Coupe du Monde de Football 1986: Un Tournoi Inoubliable au Mexique

La Coupe du Monde de Football de 1986, qui s'est déroulée au Mexique, reste gravée dans les mémoires comme l'un des tournois les plus passionnants et controversés de l'histoire du football. Marquée par le génie de Diego Maradona et des matchs mémorables, cette édition a offert un spectacle inoubliable aux fans du monde entier.

Diego Maradona, figure emblématique de la Coupe du Monde 1986

Un Pays Hôte Contesté

Comme le Chili en 1962, le choix du Mexique comme organisateur de la Coupe du Monde 1986 a surpris de nombreux observateurs. En effet, cette nation avait été frappée par un violent séisme en septembre 1985, causant la mort de plus de 10 000 personnes. Cependant, il était trop tard pour faire marche arrière.

Au départ, c'est la Colombie qui avait été désignée comme pays hôte lors d'un comité exécutif tenu le 9 juin 1974. La Fifa a ensuite envisagé de confier l'organisation du tournoi au Canada ou aux États-Unis, mais le faible intérêt de l'Amérique du Nord pour le football a conduit les décideurs à choisir une autre option. Le Mexique a été retenu, fort du succès du Mondial 1970 qu'il avait déjà organisé. Miraculeusement, le tremblement de terre avait laissé les stades presque intacts !

Format du Tournoi

Le nombre d'équipes présentes en phase finale (24) est resté inchangé par rapport à l'édition de 1982, mais un changement important a été introduit. La Fifa décide que les derniers matches d'un même groupe se jouent en même temps, en raison du "match de la honte" de 1982. Fini les deux phases de groupe, 16 équipes sortent désormais des poules et commencent à s'affronter au stade des huitièmes de finale.

La France, Favorite Surprise

Pour la première fois, la France était considérée comme la favorite numéro un de l'épreuve. Les Bleus avaient remporté l'Euro il y a deux ans, et Michel Platini était sans conteste le meilleur joueur de la planète avant le début de ce Mondial.

Comme en 2002, les personnalités du show-biz surfaient sur cette vague positive incarnée par ces joueurs tricolores. Sim, Sacha Distel, Marcel Amont, Carlos et Enrico Macias, entre autres, ont monté un groupe pour réaliser un hymne d'encouragement.

L'équipe de France a fait honneur à son rang. Après s'être sortis sans réelle difficulté de leur poule, les Bleus ont subi un parcours très relevé. Ils ont affronté d'abord en huitième de finale la Squadra Azzurra, championne du monde en titre, que Michel Platini est venu à bout (victoire 2-0).

C'est ensuite le Brésil qui s'est dressé sur la route des Bleus. La Seleção, qui avait ravi la planète football en 1982 grâce à un jeu magnifique, faisait moins peur. Ce quart de finale France Brésil de 1986 mérite sans conteste de figurer dans le livre d'or de cette compétition planétaire.

La première mi-temps, ultra-dominée par les Brésiliens, s'est terminée sur le score de 1-1. Au retour du vestiaire, les 22 acteurs ont encore plus élevé le rythme. Les occasions de but ont fusé dans les deux camps. Zico, surnommé "le Pelé blanc", a manqué la balle de match pour les Brésiliens à la 75e minute en voyant son penalty détourné par un gardien Joël Bats héroïque.

La séance des tirs au but s'est avérée aussi épique. Platini a loupé sa tentative, mais Socrates et Julio Cesar ont fait de même. Luis Fernandez, avec un sang-froid énorme, a inscrit le tir au but gagnant qui a envoyé les Bleus en demi-finale.

Guadalajara est un nom mythique pour le football Français. Le 21 juin 1986, après avoir éliminé les Italiens en 8e de finale, les Bleus y affrontent le Brésil en quarts. Les deux équipes font partis des favoris pour la victoire finale.

Voici la fiche du match : France - Brésil : 1-1, (pen.

Equipe de France, Mondial 1986 : France-Brésil (1-1), au bout du suspense, résumé I FFF 2013

Maradona, le Héros Argentin

Mais il y en a un qui ne manquera pas son rendez-vous avec l'histoire : c'est Diego Maradona. Pour le premier match de l'Argentine contre la Corée du Sud (victoire 3-1), El Pibe de Oro est l'auteur des trois passes décisives au profit de Valdano (deux buts) et Ruggeri. Contre l'Italie, pour le deuxième acte du groupe A (1-1), c'est lui qui égalise. Lors du dernier match de poule face à la Bulgarie (victoire 2-0), il éclabousse encore la rencontre de son talent avec des gestes techniques de grande classe (dribbles improbables, déviations géniales en une touche, etc.) et une nouvelle passe décisive.

C'est alors au tour des matches à élimination directe. L'Argentine sort en huitièmes l'un de ses pires ennemis : l'Uruguay, qui avait battu l'Albiceleste en finale du Mondial 1930. Encore une fois, Diego Maradona se montre intenable et est à l'origine du seul but de la partie qui qualifie son équipe pour les quarts contre l'Angleterre.

Cette rencontre contre les sujets de la reine Elizabeth II sera un moment de grâce et un résumé de ce que c'est le football, un sport où l'habileté et le vice doivent s'associer pour assurer une victoire. Et Maradona, ce mi-ange, mi-démon, en est l'incarnation la plus parfaite, le yin et le yang du ballon rond.

C'est d'abord le diable qui officie. On joue la 51e minute. Maradona est en duel aérien avec le gardien Peter Shilton pour récupérer un ballon mal dégagé par la défense anglaise. Beaucoup plus petit que son adversaire direct, El Pibe de Oro s'aide de la main pour tromper le portier anglais. Tout le monde a vu cette faute de jeu, sauf l'arbitre.

Mais Diego va se transformer en ange trois minutes plus tard en marquant l'un des buts les plus grandioses de l'histoire du football. La star argentine dribble presque la moitié de l'effectif anglais sur une course de 55 mètres entamée dans le camp sud-américain.

La Belgique sera ensuite la prochaine victime expiatoire de ce Maradona de 25 ans survolté, en pleine confiance et en parfaite condition physique. Le maestro inscrit un nouveau doublé et emmène son équipe en finale contre l'Allemagne.

La Finale et le Sacre Argentin

La République fédérale d'Allemagne est son dernier adversaire avant le sacre. Les Allemands ont sorti en demi-finale sans forcer (2-0) une équipe de France sur les rotules après son match dantesque contre le Brésil. Mais cette Mannschaft va elle aussi s'incliner (3-2) en concédant le troisième but, inscrit par le Nantais Jorge Burruchaga, à la 84e minute, sur une passe décisive de... Diego Maradona.

Ce dernier confirme enfin à la face du monde entier son génie. Ce succès argentin, c'est avant tout sa victoire.

Voici quelques détails de la finale : ARGENTINE - ALLEMAGNE: 3-2

  • Buts: Brown (23e), Valdano (55e), Burruchaga (85e) pour l'Argentine – Rummennige (73e), Voller (82e) pour l'Allemagne
  • ARGENTINE : Pumpido - Cucciofo, Ruggeri, Brown, Olarticoechea - Giusti, Batista, Burruchaga (puis Trobbiani), Enrique - Maradona - Valdano – Entraineur: Bilardo
  • RFA: Schumacher - Briegel, Forster, Jokobs, Brehme - Eder, Matthaus, Berthold, Magath - Allofs (puis Voller), Rummennigge - Entraineur: Beckenbauer

Clas. Victoire de l'Argentine en finale du Mondial contre la RFA (3-2). Remise de la coupe à Diego Maradona, fou de joie, qui la brandit et l'embrasse. Au cours du match Maradona conteste sur un coup franc et écope d'un carton jaune.

Ce sera vrai tout au long de la compétition sauf, paradoxalement, en finale, contre l'Allemagne de l'Ouest. Dieguito, qui venait de marquer les quatre derniers buts argentins, ne dispose d'aucune liberté. Il se meut alors en équipier de luxe, laissant à ses partenaires le soin de briller. En face, pour le plus grand malheur de la RFA, Harald Schumacher passe complètement au travers de son match.

En deux corners rageurs, la bande à Franz Beckenbauer revient à hauteur de son adversaire grâce à Karl-Heinz Rummenigge et Rudi Voller. Incroyable Allemagne. On croit alors les Argentins au bord de la rupture. Mais Maradona a vu Burruchaga filer en profondeur. Le lieutenant préféré de Diego crucifie une dernière fois Schumacher, à cinq minutes d'une prolongation que l'on pensait devenue inévitable. Cette fois, la RFA ne se relèvera pas.

Faits Marquants et Anecdotes

  • En marquant face au Canada (1-0) lors du premier match de l'équipe de France, Jean-Pierre Papin signe le 1200e but de l'histoire des phases finales de la Coupe du monde.
  • Le plus jeune spectateur de l'histoire de la Coupe du monde se trouve dans les tribunes du stade Aztèque, lors du huitième de finale Mexique-Bulgarie. Une jeune maman tient fièrement dans ses bras son bébé, né... 13 jours plus tôt. Son prénom? Mexico !
  • Initialement, la Coupe du monde 1986 devait avoir lieu en Colombie, puisque la FIFA lui avait attribué l'organisation en 1980. Mais en 1983, pour raisons financières, la Colombie jeta l'éponge. Afin que le Mondial reste organisé sur le même continent, le Mexique se proposa de se substituer à la Colombie, devenant ainsi le premier pays à organiser deux fois la compétition.

Statistiques Clés

Voici quelques statistiques clés de la Coupe du Monde 1986 :

Catégorie Valeur
Participants 24
Nombre de matches 52
Nombre de buts 128
Meilleur buteur Gary Lineker (Angleterre, 6 buts)
Affluence totale 2 407 431
Affluence moyenne par match 46 297
L'équipe d'Argentine, championne du monde 1986

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