Coupe d'Europe des Vainqueurs de Coupe : L'Histoire du PSG en 1996

Si près de trente ans plus tard, le Paris-SG essaie d'imiter son grand rival de l'Hexagone dans une compétition dont le niveau n'a jamais été aussi élevé, le club parisien peut aussi se targuer d'avoir soulevé une coupe européenne. Certes, elle n'existe plus, mais le club parisien a remporté la C2, la Coupe d'Europe des vainqueurs de coupe.

Non attribuée depuis 1999, elle opposait les clubs européens lauréats des coupes nationales. Tombeur de Strasbourg (1-0) en finale de la Coupe de France, le 13 mai 1995, grâce à un but de Paul Le Guen, le PSG était allé au bout la saison suivante de cette C2, créée en 1961. Le club de la Capitale avait réussi là où avait échoué l'AS Monaco en 1992 (défaite 2-0 face au Werder Brême).

En 1996, le Paris-SG remportait la Coupe des coupes aux dépens du Rapid Vienne (1-0). D'un coup franc terrible, Bruno Ngotty apportait à la France sa deuxième Coupe d'Europe. A jamais premier dans l'histoire du ballon rond tricolore, l'Olympique de Marseille a décroché la C1 aux dépens du grand AC Milan en 1993 (1-0), année de la première édition sous l'appellation « Ligue des Champions », grâce à une tête victorieuse de Basile Boli entrée dans la légende.

Bruno Ngotty célébrant son but victorieux.

Le Contexte de la Saison 1995-1996

Demi-finaliste la saison précédente de la C1 face au Milan (0-1, 0-2), le Paris-SG entame une nouvelle ère à partir de l'été 1995. George Weah, qui sera sacré Ballon d'Or France Football en fin d'année - une première pour un joueur africain -, David Ginola, Valdo et Ricardo, héros des campagnes précédentes, sont notamment partis sous d'autres cieux après avoir décroché le titre de Champion de France en 1994, le deuxième sacre national après 1986.

Youri Djorkaeff, Patrice Loko, Julio Cesar Dely Valdes, Bruno Ngotty ou Stéphane Mahé débarquent pour tenter de faire oublier ces illustres éléments. Aux manettes depuis la saison précédente, Luis Fernandez a mené le club jusqu'aux deux victoires en Coupes, dont la première Coupe de la Ligue de l'histoire. L'ancien milieu de terrain de l'écurie parisienne et des Bleus veut faire mieux que la troisième place en Championnat et hisser le club le plus haut possible en Coupe d'Europe. Il va y parvenir et entrer un peu plus dans les cœurs des supporters.

Si le Paris-SG n'est finalement pas Champion de France en dépit d'un départ en fanfare - il termine derrière Auxerre, auteur d'un superbe doublé Championnat-Coupe de France - il accomplit un exercice européen parfait. Sorti en demi-finales les trois années précédentes, le club présidé par Michel Denisot ne signe que des victoires. Ou presque (seulement une courte défaite en quarts au match aller).

Le Parcours du PSG vers la Finale

En seizièmes de finale, l'armada parisienne prend aisément le meilleur en septembre sur les Norvégiens de Molde (3-2, 3-0). Un certain Solskjaer ouvre le score au match aller avant que Paul Guen, Djorkaeff (sur penalty) et Dely Valdes ne fassent la différence. Djorkaeff remet ça deux semaines plus tard au Parc des Princes, emboîtant le pas de Pascal Nouma, auteur d'un rapide doublé en première période. Le futur champion du monde 1998 met encore ses partenaires sur la bonne voie au Parc face au Celtic Glasgow (1-0), le 19 octobre à l'aller des huitièmes. Loko (doublé) et Nouma enterrent les Ecossais au Celtic Park au retour.

Une Seule Défaite à Parme

En quarts de finale, le PSG doit faire face à l'une des meilleures équipes d'Italie, le pays qui domine alors l'Europe. Parme a décroché la C2 en 1993 (puis atteint la finale en 1994) et reste sur un sacre en Coupe de l'UEFA (C3, l'ancienne Ligue Europa). Si l'AC Milan domine en Serie A, le club parmesan est juste derrière. Paris reste donc sur ses gardes d'autant plus, qu'il s'incline au match aller (0-1). Hristo Stoichkov est le bourreau de Bernard Lama qu'il bat sur une frappe idéalement croisée du pied gauche comme le Bulgare affectionne tant.

Le coup d'arrêt est significatif pour les Parisiens mais l'écart, infime, va être effacé au Parc des Princes. Raï remet vite les deux formations à égalité sur penalty (9eme minute). Patatras, Melli égalise dix-sept minutes plus tard, obligeant l'équipe de la Capitale à inscrire deux autres pions. Ce qui sera fait par Loko (38eme) et Raï, auteur d'un nouveau penalty victorieux (69eme). Le PSG rallie encore le dernier carré (3-1) !

Djorkaeff Décisif

Vient alors la double confrontation avec La Corogne de Bebeto et Manjarin. Lama empêche l'attaquant brésilien champion du monde deux ans plus tôt de marquer puis Djorkaeff, entré en jeu, donne la victoire au Riazor sur une incroyable frappe sortie de nulle part à une minute de la fin (1-0). Quatorze jours plus tard, Loko valide la qualif à la Porte d'Auteuil (1-0). Après trois échecs consécutifs aux portes de la finale (Juventus Turin, Arsenal et AC Milan), le PSG va enfin concourir pour ouvrir son palmarès au niveau continental.

L'équipe victorieuse du PSG en 1996.

La Finale : PSG vs Rapid Vienne

Le mercredi 8 mai 1996, le Rapid Vienne, équipe surprise de la compétition, défie le club français pour le titre au Stade du Roi Baudoin à Bruxelles. Luis Fernandez reconduit une défense à trois Ngotty-Roche-Le Guen devant Lama et installe un milieu Fournier-Bravo-Guérin-Colleter derrière le trio offensif Raï-Djorkaeff-Loko. Tombeur du Sporting Portugal, du Dinamo Moscou et de Feyenoord, le Rapid n'est pas à négliger. Le PSG domine néanmoins la finale.

Touché à la cheville, Raï doit rapidement laisser sa place à Dely Valdes (12eme) puis Konsel claque sur sa transversale la frappe de Djorkaeff. Le numéro six parisien est ensuite déstabilisé par Guggi mais, trop lointain pour lui, il laisse le coup franc à Ngotty dont il décale le ballon. On dispute alors la 29eme minute. Des 35 mètres, la lourde frappe du pied droit du défenseur va être légèrement déviée par Schöttel et le ballon va atterrir au fond des filets autrichiens (1-0) ! Konsel est impuissant sur sa droite, Paris se libère et ouvre le score. Le plus dur est fait.

Le PSG va poursuivre sa domination mais rester à la merci du Rapid après des situations non converties par Djorkaeff, Dely Valdes et Guérin. Lama sauve alors les siens sur deux parades magistrales devant Jancker et Ivanov ! C'est fini, Monsieur Pairetto siffle la fin, Paris tient sa Coupe d'Europe. Devant 15 000 supporters parisiens massés dans les tribunes, Lama lève la Coupe dans le ciel belge. Fernandez devient le premier entraîneur français à glaner une compétition continentale.

Appelé par Denisot pour remobiliser ses joueurs et insuffler un état d'esprit conquérant, Yannick Noah danse avec les lauréats dans le vestiaire, Nouma se déhanche vigoureusement, la joie est incommensurable.

Parcours du PSG en Coupe des Coupes 1996 - Tous les buts

Autres Moments Mémorables en Coupes d'Europe

Sont prises en compte les rencontres de C1, C2 et C3, et ce, avant la saison 2019-2020. Elles sont ici classées par ordre chronologique.

  • PSG-Real (4-1), 1993 (C3) : « Casque d'or », tout un film
  • Bayern-PSG (0-1), 1994 (C1) : hip, hip, hip... Weah !
  • PSG-Barça (2-1), 1995 (C1) : quand Fernandez mate Cruyff
  • PSG-Vienne (1-0), 1996 (C2) : Ngotty, trois ans après Boli
  • PSG-Liverpool (3-0), 1997 (C2) : la force de l'habitude
  • Chelsea-PSG (2-2), 2015 (C1) : le premier gros coup de QSI
  • PSG-Barça (4-0), 2017 (C1) : une démonstration... pour rien

Bonus : la « remontada » face au Steaua

À l'été 1997, le PSG dispute son tour préliminaire de C1 face au champion de Roumanie, le Steaua Bucarest. Un adversaire largement abordable, sauf que, à l'aller, Paris perd sur le terrain (2-3) puis sur tapis vert (0-3, finalement), puisqu'il aligne Laurent Fournier, pourtant suspendu. Les Parisiens n'ont plus le choix au retour, et ils roulent littéralement sur le Steaua (5-0), grâce à un Leonardo de gala (pour son dernier match avant son départ à l'AC Milan) et des buts de Rai (triplé), Simone et Maurice.

Les Finales Européennes du PSG

Avant d’aller défier l’Inter Milan à Munich, le club parisien a déjà joué 4 finales continentales. Avec des fortunes diverses. Le grand jour approche pour le Paris SG. Le club de la capitale a un rendez-vous majuscule avec son histoire samedi 31 mai, à l’occasion de cette finale de Ligue des champions face à l’Inter Milan à Munich. Un peu moins de cinq ans après sa défaite au même stade de la compétition face au FC Bayern, c’est une nouvelle occasion qui se présente pour devenir le deuxième club français de l’Histoire à soulever la coupe aux grandes oreilles, après l’OM en 1993.

Entre-temps, seule l’AS Monaco, en 2004 (battue par Porto, 0-3), avait eu pareille opportunité. Comme l’OM en 1993, Munich sera le théâtre de cette finale. Comme l’OM en 1993, ce sera face à un club milanais qu’il faudra aller forcer son destin. Au-delà de mettre le point final sur une quête entreprise il y a maintenant plus de 12 ans, lorsque QSI a pris le contrôle du club, le PSG a également la possibilité de devenir le premier club de l’Hexagone à remporter deux Coupes d’Europe. Avant ce PSG-Inter, il était donc temps de se replonger dans ces finales qui ont commencé à jalonner l’histoire européenne du club.

PSG-Rapid Vienne (1-0), finale de Coupe des Coupes 1996

« La consécration », titrait l’Equipe le 9 mai 1996, lendemain de la deuxième victoire d’un club français dans une compétition européenne. Trois ans après la C1 gagnée par l’OM, et au cœur d’une décennie faste pour le football français sur la scène continentale, le PSG remportait la Coupe des vainqueurs de Coupe en battant le Rapid de Vienne (1-0) au stade du Roi Baudouin à Bruxelles. Consécration car à ce moment-là, le PSG est sur une phase ascendante avec une demi-finale de Coupe UEFA en 1993, une demie de Coupe des coupes en 1994, et une demie de Ligue des champions en 1995. Paris s’impose progressivement comme une force qui compte, alors il faut désormais convertir cette montée en puissance par un titre.

Amputé par le départ de joueurs majeurs comme George Weah, David Ginola, Ricardo ou encore Valdo à l’été 1995, le PSG se renforce avec les arrivées de Laurent Fournier, Julio César Dely Valdès, Patrice Loko, Youri Djorkaeff ou encore Bruno Ngotty. Troisième du championnat la saison précédente mais vainqueur des deux Coupes, le PSG est donc aligné en C2 et élimine d’abord Molde puis le Celtic pour se hisser en quart de finale où l’attend Parme, vainqueur de la compétition en 1993 et finaliste sortant. Battu à l’aller en Italie sur un but du futur Ballon d’Or Hristo Stoichkov, Paris s’impose au Parc (3-1) grâce notamment à un doublé de Rai. En demi-finale, et mis sur orbite par un but somptueux de Djorkaeff à l’aller, les Parisiens sortaient La Corogne (1-0, 1-0) avant finalement d’aller chercher leur Graal en finale face aux Autrichiens. Bruno Ngotty, buteur sur un coup franc indirect d’une trentaine de mètres, devenant le héros de tout un club.

PSG-Juventus (1-6, 1-3), finale de la Supercoupe d’Europe 1996

Six mois plus tard, le PSG défie le vainqueur de la Ligue des champions en finale de la Supercoupe d’Europe, laquelle se joue à l’époque en match aller-retour. Luis Fernandez a été remplacé par Ricardo sur le banc et quelques cadres comme Daniel Bravo et Youri Djorkaeff ont migré vers d’autres cieux. Paris se veut ambitieux mais face à l’épouvantail de la Ligue des champions dans les années 1990 (trois finales de suite en 1996, 1997 et 1998), la Juventus de Marcelo Lippi, la claque est monumentale, historique même, avec un cinglant 6-1 infligé par les Turinois, qui menaient même 4-0 au Parc des Princes dès la mi-temps du match aller. Le 6-1 le plus marquant de l’histoire du PSG en Coupe d’Europe avant que n’advienne celui de mars 2017.

PSG-FC Barcelone (0-1), finale de Coupe des Coupes 1997

Et pourtant quelques mois plus tard, le PSG est bien de retour en finale de Coupe d’Europe avec l’occasion de conserver son titre en Coupe des coupes, un an après la victoire contre le Rapid mais avec cette fois, un défi d’une toute autre ampleur. En effet, c’est ni plus ni moins que le FC Barcelone qui se présente face aux Parisiens à Rotterdam, avec dans ses rangs des joueurs de premier plan comme le portier Vitor Baia, le défenseur Fernando Couto, au milieu Pep Guardiola, Luis Figo, Luis Enrique et devant, la nouvelle terreur du football mondial, le Brésilien Ronaldo (qui sera élu Ballon d’Or quelques mois plus tard).

Deux ans plus tôt, c’est le Paris de Luis Fernandez qui avait sorti le Barça de Johan Cruyff en quart de finale de Ligue des champions, au terme d’un sommet du jeu. Mais cette fois, c’est le Barça qui a le dernier mot. Héros à Bruxelles douze mois plus tôt, Bruno Ngotty est cette fois fautif lorsqu’il est pris de vitesse par Ronaldo, et concède un penalty que le Brésilien transformera pour l’unique but de la partie (1-0, 36e). Une défaite qui sonne aussi le glas d’une période dorée pour le PSG sur la scène continentale, puisqu’il faudra attendre près de 23 ans avant de goûter à nouveau à l’ivresse d’une grande finale.

FC Bayern-PSG (1-0), finale de Ligue des champions 2020

Après un quart de siècle en salle d’attente, et alors qu’il avait connu un déclassement progressif sur la scène continentale sous l’égide de Canal + puis Colony Capital, Paris surfe sur l’arrivée d’un nouvel investisseur, QSI, pour retrouver son lustre d’antan. Mais il faut près d’une décennie entre le rachat par le Qatar en 2011 et la finale de 2020 pour que le club matérialise ses nouvelles ambitions. Porté par certains des meilleurs joueurs du monde à leur poste et dans un contexte plombé par la crise sanitaire du Covid-19, le PSG défie en finale, à Lisbonne et à huis clos, le FC Bayern, vainqueur un peu plus tôt du Barça (8-2) puis de l’OL (3-0), tandis que Paris avait lui su disposer de Dortmund, de l’Atalanta et de Leipzig.

Dans une finale fermée, le PSG a ses chances. Neymar puis Mbappé manquant de peu l’ouverture du score. Mais c’est finalement un ancien du PSG, Kingsley Coman, qui offrira la victoire aux Allemands en deuxième période sur un coup de tête victorieux. Paris s’est rapproché de son objectif suprême, mais la marche était encore un peu haute.

En attendant la finale de la Ligue des champions du 31 mai 2025 contre l'Inter Milan, nous revenons 29 ans en arrière, un soir de mai 1996 à Bruxelles, quand le PSG remportait son premier titre européen, et pas des moindres… la Coupe des Vainqueurs de Coupe. Si le 8 mai 1996 résonne comme une date clé pour le Paris Saint-Germain, peut-être que le 31 mai 2025 lui fera écho. C’est tout ce que l’on peut leur souhaiter.

Parcours du PSG en Coupe des Coupes 1995-1996
Tour Adversaire Match Aller Match Retour Résultat
16èmes de finale Molde FK (Norvège) 3-2 3-0 Victoire
8èmes de finale Celtic Glasgow (Écosse) 1-0 3-0 Victoire
Quarts de finale Parme (Italie) 0-1 3-1 Victoire
Demi-finales Deportivo La Corogne (Espagne) 1-0 1-0 Victoire
Finale Rapid Vienne (Autriche) 1-0 Victoire

Le 8 mai 1996, une date gravée dans l'histoire du Paris Saint-Germain, le club remportait son premier titre européen, la Coupe des Vainqueurs de Coupe, en battant le Rapid de Vienne. Ce soir-là, au stade Roi Baudouin à Bruxelles, les supporters parisiens ont été témoins d'un moment de gloire inoubliable.

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