Le football en Corée du Sud a une histoire riche et passionnante, marquée par des joueurs emblématiques et des moments mémorables. Des pionniers qui ont ouvert la voie aux stars modernes qui brillent sur la scène internationale, le football sud-coréen a su évoluer et se faire une place dans le paysage du football mondial.

L'équipe nationale de football de Corée du Sud
Les Pionniers: Cha Bum-keun, une Légende en Avance sur Son Temps
Si Park Ji-sung et Son Heung-min sont aujourd'hui les Guerriers Taeguk les plus connus, Cha Bum-keun est celui qui a fait connaître la Corée du Sud au monde du football. Premier joueur sud-coréen à faire le grand saut vers l'Europe à la fin des années 1970, Cha Bum-keun y a connu gloire et renommé. Suffisamment pour être aujourd'hui le père spirituel de toutes les générations de footballeurs du pays du matin clair et frais.
Né le 22 mai 1953 dans la ville rurale de Hwaseong, ce fils de fermier se distingue depuis tout jeune dans le football. Après des débuts à l'Université de Corée, il intègre l'équipe nationale et se fait rapidement un nom. Il obtient sa première sélection en 1972 face à l'Irak (0-0) devenant à l'époque le plus jeune joueur appelé avec les Guerriers Taeguk à tout juste 18 ans.
À l'été 1979, Cha Bum-keun est enfin débarrassé de ses obligations militaires et ne souhaite qu'une seule chose : revenir en République fédérale d'Allemagne. Mais hors de question pour lui de jouer en seconde division, ce qui excluait Darmstadt de la course à la signature puisque le club avait terminé dernier de la Bundesliga. C'est une ancienne connaissance qui se montre intéressée. En effet, l'Eintracht Francfort, qui avait repéré Cha Bum-keun mais n'avait pas pu le signer, lui propose un contrat.
Cha Bum-keun fait rapidement parler la poudre et se fait adopter par les fans. Pour cela, il marque lors de ses trois premiers matchs contre Stuttgart, Braunschweig et le Bayer Leverkusen. Son entente offensive avec Bernd Hölzenbein séduit et s'avère rapidement dangereuse pour les défenses de Bundesliga. Si le Sud-coréen est méconnu du grand public, il l'est aussi pour ses adversaires qui éprouvent toutes les peines du monde pour stopper cet attaquant rapide et puissant. Toujours en mouvement, habile techniquement et fort dans le jeu aérien, la nouvelle arme offensive de Francfort gagne vite son surnom : Tscha Bum ou Cha Boom. Avec douze réalisations pour sa première année en Allemagne, il est nommé dans l'équipe de la saison avec Kevin Keegan du HSV et Karl-Heinz Rummenigge du Bayern Munich par le magazine spécialisé Kicker.
Mais la consécration intervient avec la victoire en Coupe de l'UEFA 1980. Son parcours dans cette compétition a grandement contribué au succès de Francfort. Manager de Aberdeen, éliminé au premier tour, Sir Alex Ferguson ne se montre pas avare en compliment quand il s'agit d'évoquer la performance de Cha Bum-keun. Il déclare : « Le problème que nous ne pouvions pas résoudre était Tscha Bum. Nous ne pouvions pas l'arrêter. Il était inarrêtable ».
En 1983, il rejoint le Bayer Leverkusen qui ont des arguments financiers de poids pour le faire venir et en profite pour ajouter une deuxième Coupe de l'UEFA à son palmarès en 1988. Après un match aller dramatique à l'Espanyol avec une défaite 3 buts à 0, les joueurs refont leur retard de buts au retour à la BayArena après un dernier but décisif du Sud-Coréen. Leverkusen remporte finalement la rencontre aux tirs au but.
À 35 ans, Cha Bum a toujours du tonus mais plus trop la forme. Il effectue une dernière saison et raccroche les crampons en 1989. Une carrière placée sous le signe du fair-play. Un seul carton jaune à son actif. Il débute ensuite une carrière d'entraîneur en 1991. Il prend la sélection en main en 1997 et qualifie la Corée du Sud pour la coupe du Monde organisé en France en 1998. La sélection restera un mauvais souvenir, un peu comme Michel Platini version Euro 92: l'ancien leader devenu sélectionneur qualifie l'équipe nationale en phase finale mais les résultats s'avèrent cataclysmiques.
Seul ombre à son tableau, Cha Bum aura eu le malheur d'être trop en avance sur le football de son pays : il ne jouera que la coupe du Monde en 1986 au Mexique alors que la Corée se qualifiera pour les 5 éditions suivantes, et n'aura même pas l'honneur de jouer en K-League (le nom du championnat de Corée du Sud), qui ne sera créé qu'en 1983.
Les Héros de la Coupe du Monde 2002
La Coupe du Monde 2002, co-organisée par la Corée du Sud et le Japon, reste un moment historique pour le football sud-coréen. L'équipe nationale, portée par un élan populaire incroyable, a réalisé un parcours exceptionnel en atteignant les demi-finales, éliminant au passage des équipes prestigieuses comme l'Italie et l'Espagne.

L'équipe de Corée du Sud lors de la Coupe du Monde 2002
Sous la houlette de Guus Hiddink, le milieu de terrain ratisseur de ballons Yoo Sang-chul a participé activement à cette belle campagne puisqu'il a inscrit l’un des deux buts de la Corée du Sud contre la Pologne en phase de groupes (2 buts à 0), avant d'éliminer l'Italie (2 buts à 1), puis l'Espagne aux tirs au but (0-0, 5 tab à 3). La Corée du Sud avait ensuite échoué contre l'Allemagne (défaite 1 but à 1) en demi-finale, puis contre la Turquie (perdue 3 buts à 2) dans le match pour la troisième place du Mondial.
Et dire que la carrière de Yoo Sang-chul aurait pu tourner court. En 2010, il dévoile dans la presse qu'il est pratiquement aveugle de l'œil gauche. Atteint d’une maladie génétique diagnostiquée trop tard, il n'a pas pu suivre de traitement ou bien subir d'intervention chirurgicale et a donc dû jouer avec une gêne visuelle notamment la nuit. Il était devenu ensuite l’entraîneur de Daejeon Citizen et d’Incheon United jusqu’en 2019, date à laquelle on lui a décelé un cancer du pancréas qui lui a été fatal le 7 juin 2021.
Le milieu de terrain coréen Ahn Jung-hwan, alors joueur de Pérouse (Italie), avait été le héros de sa nation en inscrivant le but en or pour sa sélection face à l’Italie, en huitièmes de finale. Son euphorie a été de courte durée puisqu’au lendemain de sa réalisation, il a été viré de son club par le président, Luciano Gaucci. Ce dernier, pour se justifier, expliquait à la presse ne pas avoir « l’intention de payer le salaire de quelqu’un qui a ruiné le football italien.
À tel point que le gouvernement a décidé de rebaptiser certains lieux en son nom. Des académies de foot, des rues et même des parcs. "Il est aussi populaire que le Président.
Ses performances sont saluées par une place dans l'équipe type de la compétition. Au total, il compte 120 sélections avec les Guerriers Taegeuk, faisant de lui l'un des joueurs les plus capés du pays.
Park Ji-sung: Le Cœur des Red Devils
Trois ans plus tard, et après avoir remporté le championnat des Pays-Bas, le milieu de terrain sud-coréen Park Ji-sung séduit Sir Alex Ferguson, qui le fait venir à Manchester United. Remplaçant de Roy Keane après son arrivée, l’homme discret des Red Devils monte en équipe première et commence à faire sa place. Malheureusement une grave blessure vient contrarier ses plans et le tient éloigné des terrains pendant un bon bout de temps.
Son retour en 2008 est un succès, il parvient progressivement à s’imposer avec beaucoup d'abnégation dans le 4-3-3 mis en place par son entraîneur. Son activité débordante et son endurance sont d’une grande efficacité pour presser le milieu de terrain adverse. Repositionné dans l’axe, Ji-Sung est fréquemment utilisé pour les matchs à hauts enjeux ou pour saturer un milieu. À tel point qu'il est devenu le premier Sud-Coréen à disputer une finale de Ligue des champions en 2009 (perdue 2 buts à 0 face à Barcelone).
Au total, le natif de Séoul aura fait le bonheur des Red Devils pendant sept saisons remportant au passage quatre Premier League. En 2011, fort de 100 capes et 13 buts inscrits, il prend sa retraite internationale pour laisser le champ libre à la jeune génération.

Park Ji-sung avec Manchester United
Lee Young-Pyo: Un Infatigable Latéral
Très endurant et Infatigable, Lee Young-Pyo a arpenté son couloir gauche dans le monde entier durant une dizaine d'années. Arrivé au PSV en 2003 en même temps que son compatriote Park Ji-Sung, il s'impose très vite grâce à une balance attaque/défense plus qu’équilibrée. Meilleur latéral gauche d’Eredivisie en 2005, il décide de rejoindre Tottenham à l’intersaison en dépit des sollicitations du club néerlandais qui souhaitait le conserver.
Fragilisé par les blessures et des performances en dents de scie, Lee Young-Pyo finit par quitter Tottenham en 2008 et s’engage dans la foulée avec le Borussia Dortmund. En Allemagne, il ne parvient pas à faire l’unanimité et sera libéré dès la fin de saison.
La K League: Le Championnat National
Le championnat de football de Corée du Sud est une compétition annuelle regroupant les meilleures équipes du pays. Fondé en 1983, elle permet d'accéder à la Ligue des Champions Asiatique. Le niveau inférieur est la K League 2.
Lancée en 1983 sous l'impulsion du pouvoir militaire en place en Corée du Sud, dirigé par le général et Président Chun Doo-hwan, qui voit dans le sport un moyen de contrôle social et d'apaisement des tensions politiques, la K League voit tout d'abord cinq équipes prendre part à sa première édition.
Actuellement, la compétition réunit douze clubs. Les deux premiers de la saison rejoignent la Ligue des Champions, le troisième le tour préliminaire. Le dernier de la saison est relégué en K League 2, l'avant dernier joue le play down.
Douze équipes s’affrontent à deux reprises lors de la saison régulière. À l’issue de celle-ci, les six premiers et les six derniers se rencontrent dans un tournoi final. Les trois premiers du classement et le vainqueur de la Korean FA Cup sont qualifiés pour la Ligue des Champions d’Asie.
Palmarès de la K League
| Club | Nombre de titres |
|---|---|
| Jeonbuk Hyundai Motors FC | 7 |
| Seongnam FC | 7 |
La Corée du Sud et la Coupe du Monde
La Corée du Sud est une nation de football. Et on peut toujours compter sur elle pour être présente lors de la Coupe du monde. Sa fidélité étonne.
La nation asiatique disputera, au Qatar, sa dixième Coupe du monde consécutive. Oui, cela risque de vous surprendre car les Coréens ne font régulièrement que trois petits matches avant d’être éliminés.
Après cette demi-finale, les Coréens ont repris le cours normal de leur existence dans le football international en étant éliminé à trois reprises lors du premier tour. Il n’y a qu’en Afrique du Sud que les partenaires du capitaine d’alors Park Ji-sung atteignaient la phase finale dans la poule C composée de l’Argentine, la Grèce et le Nigéria. Avec seulement quatre unités, ils obtenaient leur qualification avant de s’incliner face à l’Uruguay (2-1).
Performante en Coupe d’Asie des nations (finaliste en 2015), la Corée du Sud reste irrégulière. Une Coupe du monde performante pourrait leur permettre de reprendre confiance en leur jeu.
LE PARCOURS CONTROVERSÉ DES CORÉENS À LA COUPE DU MONDE 2002
Si on peut légitimement croire qu’ils seront éliminés dès la phase de groupes, un exploit est loin d’être impossible. Surtout dans le monde du football. Si le Portugal semble hors d’atteinte, tout restera à faire face à l’Uruguay et le Ghana.
En 2002, la Corée du Sud co-organisait la 17ème Coupe du monde de football avec le Japon. C’était la première fois que la Fédération internationale de football (FIFA) confiait l’organisation de cet événement à deux pays, et la première fois que cette compétition se déroulait en Asie.
… de football, il se pourrait qu’elle l’organise avec… la Corée du Nord, et d’autres pays d’Asie du Nord-Est.