Le rugby, sport de contact par excellence, a longtemps été perçu comme une discipline exclusivement masculine. Pourtant, les premières traces de rugby féminin remontent à la fin du XIXe siècle.
En Angleterre, certaines écoles de filles pratiquaient déjà une forme de rugby dès les années 1880. Toutefois, la première rencontre officielle connue s’est tenue en 1917 à Cardiff, opposant des équipes de femmes mobilisées dans l’effort de guerre. le début d’une grande histoire…
La Grande Histoire du Rugby au Féminin
Les Débuts Difficiles du Rugby Féminin
Après la Première Guerre mondiale, les initiatives en faveur du rugby féminin se multiplient, mais elles rencontrent de fortes résistances. La Fédération anglaise de rugby (RFU) interdit notamment la pratique du rugby féminin sur ses terrains en 1921, freinant ainsi son développement.
Il faudra attendre la fin des années 1960 et 1970 pour que des clubs féminins réapparaissent à nouveau en Angleterre, puis en Nouvelle-Zélande.
En France, le rugby féminin débute officiellement en 1965 avec la création d’un premier club à Toulouse, ainsi qu’à Paris, le Racing Club de France féminin, créé en 1965 par Évelyne Contesse. La pratique féminine se développe progressivement dans des villes secondaires, notamment dans le sud ouest.
Cependant, la première compétition officielle féminine n’a vu le jour qu’en 1971, avec la création du championnat de France de rugby à XV féminin. Ce dernier s’est progressivement structuré.
En 1982, la Fédération Française de Rugby (FFR) reconnaît officiellement la pratique du rugby féminin et organise un championnat national. L’engouement pour le rugby féminin en France ne cesse de croître, porté par des performances de haut niveau et une médiatisation accrue.
Avec la création d’un TOP 16, puis d’un Top 8, et enfin d’une Elite 1, des joueuses françaises sont devenues semi-professionnelles. Les niveaux inférieurs, Elite 2, Fédérale 1 et Fédérale 2 sont également bien structurés désormais.
L’intégration du rugby féminin aux Jeux Olympiques, avec le rugby à 7 en 2016, a également contribué à populariser la pratique. La France s’est illustrée aux JO de Tokyo en 2021 en remportant la médaille d’argent. De plus en plus de clubs amateurs encouragent la pratique chez les jeunes filles, les fédérations investissent davantage pour son développement. La Coupe du Monde féminine attire un public grandissant, témoignant de l’intérêt croissant pour la discipline.

L'équipe de France féminine de rugby à XV
L’Essor du Rugby Féminin à l’International
Les années 1980 et 1990 marquent un tournant décisif pour le rugby féminin. En 1982, la première équipe nationale féminine de France voit le jour. En 1991, la première Coupe du Monde de rugby féminin se tient au pays de Galles, bien que non reconnue officiellement par World Rugby à l’époque.
L’Angleterre remporte cette édition inaugurale, posant les bases d’une compétition qui prendra une importance croissante au fil des années.
L’intégration progressive du rugby féminin dans les fédérations nationales et internationales contribue naturellement à son expansion. Un premier Tournoi féminin, 100% britannique est lancé en 1996, remporté par l’Angleterre à deux reprises puis par l’Ecosse.
Ce n’est qu’en 1999 que le premier Tournoi des 5 Nations est créé avec l’intégration de la France. La version 6 Nations est quant à elle, lancée en 2002, qui correspond à la première victoire des Bleues. A noter que la 6ème nation n’est pas l’Italie, mais l’Espagne. Il faudra attendre 2007 pour que les Transalpines remplacent les Espagnoles.
En 1998, la Coupe du Monde de rugby féminin est (enfin) officiellement reconnue par World Rugby, offrant une plus grande visibilité à la discipline. Depuis, des nations comme la Nouvelle-Zélande, l’Angleterre, la France et le Canada se sont imposées comme des puissances majeures du rugby féminin.
Palmarès Mondial : Coupe du Monde Féminine de Rugby à XV
La Coupe du monde féminine de rugby à XV, organisée tous les quatre ans depuis 1991, a vu la domination de certaines nations :
- Nouvelle-Zélande : 6 titres (1998, 2002, 2006, 2010, 2017, 2021)
- Angleterre : 2 titres (1994, 2014)
- États-Unis : 1 titre (1991)
La France s’est illustrée en décrochant la troisième place à plusieurs reprises : 1991 (place partagée), 1994, 2002, 2006, 2014, 2017, 2021.
Les Black Ferns sont les reines de la coupe du monde féminine puisqu’elles sont de loin celles qui ont le plus remporté la compétition. En Angleterre, elles vont viser une septième médaille d’or après l’avoir déjà eu autour du cou en 1998, 2002, 2006, 2010, 2017 et 2021.
Lors de la précédente édition, les Kiwis avaient éliminé la France en demi-finale avant de battre l’Angleterre en finale. Les Anglaises ont, elles, remporté le Mondial en 1994 et 2014.
La finale du Mondial sera jouée devant environ 82 000 personnes. Pour résumer, c’est un guichets fermés qui est attendu le 27 septembre prochain à Londres. Ce sera donc un record, qui est actuellement à 66 000. Ce dernier date des derniers Jeux Olympiques de Paris lors des matchs de rugby à 7.
En Angleterre va se tenir la dixième Coupe du monde de rugby féminin, la première a eu lieu en 1991. À ce jour, seules quatre nations peuvent se targuer d’avoir participé à toutes les éditions : la France, l’Angleterre, les États-Unis et le Canada.
Les Américaines ont remporté le tout premier Mondial en 1991 au pays de Galles. En ce qui concerne les Bleues, on dénombre pas moins de six médailles de bronze. Les Françaises ont notamment terminé à la troisième place lors des trois dernières éditions.
Le tournoi 2025 comptera le chiffre record de 32 % de femmes entraîneures parmi les sélections qualifiées. Une statistique en forte progression en quatre ans (15 %). Cela reflète l’engagement croissant de ce sport en faveur de l’égalité des sexes dans les environnements de haute performance. Le nombre de femmes entraîneures est passé de six en 2021 à 23 confirmées pour 2025. Sur les 281 membres du personnel des équipes d’encadrement des 16 fédérations, 40 % sont des femmes.
Pour le Mondial 2025, le XV de France féminin aura quelques occasions de marquer l’histoire du rugby français. La plus large victoire des Bleues date de 1994. Il y a plus de vingt ans, les Tricolores avaient battu le Japon sur le score de 99-0.
Suspendue pour les deux premières rencontres, Pauline Bourdon-Sansus est tout de même très attendue dans ce Mondial anglais. Au niveau de l’expérience, on ne trouve pas mieux. Avant de prendre part à la fête, la demi de mêlée tricolore compte 66 sélections avec le XV de France féminin. C’est la joueuse la plus capée du groupe retenu par le duo Mignot-Ortiz.
L’Afrique du Sud va défier de l’équipe de France pour la troisième journée du groupe D de la 10e édition du Mondial de rugby féminin. Pour cette rencontre, les Springboks tenteront de poser des problèmes aux Bleues et pourquoi pas conserver la première place du groupe. Un résultat qui viendrait récompenser un développement de plusieurs années.
| Année | Champion | Finaliste | Troisième Place |
|---|---|---|---|
| 1991 | États-Unis | Angleterre | France (partagée) |
| 1994 | Angleterre | États-Unis | France |
| 1998 | Nouvelle-Zélande | États-Unis | Angleterre |
| 2002 | Nouvelle-Zélande | Angleterre | France |
| 2006 | Nouvelle-Zélande | Angleterre | France |
| 2010 | Nouvelle-Zélande | Angleterre | Australie |
| 2014 | Angleterre | Canada | France |
| 2017 | Nouvelle-Zélande | Angleterre | France |
| 2021 | Nouvelle-Zélande | Angleterre | France |
La fédération sud-africaine sait donc les efforts à faire pour se rapprocher du haut niveau. Actuellement son championnat amateur regroupe 8 équipes, toutes sont une section des clubs masculins d’Afrique du Sud. Elles sont sans doute à leur meilleur niveau avant cette Coupe du monde.
Et pour cette édition, l’objectif des Sud-Africaines était de sortir de la phase de groupe pour la première fois de son histoire. Ce sera le cas, en première voire en deuxième position selon le résultat du match.
Si les précédentes éditions (2014 et 2017) ont obtenu d’excellents scores d’audience, les matchs féminins restent sous-médiatisés et fortement dévalorisés par rapport aux matchs masculins.
Si le rugby féminin n’est pas au même niveau que le rugby masculin, c’est sans doute en raison d’un ensemble de préjugés qui ont longtemps freiné son émancipation.
En 1989, le rugby féminin ne compte que 500 licenciées environ contre 200 en 1971. Depuis, le nombre de rugbywomen ne cesse de croître : 3700 en 2003, 5 350 en 2006, 5 800 en 2007 et autour de 14 000 en 2016. Au 31 mars 2020, 23 470 pratiquantes dont 3052 « loisirs et nouvelle pratique ». Les effectifs ont plus que doublé en 7 ans : elles n’étaient que 11 441 en juin 2013.
World Rugby (l’organisme international qui gère le rugby à XV et le rugby à sept) a adopté une série de règles en faveur de l’égalité homme-femme. Parmi les nouveautés, notons que les compétitions des joueuses de rugby ne porteront plus la mention « féminine ».
Les actions vers une plus grande égalité entre rugby féminin et rugby masculin sont nombreuses et significatives. Pour autant, l’évolution du rugby féminin est beaucoup plus lente que pour le rugby masculin. Elle franchit les paliers au fil des grands rendez-vous, notamment avec les excellents résultats des équipes de France à XV comme à VII.
En France, malgré les efforts notables de la fédération française de Rugby en termes de féminisation, la professionnalisation de la pratique met en évidence de fortes inégalités avec le rugby masculin. Dans ce cadre, les victoires des féminines sont encore plus impressionnantes.
L'équipe de France termine troisième du Mondial. Elle a battu le Canada 36-0.
La Nouvelle-Zélande a conservé son titre de championne du monde de rugby féminin, le sixième titre mondial de son histoire. Elle a battu à domicile l'Angleterre (34-31) lors d'une finale spectaculaire et intense à Auckland, ponctué de onze essais. Les Anglaises restaient sur 30 succès de suite.
Le XV de France féminin s'est en partie consolé en allant décrocher la médaille de bronze du tournoi grâce à sa victoire face au Canada. A l'Eden Park d'Auckland, les Bleues n'ont fait qu'une bouchée de leurs rivales en les battant 36-0.
Les Françaises ont pris la tête dès la première période, inscrivant trois essais par Madoussou Fall, Pauline Bourdon et Marine Ménager. Marine Ménager a doublé la mise en fin de match, après un autre essai signé cette fois Annaëlle Deshaye.
Au coup de sifflet final, le sélectionneur Thomas Darracq s'est déclaré "très heureux, satisfait que les filles aient pu montrer toutes leurs qualités et leur potentiel. Arriver à mettre quarante points au Canada, c'est une très belle performance".
Une performance qui laisse en tout cas augurer un bel avenir pour cette équipe qui a deux grands rendez-vous devant elle : le tournoi des VI nations au printemps prochain puis le mondial 2025 en Angleterre.