Le XV de France affrontait l'Uruguay au stade Pierre-Mauroy de Lille. En réussissant de manière assez magistrale son entrée dans "sa" Coupe du monde grâce à sa victoire nette et sans bavure sur les All Blacks, l'équipe de France s'est donné de vrais espoirs pour la suite.
Mais ce probant succès lui impose quelques obligations, à commencer par le maintien d'un investissement total. Jeudi soir, pour le match d'après, l'adversaire sera moins impressionnant, moins prestigieux, mais cela reste un match de Coupe du monde à gagner.
L'Uruguay est un petit pays du rugby mondial, 17e au classement international, mais elle n'est peut-être pas estimée à sa juste valeur. En seulement quatre participations, elle a gratté trois victoires (sur 12 matches), soit davantage que des pays que des équipes à la présence plus ancienne et ou plus importante.
En dépit de la faiblesse de ses moyens, elle a même décroché il y a quatre ans un succès mémorable face aux Fidji (27-30), et avait mené à la pause contre le pays de Galles, futur demi-finaliste.
Il ne s'agit pas de chercher à se faire facticement peur. "Los Teros" ont des valeurs, du cœur, et quelques joueurs de qualité, mais en dépit de leurs progrès, ils sont encore à des années-lumière de pouvoir rivaliser avec le top niveau mondial.
Plus que face aux Bleus ou à la Nouvelle-Zélande, ils joueront leur Coupe du monde contre la Namibie, voire l'Italie. Pour le XV de Fabien Galthié, ne pas gagner ce match est inenvisageable.
Ne pas "bien" le gagner, avec le soin et la manière nécessaires, serait, sinon une catastrophe, un premier coup d'arrêt dont le pays hôte se passerait volontiers.
Si l'enjeu principal tient évidemment au résultat, c'est peut-être encore plus sur la manière que ce XV de France remanié sera scruté. Seuls trois des 15 titulaires face aux Blacks ont été reconduits.
La Coupe du monde est un marathon, pas un sprint, et le sélectionneur a bien insisté sur ce point cette semaine : compte tenu du contexte, de l'adversaire affronté six jours plus tôt et celui qui se dresse devant les Bleus jeudi soir, cette équipe-là est, de son point de vue, la meilleure possible.
En d'autres termes, la plus adaptée, quoi que pas nécessairement la plus forte intrinsèquement.
"Il faut digérer le match d'il y a quelques jours, qui était affiché depuis trois ans, qui a clignoté, et basculer très, très vite sur le match qui passait derrière, six jours après, précise Fabien Galthié.
L'enjeu est là pour nous. C'est-à-dire basculer et enchaîner derrière ce sémaphore qui était là depuis trois ans et se projeter maintenant en peu de temps sur cet adversaire qui est l'Uruguay.
C'est la meilleure équipe de France, à tous les niveaux : en termes de fraîcheur, en termes de motivation et en termes d'association."
Collectivement, le défi, au-delà du sérieux et de l'engagement requis, tiendra surtout au fait de rester focalisé sur… le collectif, précisément. Ensemble, ils ont une dynamique à entretenir.
Mais derrière l'œuvre commune, il y a l'aventure de chacun. Or pour beaucoup, ce match face à l'Uruguay est une chance et ils n'en auront probablement pas cinquante devant eux.
Il n'y a évidemment aucune raison de croire que ceux qui débuteront sur la pelouse du stade Pierre-Mauroy jeudi n'auront pas cet impératif collectif en tête et que certains puissent céder à la tentation du chacun pour soi. Personne ne jouera pour briller.
Mais inconsciemment, parfois, l'envie de montrer, de se montrer, tend à dévier le jeu de sa trajectoire la plus juste. Ce sera là un des enjeux de ce deuxième match, qui pourrait ouvrir certaines portes.
Peut-être pas forcément en vue du blockbuster qui attendra les Bleus en quarts de finale (encore que...) mais la construction du calendrier de ce premier tour pourrait peser.
Après l'énorme choc contre la Nouvelle-Zélande et l'Uruguay jeudi, et avant d'affronter l'Italie lors du dernier match de cette phase initiale du Mondial, il y aura encore la Namibie à négocier.
Là, le staff français pourrait choisir d'opter pour une composition hybride, à mi-chemin, un peu plus, un peu moins, du XV titulaire du Stade de France et celui presque totalement remanié de Lille. C'est aussi le positionnement du curseur entre ces deux options qui pourrait se jouer contre "Los Teros".
Mais si les nombreux changeront devront sans doute imposer une certaine mansuétude dans certaines phases de jeu et dans la cohérence des enchaînements, l'envie et les intentions, elles, ne sauraient tolérer la moindre faillite.
Pas dans une Coupe du monde. Pas dans "leur" Coupe du monde.
France - Uruguay : Les équipes
- France : Jaminet - Bielle-Biarrey, Vincent, Moefana, Villière - (o) Hastoy, (m) Lucu - Macalou, Jelonch (cap.), Boudehent - R.
Résumé du Match
Les Bleus ont gagné, et c’est peut-être tout ce qu’il faudra retenir de cette soirée du 14 septembre, au stade Pierre-Mauroy de Villeneuve-d’Ascq. Après une superbe victoire lors du match d’ouverture contre la Nouvelle-Zélande (27-13), les Bleus ont livré une partition bien plus indigeste face à l’Uruguay, et l’ont finalement emporté sans briller (27-12).
Bousculés et sans jamais de marge au score, les hommes de Fabien Galthié ne sont pas parvenus à marquer un quatrième essai en fin de match, synonyme de point de bonus offensif.
Pourtant, tout laissait à penser que les Bleus allaient offrir un récital offensif à leurs supporteurs face à une équipe d’Uruguay bien moins forte sur le papier.
Antoine Dupont, Grégory Alldritt ou encore Gaël Fickou au repos, c’était aux habituels « finisseurs » (comprenez « remplaçants ») de prendre leur place dans le XV de départ. Problème : comme contre les All Blacks, le XV de France a été surpris d’entrée de jeu par un essai largement évitable de l’ailier Nicolas Freitas (6e).
Une panne de réveil qui pouvait ressembler à un accroc, mais qui était en fait le point de départ d’une soirée difficile pour les Bleus. Car même si l’ouvreur Antoine Hastoy a rapidement permis à la France de reprendre l’avantage en y allant lui aussi de sa réalisation (11e) et que l’arrière Melvyn Jaminet s’est montré adroit face aux perches (5/6), le match n’a jamais plongé dans la folie qu’espérait tout le stade.
La faute aux multiples en-avants et pénalités commis par les hommes de Fabien Galthié, mais aussi à la ténacité des Uruguayens. Sans complexes malgré l’ambiance, les Teros ont continué de profiter des maladresses des Français pour aller de nouveau dans l’en-but par l’arrière Baltazar Amaya (53e).
L’efficacité des Sud-américains tranchait avec le manque de réalisme des Bleus, qui ont passé une bonne partie de la rencontre dans les 22 mètres adverses, mais ont souvent manqué le coche, l’ailier Gabin Villière et Sekou Macalou se voyant ainsi chacun refuser un essai après visionnage de l’arbitrage vidéo.
Finalement, les Bleus s’en sont remis au talonneur Peato Mauvaka (55e) et à l’ailier Louis Bielle-Biarrey (72e) pour se détacher en fin de rencontre. L’essai du Bordelais est d’ailleurs la seule petite éclaircie de l’équipe de France au cœur d’une soirée maussade : à 20 ans et 87 jours, « LBB » a dignement fêté le fait d’être le plus jeune joueur français à disputer un match en Coupe du monde.
Ce petit instant « histoire de l’Ovalie française » ne suffira sûrement pas à combler de joie le staff du XV de France, qui va rapidement se remettre au travail pour préparer le prochain match, face à la Namibie (jeudi 21 septembre).
Reste à savoir quels cadres des Bleus seront de retour dans le XV de départ pour cette rencontre, car une chose est sûre : les habituels « finisseurs » n’ont pas marqué beaucoup de points ce soir.
Maxime Lucu et les Bleus ont souffert face à l’Uruguay, et se sont finalement imposés 27 à 12, sans le point de bonus offensif.
Moments Clés du Match
- 6e minute: Essai pour l'Uruguay par Nicolas Freitas, surprenant le XV de France en début de match (3-5).
- 11e minute: Réaction rapide de la France avec un essai d'Antoine Hastoy, permettant aux Bleus de reprendre l'avantage (8-5).
- 53e minute: L'Uruguay revient fort avec un essai de Baltazar Amaya, transformé par Felipe Etcheverry, réduisant l'écart à un seul point (13-12).
- 55e minute: Peato Mauvaka marque un essai crucial pour la France, augmentant leur avance (18-12).
- 72e minute: Louis Bielle-Biarrey, le plus jeune joueur français en Coupe du Monde, inscrit un essai, assurant la victoire et se rapprochant du bonus offensif (25-12).
Réactions
- Antoine Hastoy: "On n’a pas su répondre à l’agressivité et au combat qu’ils nous ont imposé, surtout dans les zones de ruck. On sort frustrés, parce qu’on voulait bien jouer collectivement et on n’a pas su le faire."
- Cameron Woki: "Beaucoup de frustration parce qu’on aurait aimé montré une autre prestation. On était face à une équipe avec énormément d’envie. Quinze pénalités, c’est énorme. C’est même inadmissible au niveau international."
- Maxime Lucu: "Ça a été un match très difficile, on a essayé de mettre du rythme, on n’a pas réussi à scorer. Mais on est contents de notre performance et de ce match devant notre public."
Statistiques Clés
- La France a concédé 15 pénalités pendant le match.
- Louis Bielle-Biarrey est devenu le plus jeune joueur français à jouer un match de Coupe du Monde.
- La France n'a pas réussi à obtenir le bonus offensif malgré sa victoire.
Prochain Match
Le XV de France affrontera la Namibie le 21 septembre au stade Vélodrome de Marseille.

Emmanuel Macron lors du match France-Uruguay. Crédit : ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
Tableau des Statistiques du Match France - Uruguay
| Statistique | France | Uruguay |
|---|---|---|
| Essais | 3 | 2 |
| Transformations | 3 | 1 |
| Pénalités | 2 | 0 |
| Plaquages Ratés | 14 | 9 |
| Pénalités Concédées | 15 | N/A |
Conclusion
Après son succès contre les All Blacks, le XV de France a souffert face à la 17e nation mondiale avant de s’imposer 27 à 12. Les Bleus prennent la tête de la poule A.