L'Union Sportive Concarnoise Beuzecquoise, plus communément appelée US Concarneau, est un club de football breton avec une histoire riche et passionnante. Fondé en 1911, le club a gravi les échelons du football français, surmontant de nombreux défis pour finalement atteindre la Ligue 2. Découvrons ensemble les moments marquants de ce parcours exceptionnel.

Les Débuts et la Fusion (1911-1931)
Le premier président de l'US Concarneau fut Julien de MALHERBE. 1931 marque une étape importante dans l'histoire du club, avec la fusion entre l'USC et Beuzec, donnant ainsi naissance au nom officiel : Union Sportive Concarnoise Beuzecquoise.
Ascension et Premiers Exploits (1931-1980)
- 1925 : Le club accède à la Promotion d’honneur et le terrain se dote de tribunes.
- 1967 : L'USC accède pour la première fois de son histoire aux 32èmes de finale de la Coupe de France face à BASTIA (Division 1).
- 1969 : Champions de Division d'Honneur, les Concarnois accèdent au Championnat de France Amateur, qui deviendra plus tard la Division 3.
Les Années Difficiles et la Reconstruction (1980-2000)
1980 marque une descente en D4. À partir de là, les Thoniers naviguent entre la D3 et la D4. Les années 90 sont difficiles, l’équipe A de l’USC descend même en DH (championnat de Ligue) en 1996.
- 1987 : L'ouragan de la nuit du 15 au 16 octobre terrifie la Bretagne et balaie les tribunes de Kérampéru.
- 1988 : L'USC (Division 3), en ce début de saison 88-89, foule pour la première fois sa nouvelle pelouse du stade de Kérampéru et s'impose 3-0 en recevant Laval B devant 1518 spectateurs.
Le Renouveau et l'Accès au CFA (2000-2008)
- 2000 : Montée en CFA2.
- 2003 : Montée en CFA. Au terme de cette saison 2003/2004, déception avec la descente en CFA2. Les saisons 2004/2005 (avec au passage la création du site internet) et 2005/2006 se déroulent donc en CFA2 avant la remontée en CFA au terme de la saison 2006/2007. Hélas, nouvelle déconvenue puisque les Thoniers n’effectuent qu’un bref passage dans l’élite du football amateur. L’exercice 2007/2008 se joue par conséquent en CFA2, la B évolue en DH et la C en D1 du district Finistère-Sud.
A noter aussi que, durant toutes ces dernières saisons, les grandes satisfactions se situent au niveau des jeunes puisque la politique, voulue par la direction et soutenue par l’ensemble du club, porte ses fruits.
Coupe de France (2017-2019)
- 2017-2018 : 16èmes de finale US Granville (National 2) - US Concarneau 3-2 a.p.
- 2018-2019 : 32èmes de finale : SC Bastia (National 3) - US Concarneau 2-2, 5 t.a.b.
L'Ascension Historique en Ligue 2 (2023)
Le 26 mai 2023, l'US Concarneau réalise un exploit historique en accédant à la Ligue 2. Cette montée est le fruit d'une progression constante : 5ème en 2020/2021, 4ème en 2021/2022, et enfin 1er en 2022/2023.
Leader avec 59 points avant cette dernière journée, les Thoniers offraient leur dernière partition. Elle devait être suffisamment aboutie pour amarrer en ligue 2, terre promise de cet ultime périple. Après un tir repoussé sur sa ligne par un défenseur sur une frappe d'Axel Camblan (12'), Concarneau passait par les côtés. Le plan se déroulait sans accroc.
Avançant à la mi-temps avec ce précieux pécule, Concarneau faisait une faute bête dans la surface, un pied tendu au mauvais moment à l'entrée de surface. Ca tenait toujours pour l'accession à la mi-temps pour Concarneau, mais le fil devenait plus maigre. Orléans, face à un kop chauffé à blanc, faisait passer une sacrée sueur froide, la frappe puissante de Yanis Njoh, cadrée, était bloquée par Maxime Pattier, vite au sol pour parer. L'air commençait à devenir irrespirable.
Au bout du bout, à la 86ème minute, sur un centre, Antoine Rabillard rentré dans le dernier quart d'heure, mettait encore le costume de "super sub", et mettait ce deuxième but, tellement important (1-2). La libération totale, Concarneau est premier de ce National et accède pour la première fois en Ligue 2. Quelle performance, quel exploit pour le 16ème budget de ce National, qui avec du coeur, de la méthode et du talent, ont bâti cette montée.
Ce stade de la source à Orléans était le dernier périple de cette saison 2022/2023.
Sans être dépendant des autres, un succès en terre orléanaise ouvrait les portes au paradis. Le départ fut presque idéal, au bout de 14 minutes, le but de Fahd El Khoumisti ouvrait la voie à ce rêve devenu une réalité. Mais juste avant la mi-temps, Concarneau craquait au pire moment, concédant une faute bête dans sa surface de réparation, Orléans se saisissait de cette miette par Esteban Lepaul sur pénalty (1-1, 43').
Crispant jusqu'à cette libération, comme face à Bourg-en-Bresse, le héros s'appelait Antoine Rabillard, qui libérait les siens, à la 86ème minute, sur un but copier-coller du premier, décalage, centre parfait, et but (1-2). La victoire, le titre, la montée en ligue 2, un triple bonheur pour l'US Concarneau, qui monte dans leur éden sportif.

Les Défis de la Ligue 2
L'accession à la Ligue 2 a posé des défis logistiques importants pour le club. Le stade des Thoniers n'étant pas aux normes, l'équipe a dû jouer ses matchs à domicile dans différents stades, notamment à Brest, Guingamp, Caen et potentiellement Rennes. Cette situation a engendré des coûts élevés et une certaine fatigue pour les joueurs, les bénévoles et les supporters.
La location coûte cher : entre 1 et 2 M€ pour un budget global de 6,5 M€, et le moral est parfois touché. Le match à huis clos disputé en février à Caen, à 400 km, est un exemple parmi d'autres : les salariés ne sont pas rentrés à la maison avant 4 heures du matin... Des bénévoles de Concarneau cuisinent des galettes saucisses au stade Francis Le Blé de Brest.
Les joueurs de Concarneau (ici Pape Ibnou Ba) passent énormément de temps dans leur bus, car même pour jouer à domicile ils ont du trajet.
« Depuis qu'on est arrivés, on sait que ça va être compliqué, ça a toujours été clair, assume le gardien, Esteban Salles, recruté l'été dernier. Bien sûr, on pourrait dormir ou traîner un peu plus si on avait notre stade. Et si on avait joué nos matches de Ligue 2 ici, on aurait eu plus de points, c'est une certitude. Mais, rien que pour des personnes comme nos bénévoles, on a envie de s'arracher.
En attendant, c'est donc à Le Blé qu'Angers se présente, samedi. Au milieu de l'après-midi, alors que les sandwiches pour les officiers de sécurité viennent d'être préparés, le team-manager Aymeric Le Carré et son soutien, Thomas Stephan, s'affairent pendant une heure dans le vestiaire. Mais ce sera tout. Pour le reste, les joueurs se débrouillent. Pas question par exemple de leur transporter les trousses de toilette.
L'Importance des Bénévoles
Les bénévoles jouent un rôle crucial dans le fonctionnement du club. Ils sont impliqués dans de nombreuses tâches, de la préparation des repas à l'installation des équipements dans les stades où l'équipe joue à domicile. Leur dévouement est essentiel pour permettre à l'US Concarneau de relever les défis de la Ligue 2.
C'est avec ce futur désirable en tête que notre équipe de choc se retrouve, samedi, à 9 h 15 à Concarneau. Les bénévoles retraités ont chargé le matériel, la nourriture (« Mais cette année on ne peut pas faire les frites ») et des boissons (« Ici, ça mange liquide ! »). Rejoints par des salariés qui ne comptent pas non plus leurs heures, ils ouvrent le convoi vers Brest et mettent en place le coin VIP et les buvettes, dont l'une est tenue par 5 femmes, bénévoles aussi, qui les épauleront plus tard. Panneautique, banc de touche : à chaque fois, le même ballet s'opère afin de répondre au cahier des charges de la L2.
Les joueurs, eux, sont partis vers 9 h 40. Sur le trajet, ils effectuent leur petit stop habituel à Quimper, pour récupérer quelques équipiers qui habitent dans le coin. Chaque économie de kilomètre compte car les Bretons passent leur vie dans les transports. Heureusement, il y a des bons clients, à l'image du défenseur Guillaume Jannez, qui adore tchatcher.
À 11 heures, après leur arrivée, une petite marche est effectuée pour se dégourdir les pattes, près de l'hôtel, dans une zone industrielle déserte.
Plus haut et plus tard, en tribune, les effluves de galettes-saucisses sonnent le coup d'envoi. Une pluie très nord-finistérienne s'invite (« Ici, c'est les quatre saisons dans une même journée », diront plusieurs voix), alors Thonix, la mascotte, tente de redonner le sourire et des couleurs à des tribunes assez peu garnies. Une seule est ouverte et seulement 1 400 spectateurs ont pris place.
Christian, un bénévole de Concarneau, tient la tête de Thonix la mascotte des Thoniers.
21 h 30 : les bénévoles plient bagage et rangent cette foutue arche. Encore une bonne heure de travail devant eux, puis une autre de route pour rentrer et faire figure, cette fois, de voiture-balais. Le lendemain, il faudra encore s'activer pour rendre les camionnettes, des locations. Mais cette fois, pas d'impasse sur la nocturne. Vers minuit, ils sont encore une quarantaine au club-house à partager charcuterie, bières et vins. Histoire de refaire le match et de retracer le fil d'une saison décidément pas comme les autres.
Les Perspectives d'Avenir
Malheureusement pas une surprise pour le club, qui reconnaît que le public a du mal à suivre hors de ses bases.
« Même moi en arrivant aujourd'hui (samedi), j'ai dit : j'ai hâte que ça se termine, reconnaît Jacques Piriou. Alors qu'un match comme ça, chez nous, tu ne te prends pas la tête ! » La saison à son crépuscule, le président, accoudé dans l'espace VIP, dresse un bilan sans concession de cette expérience inédite : « Le côté positif, c'est qu'on apprend plein de choses sur le fonctionnement et qu'on montre notre réactivité. Je ne suis pas sûr qu'en France, beaucoup de clubs en seraient capables... Mais il faut être honnête intellectuellement. L'année prochaine, si ça se doit se reproduire... on n'y va pas. Là, on a tout donné. » Et les troupes sont fatiguées.
« Toute la saison on a été SDF ! Et puis, si on doit tomber, on tombera la tête haute. » Jacques Piriou, président de Concarneau
Sur le terrain aussi, d'ailleurs. Devant au tableau d'affichage (2-0) à la surprise générale face à Angers, un candidat à la montée, les Thoniers loupent complètement leur seconde période et encaissent 4 buts. « On a montré des limites parce qu'on est vulnérables », déplore le coach Stéphane Le Mignan. La défaite est là, la zone de relégation aussi, et le déplacement dans le Chaudron de Saint-Étienne, samedi prochain face à 40 000 personnes, fait déjà un peu peur. « Ce n'est pas pour autant qu'on n'ira pas pour gagner, rigole Piriou, fan des Verts et présent à Glasgow en 1976. Si maintien il y a, ce sera exceptionnel, énorme. Toute la saison on a été SDF ! Et puis, si on doit tomber, on tombera la tête haute. »
L'entraîneur de Concarneau raconte les dessous et conséquences des déplacements à répétition vécus pour la première saison du club en Ligue 2.
« Après huit mois de compétition, quel bilan tirez-vous de cet exercice "à l'extérieur" ? On pensait que ça allait être plus stable, qu'on allait trouver un seul site. Nous, on se retrouve à jouer sur deux, trois, quatre et finalement cinq stades. C'est improbable. Lorient est plus proche, on aurait préféré enchaîner à cet endroit-là. Peut-être que Vannes (non homologué) aurait aussi permis de vivre les choses différemment. Je vais exagérer mais, parfois, quinze jours avant un match, il m'arrive qu'on me demande où on joue, et je ne sais pas. On tombe dans une forme de fatalisme. »
« Quelle autre différence relevez-vous ? Ne pas avoir plus de supporters. Y compris après le match. La proximité avec les sponsors, les dirigeants, le rapprochement naturel... C'est la vie d'un club qu'on n'a plus. Là, c'est un mixte entre matches à huis clos et pendant le Covid. Et on est plus souvent dans les cars. On fait comme une équipe visiteuse. Anecdote : à Guingamp, je n'ai pas eu le temps de saluer l'entraîneur de Pau, Nicolas Usaï. Je lui envoie un message dans le car du retour. Il me dit : désolé, on vient d'atterrir. Il était arrivé chez lui alors que nous, on n'était pas encore arrivés à Concarneau. (Sourire.) »
« Avez-vous l'impression de passer pour des amateurs ? Oui et non. On essaie de progresser. Après, quand on va jouer à Kopa (Angers) par exemple, on se dit qu'on n'a rien à faire là. Et puis, à Clermont, Rodez (où les stades sont en travaux), on voit quelque chose. Nous, on est comme les joueurs, on ne voit pas les premiers parpaings. Un joueur m'a dit : "Quand on fait une saison à Concarneau, c'est comme si on en faisait trois." En fait, on a l'impression d'avoir fait un truc extraordinaire la saison dernière et on n'a pas eu de récompense. »
« Si vous vous maintenez, vous faites quoi ? Qu'on puisse jouer en L2 à Concarneau, ce serait déjà une première chose. J'espère que ce sera le cas. Parce que ça joue d'un point de vue psychologique. Ça donne une espèce d'énergie, ça peut être un effet de levier. Et ça, on ne l'a pas. » Stéphane Le Mignan, l'entraîneur de Concarneau.
À Guy-Piriou, l'antre originel, ça traîne. Dans la semaine, les débats ont encore été houleux au conseil municipal. Pourquoi privilégier le football pro plutôt que les écoles ? Une promesse pour aller de l'avant, deux critiques pour revenir en arrière, et surtout des travaux qui avancent timidement... Par rapport à l'été dernier, une tribune a quand même été rasée, l'aire de jeu devrait être aux normes la saison prochaine, et le premier coup de pioche est espéré pour la prochaine quinzaine. Des salariés et des bénévoles qui ne comptent pas leurs heures.
L'US Concarneau est un club avec une histoire riche et des valeurs fortes. Son parcours en Ligue 2 est semé d'embûches, mais la détermination de ses joueurs, de ses bénévoles et de ses supporters laisse entrevoir un avenir prometteur.
La joie et l'émotion de l'US Concarneau comme si vous y étiez...I National 2022-2023
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