Course au MVP NBA : Les prétendants au titre

Comme vous le savez, sur TrashTalk, le mercredi rime avec Course au MVP. Deux semaines après le passage à la nouvelle année, c’est l’heure de faire un gros point sur la lutte au plus prestigieux des trophées individuels.

Le All-Star Break est sur le point de se terminer, donnant dans le même temps le coup d’envoi de la deuxième partie de saison NBA. Un moment opportun pour faire un gros point sur la Course au MVP !

Voici un aperçu des principaux candidats et des dynamiques qui façonnent cette compétition passionnante.

Shai Gilgeous-Alexander : Le favori constant

La blessure de Nikola Jokic permet à Shai Gilgeous-Alexander de reprendre sa place au sommet du classement, mais ne représente pas la seule raison de son retour au top. Après un passage compliqué entre mi-décembre et début janvier, Shai et le Thunder ont repris leur marche en avant.

Comme un symbole : la grosse victoire d’Oklahoma City contre les Spurs de Victor Wembanyama hier, avec un Gilgeous-Alexander excellent des deux côtés du terrain. Plus que ses prestations individuelles irréprochables, il devra surtout se méfier de la forme de son équipe.

OKC n’est plus irrésistible comme en début de saison. Pire, le champion sortant perd de plus en plus fréquemment avec trois revers lors des cinq derniers matchs. Le meneur d’Oklahoma City n’a pas baissé pied, en témoigne ses sorties à 39, 40 et 47 points ces dix derniers jours.

Et le Canadien reste un modèle de régularité et de durabilité, avec 45 rencontres jouées sur les 47 disputées par le Thunder. Luka Doncic est les autres restent toutefois à plus ou moins longue distance de Shai Gilgeous-Alexander, toujours favori à sa propre succession après une quarantaine de rencontres disputées.

Touché aux abdominaux, Shai Gilgeous-Alexander a rejoint à son tour l’infirmerie et a manqué les cinq derniers matchs du Thunder, juste après une masterclass sur les terres de Nikola Jokic (34 points, 13 passes) fin janvier. Contrairement à Victor Wembanyama et surtout le Joker, SGA a de la marge avant d’être sous la menace d’une inéligibilité liée à la règle des 65 matchs (sept forfaits au total).

Attention néanmoins à ne pas rester aux stands trop longtemps : le Thunder, malgré la profondeur de son effectif, n’a plus que trois matchs d’avance sur les Spurs et aura besoin de son MVP pour sécuriser la première place à l’Ouest.

L’arrière du Thunder obtient ainsi 78 des 100 votes pour la première place, contre 18 pour le pivot des Nuggets.

Nikola Jokic : Ralenti par une blessure

Alors qu’il avait pris la tête du classement après sa performance historique à Noël, Nikola Jokic a été brusquement ralenti par une blessure au genou le 31 décembre. Depuis, le Joker n’a pas joué, et il devrait rester à l’infirmerie jusqu’à fin janvier.

Difficile dans ces conditions de garder la première place. Pire encore : Jokic risque fort de ne pas atteindre la barre des 65 matchs joués cette saison, ce qui l’exclut automatiquement de la Course au MVP et de toutes les récompenses individuelles.

De retour après 16 matchs d’absence (encore deux de plus et il sera inéligible pour le MVP…), Nikola Jokic n’a pas perdu de temps pour noircir à nouveau les feuilles de stats : 24 points, 13 rebonds et 9 passes de moyenne en 33 minutes entre fin janvier et le All-Star Break.

Cependant, le Joker n’a pas encore totalement retrouvé son rythme habituel. Cela se manifeste par de la maladresse au tir, beaucoup de pertes de balle, et des mésententes inhabituelles sur certaines séquences de jeu. L’accumulation des blessures à Denver (Aaron Gordon, Peyton Watson, petit bobo à la cheville pour Jokic) n’aide pas non plus.

Le pivot des Nuggets fait un excellent candidat pour être joueur de la saison, avec un triple-double de moyenne et près de 30 points inscrits par match au sein d’une des meilleures équipes de la ligue (3e de l’Ouest, 4e bilan total avec 31 victoires et 15 défaites). Mais son hyperextension des ligaments du genou gauche lui a déjà fait manquer 14 rencontres.

Il ne lui reste ainsi plus que trois « jokers » à disposition pour espérer pouvoir glaner un quatrième titre. Et le retour du Serbe reste bien flou, alors qu’il était espéré cette semaine, ou la semaine prochaine.

Anthony Edwards : L'étoile montante

« MVP ! MVP ! » Ce sont les chants qu’a entendus Anthony Edwards après avoir offert la victoire aux Wolves face aux Spurs de Victor Wembanyama tout récemment. Faisant partie des joueurs les plus clutch en NBA, et montrant de plus en plus de contrôle dans le money-time, Ant-Man est sur une belle dynamique avec son équipe de Minnesota : six victoires sur les sept derniers matchs depuis début 2026, avec une place dans le Top 4 de l’Ouest à la clé.

MVP du All-Star Game, Anthony Edwards a rappelé à tout le monde qu’il faisait partie des plus grandes stars de la NBA actuelle. « C’est la superstar la plus sous-estimée des sports américains » a carrément déclaré l’insider Brian Windhorst, qui voit en lui le nouveau visage de Team USA et potentiellement de la NBA.

Auteur de sa meilleure saison au scoring (production et adresse), Ant-Man souffre peut-être du manque d’exposition des Minnesota Timberwolves, mais l’arrière de 24 ans a bien l’intention d’emmener les Loups vers la lumière.

Victor Wembanyama : La sensation

Quinzaine un peu frustrante pour Victor Wembanyama : une blessure au genou, deux nouveaux matchs d’absence, un temps de jeu toujours limité (jusqu’à rester sur le banc en fin de match), deux défaites rageantes face aux Grizzlies et aux Wolves, puis une raclée contre le Thunder.

Parfois malmené physiquement, Wemby a néanmoins brillé sur le parquet mythique des Celtics en se montrant bien clutch, sans oublier de taper les Lakers, et est devenu le deuxième plus jeune joueur de l’histoire à accumuler 500 contres en carrière.

Victor Wembanyama a peut-être été la plus grande star du All-Star Weekend, donnant le ton lors du match des étoiles et poussant ainsi ses coéquipiers et adversaires à en faire de même. Rien que pour ça, il mérite toutes les louanges.

Mais même avant le break de mi-saison, Wemby s’était affirmé comme un MVP en puissance : il a guidé - aux côtés de Stephon Castle - les Spurs vers six victoires de suite pour leur permettre de prendre confortablement la deuxième place de l’Ouest. Parmi ses performances marquantes, les 40 points et 12 rebonds en seulement 26 minutes face aux Lakers.

« L’un des cinq meilleurs joueurs du monde » selon J.J. Redick. Gros bond en avant également pour Victor Wembanyama, qui passe de la 8e à la 4e place, avec notamment trois votes pour la première place.

Victor Wembanyama n’évolue pas tout à fait dans les mêmes sphères statistiques que Nikola Jokic, mais son impact sur la très belle saison des Spurs tombe sous le sens. L’intérieur français va mieux après plusieurs petits pépins physiques, et retrouve désormais un temps de jeu au-dessus des 30 minutes.

Mais San Antonio continue de marcher sur des œufs avec son joyau, entre nécessaire présence sur le parquet et volonté de le protéger pour les rendez-vous à enjeu de la saison.

Autres prétendants

  • Jaylen Brown : Auteur de 50 points début janvier face aux Clippers de Kawhi Leonard, Jaylen Brown a peut-être réalisé son meilleur match en carrière, déclarant dans la foulée qu’il était le « meilleur two-way player » en NBA. Si cela peut porter au débat, et qu’il a perdu en adresse depuis (jusqu’à aller critiquer les arbitres…), JB mérite clairement d’être très haut dans le classement du MVP. Ses cartons offensifs, sa contribution des deux côtés du terrain et son leadership sont la première raison de la superbe saison des Celtics, toujours troisièmes de l’Est contre toute attente. Jaylen Brown progresse aussi pas mal, en passant de la 9e à la 6e place. Jaylen Brown n’est pas passé sous la barre des 20 points depuis le 5 janvier dernier face aux Bulls. Cela montre la régularité de JB dans sa capacité à porter les Celtics - toujours deuxièmes de l’Est - au scoring soir après soir. La saison exceptionnelle de Brown associée aux résultats très surprenants de Boston ont poussé la franchise à se montrer agressive à la trade deadline, recrutant le pivot Nikola Vucevic. Reste à voir désormais quand Jayson Tatum fera son grand retour, et comment il s’intégrera dans une équipe désormais guidée par Jaylen Brown.
  • Jalen Brunson : Après les grosses turbulences du mois de janvier, les Knicks ont resserré les boulons pour remporter dix matchs sur douze avant le All-Star Break. De quoi permettre à Jalen Brunson de revenir dans notre classement du MVP, lui qui a notamment sorti deux perfs à 40 points début février ainsi que son meilleur match de la saison au playmaking (13 passes, 1 perte de balle). Pour rester dans le Top 10, voire grimper, le meneur de New York aura cependant besoin de plus de régularité sur le plan collectif. Jalen Brunson glisse de son côté, en tombant de la 5e à la 9e place.
  • Cade Cunningham : Quinzaine assez discrète pour Cade Cunningham, qui n’a pas joué depuis le 5 janvier à cause d’une blessure au poignet. Avant de rejoindre l’infirmerie, le maestro des Pistons avait guidé les siens vers de belles victoires face aux Lakers (27 points, 11 passes), aux Cavs (27 points) et surtout les Knicks (29 points, 13 passes), remportant ainsi ses duels attendus face à Luka Doncic et Jalen Brunson. Cela pourrait aussi permettre à Cade Cunningham de remonter dans les suffrages. Le meneur des Pistons ne vit pas sa période la plus spectaculaire de la saison : 16.6 points à 37.8% au tir lors de ses cinq derniers matchs. Si sa blessure au poignet qui l’a laissé sur la touche à trois reprises depuis 20 jours se guérit comme la franchise du Michigan l’espère, il pourrait devenir un des outsiders de cette course au MVP.
  • Luka Doncic : Chute au classement pour Luka Doncic, qui perd sa place sur le podium. Les cartons offensifs sont toujours là mais le Slovène n’a pas pu empêcher la mauvaise période des Lakers, avec sept défaites sur les douze derniers matchs. De quoi s’attirer quelques critiques, que ce soit sur son nombre de pertes de balle ou ses limites défensives. Luka était aussi dans le collimateur de Dennis Schroder, suspendu par la NBA pour avoir tenté de frapper Doncic, qui l’aurait insulté à plusieurs reprises. Excellent fin janvier, Luka Doncic a connu un coup d’arrêt à cause d’une blessure aux ischio-jambiers. Il est sorti sur blessure face aux Sixers le 5 février et a manqué les quatre matchs suivants. Les Lakers ont réussi à limiter la casse sans lui (deux victoires - deux défaites) mais Doncic devra manquer le moins de rencontres possible dans les semaines à venir si Los Angeles veut rester dans le Top 6 de l’Ouest. On rappelle aussi que Luka a déjà raté douze matchs au total cette saison, ce qui signifie qu’il n’a plus que cinq absences autorisées pour rester éligible aux trophées de fin de saison (17 forfaits maximum). Le Slovène fait office jusqu’ici de troisième larron dans la course au MVP et a encore accéléré en janvier avec 34.2 points (à 49.1% au tir dont 38.6% à 3-points), 9 passes et 7.1 rebonds de moyenne. Monstrueux, il est autant un habitué des coups de chaud que de passages aux soins.
  • Tyrese Maxey : Depuis la période un peu compliquée de fin décembre, les good vibes sont de retour à Philadelphie. Les victoires s’enchaînent (six en huit matchs), Joel Embiid a redunké, Paul George est sur deux pieds et surtout, SURTOUT, Tyrese Maxey est toujours aussi fort au basket : 32 points, 6 passes, 2 steals et 1 contre de moyenne pour T-Max sur la période, avec des pourcentages de folie (55% au tir, 48% à 3-points, 81% aux lancers). De quoi décrocher un second titre de Joueur de la Semaine cette saison. Totalisant le plus de minutes parmi tous les joueurs NBA cette saison (2008, 38,6 par match), Tyrese Maxey a bien mérité son All-Star Break. C’est en grande partie grâce à lui si les Sixers sont aujourd’hui dans le Top 6 de l’Est, avec l’ambition de faire du bruit lors des prochains Playoffs. L’état de santé de Joel Embiid restant un point d’interrogation, et Paul George devant purger sa suspension, Maxey aura encore de sacrées responsabilités sur les épaules lors des semaines à venir.
  • Kawhi Leonard : Habituellement, quand un joueur évolue dans une équipe avec un bilan négatif au All-Star Break, il n’a pas sa place dans un classement MVP. Mais Kawhi Leonard évolue à un tel niveau depuis quelques semaines qu’on ne pouvait pas l’ignorer : 29 points, 6,4 rebonds, 3,5 passes, 2,1 interceptions, à plus de 49% au tir dont 40% à 3-points et 94% aux lancers-francs sur les 25 derniers matchs. À l’image de son énorme coup de chaud au All-Star Game, Kawhi joue comme le meilleur joueur du monde en ce moment, tout en évitant la case infirmerie.

Tableau récapitulatif des statistiques des principaux candidats

Joueur Points par match Rebonds par match Passes décisives par match Pourcentage au tir
Shai Gilgeous-Alexander 39 N/A 13 N/A
Nikola Jokic 24 13 9 N/A
Luka Doncic 34.2 7.1 9 49.1%
Anthony Edwards N/A N/A N/A N/A
Victor Wembanyama N/A 12 N/A N/A

Les blessures resteront comme un des souvenirs (malheureusement) mémorables de cette première partie de saison 2025/26. La NBA a beau clamer ne pas voir de changement significatif, ni de lien avec un calendrier dense et parfois décousu, ses stars ont régulièrement squatté les infirmeries des franchises.

À ce petit jeu, Nikola Jokic et Victor Wembanyama figurent parmi les principaux joueurs en danger. Victor Wembanyama n’évolue pas tout à fait dans les mêmes sphères statistiques que Nikola Jokic, mais son impact sur la très belle saison des Spurs tombe sous le sens.

Cette règle va rapidement exclure Giannis Antetokounmpo du scrutin et pourrait aussi coûter cher à Anthony Edwards (sept matchs restants), voire à Luka Doncic. Cela pourrait aussi permettre à Cade Cunningham de remonter dans les suffrages.

C’est devenu une habitude : depuis plusieurs saisons, ESPN interroge, à intervalles réguliers, 100 journalistes pour faire des points d’étape, en particulier pour la course au MVP.

Gros bond en avant également pour Victor Wembanyama, qui passe de la 8e à la 4e place, avec notamment trois votes pour la première place. Jaylen Brown progresse aussi pas mal, en passant de la 9e à la 6e place, alors que Jalen Brunson glisse de son côté, en tombant de la 5e à la 9e place.

Victor Wembanyama : La Malédiction des Géants ?

tags: #course #au #mvp #nba