Contre vents et marées: L'émergence du rugby féminin en France et l'évolution du rugby à travers l'histoire

Le rugby féminin s’est développé en France à partir du milieu des années soixante, affrontant de nombreux obstacles. Pour Florian Grill, président de la FFR, Francis Meignan rend enfin à ces pionnières la place qui leur revient, en précisant le rôle de chacune et de chacun, ainsi que celui des clubs, dans la naissance et l’évolution de la pratique du ballon ovale par les femmes.

Dans sa postface, Annick Hayraud, grande joueuse puis entraîneure du XV de France féminin, trouve dans ces pages « un vibrant hommage à toutes ces femmes qui ont écrit et continuent d’écrire l’histoire du rugby à XV féminin en France ».

L'équipe de France féminine de rugby.

Le rugby à travers l'histoire

Après avoir analysé les conséquences de la Grande Guerre sur le rugby français “Dans la mêlée des tranchées”, Francis Meignan pose son regard d’historien sur l’impact de la Deuxième Guerre mondiale sur le rugby, sur les rugbys, le XV et le XIII. Quel impact cette guerre a-t-elle eu sur la pratique du rugby ? Comment les plus illustres de ses pratiquants s’y sont-ils comportés ? Quelle était la place de ce sport dans la vie quotidienne des Français en 1914 ? Quel prix le rugby a-t-il payé ? Comment a-t-il survécu au conflit et quelles traces celui-ci a-t-il laissées dans ses institutions et dans la mémoire des joueurs et des spectateurs ? C’est à toutes ces questions que « la plume alerte et incisive du merveilleux historien du rugby qu’est Francis Meignan donne des réponses.

En 1939, le rugby français se divisait en deux pratiques : à XV (la plus ancienne) et à XIII. Depuis sa mise à l’écart des rendez-vous internationaux avec les Britanniques, le rugby à XV était en perte de vitesse. A contrario, le XIII bénéficiait de cette situation. Le premier acte majeur du gouvernement de Vichy fut la suppression du rugby à XIII. Cependant, entre ces deux événements majeurs, la pratique du rugby perdura vaille que vaille. D’abord à travers coupes et challenges dont l’auteur explore les palmarès.

Le 27 août 1995 à Paris, Bernard Lapasset, alors président en exercice de l'International Board, déclarait à la presse que l'instance dirigeante du rugby mondial avait décidé de renoncer aux règles relatives à l'amateurisme et d'autoriser « ... toutes les formes de paiement, à tous les niveaux du jeu ». Les primes de match comme les salaires, versés sous le manteau depuis une quinzaine d'années, pouvaient désormais l'être de manière officielle. Le rugby devenait un sport professionnel.

Mais, en laissant à chaque fédération le soin d'organiser le professionnalisme à sa guise, le Board n'avait sans doute pas évalué qu'un rugby à plusieurs vitesses risquait de voir le jour, en fonction de la détermination de chaque fédération à s'engager dans cette nouvelle voie.

« Sport de voyous pratiqué par des gentlemen », ainsi se définissait jusqu'alors le rugby. Cette célèbre expression pouvait s'interpréter de la manière suivante : « un sport réservé à une élite, n'ayant pas besoin de tirer des revenus de sa pratique ». Cette notion d'amateurisme, défendue contre vents et marées jusqu'à ce mois d'août 1995, s'est régulièrement trouvée au cœur des grandes crises que le rugby a connues depuis sa naissance en plusieurs temps au cours du xixe siècle : « schisme » de 1895 en Angleterre, vingt-deux clubs décidant de créer une Ligue du Nord qui conduira à la naissance du rugby à XIII ; crise de 1930 en France, lorsque quinze clubs quittèrent la Fédération française de rugby pour protester contre l'amateurisme marron...

Le rugby au XXIe siècle

Au début du xxie siècle, le rugby semble encore chercher sa voie. Les grandes nations de l'hémisphère Sud (Afrique du Sud, Australie, Nouvelle-Zélande) se sont tout de suite engagées de plain-pied dans le professionnalisme, créant de nouvelles compétitions (Super 12, devenu Super 14 puis Super 15, Tri-Nations, devenu Four-Nations en 2012), et passant des contrats avec leurs joueurs, ce qui leur a permis de dominer le rugby mondial. En Angleterre et en France, en revanche la primauté est restée aux clubs, qui mettent leurs meilleurs joueurs à la disposition de l'équipe nationale.

Si le modèle du Sud a longtemps semblé le plus adapté, la politique de clubs de la France et de l'Angleterre apparaît aujourd'hui comme la plus efficace sur le plan financier, ce qui fait que nombre de stars de l’hémisphère Sud évoluent désormais dans les championnats anglais ou français.

Pour éviter de se voir définitivement dépassés, notamment à l'occasion de la Coupe d'Europe, Irlandais et Écossais, qui ont accueilli le professionnalisme sans enthousiasme, ont mis en place un système de franchises, qui permet de rassembler des joueurs venus de différents clubs au sein de formations de « province » pour tenter de garder le contact. Malgré une farouche opposition des clubs, le pays de Galles, dont le rugby s'est trouvé plongé dans une profonde crise sportive et financière en 2003, a finalement adopté une attitude similaire.

Malgré l'existence d'une Coupe du monde depuis 1987, le rugby n'est pas encore un sport universel : on y joue dans moins de cent pays. Il est cependant solidement implanté dans le Pacifique Sud (Fidji, Samoa, Tonga) et en Argentine, se structure en Italie, se développe au Canada, aux États-Unis et au Japon.

Coupe du monde : quelle place pour le rugby féminin ? • FRANCE 24

L'esprit du rugby

«Un sport de voyous pratiqué par des gentlemen. » Ainsi se définissait le rugby, sport inventé dans les collèges huppés d’Angleterre et à l’origine réservé à une élite n’ayant pas besoin de tirer des revenus de ses aptitudes athlétiques.

Le rugby, c’était « un style », selon le mot de Jean Lacouture, ou plutôt des styles : noble en Angleterre, flamboyant en Nouvelle-Zélande, combatif en Irlande, sempervirent au Pays de Galles, loyal en Argentine, créatif en France. Chaque terroir avait son cachet : on était élégant à Agen et rugueux à Béziers. La notion de désintéressement, officiellement érigée en vertu, fut défendue contre vents et marées durant un siècle.

Au vrai, cet amateurisme était marron, comme pour mieux s’accorder à ceux qu’on se distribuait gaiement avant, pendant et après les rencontres.

L'esprit d'équipe au rugby.

L'USN et l'esprit d'équipe

L'esprit de l'USN est parfaitement symbolisé par la couleur jaune du logo et le soleil du blason de la ville de Nérac. L'état d'esprit du club instauré, cultivé et transmis par ses membres depuis des décennies déteint sur son Rugby.

L'école de Rugby est devenue une véritable école de formation qui contribue à alimenter en qualité et en nombre le centre de formation POLE ALBRET RUGBY (cadets cadettes juniors) en Entente avec les clubs voisins de l'Albret RC QUEYRAN jusqu'à notre équipe séniors. Notre équipe fanion, après une saison diffcile en Fédérale 3 a été maintenue à ce niveau.

Les All Blacks champions du monde

Les All Blacks sont champions du monde. Vingt-quatre ans après leur premier titre à l’Eden Park d’Auckland, ils ont mis fin à la malédiction de cette compétition qui se refusait à eux depuis 1987 et face à un Quinze de France qui les avait si souvent humiliés, en 1999 et en 2007.

Les All Blacks sont champions du monde, et on serait tenté de dire que ce n’est que justice pour l’ensemble de leur œuvre, sur l’ensemble de cette Coupe du monde, sur ce qu’ils ont démontré ces dernières années et pour tout ce qu’ils ont apporté à ce sport dans l’histoire. 8 à 7 au final, les Néo-Zélandais ne sont pourtant pas passés loin d’une immense désillusion tant les Français ont répondu présent de bout en bout.

Magnifiques et héroïques, superbes dans l’engagement physique et dans le combat, les hommes de Thierry Dusautoir ont fait mieux que résister. Ils ont dominé. Ils méritaient de l’emporter mais ils ont fini par s’incliner. Un peu à la manière des Gallois une semaine plus tôt en demi-finale.

Hommage donc à cette équipe de France passée par tous les états ces dernières semaines : la déception, la frustration, l’humiliation, la joie et enfin la tristesse… mais finalement rétablie dans son honneur de grande équipe du rugby international.

Hommage à l’ouvreur François Trinh-Duc, auteur d’une rentrée fracassante et quasi déterminante malgré un drop et un but manqués, et qui a su prendre sur lui ces quinze derniers jours pour préserver le collectif. Hommage à Thierry Dusautoir magnifique capitaine et meilleur joueur de cette finale. Hommage à cette troisième ligne française Bonnaire-Harinordoquy-Dusautoir qui a porté cette sélection depuis le début du Mondial. Hommage à ce pilier de devoir, Nicolas Mas. Hommage à Morgan Parra qui s’est affirmé comme un grand leader de cette équipe. Hommage à Marc Lièvremont qui sous la mitraille et malgré ses incohérences techniques, est resté fidèle à ses principes humains….

Hommage enfin à la Nouvelle-Zélande, ce magnifique pays de rugby enfin récompensé. Consacré par un 2ème titre mondial et rejoignant ainsi les éternels rivaux, l’Australie et l’Afrique du Sud… l’Australie surtout.

Souvent humiliés alors qu’on les croyait intouchables (1995, 1999, 2003 et 2007), mais toujours dignes, les All Blacks avaient rendez-vous avec leur histoire et il semble que même l’arbitre de ce match, le Sud-Africain Joubert, fut par instant dans l’incapacité d’inverser la conclusion de ce scénario écrit depuis si longtemps, depuis que Jock Hobbs, l’ancien troisième ligne des Blacks, a obtenu l’organisation de cette 7ème Coupe du monde en Nouvelle-Zélande.

« Nous n’avons que Dieu et le rugby » disait ainsi John Key, le premier ministre néo-zélandais, comme pour mieux faire comprendre l’importance de ce sport dans ce pays loin de tout. Imaginez l’état de dévastation si la Nouvelle-Zélande avait perdu cette finale dans son antre de l’Eden Park, quelques mois après le séisme qui a si durement touché Christchurch et ses habitants. Le rugby comme un dernier bastion de cette nation pour s’imposer à la face du monde. « Vingt-deux mecs ont sauvé un pays » a conclu Simon Mannix, l’entraîneur néo-zélandais du Racing, sur un plateau de télévision. Tout est dit.

Pour une fois en Nouvelle-Zélande, grande nation du rugby, on ne retiendra que le résultat.

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