Le hockey sur glace est un sport très rapide et de contact, ce qui implique malheureusement des blessures. L'exemple d'Adam Johnson pourrait servir de modèle.
Samedi 28 octobre, lors d’un match de Challenge Cup britannique entre Sheffield et Nottingham, Adam Johnson, passé par Pittsburgh en NHL, a été accidentellement blessé à la gorge par le patin d’un joueur renversé par une collision. Cet accident très rare rappelait les cas de Clint Malarchuk (1,5 litres de sang perdu après une coupure de la carotide en 1989) et de Richard Zednik, qui avaient tous les deux survécu à des blessures choquantes de ce type en match de NHL.
Il faut - malheureusement - un décès pour qu’une prise de conscience ait lieu. C’est ce qui est arrivé en 1995 en Suède. Dans un match de pré-saison entre Mora et Brynäs, Bengt Åkerblom a eu la carotide ouverte par un patin et est décédé à l’hôpital, à 28 ans. Depuis ce jour, le protège-cou est obligatoire en Suède, mais la règle n’est pas toujours bien appliquée.
Beaucoup de joueurs fixent mal cette protection, voire la coupent par des ciseaux, parce qu’ils la trouvent inconfortable, surtout avec la sueur, et ont une sensation de mal respirer.
En 2020, l’international suédois Jonas Ahnelöv avait vu un coéquipier lui marcher dessus involontairement à l’entraînement et l’accident heureusement sans grosse conséquence avait fait débat. Cette même saison 2020/21, le défenseur Moritz Seider - qui jouait en Suède à Rögle - avait été indemne lorsque, chutant sous les pieds de son adversaire, le protège-cou avait empêché le patin de s’enfoncer dans sa gorge. On se souvient moins de ces accidents qui n’ont pas eu lieu… Et pourtant, même Seider ne le porte pas depuis lors, ni en NHL ni en équipe d’Allemagne.
Depuis la mort d’Adam Johnson, la communauté du hockey a réagi. Partout dans le monde, les magasins d’équipement de hockey sont débordés par les demandes, les modèles recommandés sont en rupture de stock.
La fédération anglaise (EIHA) a annoncé qu’elle introduirait le protège-cou obligatoire à partir de l’an prochain. La ligue pro britannique, l’EIHL, où le drame mortel a eu lieu, s’est contentée de « fortement encourager » les hockeyeurs à le porter, mais sans le rendre obligatoire.
Au Canada, deux des trois ligues junior majeur avaient déjà l’obligation du protège-cou. Pas la WHL, la ligue de l’Ouest canadien, plus imprégnée de la vieille culture viriliste dédaignant toute protection, comme à une époque pour le casque, et comme dans le débat sur les visières, si longtemps pollué par le chroniqueur canadien si influent Don Cherry qui qualifiait ceux qui la portaient de « peureux » presque tous européens ou francophones.
La visière n’a été rendue obligatoire qu’en 2021 en NHL - un an et demi après le renvoi de Cherry pour d’énièmes propos discriminatoires douteux - et uniquement pour les nouveaux joueurs intégrant la ligue.
En Allemagne - où Adam Johnson jouait la saison passée - sa mort a eu l’effet d’une traînée de poudre. La fédération de Basse-Saxe a été la première à le rendre obligatoire dans les championnats régionaux - y compris seniors - dès le 1er décembre. Le syndicat des joueurs professionnels a mené un sondage montrant que la majorité des hockeyeurs était favorable. Certains se sont aussitôt mis à le porter La DEL vient de suivre le mouvement en rendant l’équipement obligatoire au 1er janvier prochain.
Et en France ? Dans un communiqué paru la semaine dernière, la FFHG « encourage l’ensemble des pratiquants à le porter même quand ils sont dans une catégorie pour laquelle il n’y a pas de caractère obligatoire. Pour rappel, le port du protège-cou est obligatoire jusqu’à la catégorie U20.
Les protège-cou se sont déjà améliorés par rapport aux premiers modèles en plastique. L’innovation continuera sans doute si cet équipement devient indispensable.
Rasmus Dahlin, qui a grandi avec en Suède mais l’a abandonné en NHL avant de le re-tester la semaine dernière, a déclaré au Times Herald de Buffalo : « J’ai essayé de le porter pendant un match, mais ça n’a pas duré si longtemps.

Équipement de protection pour hockey sur glace, incluant un protège-cou.
Autres Blessures et Accidents
Outre les coupures, d'autres types de blessures et accidents peuvent survenir lors de la pratique du hockey sur glace :
- Violentes chutes
- Coups de patin
- Chocs divers
Commotions cérébrales
Gabriella Papadakis est une rescapée. Victime d'une commotion cérébrale après une chute le 28 août 2015, la patineuse française, en couple avec Guillaume Cizeron en danse sur glace, mettra plusieurs mois à s'en remettre sans pouvoir s'entraîner normalement, "portés, pirouettes, et twizzles" lui étant proscrits. Quasiment un an après, en avril 2016, elle en subissait toujours les conséquences : "Encore maintenant, j’ai du mal à me repérer dans l’espace quand je sors d’une pirouette."
Blessures en couple
Le couple canadien Jessica Dubé-Bryce Davison peut en témoigner. En février 2007, lors des Championnats des quatre continents à Colorado Springs (Etats-Unis), il effectue son programme normalement... Résultat : 80 points de suture et une vilaine cicatrice qui s'étend sur une dizaine de centimètres au niveau du nez. Quelques mois plus tard, le couple patine à nouveau ensemble. "C'est curieux, mais cet accident nous a permis de connaître ensuite la meilleure période de notre carrière", avoue la patineuse au site LaPresse.ca.
Le couple est la discipline la plus à risques, surtout pour les filles. Les patineurs ont "un tel respect de l'autre", estime Annick Dumont, qu'ils font tout pour se protéger.
Et n'allez pas croire que seules les femmes risquent gros lors des figures dangereuses. Les hommes sont en effet loin d'être épargnés. Coups de coude, de bras, de genoux... Il ne fait pas bon parfois de tenter certaines figures.
Lola Esbrat, 20 ans, acquiesce. La patineuse, membre de l'équipe de France, a souvent distribué des coups à son partenaire, le Russe Andrei Novoselov. De quoi faire peur à certains. "Un jour, il y aura des accidents très graves", prophétise Annick Dumont, également entraîneuse, qui a d'ailleurs cessé de s'occuper des couples, le jour où l'un de ses duos - dont elle ne veut pas donner les noms - a eu un grave accident. "Le patineur tenait les bras de sa partenaire, et elle est tombée face contre terre. Elle est restée deux jours à l'hôpital.
Pour une médaille et un podium, les patineurs sont prêts à repousser leurs limites. "Ils patinent de plus en plus vite et tentent des choses de plus en plus compliquées", détaille Romain Haguenauer, le coach de Gabriella Papadakis.
Lola Esbrat n'a pas encore disputé les Jeux olympiques, mais elle reconnaît que cette course à la performance augmente les risques. La patineuse française Vanessa James propulsée par son partenaire Morgan Cyprès aux JO de Pyeongchang. Elle cite la paire tricolore Vanessa James-Morgan Ciprès, cinquièmes à Pyeongchang, qui tente des "quad lancés" : la patineuse réalise une quadruple rotation en étant lancée par son partenaire et retombe sur une jambe.
Accidents à l'entraînement
La compétition n'est pas le seul endroit où règne le danger. A l'entraînement, la patinoire ressemble ainsi à une "jungle", assure Nathalie Péchalat. "Tu n'es pas seul sur la glace. Tu peux prendre quelqu'un dans la tête, ou vouloir l'éviter et provoquer une chute et te blesser", détaille-t-elle.
Concentrés sur ses figures et sur sa manière de patiner, les patineurs ne voient pas forcément tout ce qu'il se passe, avec à la clé, des télescopages. Le double champion olympique japonais, Yuzuru Hanyu, a ainsi percuté à l'échauffement un autre patineur lors d'une compétition en novembre 2014.
Yrétha Silété a eu moins de chance. La patineuse tricolore, championne de France élite en 2011 et 2012, douzième des championnats du monde à Nice en 2012 à seulement 17 ans, était promise à un grand avenir. Mais un choc avec un autre patineur lors d'un entraînement lui "a brisé sa carrière", regrette son entraîneur Claude Thévenard. "Sur le coup, elle s'est rompue les ligaments croisés du genou gauche et malgré les opérations, elle ne s'en jamais réellement remise", regrette-t-il.
Mais au-delà des blessures physiques, les patineurs en couple doivent affronter un autre ennemi : la peur. "C'est une discipline relativement dangereuse, confirme Lola Esbrat. A mes débuts, j'avais peur d'en avoir peur. Mais je suis quelqu'un d'assez casse-cou et pour faire du 'couple', il faut aimer prendre des risques." Elle admet tout de même que sa mère était loin d'être enthousiaste à l'idée que sa fille se mette "en couple".
La paire canadienne Jessica Dubé et Bryce Davison a dû passer par la case psychologie pour dépasser ce coup de patin dans le visage. "On a réalisé que c'était un accident. Ça peut arriver à n'importe qui, n'importe quand", analysait Bryce Davison pour le site RDS.
Preuve que tout va bien désormais dans la tête de Gabriella Papadakis, quelques mois après sa commotion cérébrale, la Française a réussi à remporter un nouveau titre de champion du monde avec Guillaume Cizeron.
Mesures de Prévention
Pour réduire les risques de coupures et autres blessures au hockey sur glace, plusieurs mesures de prévention peuvent être mises en place :
- Le port obligatoire du protège-cou pour les jeunes joueurs (jusqu'à la catégorie U20 en France).
- L'encouragement au port du protège-cou pour tous les joueurs, quel que soit leur niveau ou leur âge.
- L'amélioration de la qualité et du confort des équipements de protection.
- La sensibilisation des joueurs aux risques de coupures et autres blessures.
- L'application stricte des règles de jeu visant à réduire les contacts dangereux.
Passau Hockey - Protège-cou 2 : Prendre la bonne mesure
Autres Accidents Liés aux Patinoires
Il est important de noter que des accidents peuvent également survenir en dehors des matchs et des entraînements, liés à l'entretien des patinoires :
Intoxication au Monoxyde de Carbone
34 personnes ont été intoxiquées dimanche 25 janvier à Puigcerdà, en Catalogne, en raison des émanations d’un robot utilisé pour lisser la glace. Une journée festive, qui a viré au chaos.
L’effroi a saisi les 200 personnes présentes dimanche 25 janvier sur la patinoire de Puigcerdà, ville de 10 000 habitants à la frontière entre la Catalogne et les Pyrénées-Orientales. Comme le racontent nos confrères de L’Indépendant, trois rencontres de hockey sur glace étaient organisées sur la glace, fédérant un grand nombre de spectateurs et de pratiquants.
Conséquence : la glace a été mise à rude épreuve et a nécessité plusieurs passages du robot destiné à nettoyer et lisser la surface de la patinoire. "La combustion se fait au butane et, en cas de ventilation insuffisante ou de mauvaise combustion, le monoxyde de carbone s’accumule" a détaillé le maire auprès du média Regio7, cité par nos confrères.
Après que les détecteurs ont donné l’alerte, les secours sont intervenus. Les pompiers ont mobilisé cinq équipes sur place et ont pris en charge les personnes souffrantes, leur administrant de l’oxygène via des masques. Au total, trois personnes ont dû être transportées à l’hôpital de Cerdagne, avec un indice d’intoxication "légèrement supérieur à 20" a précisé l’édile.
L’ensemble des personnes présentes dans la patinoire a été évacué, et le lieu a été copieusement ventilé ces dernières heures, pour effacer toute trace de monoxyde de carbone.
Blessures Musculaires
Les blessures musculaires (contusion, élongation, déchirure) sont une problématique fréquemment rencontrée en médecine du sport. Notons aussi que les personnes qui s’étirent mal ou trop peu, dont l’alimentation est inadaptée ou l’hydratation insuffisante, sont plus à risque que les autres.
Types de Blessures Musculaires
- Contusion: Se produit suite à un coup direct sur le muscle, se caractérise par une douleur très localisée au niveau du point d’impact.
- Élongation: Correspond à un étirement excessif des fibres du quadriceps, dépassant leur limite physiologique. Les fibres musculaires ne sont pas déchirées, ou de manière très limitée.
- Déchirure musculaire (Cla quage): Correspond à un stade plus avancé de lésion : plusieurs fibres sont rompues, ce qui provoque une douleur vive et soudaine, parfois comparée à un “coup de poignard”.
Diagnostic des Pathologies du Quadriceps
Le diagnostic d’une pathologie du quadriceps repose sur un examen clinique (inspection, palpation du muscle et tests musculaires) couplé à un interrogatoire. L’interrogatoire permet notamment de connaître les circonstances d’apparition de la blessure, le degré d’impotence fonctionnelle et l’intensité des symptômes. Quant à l’examen clinique, il permet de rechercher un œdème, un hématome, et de vérifier la mobilité du membre atteint.
L’échographie est l’examen de référence à réaliser en cas de blessure musculaire du quadriceps. Elle permet d’observer précisément les lésions (localisation, étendue et profondeur) ainsi que le comportement du muscle en contraction.
Traitement et Rééducation
Quelle que soit le type de lésion, le repos sportif est la première mesure à prendre ; celui-ci est plus ou moins long en fonction de la gravité de l’atteinte. La prise en charge de votre blessure est ensuite divisée en deux temps : un traitement correspondant à la phase aiguë, et une phase de réadaptation. C’est dans ce deuxième temps qu’intervient le kinésithérapeute.
En phase aiguë, pendant les 3 jours qui suivent le traumatisme, l’objectif est de diminuer les douleurs et faire cesser l’hémorragie. Cela consiste à appliquer de la glace, mais aussi à élever et compresser le membre lésé pour lutter contre l’œdème. Si vos douleurs sont importantes, le médecin pourra vous prescrire du paracétamol, ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens. Ces derniers doivent être pris sur une période courte (2 ou 3 jours).
Après une blessure musculaire du quadriceps, la rééducation est indispensable. Elle se fait dans un deuxième temps, après une phase de repos de quelques jours qui s’accompagne de mesures antalgiques (application de froid et médicaments). Si vous consultez suite à une élongation, la rééducation devrait durer entre 2 et 3 semaines. Après une déchirure du quadriceps, la rééducation prend un peu plus de temps, il faut généralement compter 6 à 8 semaines avant la reprise du sport.
Fractures de Fatigue des Côtes
La plupart des sports nécessitant un travail important des membres supérieurs sont touchés par les fractures de fatigue de côte (FFC). Chez les pratiquants d’aviron, les fractures de côte, qu’il s’agisse d’une souffrance localisée ou d’une véritable fracture, représentent environ 10 % des lésions. Elles sont bien sûr plus fréquentes dans le haut niveau et chez les sportifs adultes.
Dans 86 % des cas, elles touchent les côtes de la quatrième à la huitième et dans aucun cas les côtes flottantes, très rarement la première côte. Il n’y a pas de prévalence évidente entre les athlètes masculins ou féminines.

Image illustrant une fracture de côtes.
Douleurs Thoraciques
À ce niveau, elles sont en général d’apparition progressive sur plusieurs jours, plusieurs semaines. Cette douleur apparaît sans traumatisme initial et progressivement. Parfois, à la suite d’un mouvement simple, il existe une aggravation brutale. Les douleurs sont localisées au niveau de la cage thoracique, aggravées par les mouvements d’inspiration forcée et la toux. Les changements de position peuvent être pénibles, mouvements de l’épaule, mouvements du tronc.
Il peut apparaître des irradiations sur le trajet des nerfs intercostaux.
Le diagnostic est plus difficile à poser. L’apparition de la douleur est souvent progressive et elle peut durer plusieurs mois. On note des douleurs sous l’épaule, au niveau de l’omoplate. Parfois, il existe des paresthésies au niveau des membres supérieurs, voire des douleurs de type neuropathique qui égarent le diagnostic vers un problème neurologique. La toux, l’inspiration profonde exacerbent la douleur ainsi que les mouvements des bras au-dessus des épaules. Il peut exister également des signes neurovasculaires mal systématisés dans le membre supérieur ou des signes évoquant un syndrome du défilé thoracique.
Diagnostic et Traitement
Un test, décrit par Prisk, le trapezius squeez test, consiste à pincer la musculature située au-dessus de la côte avec réveil de la douleur. La palpation de la fracture est également douloureuse.
La radiographie est le plus souvent normale, faussement rassurante et ce sont des examens en coupe, qu’il s’agisse d’un scanner ou d’une résonance magnétique (IRM), qui permettent de faire le diagnostic. Parfois, la scintigraphie est nécessaire. L’échographie peut se révéler un excellent examen de dépistage pour les côtes moyennes.
Dans un premier temps, un repos relatif est utile, associé à des antalgiques. Le délai de cicatrisation est habituellement de 4 à 6 semaines, surtout quand il n’existe pas un véritable trait de fracture. Par contre, si celui-ci s’est complété, le délai peut être beaucoup plus long et peut nécessiter 6 à 12 mois de repos. Il faut bien sûr profiter de cette période pour limiter les facteurs de risque, et notamment les facteurs techniques.
Lésions Costochondrales et Sternales
Les cartilages costaux sont des cartilages hyalins. Ils sont plus arrondis que les côtes. Ils forment la jonction mobile entre les côtes et le sternum. La portion osseuse semble plus solide que la portion cartilagineuse pouvant donc expliquer certaines blessures.
L’incidence des blessures costochondrales/sternales se situe autour de 2,4 % pour 1 000 heures-joueurs en rugby professionnel anglais selon Brooks. La pathologie touche habituellement les sujets autour de la trentaine, un peu plus chez des sujets de sexe masculin.
Lors du traumatisme, le sportif ressent une vive douleur, latéralisée, bien localisée. L’activité sportive doit être interrompue. Il retrouve une sensibilité à la palpation de la cage thoracique du côté touché. Parfois, lors de la pression de la zone douloureuse, un “clic” est entendu ou ressenti par le joueur. Il est régulièrement palpé et reconnu par le patient avec la manœuvre de Valsalva et les mouvements de torsion.
Ces lésions fracturaires peuvent être observées à distance d’un traumatisme “méconnu” lors de la pratique de sports de contact, sports de combat, football américain, rugby… Les lésions se présentent cliniquement comme des masses douloureuses, évoquant un processus tumoral.