Lors d’activités sportives, les chocs et les coups à la tête peuvent être violents. Ces accidents ne doivent pas être pris à la légère. Pratiquer un sport comme le rugby expose les joueurs à certains risques, comme la commotion cérébrale. Dans le rugby, sport de contact par excellence, de nouvelles règles de jeu permettent notamment de limiter les risques.
Depuis une série d’accidents graves dans le milieu sportif, les commotions cérébrales font l’objet d’une attention particulière. Les joueurs, les entraîneurs, les arbitres et les médecins du sport sont de plus en plus sensibilisés sur ce sujet. Ces chocs sont, en effet, très fréquents.

Qu'est-ce qu'une commotion cérébrale?
La commotion cérébrale survient en cas de choc au cerveau. La commotion cérébrale est une altération des fonctions neurologiques survenant à la suite d'un impact transmis directement ou indirectement au cerveau, répond le Dr Jean-François Chermann. Elle peut provoquer des modifications de l'état de conscience, des troubles visuels ou des troubles de l'équilibre. Elle est fréquente chez les rugbymen et contrairement à ce qu'on pense n'entraîne pas systématiquement une perte de connaissance.
La commotion cérébrale est un traumatisme cranio-cérébral (TCC) léger. Ce dernier se distingue du TCC modéré, pouvant provoquer une hémorragie cérébrale. Ces saignements d'un TCC modérée sont visibles aux examens d'imagerie médicale, contrairement aux lésions de la commotion cérébrale.
Les symptômes de la commotion cérébrale:
- Trouble de l’équilibre
- Vision double
- Confusion
- Ralentissement
- Somnolence
Les symptômes d’une commotion cérébrale peuvent être très variables. Les symptômes d'une commotion cérébrale peuvent survenir plusieurs heures après l'impact. Dans la majorité des cas, les symptômes de la commotion cérébrale disparaissent dans les 15 jours pour les adultes, et dans le mois pour les enfants", indique le médecin neurologue. "Ce phénomène peut s'expliquer par une musculature cervicale moins importante que chez l'homme.
La perte de connaissance est fréquente, mais pas systématique. « Le KO faisait partie des morceaux de bravoure. » "Dans le milieu du sport, le K-O représente 15 % des commotions cérébrales".
« Ce dysfonctionnement entraîne les premiers symptômes : KO, ataxie - le joueur titube -, confusion... », complète David Brauge. Des signes parfois fugaces, d’où la présence lors des matchs professionnels, du « superviseur vidéo médicale ». Il traque ces symptômes et en informe, quasi en temps réel, le médecin de l’équipe.
Comment soigner un traumatisme crânien ?
Que faire juste après le choc ?
Lorsque le choc se produit, il faut sortir le joueur du terrain et le mettre au repos quelle que soit l’intensité des symptômes. Les entraîneurs et les arbitres sont, en principe, formés à évaluer la gravité de la situation.
Si les troubles neurologiques durent moins de trente minutes, tout devrait a priori rentrer dans l’ordre. Mais la personne blessée doit rester sous surveillance. Si les signes neurologiques durent moins de 24 heures, il faut rester vigilant car l’état de la personne peut évoluer sur une semaine. Si les signes neurologiques durent plus de 24 heures, « il se passe parfois plusieurs semaines avant que la personne retrouve son état normal », constate le Dr Rozenblat.
"Les joueurs doivent impérativement sortir du terrain en cas de commotion cérébrale. Sinon, ils risquent de reprendre des coups. S'ils restent sur le terrain, le risque à court terme est la blessure ou la prolongation des signes commotionnés." Des protocoles ont été élaborés, avec la participation du Dr Jean-François Chermann, permettant au joueur de sortir très rapidement du terrain de jeu.
Prévention des commotions cérébrales
Très secoué par une série d’accidents graves survenus ces dernières années, le monde du rugby a pris la mesure du problème et instauré des règles préventives. Elles ne concernent, pour l’instant, que les joueurs amateurs. Le milieu professionnel est soumis à des règles internationales qui mettent plus de temps à évoluer. En l’occurrence, c’est toute une philosophie de jeu qui doit changer.
Désormais, le jeu privilégie les longues courses et l’évitement. Il est interdit de plaquer un adversaire au-dessus du short. Pour Didier Retière, ces nouvelles règles de jeu représentent une véritable « révolution » dans le rugby amateur. Selon une enquête réalisée auprès des clubs de rugby, et publiée en 2019, ces nouvelles préconisations sont plutôt bien accueillies puisqu’elles sont approuvées à 60 %. Mais 20 % de clubs se disent encore très réticents.
Par ailleurs, l’incidence des commotions cérébrales dans le rugby amateur, chez les plus les plus de 15 ans et les adultes, vient d’être mesurée par une étude de la Fédération française de rugby sur un échantillon représentatif de clubs. Cette incidence représente 2,41 commotions cérébrales pour 1 000 heures de jeu. Par comparaison, elle est de 13 commotions cérébrales pour 1 000 heures de jeu chez les « pros ».
« Au départ, le sujet des commotions cérébrales était tabou. Aujourd’hui, on constate un changement d’attitude. On ne rigole plus avec ça », admet-il.
Nicolas, un ancien joueur, désormais papa de deux rugbymen du club de Haguenau, peut en témoigner."À l'époque, on parlait beaucoup moins de commotions cérébrales, se remémore-t-il. Nous, on nous disait de mettre la tête et on y va, alors qu'aujourd'hui, on dit aux joueurs d'éviter de mettre la tête. Chaque sport comporte ses dangers.

Autres mesures préventives:
- Porter un protège-dents : "En revanche, le port du protège-dents est très important, car cette protection permet de dissiper l'intensité de l'impact.
- Les éducateurs formés sur le sujet des commotions: "Chaque année, on a vraiment une thématique au niveau de la formation sur les commotions cérébrales, détaille Bernard Flesch, le responsable de l'école de rugby.
Si certains parents sont légitimement inquiets de voir leurs enfants subir un choc violent à la tête, les premiers intéressés, les rugbymen en herbe ne sont guère angoissés."On est quand même très protégés, explique Alec, 11 ans. Je mets tout le temps mon protège-dents, mon casque. Les entraîneurs nous en parlent beaucoup. Les commotions, ça fait un peu partie du rugby aussi"."On nous apprend à tomber par terre et si on tombe mal, les coachs viennent nous voir, renchérit Julien, 10 ans. Si je me suis inscrit au rugby, ça veut dire que je n'ai pas peur".
En plus de leur utilité décisionnelle immédiate pour la santé du joueur, l’ensemble des données collectées doit servir à sensibiliser et former les acteurs à la prévention et à la protection.