Bernard Brochand, le président parisien, avait de quoi sourire. Son club allait affronter l'un des "Petits Poucets" de la compétition en Coupe de France. Le PSG se déplacerait chez le club stéphanois de Côte-Chaude (DH Régionale).
Fondé en 1926 dans un ancien quartier minier stéphanois d'à peine 6000 habitants, le Côte Chaude Sportif Football s'apprêtait à vivre le plus grand match de son histoire contre le Paris Saint-Germain.
Les joueurs amateurs du club de quartier de Côte-Chaude, évoluant en DHR (équivalent de la Régional 2), s’en souviennent comme si c’était hier. Ils étaient dans le Chaudron pour affronter le PSG et sa galaxie d’étoiles.
Ce soir-là, le stade Geoffroy-Guichard était en ébullition. 36 000 voix étaient à l’unisson pour encourager le petit poucet face à l’ogre parisien. Six divisions séparaient les deux formations.
COTE CHAUDE ST ETIENNE - PARIS SG-0-10 (RESUME : COUPE DE FRANCE 1993-1994)
Un engouement populaire sans précédent
Peu importe, ils étaient 35 000 ce 22 Janvier 1994 au Stade Geoffroy Guichard pour soutenir les amateurs stéphanois. L'engouement était tellement fort que la rencontre a dû être retardée d'un bon quart d'heure le temps que les spectateurs puissent entrer dans le "Chaudron".
Au delà du score, un réel engouement est né ce soir là à coup de "olas" et de tours d'honneur des joueurs amateurs sévèrement battus 10-0.
L' actuel leader et grand favori du championnat de France de Première Division a respecté jusqu'au bout les amateurs.
Cette victoire demeure encore aujourd'hui, le record du plus gros score jamais obtenu par le PSG, toute compétitions confondues.
Plus de trente ans après, Stéphane Méallier (49 ans), Jérôme Georjon (50 ans), Frantz Orviz (52 ans), Eric Chartier (58 ans), Thierry Vray (60 ans) et Patrick Lutz (65 ans) replongent dans leurs souvenirs pour évoquer cette folle soirée.
Un match historique : « Trois décennies après, on m’en parle encore ».
CÔTE CHAUDE S.F. (DHR) - PARIS ST-GERMAIN F.C. - 30 000 spectateurs environ.
L’Équipe du PSG : Bernard Lama - Laurent Fournier, Ricardo Gomes, Alain Roche, Patrick Colleter - Paul Le Guen, Vincent Guérin (José Cobos, 60′), Valdo Filho - Raï Oliveira, Xavier Gravelaine, David Ginola (Daniel Bravo, 60′).
Les capitaines, Paul Le Guen et Lutz, échangent les fanions et le Parisien se voit offrir une lampe de mineur.
Qu’importe le score final, les amateurs de Côte-Chaude font la fête avec les pas moins de 35.000 spectateurs.
Thierry Boeuf nous remémore l'affrontement du PSG contre Saint-Etienne. En janvier 1994, c’est la magie de la coupe de France. 32e de finale : le PSG affronte l’équipe de la Côte Chaude, dans la banlieue de Saint-Etienne. L'équipe d’amateur dont le capitaine, est, par exemple, ambulancier, et dont le supporter numéro 1 est le curé de la paroisse.
Ainsi, à Geoffroy Guichard, stade mythique des verts de Saint-Etienne, le miracle ne s’est pas produit, malgré les prières de l’abbé de la Côte Chaude. Le petit club de division d’honneur s’est incliné 10 à 0 face au Paris Saint-Germain. C'est un vrai festival de buts parisiens signés Ginola, Fournier, Le Guen et Raï.
Et petite anecdote, lors de la remise des fanions avant le match, le capitaine de la Côte Chaude a offert au capitaine du PSG une lampe de mineur, en hommage à tous les travailleurs des mines de la région de Saint-Etienne.
Côte-Chaude: Un quartier marqué par son histoire minière
TOUT «le village» s’est rangé derrière le Côte-Chaude sportif. Au petits soins pour sa Cendrillon, une comète de divison d’honneur régionale, qui accueillait, pour un soir de coupe, les princes du Paris-Saint-Germain.
Les vitrines des commerces arboraient avec orgueil l’écusson du club de football local, crée en 1926: une lampe et deux pics de hercheurs plantés sur un ballon.
Voilà plus de trente ans que les mines de la Loire ont renoncé à tirer le charbon de la terre. Pigeot, le dernier puits, a fermé en 1986. Et pourtant, à l’entrée de Côte-Chaude, insensibles aux neiges de l’hiver, deux crassiers fument encore.
Comme si ce quartier de Saint-Etienne, excentré sur les hauteurs de la cuvette verte, à cheval sur le village de Saint-Genest-Lerp, ne pouvait échapper à son histoire, à ces vapeurs du sol qui lui donnèrent son nom. Ici grandirent des générations de «gueules noires», de passementiers aussi, tisseurs de rubans salariés à la solde des grosses fabriques de vêtements.

Les supporters du PSG lors d'un match de Coupe de France. Source: actu.fr