Il est difficile d'affirmer que les quatre équipes qui se retrouvent en finale sont les quatre meilleures de France. Bref, si dans chaque zone, un leader semble se dégager.
Amiens et Rouen dominent de la tête et des épaules leur zone respective depuis très longtemps, et cela année après année, sans que l'on puisse imaginer qu'un autre club puisse venir rivaliser (il y a eu Caen il y a quelques années avec la fameuse génération 87). Dans chacune de ces zones, le "leader" naturel connaît un championnat plutôt tranquille, avec une formation généralement bien plus forte que toutes les équipes de la zone.
Sur la zone Est, la densité semble exister avec une rotation régulière des équipes qui "sortent" de la ligue. Dijon, Épinal et Strasbourg ont tour à tour dominé cette zone.
La zone des Alpes, elle, propose une densité bien plus importante. Aucun club ne se dégage de façon nette, Mont-Blanc, Grenoble, Villard, Briançon, Gap et Chamonix sont tous capables de présenter des équipes aptes à jouer les phases finales des championnats français. De l'avis de tous les techniciens français, le meilleur championnat est celui des Alpes, car il est le plus disputé.
Les meilleurs joueurs restent dans leur club, ce qui, à l'inverse d'Amiens et Rouen, évite d'avoir une équipe surdimensionnée par rapport aux autres. Résultat, des matchs disputés tous les week-ends, et sans aucun doute, un niveau de jeu global bien supérieur à n'importe laquelle des autres COS.
Cela, selon moi, n'enlève rien au mérite des clubs qui se retrouvent en finale. Si on prend les résultats de cette saison, Chamonix, qui apparaît comme la meilleure équipe, a tout de même perdu quatre fois contre des équipes des Alpes (Mont-Blanc deux fois et Grenoble deux fois). Grenoble, qui était en demi-finale, a également perdu (contre Chamonix, Gap). Bref, Chamonix, Grenoble, Gap et Mont-Blanc semblaient assez proches pour se disputer les places qualificatives.
Si on cherche le nombre de défaites en saison régulière d'Amiens et Rouen, je pense qu'on sera proche du zéro.
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Dans le nord, même si Louviers a renoncé à la D3 après seulement un an, il y a de quoi fonder beaucoup d’espoirs sur les nouveaux projets de Valenciennes, après une année d’entraînement, et de Metz, après un feuilleton estival quant à l’homologation de sa patinoire, deux agglomérations importantes où les collectivités s’impliquent. Et il faut y ajouter une dynamique avec la création des réserves de La Roche, Asnières, Dunkerque, Dijon, Amnéville et Mulhouse.
Dans le sud, par contre, c’est la débandade totale. Jusqu’en 2006 il y avait trois poules géographiques au sud, aujourd’hui il n’y en a plus qu’une, la moins étendue de toutes avec seulement quatre équipes. Cet été, Albertville a jeté l’éponge en même temps que les réserves de Morzine, Avignon et Valence. Si on y ajoute l’équipe 2 du Mont-Blanc qui a disparu de la D2, le bilan du sud est inquiétant : -5 !
Ceci dit, ce n’est pas parce que le sud n’a qu’une poule de quatre qu’il faut la négliger. Le favori évident de la D3 est Toulon, troisième l’an passé. Surtout que les Varois étaient en train de recruter en grand format lorsque le recours de Tours devant le CNOSF a annulé leur repêchage en division 2… Ils auront justement un test de niveau D2 dans leur groupe F puisque Font-Romeu a renoncé à cette division pour raisons financières. La réserve de Villard-de-Lans se souvient avoir bousculé les Toulonnais l’an passé.
Dans le groupe A, Poitiers était le mieux classé l’an dernier mais a perdu à la fois ses deux étrangers, et ses deux gardiens Guillaume Papillon et Florent Robin, partis en D2 à l’intersaison. Le Stade Poitevin a donc cherché cet été un partenaire pour fusionner. D’abord du côté de Niort, qui a annoncé être déjà complet avec 22 joueurs. Puis du côté de Tours, qui aura finalement une équipe en D2 et une en D3 malgré l’incertitude. Chacun de ces trois clubs aura donc une équipe, de niveau sans doute assez proche, ce qui est une bonne nouvelle. S’il faut chercher un favori, par contre, tournez-vous vers Limoges ou encore vers Rennes, à suivre avec son nouvel entraîneur-joueur Yven Sadoun.
Dans le groupe B, Orléans, barré par Anglet l’an dernier, a désormais le champ libre et vise le carré final. Le relégué de division 2, l’ACBB n’a pas de projet spécifique pour cette saison. Le club légendaire de Boulogne-Billancourt est en effet entré dans une phase de réflexion active et ses grands anciens « brainstorment » pour lui définir un avenir plus conforme à son histoire, ce qui ne fera pas en un an.
Dans le groupe C, les projets du nouveau président de Compiègne Christophe Tagliapietra (voir interview) visent plutôt l’année prochaine, le temps de tout mettre en place. Il a quand même déjà fait venir Julien Lefranc, qu’il a entraîné au Vésinet, et un attaquant canadien, Francis Mayrand.
Les nouvelles équipes nordistes Dunkerque II et Valenciennes utilisent un réservoir de joueurs qui existait mais avait été privé de glace par les diuverses fermetures de patinoire : certains avaient franchi la frontière pour former les « Black Sheep de Tournai », engagés dans une division loisir belge où ils ne rejoueront plus cette année pour cause de retour en France. Cela explique par exemple que les Valenciennois aient assez de joueurs pour avoir quatre lignes. Mais il y a un os pour ces nouveaux : la réserve de Neuilly-sur-Marne est une habituée du haut de tableau.
Dans le groupe D, la réserve de Strasbourg pourrait être très forte, mais cela dépendra combien de juniors y joueront, selon qu’ils sont ou non alignés avec la Magnus ou prêtés à Amnéville. Cette zone a comme tradition d’être la plus serrée, et Luxembourg, la réserve d’Épinal et Châlons-en-Champagne comptent bien tirer tous leur épingle du jeu. Il reste cependant une grande inconnue, ce qui se passe en Moselle : Metz crée sa grosse équipe avec nombre d’anciens Amnévillois, mais en face, Amnéville se dote d’une réserve.
Dans le groupe E enfin, Belfort a très faim après avoir été privé de play-offs pendant deux ans. Besançon ne devrait pas être en mesure de l’inquiéter.

Carte des régions françaises
| Zone | Équipes Dominantes | Particularités |
|---|---|---|
| Nord | Amiens, Rouen | Domination marquée, championnats relativement tranquilles. |
| Est | Dijon, Épinal, Strasbourg | Densité et rotation régulière des équipes. |
| Alpes | Mont-Blanc, Grenoble, Villard, Briançon, Gap, Chamonix | Forte densité, championnat le plus disputé. |
| Sud | Toulon (D3) | Débandade, réduction du nombre de poules et d'équipes. |