Le XV de France est actuellement en pleine préparation pour le prochain Championnat du Monde de Rugby. Avec un effectif riche et talentueux, l'équipe de France nourrit de grandes ambitions. Chaque match rapproche un peu plus les Bleus de la Coupe du monde, et Fabien Galthié le rappelle souvent lors de ses conférences de presse où il compte le nombre de rencontres avant le match d’ouverture le 2 octobre 2027 contre les États-Unis. 18 matches à jouer encore, 18 rencontres pour peaufiner son effectif.
Le sélectionneur Fabien Galthié a un rêve : développer son groupe. "On a compris qu'il fallait donner de l'expérience à d'autres joueurs pour en avoir trois par poste", explique-t-il. Un rêve qui prend forme un peu plus chaque semaine car le vivier français est riche. Très riche, même. Jamais dans l’histoire du XV de France un sélectionneur n’a eu autant de qualité à disposition, avec à peine quelques petites faiblesses sur certains postes.
Il faut noter que le XV de France commence, samedi face aux Springboks, sa tournée automnale, avant d’affronter les Fidji et l’Australie. Des rencontres importantes en vue du tirage au sort du prochain Mondial, organisé le 3 décembre. Trois nations du Sud pour s’étalonner, à deux ans d’une Coupe du monde aux antipodes.

Une Richesse de Talents à Tous les Postes
Deux postes offrent même un choix de riche au staff des Bleus: la troisième ligne et le poste de centre. Au milieu du terrain, les Bleus ont démarré le Tournoi des 6 Nations 2026 avec la paire bordelaise Moefana-Depoortere, qui est peut-être dans la tête du sélectionneur la meilleure association. Mais à cause des blessures, ce sont les Palois Brau-Boirie et Gailleton qui ont démarré la rencontre au pays de Galles, avec le succès que l’on connait.
Une performance qui propulse même le néo capé Brau-Boirie dans la peau d'un titulaire en puissance en Australie. Et contre l’Italie, la paire toulousaine Gourgues-Barassi fait son retour. Pierre-Louis Barassi, remis d’une commotion, fait partie des cadres de l’équipe et a été l'un des meilleurs Bleus la saison dernière. Kalvin Gourgues, qui a soigné sa cheville, est le joueur le plus électrisant depuis le début de saison. Six hommes, donc, pour deux places aujourd’hui.
Du côté de la troisième ligne, la concurrence est peut-être encore plus rude: Jelonch, Jegou, Cros, Nouchi, Boudehent, les hybrides Guillard, Flament ou Ollivon sans oublier les Capilla, Fisher, Woki, Matiu, Roumat, Gazzoti, Castro Ferreira, Abadie (liste non exhaustive). Galthié peut pianoter à sa guise, aligner une équipe différente à chaque match en fonction de l’adversaire sans perdre en qualité. Avec le confort de pouvoir fabriquer un banc surpuissant pour faire changer le cours d’un match. Il faudra juste gérer les hommes, les égos et les temps de jeu pour ne frustrer aucun de ces garçons qui pourraient être titulaires dans la plupart des sélections.
La Charnière : Un Atout Maître
Toutes les équipes qui sont devenues championnes du monde depuis 1987 ont toujours eu une charnière au-dessus du lot (Van Der Westhuizen-Stransky, Gregan-Larkham, Dawson-Wilkinson, Smith-Carter entre autres...). Et les Bleus ont peut-être entre les mains une charnière de ce niveau là. Antoine Dupont, meilleur joueur du monde, retrouve petit à petit son meilleur niveau. Capable de franchir, de faire jouer, de gérer, le capitaine des Bleus sait tout faire. Avec en relais au cas où Serin, Le Garrec, Lucu ou Jaunneau.
Et son association avec Matthieu Jalibert fait merveille depuis le début du Tournoi. Le 10 de Bordeaux joue dans un registre totalement différent de Romain Ntamack, moins gestionnaire, plus offensif, plus dynamiteur. Il apporte une autre dimension au jeu des Bleus. Le retour du Toulousain va forcément faire renaître le débat sur l'élu au poste de demi d’ouverture des Bleus. Mais Galthié a peut être aujourd’hui ce qui se fait de mieux sur ce poste là, sans oublier Thomas Ramos qui peut dépanner.
Erasmus est devenu champion du monde en 2023 en changeant sa charnière sur les phases finales, les Bleus pourraient eux peut être simplement changer de 10 en fonction de l’adversaire et profiter au maximum de nos talents.

La Composition de l'Équipe : Un Casse-Tête Permanent
Sur les autres postes, l’encadrement des Bleus a l’embarras du choix aussi. Marchand, Mauvaka, Lamothe ou les jeunes Cramont et Lacrombe sont en concurrence pour le poste de talon. Julien Marchand est titulaire indiscutable depuis le début du Tournoi, il enchaîne les grosses performances et vient de fêter sa 50e sélection, confirmant être un leader du groupe de Galthié. Mais Mauvaka revient de blessure et retrouvera sa forme qui en a fait un des meilleurs spécialistes du poste.
Charles Ollivon devient un véritable numéro 4 et concurrence Flament qui semblait pourtant intouchable dans la cage. Avec l’éclosion du jeune Auradou derrière, la France est fournie à ce poste, peut être un peu moins en numéro 5 où Emmanuel Meafou a du mal à confirmer son potentiel. Mickaël Guillard est devenu le titulaire du poste avec là aussi des performances majuscules depuis un an. Il manque ce fameux troisième joueur. Staniforth a été appelé, Maximin a dépanné et Tuilagi n’a toujours retrouvé son niveau. Mais lui, champion du monde des moins de 20 ans, pourrait régler la concurrence.
Sur le triangle arrière, le choix sera aussi très difficile. La preuve: Damian Penaud pourrait être titulaire dans beaucoup de sélections mais se retrouve aujourd’hui quatrième ou cinquième dans la hiérarchie. Bielle-Biarrey est intouchable. Meilleur joueur du dernier tournoi, il est reparti sur les mêmes bases cette année. Théo Attisogbe, qui peut dépanner à l’arrière, apporte beaucoup de sécurité notamment dans le jeu aérien. Il est aussi très efficace avec 8 essais en 10 matches. Sans oublier Arfeuil, Grandidier ou Dréan. A l’arrière, on ne présente plus Thomas Ramos probablement le patron de cette équipe, voire même le meilleur joueur au monde actuellement.
La petite faiblesse dans la constitution de cet effectif reste toujours le poste de pilier, notamment à droite. Avec la retraite anticipée de Uini Atonio, les blessures à répétition de Tevita Tatafu et le manque de réservoir, les Bleus n’ont clairement pas trois piliers de niveau international.
Coupe du Monde 2027 : Le tirage qui va FAIRE HURLER la planète rugby !
Le Chemin vers le Mondial 2027
« L’exigence sera toujours là, mais je serai attentif autant au fond qu’à la forme », mettait en avant Fabien Galthié en amont du rassemblement, dans le quotidien Sud-Ouest. Forcé de composer avec de nombreux joueurs absents, le sélectionneur tricolore a davantage mis l’accent sur le prochain Tournoi des six nations. Pourtant, ces trois rencontres sont importantes pour le XV de France.
De leurs résultats cet automne dépendra, en effet, leur sort, le 3 décembre, lors tirage au sort du Mondial 2027, organisé en Australie. Car les test-matchs de novembre sont la dernière occasion pour les équipes nationales de grimper au classement mondial et - théoriquement - de s’ouvrir un parcours plus simple pendant la Coupe du monde. Rétrogradée au cinquième rang mondial en début de semaine - l’Angleterre, qui jouait et a gagné le week-end dernier, lui est passé devant -, la France doit maintenir sa place parmi les six premières nations pour s’assurer une place de tête de série, et éviter ainsi les autres grandes nations de l’Ovalie en phase de groupes.
Adversaire des Français samedi et double championne du monde en titre, l’Afrique du Sud occupe la première place de ce « ranking », devant la Nouvelle-Zélande, l’Irlande, l’Angleterre et la France. Pour l’instant, l’Argentine, l’Australie, l’Ecosse et les Fidji se disputent la sixième place dans le « chapeau 1 » du tirage au sort du prochain Mondial.
En 2027, la compétition sera élargie par rapport à l’édition 2023 et comportera 24 équipes (contre 20 précédemment), des huitièmes de finale et six groupes de quatre équipes. Selon World Rugby, effectuer bien à l’avance le tirage au sort des compétitions internationales permet aux supporteurs du monde entier de planifier leurs déplacements dans les pays organisateurs.
A « vingt mois et 20 matchs du début de la Coupe du monde » - le décompte est de Fabien Galthié -, le XV de France connaît l’enjeu de cette tournée d’automne. Dès samedi, face aux Springboks, les Bleus auront à cœur de rattraper leur quart de finale de Coupe du monde perdu, deux ans auparavant, mais le prochain Mondial ne sera déjà pas loin.