L'ASBO Grave Son Nom dans l'Histoire de la Coupe de Picardie

L'empreinte de Beauvais est marquée à jamais sur la Coupe de Picardie. L'ASBO restera en effet le dernier club à avoir remporté l'épreuve, dont c'était l'ultime édition, lundi, sous son appellation actuelle.

Vainqueur (2-4) d'Ailly-sur-Somme sur le terrain de l'équipe de CFA 2, la réserve de Beauvais (DH), renforcée par des joueurs de l'équipe fanion promue en National 2 et alignant aussi des éléments de l'équipe C, a frappé fort.

Non seulement les joueurs du tandem José De Oliveira-Daniel Coppens ont fait aussi bien que leurs devanciers de 2008 (vainqueurs de la réserve d'Amiens SC aux tirs au but), mais le trophée trônera désormais à jamais dans la vitrine de l'Asbo, la Ligue de Picardie ayant décidé qu'il resterait propriété du dernier vainqueur.

«Elle restera au club ad vitam aeternam, jubile José De Oliveira, et ça c'est une vraie fierté. Avant que nos amis amiénois et camblysiens nous passent devant, le club picard c'était Beauvais. Donc ça me parait logique qu'elle reste chez nous.»

Une Victoire Logique et Méritée

Une logique qu'Ailly a quand même malmenée, en égalisant à la 52e. Lawson (15e) -- à la réception d'une passe de Sidibé -- et Ewagnignon (30e) --après avoir dribblé le gardien adverse- avaient pourtant idéalement lancé l'Asbo, mais Ailly refaisait surface en fin de première période et en début de seconde.

Insuffisant, cependant, pour stopper des Beauvaisiens bien emmenés par les joueurs de l'équipe fanion, notamment Ewagnignon, Sidibé (dont c'était le dernier match avec l'Asbo) et Lawson.

C'est d'ailleurs Ewagnignon qui délivre Beauvais (2-3, 79e) à la suite d'un relais Sidibé-Lawson. Dans la foulée, Sidibé, qui avait frappé sur la barre à la reprise (47e), parachève le succès (2-4, 82e).

«Je suis très heureux d'avoir été décisif, c'est ce qui m'a manqué cette saison, savoure Rhys Ewagnignon, en pourparlers pour prolonger à l'Asbo. Ca fait du bien de donner l'avantage à son équipe. On s'est fait des frayeurs par moments, mais on a su rester forts mentalement et on a réussi à reprendre l'avantage. On a mis le 4e but, qui est bien arrivé pour achever l'adversaire.»

«Cette victoire a un meilleur goût qu'en 2008, jubile le gardien Rémi Azerot, l'un des trois rescapés de l'époque avec Jérôme Eberschweiler et Nordine Lmourid. J'éprouve un sentiment de bonheur, de la joie, c'est indescriptible.»

«C'est la victoire de tout le groupe seniors, puisque des joueurs des équipes A, B, C et un U18 (NDLR : Rafael Marques, le 2e gardien) étaient là, souligne José De Oliveira.

Dans les années 1950, la Coupe de Picardie de football était une bien étrange compétition. Dans L’Equipe du 4 décembre 1957, Jean Dumontier, spécialiste du football amateur du quotidien sportif et de l’hebdomadaire France-Football, fait état d’une compétition mineure, la Coupe de Picardie, qu’organise chaque année le district de Picardie (le département de la Somme est à l’époque rattaché à la Ligue du Nord de football).

Il est très rare que ce journal à l’audience nationale aborde un sujet et une compétition d’intérêt aussi local. » Il existe dans le district de Picardie une curieuse épreuve, qui sous le nom sympathique de Coupe de Picardie et sous l’égide de la Ligue du Nord et de la F.F.F., offre l’apparence d’une épreuve de football.

Remarquez que cette compétition se joue avec 22 footballeurs, 3 arbitres, toutes les formes y sont. Après cet exposé, le journaliste s’étonne de l’existence et du maintien d’une compétition qui déroge ainsi aux règles élémentaires des compétitions de football.

Chaque année, en fin de saison, Amiens est donc opposé à des équipes de rang inférieur dans cette Coupe départementale, patronnée par le magasin de confection Devred. Et en effet, le tableau d’affichage, au début du match, offre souvent le spectacle surréaliste d’un score négatif.

Exemples parmi de nombreux autres: le 25 avril 1954, Amiens est mené 3-0 au départ de son match contre Conty (7-3 au final); le 17 avril 1955, Longueau attaque la rencontre en menant 4-0.

Je me souviens personnellement d’un match à Beauval, en 1957. Je revois parfaitement l’entrée du petit stade. En venant d’Amiens, il est situé sur la droite de la route qui plonge vers le centre du village.

En entrant sur le terrain, les joueurs aperçoivent le score: Beauval mène 3-0 avant de commencer. Heureusement, les Amiénois ont vite fait de trouver la faille: Par Freddy Dumoulin (6e minute), Serge Campuzan (13e) et de nouveau Dumoulin (14e), ils « égalisent » dans le premier quart d’heure.

Mais tous les handicaps ne se remontaient pas aussi facilement. L’adversaire, fort de son avantage, jouait l’ultra-défense et dépassait rarement le milieu du terrain.

Encore fallait-il avoir la clé du coffre-fort ! Car même en finale, le système du handicap était conservé. En 1958, Amiens remporte le trophée en battant 7-4 (!) un adversaire final, Montdidier, à qui il rend 4 buts.

Et évidemment, il arriva que, face à un adversaire de bonne valeur et motivé par son but d’avance, Amiens ne remonte pas son handicap. Le 27 mai 1956, au stade Paul-Delique d’Abbeville, l’A.A.C., alors en division d’Honneur, rend un but à son vieux rival, le S.C.Abbeville, qui joue en Promotion, c’est-à-dire une division en-dessous.

Les derbys opposant les deux clubs sont toujours acharnés à l’époque. Il l’est encore cette fois, à l’occasion de cette demi-finale. Amiens réussit à « égaliser » à 2 minutes de la fin du temps réglementaire, par Swiatek. Mais à la dernière seconde de la prolongation, Schott marque le seul but d’Abbeville sur penalty.

1/32 Beauvais-OM 0-2

tags: #coupe #de #picardie #football