La Coupe du Monde de Rugby est l'un des événements sportifs les plus prestigieux au monde. Cet article explore les origines de cette compétition et met en lumière certains moments historiques des premières éditions, notamment celles de 1987 et les événements qui ont suivi jusqu'en 1989.

Les Prémices de la Coupe du Monde
L'idée d'une Coupe du Monde de Rugby a mis du temps à se concrétiser. En 1982, l'IRB (International Rugby Board, aujourd'hui World Rugby) a rejeté une proposition émanant d'un cabinet de gestion londonien. Cependant, le Dr. Roger Vanderfield (Australie), président du comité de l'IRB, a finalement décidé d'organiser une Coupe du Monde de Rugby à titre d'essai. C'est ainsi que la première édition a vu le jour en 1987.
Coupe du Monde de Rugby 1987 : Une Première Édition Mémorable
La première Coupe du Monde s'est tenue en Nouvelle-Zélande et en Australie en 1987. Seize nations ont été invitées à participer à ce tournoi inaugural :
- Nouvelle-Zélande
- Australie
- Angleterre
- Écosse
- France
- Irlande
- Pays de Galles
- Italie
- Roumanie
- Zimbabwe
- Argentine
- États-Unis
- Canada
- Japon
- Îles Tonga
- Fidji
Plus de 600 000 spectateurs ont assisté aux matchs sur 11 sites différents (9 en Nouvelle-Zélande et 2 en Australie). Avant cette phase finale, 32 fédérations de l'IRB ont participé aux tours de qualification organisés pour la première fois.
Rugby Vintage : la Coupe du Monde 1987
Si l’on considère ce que la Nouvelle-Zélande a apporté à l’histoire du rugby, il y avait sans doute une forme de logique à ce que les All Blacks, chez eux, inaugurent le palmarès de la Coupe du monde. Si l’on examine l’addition des talents qui composaient cette équipe, on peut même ajouter que ce sacre était légitime. Michael Jones, John Kirwan, Sean Fitzpatrick, Wayne Shelford, Gary Whett on, Grant Fox : ils sont nombreux à avoir laissé une trace impérissable dans les mémoires. Et pourtant, si l’on revient en arrière, leur succès était loin d’être une cause entendue. Onze mois plus tôt, ils avaient perdu leur série de tests face aux Australiens d’Alan Jones. Puis, à l’automne, ils avaient été balayés par la sauvagerie du pack de Jacques Fouroux à Nantes. Ce souvenir allait nourrir leur préparation de la finale face à la France.
Ce rendez-vous, les Bleus s’y présentèrent chiffonnés physiquement, mentalement par un parcours un peu plus chaotique que leurs adversaires, émoussés aussi par une exceptionnelle demi-finale face à l’Australie. Après avoir tenu le bras de fer pendant presque une heure face aux All Blacks à l’Eden Park d’Auckland, ils cédèrent dans les vingt dernières minutes.
Demi-finale de 1987 : France vs Australie
La demi-finale de Sydney reste encore aujourd’hui comme l’un des meilleurs matchs de l’histoire de la Coupe du monde. Elle est le « match signature » d’une exceptionnelle génération de joueurs français : Blanco, Sella, Rodriguez, Berbizier, Lagisquet… Le scénario de la rencontre fut un incroyable chassé-croisé entre deux formations animées par les mêmes ambitions offensives. Menés 24-21 à une minute de la fin, les Bleus allaient en renverser le destin (24-30).
Serge Blanco a décrit ce moment comme « un moment magique ». Il a ajouté : « J’ai la chance de pouvoir aplatir l’essai qui nous emmène en finale. Nous sommes quatre à marquer ce jour-là. Philippe Sella, Alain Lorieux, Patrice Lagisquet et moi. Cet essai, c’est à la fois du bonheur et un grand soulagement. Cette victoire est l’aboutissement de plusieurs années de travail, non, plutôt d’amusement collectif. C’est un moment magique. Il est le fruit d’un désir. Tout le monde imaginait une finale Nouvelle-Zélande - Australie. On se disait : « Ils nous prennent pour des cons. » On avait réussi un Grand Chelem, on avait battu les All Blacks six mois plus tôt à Nantes. »
Pierre Berbizier a déclaré : « Je me suis fait ouvrir le pli fessier contre les Fidji. Le docteur m’a dit : « Pour toi, c’est fini. » Et, pendant deux jours, j’ai regardé les entraînements avec les béquilles. Il y avait les problèmes de Jacques Fouroux avec la presse. Je lui ai dit : « Cette équipe est forte, il faut arrêter de batailler avec l’extérieur. » Et là, du tac au tac, il m’a répondu : « OK, mais à une condition, c’est que tu remontes sur le navire. » Je n’aurais pas dû jouer cette demi-finale. Je suis un rescapé et un privilégié. Pendant le match, je n’ai plus pensé à la blessure. Je voyais les actions s’enchaîner comme au ralenti. Il y a eu une montée en puissance. On sentait qu’on les accrochait. Et c’est allé crescendo jusqu’à cette explosion quand Serge Blanco marque. Il avait des qualités de finisseur hors norme. J’ai démarré avec Serge en équipe de France junior. »
L'Après-Coupe du Monde 1987 : Défis et Préparations
Après la Coupe du Monde 1987, les équipes ont continué à se mesurer lors de tournées et de test-matchs. Cependant, le XV de France a subi une quatrième défaite internationale consécutive, le samedi 4 novembre à Strasbourg, face aux Australiens (32-15) lors du premier test-match de la huitième tournée dans l'Hexagone des Wallabies.
Dans un match contre l'Australie, une chandelle monte dans le ciel du stade de la Meinau à Strasbourg. Les spectateurs croient encore que les joueurs vont battre leurs adversaires. Le duel d'artillerie que se sont livrés les buteurs des deux camps est pour l'instant favorable à la France : trois pénalités et un drop " enquillés " par l'ouvreur Didier Camberabero, deux pénalités passées par le buteur miracle de Brisbane Michael Linagh, soit 12-6 au tableau d'affichage. Mais la partie n'a pas encore vraiment commencé. Les Français n'y prêtent pas une attention particulière. Bref, Serge Blanco est paré pour la réception au bord de sa ligne des 22 mètres. Mais ce ballon, notre " Pelé de l'ovale " ne l'attrapera jamais. Il a été renversé au carrefour par un autobus, l'arrière Greg Martin, 1,90 mètre, pas loin de 100 kilos. A pleine vitesse, le colosse de Brisbane vient de sauter pour saisir la balle et de tamponner le Français. Une-deux entre les centres australiens et, deux secondes après que Serge Blanco a reçu le ciel sur la tête, Tim Horan aplatit dans l'en-but le premier essai wallaby de la partie. Et c'est tout le rugby australien qui vient de percuter de plein fouet l'ovale français, certitudes, assurances et combinaisons comprises.
Vers la Coupe du Monde 1991
La Coupe du Monde de Rugby 1991 a marqué une nouvelle étape dans l'histoire de cette compétition. Le tournoi final s'est déroulé sur 19 sites dans 5 pays différents : la France (8), l'Angleterre (4), l'Écosse (1), l'Irlande (2) et le Pays de Galles (4).

Le quart. Dans l’histoire des coupes du monde, le rugby français peut estimer avoir été trois fois victime d’un arbitrage plus que partial. En finale de l’édition 2011, avec au sifflet le sud-africain Craig Joubert, en demi-finale en 1995, avec dans le rôle du méchant le gallois Derek Bevan. Et puis en 1991, en quart de finale contre l’Angleterre. Ce jour-là, le néo-zélandais David Bishop fait tout ce qu’il faut pour faire sortir de ses gonds une équipe de France déjà sur les nerfs. Au point de se faire attraper au col par Daniel Dubroca, l’entraîneur des Bleus, à l’issue de la rencontre.
Serge Blanco a déclaré : « Pendant ce match, j’ai servi de paillasson. Le grand problème, c’est que ce jour-là j’ai attrapé tous les ballons hauts. Alors que de temps en temps j’en ratais. Et j’ai pris la rafale aussi. L’arbitre a tourné la tête ou fermé les yeux sur les brutalités commises par les Anglais. Heslop me plaque à retardement. C’est nous qui sommes pénalisés. Marco Cécillon a pris un coup de pied dans la tête de Winterbottom devant le juge de touche et l’arbitre. Ils l’ont ignoré. Politiquement, il était important que l’Angleterre aille en finale à Twickenham. Dommage, on avait la possibilité de faire quelque chose. On avait fait un excellent tournoi. Mais il ne nous a pas servi de tremplin. On aurait dû se resserrer. La tournée aux États-Unis ne nous a pas servi. »
Daniel Dubroca a confié : « Ma carrière d’entraîneur de l’équipe de France n’a duré que deux ans, mais ce quart de finale est effectivement mon plus mauvais souvenir. Les Anglais ont eu un comportement plus que limite vis-à-vis de Serge Blanco. Ils ont mis le feu aux poudres. L’arbitre David Bishop a fait preuve de laxisme et il n’a pas pris la décision qui s’imposait quand il y a eu la première agression caractérisée sur Serge. On n’aurait peut-être pas gagné, mais cela aurait permis de calmer les esprits. Ma colère est montée au fil du match. J’ai attrapé l’arbitre dans le couloir avant d’entrer au vestiaire. Je n’ai pas des images très claires en mémoire, car j’avais tellement de colère en moi. Et pourtant j’ai toujours été respectueux des adversaires comme des arbitres. On a tout eu durant cette Coupe du monde et surtout une guéguerre autour de la présidence. »
Évolutions et Professionalisation
La Coupe du Monde de Rugby a continué d'évoluer au fil des ans. La Coupe du Monde de Rugby organisée en 1999 par la Fédération galloise de rugby avec l’aide des cinq autres pays participant au Tournoi des Cinq Nations, est la première compétition professionnelle de l’histoire. Soixante-cinq équipes participent aux éliminatoires. Le nombre d’équipes qualifiées pour la phase finale passe de 16 à 20. Quarante et un matchs sont joués dans 18 stades et suivis par 1,7 million de spectateurs. Le tournoi est diffusé dans 209 pays et suivi par 3 milliards de téléspectateurs.
Tableau Récapitulatif des Premières Coupes du Monde
| Année | Pays Hôtes | Nombre d'Équipes | Spectateurs | Particularités |
|---|---|---|---|---|
| 1987 | Nouvelle-Zélande, Australie | 16 | 600 000+ | Première édition |
| 1991 | France, Angleterre, Écosse, Irlande, Pays de Galles | 16 | N/A | Tournoi réparti sur plusieurs pays |
| 1995 | Afrique du Sud | 16 | N/A | Symbole de la fin de l'apartheid |
| 1999 | Pays de Galles et autres | 20 | 1.7 million | Première compétition professionnelle |