures. Le gaillard de plus de 1,90 m enfile sa tenue de sport pour sa dernière séance de préparation physique de la semaine, à la maison. Le programme d'entraînement, fixé avec un coach, est rôdé et rien n'est laissé au hasard. Des morceaux de rap rythment ses enchaînements entre squats et soulevés de terre.

A côté de ses chaussures de ville, Damien a laissé ses attelles en carbone, qu'il porte au quotidien, sauf lorsqu'il joue au volley. Sur celles-ci, on peut deviner un finger hole (un signe en forme de rond avec les doigts) et son surnom, "Dam's", dont le logo a été dessiné par une amie. "Elles me permettent de maintenir l'équilibre, l'endurance de marche et la vitesse. J'ai moins de mobilité au niveau de la cheville gauche que de la cheville droite, ce qui fait que je ne peux pas sauter, ni courir.

La Découverte du Volley Assis : Une Révélation

Une heure d'effort et une douche plus tard, Damien Roget prend le temps d'aller faire une courte promenade avec sa chienne, Pyper, avant de prendre le chemin de l'entraînement. Ce jour-là, après une batterie de tests physiques, plusieurs fédérations avaient apprécié son profil, de l'aviron au badminton, en passant par le tennis de table et... le volley assis.

"Ça m'a tout de suite plu, explique-t-il. On m'a invité à faire un stage à Poitiers et j'étais convaincu. Il y avait une bonne ambiance, des nouveaux handicaps et je sentais que je pouvais me faire ma place. Je peux le dire, cette participation à La Relève a changé ma vie, et pas que la mienne.

En 2017, il débute la para natation. Deux ans plus tard, il découvre le volley assis lors du programme de détection “La Relève” organisé par le CPSF. Après quelques mois de pratique en club, il participe à un stage de l’équipe de France, et depuis, il ne l’a jamais quitté.

L'Esprit d'Équipe : Une Force

La voiture tout juste récupérée, il est temps de filer à la gare de Grenoble pour récupérer un autre joueur des Bleus, le central Jean-Christophe Rambeau. Si ce dernier vit à Montpellier, il a signé cette saison au Pays voironnais volley (PVV), le club de Damien, à une vingtaine de kilomètres de Grenoble. Il fait donc régulièrement les déplacements pour disputer les matchs avec l'équipe championne de France en titre.

A l'intérieur du véhicule, entre deux vannes sur le conducteur - "Dam's, c'est un peu un rageur sur le terrain, il peut vite monter dans les tours !" - les trois hommes débriefent leur dernier stage à Vichy, se remémorent leur 10e place lors de la Coupe du monde au Caire (Egypte) en novembre. Surtout, ils mettent au point leurs prochaines folies capillaires pour cet été à Paris.

Le véhicule arrive devant le gymnase de la Grande Sûre, à Saint-Jean-de-Moirans (Isère). En plus de cette séance d'entraînement d'une heure et demie, une autre les attend le lendemain avant de disputer, le surlendemain, deux matchs de championnat.

L'entraîneur de l'équipe, Yann Schmitt, met tout le monde en place. "Service ! Parlez-vous ! On tourne !" L'ancien joueur de volley debout, arrivé en octobre, ne ménage pas ses troupes à quelques jours de l'organisation par le PVV, pour la première fois de son histoire, de l'Euroleague de volley assis (les 9 et 10 mars), avec la présence de clubs polonais et italien.

La séance touche à sa fin, le moment de quitter la fine équipe. "On se revoit très vite à Paris !", glisse Damien dans un sourire.

Damien Roget : Un Modèle d'Inspiration

Damien Roget est atteint, depuis ses 12 ans, du syndrome de Guillain-Barré, une maladie auto-immune du système nerveux qui se manifeste par une faiblesse musculaire des membres. En 2024, il prend part de la délégation paralympique lors des Jeux de Paris.

Damien Roget incarne la force de la résilience et la capacité à transformer les défis en opportunités. Son parcours, de son cabinet d'orthoptie aux terrains de volley assis, est une source d'inspiration pour tous. Les Jeux de Paris seront une étape importante dans son parcours, où il représentera fièrement la France et portera haut les valeurs du sport et de l'inclusion.

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