La rivalité entre la Croatie et la Serbie, exacerbée par des tensions historiques et politiques, se manifeste également dans le domaine du handball, donnant lieu à des incidents et des controverses.

Des incidents de supporters qui ravivent les tensions
Les affrontements entre supporters croates et serbes ont marqué l'actualité, ravivant les tensions entre les deux pays. Après les violentes attaques de supporters croates de handball en Serbie, des hooligans croates ont attaqué la communauté serbe à Split, Dubrovnik, Vukovar et Mostar. Ces attaques ont immédiatement suivi la défaite de la Croatie face à la Serbie à l’Euro de handball, vendredi soir. Les plus graves incidents se sont produits à Split. Des hooligans croates ont attaqué la communauté serbe, qui célébrait la fête de saint Sava, dans les locaux communautaires de la promenade Mažuranić. Les hooligans ont pénétré dans ces locaux, saccageant du matériel de bureau.
L'ombre de la politique sur le terrain de handball
La politique s'immisce parfois dans le monde du handball, comme en témoigne le cas du joueur croate Filip Ivić. Le joueur croate de handball Filip Ivić ne sera pas resté longtemps dans sa nouvelle équipe serbe, le RK Vojvodina Novi Sad. Le gardien de but, passé par Gummersbach et Chambéry, a en effet été licencié pour avoir assisté parmi la foule immense à Zagreb au concert d’un chanteur croate connu pour ses positions ultra-nationalistes.
Le joueur âgé de 32 ans a publié une photo où il a confirmé sa présence au spectacle de Marko Perković « Thompson », pour la supprimer peu de temps après, comme le rapporte « Gazeta Express ». Le message a néanmoins été lu par les dirigeants de Novi Sad, qui ont immédiatement pris leur irrévocable décision, arguant « qu’il n’y aura pas de place pour quiconque assistera à un évènement qui offense la mémoire de milliers de victimes innocentes ». Dans un communiqué, le président du club de Voïvodine évoque une situation « inacceptable ».
Marko Perković, 58 ans, plus connu sous son nom de scène « Thompson », est un chanteur ethno-rock croate populaire. Sympathisant des idéologies néofascistes, il a rassemblé ce samedi près de 500 000 personnes (soit à peu près un citoyen croate sur huit) à l’Hippodrome de Zagreb. Défenseur de la structure familiale traditionnelle et patriote affirmé, il n’hésite pas à appeler à un « retour aux traditions ».
Filip Ivić ajoute : « J’ai été élevé dans l’amour des miens et le respect des autres. Au cours de ma carrière, j’ai eu l’honneur de jouer au sein d’une équipe composée de joueurs de toutes nationalités, de toutes religions et de toutes convictions politiques. Nous nous affrontions exclusivement sur le terrain, dans un esprit de fair-play, et en dehors, nous étions inséparables ». Pas rancunier, il conclut en assurant qu’il « respecte » la décision de son ancien club. « Je souhaite à mes anciens coéquipiers, avec qui je n’ai pas encore joué, et à mon ancien club, le RK Vojvodina, le meilleur et plein de succès sur le terrain », dit-il.
Les frères Karabatic, entre deux cultures
L'histoire des frères Karabatic illustre les liens étroits entre la Croatie et la Serbie, ainsi que les défis liés à cette double identité.
L'ECHEC du royaume des Serbes, Croates et Slovènes (Histoire #38)
Comme son frère Nikola, retraité depuis quelques mois, Luka maîtrise parfaitement la langue grâce aux origines de ses parents, croate pour son père, et serbe pour sa mère. Et si l'accueil des supporters a parfois été tumultueux en Croatie, les deux frères ont toujours pris du plaisir à y jouer. "C'est toujours particulier. J'ai mes racines dans ce pays, j'y retourne souvent… Parfois il y a un peu de chauvinisme, mais je ne m'attends pas à de l'hostilité", déclarait Luka Karabatic avant la compétition.
"Quand il y a ces matchs contre la Croatie, surtout en Croatie, je suis toujours un peu stressée, parce qu'il peut y avoir des supporters agressifs, confie Lala Karabatic, leur mère. Ils essaient de les déstabiliser, mais Luka et Nikola sont préparés à cela et ne m'ont jamais dit que ça les touchait. Peut-être aussi qu'ils ne veulent pas que je me fasse du souci.
Nikola qualifie même la Croatie de "plus beau pays du monde", dans une interview donnée à 20 Minutes. "Pour eux, ce sont toujours des souvenirs qui remontent et de la nostalgie. Ils ont gardé un lien affectif puisque c'est le pays de leur papa, décédé en 2011. On a encore de la famille de ce côté, des cousines.
Cependant, certaines années, les Karabatic ont été forcés de rester à distance de la Croatie ou de la Serbie. "Pendant la guerre [de 1991 à 2001], bien sûr on ne venait pas, se souvient Lala Karabatic. Mais ils connaissent tout. On leur a beaucoup parlé du pays, de l'histoire, ils sont très curieux et veulent tout savoir, donc on les a toujours éduqués dans les deux cultures, française et serbo-croate".
De leur père, les frères Karabatic ont hérité de la passion du sport. "Leur papa était comme ça : à la maison, c'était toujours du sport à la télé. Je ne pouvais pas regarder mes films s'il y avait du sport", se souvient Lala. Il leur a aussi peut-être légué la hargne yougoslave sur le terrain : "Je crois que j'ai un côté serbo-croate dans ma manière de voir mon sport, ma vie, d'être toujours à fond sur le terrain, d'avoir envie de gagner.
En Croatie, Lala Karabatic sait qu'elle se rapproche d'un "vide" redouté après tant d'années vécues au rythme des compétitions dans le sillage de ses enfants : "Comme on ne sait pas s'il continuera après, et qu'il n'y a plus son frère pour l'accompagner, je me suis dit qu'il fallait que je vienne absolument", confie-t-elle. Comme un symbole, elle a assisté depuis les tribunes, mardi, au but victorieux au buzzer de son fils, pour permettre à l'équipe de France de rejoindre les Kauboji (cow-boys en croate) dans le dernier carré.
L'héritage de l'ex-Yougoslavie dans le handball
L'éclatement de l'ex-Yougoslavie a dispersé les talents, mais n'a pas affaibli le potentiel des équipes nationales de la région. Andrej Golic, ancien joueur de l'équipe de France, souligne l'importance de la culture et de la formation handball dans les Balkans :
« Les équipes nationales de l’ex-Yougoslavie seront toujours représentées au plus haut niveau, car il y a énormément de talents ici. Voir ces quatre équipes à un tel niveau dans cet Euro est peut-être étonnant, mais pas surprenant. Il y a toujours eu un handball de très grande qualité. Et avec la création de la Ligue régionale (ndlr : un championnat regroupant les meilleures équipes de Bosnie-Herzégovine, Serbie, Croatie, Macédoine, Monténégro et une équipe slovaque), le hand revit à pleins poumons dans les Balkans. »
Et tous ont su conserver ces principes : « C’est ce qui fait la différence, souligne Andrej Golic. Les pays de l’ex-Yougoslavie ont toujours aimé les sports techniques, les jeux de ballons. La scolarité, basée sur le système allemand (ndlr : école le matin, activité libre l’après-midi) est adaptée pour que la pratique du sport occupe une grande place dans la vie des jeunes. »
Il l’a seulement dispersé : « Dans toutes les équipes d’aujourd’hui, on retrouve la culture du jeu yougoslave, poursuit Golic. Mais chacun a développé son propre style de jeu. Les Slovènes ont toujours eu des bons jeunes et misent sur la vitesse. La Croatie a l’équipe la mieux organisée et celle qui a le plus de talents… »
Quant à la Serbie : « Ça sera difficile, mais peut-être qu’elle arrivera à se maintenir tout en haut, juge Golic. Les résultats de la Serbie ne sont pas usurpés. Le jeu est de très bonne qualité. Mais le fait d’avoir évolué à domicile a beaucoup joué en sa faveur. » Le public a également joué un rôle déterminant dans cet Euro, les joueurs ont été mis devant le fait accompli : ils devaient fournir des efforts surhumains.
La Serbie a compris que pour être compétitif il faut s’appuyer sur une grosse défense. C’est d’ailleurs là-dessus que les coéquipiers de Momir Ilic ont construit leurs succès dans cet Euro. Et avec l’appui de ses supporters, « un public inconditionnel, voire chauvin, qui ne privera jamais son équipe de son soutien », la Serbie est tout près de s’installer sur le toit de l’Europe.
La demi-finale de l'Euro 2012 : un match sous haute tension
La demi-finale du Championnat d'Europe de handball entre la Serbie et la Croatie, vendredi à Belgrade, déchaîne les passions et suscite l'inquiétude alors qu'un premier incident entre supporters croates et serbes a déjà eu lieu mardi à Novi Sad, à 70 km au nord de la capitale.
Selon les médias serbes, plus de 5.000 policiers seront déployés pour empêcher tout débordement dans la Beogradska Arena de 20.000 places et à ses alentours. Pour le président de la Fédération croate Zoran Gobac, il "faudrait mobiliser 50.000 policiers pour que tout se passe bien". C'est pourquoi il a conseillé aux "supporters de ne pas se rendre en Serbie", une recommandation suivie par plusieurs clubs de handball et voyagistes, selon la télévision publique croate.
Mardi, un convoi de supporters croates a été attaqué à Veternik, un faubourg de Novi Sad, par des dizaines de hooligans cagoulés qui leur ont lancé des pierres, des briques et des morceaux de blocs de béton. Un supporteur a été légèrement blessé et une quinzaine de véhicules immatriculés en Croatie ont été endommagés. La police a annoncé mercredi l'arrestation de 37 personnes soupçonnées d'avoir participé à l'embuscade.
Jeudi c'est le président serbe Boris Tadic en personne qui a condamné "les violences absolument inadmissibles", appelant "tous les vrais supporters à faire preuve d'un esprit sportif vendredi contre la Croatie". Selon les médias locaux, de nouveaux incidents se sont produits mercredi, avec notamment deux véhicules croates incendiés à Novi Sad.
Il y a un, quatorze personnes ont été condamnés à des peines allant de 4 à 35 ans de prison après la mort violente d'un supporter français Brice Taton en 2009 avant un match entre Toulouse et le Partizan Belgrade. Les autorités craignent que ces incidents viennent ternir l'image de la Serbie où les hooligans font régulièrement scandale.
La guerre de Croatie : une cicatrice profonde
La guerre de Croatie est un élément marquant de la dislocation de la Yougoslavie qui scelle l'effondrement de la république fédérative socialiste de Yougoslavie. Elle s'est déroulée du 17 août 1991 au 12 novembre 1995.
Au début, la guerre oppose des civils : les forces de police croates et des milices serbes vivant dans la république socialiste de Croatie, qui veulent rester au sein de la Yougoslavie. Puis la JNA tente de mettre fin à la sécession de la Croatie en envahissant son territoire tandis que la JRM bloque les côtes et mine certains chenaux ou ports[28],[29]. L'échec de ce projet pousse les forces serbes à conquérir en Croatie le maximum de territoires ayant une majorité ou une forte minorité serbe[30],[31],[32],[33] et à y établir la république serbe de Krajina (RSK). Ceci, joint à la fondation d'une entité similaire en Bosnie-Herzégovine, sera interprété par les Croates et les Bosniaques comme une volonté de créer une « Grande Serbie » à leur détriment[34]. En 2007, le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie (TPIY) condamnera Milan Martić, un des dirigeants serbes en Croatie, pour ses liens avec Slobodan Milošević en vue de créer un « État serbe unifié »[35].
À la fin de l'année 1991, la majeure partie de la Croatie est touchée par la guerre, avec de nombreuses villes et villages lourdement endommagés par les combats[36] et le reste faisant face à l'afflux de centaines de milliers de réfugiés[37]. Les indépendantistes croates cherchent des appuis en Europe où nombre d'entre eux ont émigré notamment en Allemagne qui compte déjà des minorités slovène, croate, bosniaque ou encore serbe, datant de l'ex RDA.
En janvier 1992, un cessez-le-feu est conclu et la Croatie est reconnue par le reste de la communauté internationale[38],[39]. Les lignes de front se stabilisent, la Force de protection des Nations unies (UNPROFOR) est déployée et les combats n'éclateront plus que de façon sporadiques les trois années suivantes. En 1995, la Croatie lance deux offensives majeures, les opérations Éclair et Tempête[3],[41], qui lui permettent de reconquérir les territoires qui ne sont pas sous son contrôle, mettant ainsi fin à la guerre en sa faveur. L'Administration transitoire des Nations unies pour la Slavonie orientale, la Baranja et le Srem occidental (UNTAES) est pacifiquement réintégrée au sein de la Croatie en 1998[4],[5].
Cependant, la plus grande partie de la Croatie est dévastée, avec un quart de son économie détruite, et l'ONU estime les dégâts à environ 37 milliards de dollars[44]. Le nombre de morts est estimé à 20 000 pour les deux camps[45] et il y a eu des réfugiés de chaque côté, les Croates principalement au début de la guerre et les Serbes vers la fin.
Les racines du conflit : nationalisme et dislocation de la Yougoslavie
La guerre en Croatie est le résultat de la montée des nationalismes, qui mène à la dislocation de la république fédérative socialiste de Yougoslavie dès la mort de son charismatique, non aligné mais autoritaire, Josip Broz dit Tito (1892 -1980). La crise s'aggrave avec l'effondrement du Bloc de l'Est à la fin de la guerre froide, symbolisé par la chute du mur de Berlin en 1989.
Dans les années 1980, les mouvements sécessionnistes albanais au Kosovo et en Serbie entraînent la répression de la majorité albanaise dans les provinces du sud de la Serbie[49]. Les républiques socialistes de Slovénie et de Croatie, plus prospères, aspirent à une plus large décentralisation et à la démocratisation[50]. La Serbie, dirigée par Slobodan Milošević, reste attachée à la centralisation et au pouvoir d'un parti unique, le parti communiste yougoslave.
Comme la Slovénie et la Croatie tentent d'obtenir une plus large autonomie au sein de la fédération, sous la forme d'une confédération ou d'une indépendance complète, les idées nationalistes commencent à se développer au sein des cercles communistes dirigeants. L'accession au pouvoir de Milošević s'asseoit sur des discours en faveur d'une Yougoslavie unifiée où tous les pouvoirs seraient centralisés à Belgrade[53].
En mars 1989, la crise redouble d'intensité après l'adoption d'amendements à la constitution serbe, qui permettent au gouvernement serbe de reprendre le contrôle total des provinces autonomes du Kosovo et de Voïvodine. Jusqu'à présent, certaines décisions politiques sont prises au sein de ces provinces et elles disposent du droit de vote à l'élection du président de la république fédérative socialiste de Yougoslavie (six voix pour les différentes républiques et deux pour les régions autonomes)[57].
L'affaiblissement du régime communiste permet aux divers nationalismes de renforcer leur influence politique y compris au sein de la ligue des communistes de Yougoslavie. En 1989, les partis politiques sont autorisés et beaucoup sont créés dont l'Union démocratique croate (croate : Hrvatska Demokratska Zajednica) (HDZ), menée par Franjo Tuđman, qui deviendra par la suite le premier président de la république de Croatie[61].
Les élections de 1990 et la montée des tensions ethniques
En janvier 1990, la ligue des communistes se divise sur la question des républiques autonomes. Au cours du 14e congrès extraordinaire de la ligue des communistes de Yougoslavie, le 20 janvier 1990, les différentes délégations ne peuvent s'accorder sur les principaux problèmes au sein de la fédération. Les délégations croates et slovènes demandent la mise en place d'une fédération plus souple mais cette idée est rejetée par la délégation serbe menée par Milošević.
En février 1990, Jovan Rašković (en) fonde le Parti démocrate serbe (SDS) à Knin. Son programme avance que « la division régionale de la Croatie était obsolète » et qu'« elle ne correspondait pas aux intérêts du peuple serbe »[65]. Le parti souhaite un redécoupage des subdivisions pour correspondre à la composition ethnique des zones et revendique le droit des territoires possédant une « composition ethnique spéciale » à devenir autonomes. Ce programme fait écho à la position de Milošević qui veut redessiner les frontières intérieures de la Yougoslavie pour permettre à tous les Serbes de vivre au sein d'un même pays[31].
Les premières élections libres en Croatie et en Slovénie sont prévues quelques mois plus tard[69]. Le premier tour des élections en Croatie a lieu le 22 avril et le second le 6 mai[70]. Le HDZ base sa campagne sur la question d'une plus grande autonomie pour la Croatie en s'opposant à l'idéologie centraliste yougoslave, alimentant le sentiment au sein de la population croate que seul le « HDZ pouvait protéger la Croatie des aspirations de Slobodan Milošević en vue de créer une Grande Serbie ».
Le 13 mai 1990, un match de football est organisé à Zagreb entre le Dinamo Zagreb et l'Étoile rouge de Belgrade. Le 30 mai 1990, le nouveau parlement croate tient sa première session. Le président Tuđman annonce la rédaction d'une nouvelle constitution (ratifiée à la fin de l'année) et des changements économiques, politiques et sociaux. La minorité serbe s'inquiète pour ses droits dans ce nouvel État à majorité croate[72].
Le 22 décembre 1990, le parlement de Croatie ratifie la nouvelle constitution qui fait évoluer le statut des Serbes de "composante de la nation" à "minorité nationale"[76]. Cette décision alimente l'extrémisme des Serbes de Croatie car elle semble renier les droits qui leur avaient été accordés par la précédente constitution socialiste[77].
Le 25 juillet 1990, une assemblée serbe est établie à Srb (en), au nord de Knin pour représenter cette minorité. L'assemblée déclare la « souveraineté et l'autonomie du peuple serbe en Croatie[72] ». Le 21 décembre 1990, la SAO Krajina est proclamée par les municipalités des régions de Dalmatie du Nord et de Lika dans le Sud-Est de la Croatie.
La Révolution des Rondins et le début des affrontements armés
À la suite de l'élection de Tuđman et la supposée menace de la nouvelle constitution[76], les nationalistes serbes de la région de Kninska Krajina commencent à mener des opérations militaires contre les représentants du gouvernement croate. En août 1990, un référendum, non reconnu, concernant la question de la « souveraineté et de l'autonomie » des Serbes en Croatie est soumis dans les régions à majorité serbe près de la frontière de la Bosnie-Herzégovine[79]. Son objectif est de valider l'opposition à des modifications constitutionnelles.
Lors de la Révolution des Rondins, les Serbes des territoires du Sud de la Croatie près de Knin bloquent les routes vers les zones touristiques de Dalmatie[80],[81]. Par la suite, lors du procès de Milan Martić, Milan Babić avance qu'il a été trompé par Martić dans le déclenchement de la « Révolution » et que la totalité de la guerre en Croatie est de la responsabilité de Martić et a été orchestrée par Belgrade[82]. Cette affirmation est confirmée par une interview de Martić publiée en 1991[83]. Babić confirme qu'en juillet 1991, Milošević a pris le contrôle de l'armée populaire yougoslave (JNA)[84].
Les Serbes abattent des arbres et utilisent des bulldozers pour bloquer les routes et isoler des villes comme Knin ou Benkovac près de la côte Adriatique. Immédiatement après le référendum sur l'indépendance de la Slovénie et la proclamation de la nouvelle constitution croate, l'armée populaire yougoslave annonce qu'une nouvelle doctrine de défense serait appliquée à travers le territoire.
L'armée populaire yougoslave et la montée en puissance militaire
L'ancienne doctrine en vigueur sous Tito qui prévoyait que chaque république maintiendrait une force de défense territoriale (croate : Teritorijalna obrana) (TO) était remplacée par un système de défense centralisé. Les républiques perdraient leur rôle dans les questions de maintien de l'ordre et leur TO seraient désarmées et placées sous le contrôle du quartier-général de la JNA à Belgrade[85]. Dans le cas de la TO croate, cela ne changeait pas grand-chose car la JNA avait déjà confisqué les armes à la veille des élections parlementaires en mai 1990[86].
Un ultimatum est lancé pour demander le désarmement et la dissolution de toutes les forces militaires jugées illégales par les autorités yougoslaves. Comme l'ultimatum initial ne précise pas quelles forces sont illégales, les autorités centrales yougoslaves précisent que la demande vise explicitement les forces armées officielles de Croatie[87],[88].
Sur le papier, la JNA apparaît comme une force puissante avec 2 000 chars et 300 avions à réaction (tous produits localement ou en Union soviétique). Cependant, en 1991, la plupart de ces équipements ont plus de 30 ans et le matériel se compose principalement de chars T-54/55 et d'appareils de type MiG-21[92]. La JNA déploie également environ 300 chars M-84 (une version locale du T-72 soviétique) et un grand nombre d'avions d'attaque au sol tel que les Soko G-4 Super Galeb et les Soko J-22 Orao dont l'armement inclut des missiles guidés AGM-65 Maverick[93].
La rivalité entre la Croatie et la Serbie dans le handball est donc le reflet de tensions historiques et politiques profondes, qui se manifestent à travers des incidents de supporters, des controverses et des souvenirs de conflits passés. Malgré ces difficultés, le handball reste un terrain où les talents des deux pays peuvent s'exprimer, contribuant à la richesse et à la diversité du sport dans les Balkans.