Les compétitions européennes de rugby, notamment la Champions Cup et la Challenge Cup, connaissent un essor financier remarquable. Les clubs participants bénéficient d’une augmentation significative des retombées économiques, en particulier pour ceux qui atteignent les phases finales.
Alors, recevoir un match de phase finale de Champions Cup est-ce une véritable opportunité économique pour un club ? C’est une compétition très prestigieuse, qui a joué un rôle important dans l’histoire récente de notre club. Elle confère un statut. Toulon, puis La Rochelle ces dernières années, ont su s’imposer sur la carte de l’Europe grâce à leurs succès. La Champions Cup offre une aura qui dépasse les frontières nationales. J’entends souvent dire que c’est un jackpot, mais attention, elle engendre aussi des coûts de fonctionnement importants.
Pour la disputer et espérer y figurer, il faut un effectif plus conséquent, avec des joueurs dont le recrutement est plus onéreux. Recevoir un match de phase finale à Mayol, comme notre huitième contre les Saracens, et potentiellement un quart de finale la semaine suivante, nous rapportera environ 220 000 euros bruts de recettes. Ce n’est pas négligeable, mais ce n’est pas non plus un élément déterminant de notre budget. Absolument. En Coupe d’Europe, on doit reverser plus de 30 % des recettes à l’équipe visiteuse.
La Champions Cup devient vraiment rentable à partir des demi-finales. Avant cela, c’est surtout bénéfique sur le plan sportif, mais financièrement, c’est un simple bonus. Si nous affrontons Toulouse en quart, ce sera un magnifique match de gala, mais il n’aura pas d’impact majeur sur nos finances. Même pour les joueurs, il n’y a pas de prime de victoire chez nous. Certains perçoivent des primes d’objectifs uniquement à partir des demi-finales du Top 14 ou de la Champions Cup. Et celles-ci ne deviennent conséquentes qu’en cas de titre.
L’EPCR, organisateur de la Champions Cup dont l’édition 2025-2026 débute ce week-end, ne verse pas d’argent directement aux clubs, mais aux trois ligues participantes, France, Angleterre et URC (Irlande, Galles, Écosse, Afrique du Sud). Qui sont ensuite libres de les répartir comme bon leur semble entre ses représentants.
Pour cette saison, la Ligue nationale de rugby percevra 10,5 millions d’euros. Un montant stable par rapport à la saison dernière. Elle flèche 30 % du pactole vers tous les clubs de Pro D2 (servis de manière égalitaire) au titre du partage des résultats. Il reste donc un peu plus de 7 millions d’euros pour le Top 14. Deux tiers sont distribués aux huit clubs engagés en Champions Cup (520 000 euros chacun), un tiers aux six clubs engagés en Challenge Cup (320 000 euros).
Bonus de performances
Mais le calcul ne se fait pas sur une base de 7 millions d’euros, car 1 million d’euros est mis de côté au titre de la méritocratie. Ce bonus est ventilé en fin de saison selon les résultats européens des clubs. La saison passée, l’Union Bordeaux-Bègles (vainqueur de la Champions Cup) a reçu 600 000 euros, le Stade Toulousain (éliminé en demi-finales) 275 000, et Lyon 125 000 pour sa finale en Challenge Cup.
Bien loin des 92 millions d’euros touchés par le PSG après son sacre en Ligue des champions…À ces primes s’ajoutent les recettes « match day », la billetterie et la buvette au stade. Jouer la Champions Cup est souvent synonyme de belles affluences. Ils étaient moins de 5 000 spectateurs à Jean-Dauger en janvier 2023 pour Aviron - Scarlets en Challenge Cup, mais 13 000 la saison suivante pour la venue des Glasgow Warriors en Champions Cup.
Les recettes de billetterie sont réparties en phase finale (65-35 en huitièmes, 50-50 en quarts, captées à 100 % par l’EPCR en demies). L’intérêt de faire un excellent parcours en poules pour jouer sa phase finale à domicile n’est donc pas que sportif. L’intégration des franchises sud-africaines depuis 2022 impose de longs voyages. L’EPCR prend en charge le surcoût par rapport au prix d’un déplacement « classique » en Europe. Une dépense qui vient mécaniquement amputer la part reversée aux ligues puis aux clubs.
Croissance Impressionnante des Retombées Financières
Selon Jacques Raynaud, les demi-finales et finales des compétitions européennes sont devenues des piliers des contributions économiques. Bien que les chiffres exacts restent confidentiels, Raynaud souligne que les retombées financières ont été multipliées par deux au cours des trois dernières saisons. Cette croissance est en grande partie attribuée à l’augmentation du portefeuille de sponsors, avec l’arrivée d’Investec en tant que sponsor titre la saison dernière.
Raynaud mentionne également que l’EPCR a vu l’importance financière des demi-finales et finales augmenter considérablement. « C’est une très belle réussite qui démontre que le produit plaît », a-t-il déclaré. De nouveaux sponsors, comme le groupe Apicil, font également leur apparition, témoignant d’une dynamique positive pour l’avenir.
Récompenses Financières pour les Clubs
Les clubs participant aux phases de poules peuvent également aspirer à des récompenses financières, bien que celles-ci soient moins significatives. Ils se partagent les recettes des huitièmes et quarts de finale, avec un avantage pour les équipes qui jouent à domicile. Cela a conduit certains clubs à demander un ajustement du calendrier pour permettre plus de délocalisations et maximiser les revenus. L’EPCR envisage actuellement ces ajustements.
Historiquement, le rugby privilégie les valeurs sportives et collectives par rapport aux récompenses financières. Cependant, des systèmes de motivation ont été mis en place par chaque ligue pour soutenir les clubs qui atteignent les demi-finales et finales.
La LNR et les Incitations Financières
La saison dernière, la Ligue Nationale de Rugby (LNR) avait prévu des incitations financières significatives pour les clubs. Un montant de 300 000 euros était alloué au club vainqueur de la Champions Cup, avec des sommes respectives de 200 000 euros pour le finaliste et 150 000 euros pour les demi-finalistes. La Challenge Cup offre également des récompenses, avec 125 000 euros pour le vainqueur et 75 000 euros pour le finaliste.
Ces incitations sont modulables en fonction du parcours des clubs, dans la limite d’un million d’euros. Par exemple, si un club remporte la Champions Cup tandis que deux autres perdent en demi-finale, la LNR versera un total de 600 000 euros au champion, 162 500 euros aux demi-finalistes et 75 000 euros au finaliste de la Challenge Cup.
Pas facile pour les clubs français d’être à l’équilibre financier, ou de gagner de l’argent, via les coupes d’Europe. Pa rapport au football, les montants paraissent évidemment dérisoires : alors que les 32 équipes de Ligue des champions encaissent d’entrée un chèque de 15,25 millions d’euros, les six clubs français participant à la Coupe d’Europe de rugby perçoivent cette saison un versement de 950 000 euros, avec une prime de performance de 600 000 euros pour une victoire en finale, là où le Paris SG peut rafler plus de 80 millions d’euros en cas de parcours parfait.
"Cela fait partie des rentrées financières non négligeables", estime le président d’Agen, Jean-François Fonteneau. Mal considéré, le Challenge européen n’a jamais transcendé les clubs français. L’impact économique s’en ressent. "Les recettes au stade sont plutôt faibles, reconnaît le président de Bordeaux-Bègles Laurent Marti. On avait des recettes correctes en Coupe d’Europe.
Ainsi, alors que Clermont touche 300 000 euros de moins qu’en Coupe d’Europe, le club auvergnat entend compenser ce manque à gagner par un stade plein en quarts de finale. Le club qui se déplace en quarts est presque aussi gagnant, les recettes étant partagées à hauteur de 55-45 %. Ainsi le Racing 92 a-t-il plus perçu en se déplaçant dans un Marcel-Michelin à guichets fermés en 2018 qu’en recevant Toulon dans son vieux stade de Colombes en 2016.
"Le quart de finale se joue dans une enceinte où on maximise les profits", confirme le club francilien, qui fera tout samedi pour le disputer dans son nouvel écrin, l’Arena. Si le Racing voit son investissement sportif et financier - 39 000 € de frais en moyenne à chaque déplacement, à la charge du club - récompensé (deux finales en trois ans, 400 000 euros de prime à chaque fois) le cercle vertueux ne vaut logiquement pas pour Castres, qui n’a plus franchi le premier tour depuis 2002.
"Nous n’avons pas un public pro-Coupe d’Europe et nous avons du mal à remplir le stade. La Coupe d’Europe, c’est l’équivalent d’un petit remplissage de Top 14 pour nous. On verrait peut-être les choses différemment si on jouait un quart, abonde le directeur du CO Matthias Rolland. Après, il ne faut pas négliger les retombées économiques sur la ville.
De façon certaine, un club français sera sacré champion d’Europe, ce samedi. On ne s’y habitue jamais assez, ce sera pourtant ce samedi, la sixième finale de l’histoire de la Champions Cup, qui opposera deux clubs du championnat du Top 14. La grande coupe d’Europe de rugby sera, de façon certaine, française pour au moins un an. C’est-à-dire d’abord, le trophée sportif. Et accessoirement, de surcroît dans ce contexte fragile d’un sport à huis clos, une récompense financière versée par l’European Professional Club Rugby (EPCR), à l’organisation du tournoi.
Laquelle ne communique pas le montant des primes qu’elle distribue aux clubs, selon leur performance sportive. Parce que sinon, en 2019, avant que le monde ne soit complètement chamboulé, la victoire a rapporté au Saracens, un bonus de 600 000 euros. Et 400 000 euros revenants à la province irlandaise du Leinster, battue.
La finale de la Champions Cup rugby 2021 entre La Rochelle et le Stade Toulousain est programmée ce samedi 22 mai, à partir de 17h45. Initialement prévue à Londres, dans le nouveau stade des Spurs de Tottenham, elle se tiendra finalement, dans la mythique enceinte de Twickenham.
Il existe un large fossé entre ce que rapporte la Ligue des champions de football et la Champions Cup soulevée par La Rochelle. Les deux sports, football et rugby n’évoluent financièrement et médiatiquement pas sur la même planète.
En soulevant la coupe au Stade-Vélodrome de Marseille samedi 28 mai pour la poser près du Vieux-Port de La Rochelle, le Stade Rochelais aurait empoché un chèque de 300 000 euros de prime à la victoire. Au total La Rochelle devrait voir engrangé environ 1,2 million d’euros en allant triomphalement au bout de la compétition.
Quelques heures plus tard, au Stade de France, le Real Madrid qui avait déjà perçu 12,5 millions d’euros en se qualifiant, a empoché lui 20 millions d’euros de prime pour son 14e sacre. Un Real qui, à chaque nul, ou victoire lors de la compétition empochait entre 900 000 et 2,5 millions d’euros, soit environ 60 millions d’euros en plus, hors billetterie.
La qualification pour la plus prestigieuse des coupes d’Europe de rugby est dotée de 900 000 euros pour chacun des clubs. En raison des frais occasionnés par l’organisation des matches et les déplacements cette compétition majeure ne commencerait à être rentable qu’à partir des quarts de finale quand les stades font le plein et que les clubs se partagent les recettes de la billetterie (55 % pour le club qui reçoit, 45 % pour celui qui se déplace).
Si soulever la coupe ne rapporte en prime « que » 1,2 million d’euros ce bonus sportif et économique pèse lourd dans un budget de club du Top 14. Celui de La Rochelle pour la saison 2021-2022 était de 27,9 millions d’euros (8e budget du Top 14) en progression de 2 millions par rapport à la saison précédente.
Ce samedi, l’Union Bordeaux-Bègles pourrait inscrire son nom au palmarès de la Champions Cup en cas de victoire contre Northampton. Une première étoile européenne qui, au-delà du prestige sportif, s’accompagnerait d’une jolie récompense financière. Selon les règles établies par la Ligue Nationale de Rugby (LNR), un succès en finale rapporterait 600 000 euros au club girondin.
Une somme non négligeable, mais bien loin des standards du football européen, où la victoire en Ligue des champions peut rapporter plusieurs millions. Car derrière ce chiffre flatteur se cache une réalité économique plus nuancée. Le bonus promis est en fait une combinaison : 300 000 euros pour la victoire, 150 000 pour avoir atteint les demi-finales, et 150 000 supplémentaires au titre de la performance globale.
Mais cette somme est à mettre en perspective avec les coûts du déplacement à Cardiff pour la finale. Entre billets d’avion, hébergement et logistique, le club aurait déjà déboursé plus de 300 000 euros pour permettre à 400 personnes (joueurs, staff, familles, partenaires) de vivre cet événement unique.
À la différence du football, où les primes peuvent bouleverser l’économie d’un club, le rugby européen reste mesuré dans ses récompenses. L’UBB ne jouera donc pas pour un jackpot, mais pour l’histoire. En cas de succès, la retombée la plus précieuse sera sans doute immatérielle : notoriété accrue, image renforcée, attrait pour les sponsors et envie pour d’autres talents de rejoindre le projet girondin. À court terme, les finances n’exploseront pas, mais sur le long terme, un sacre pourrait être le tremplin vers une nouvelle dimension.
Pour résumer, en cas de victoire contre Northampton, l’UBB touchera 600 000 € versés par la LNR.

Tableau récapitulatif des primes et récompenses
| Compétition | Vainqueur | Finaliste | Demi-finalistes |
|---|---|---|---|
| Champions Cup | 300 000 € (LNR) + Bonus potentiel | 200 000 € (LNR) | 150 000 € (LNR) |
| Challenge Cup | 125 000 € (LNR) | 75 000 € (LNR) | N/A |