Alors que la dernière ligne droite de la saison est lancée, les candidats au maintien en Ligue 1 doivent commencer à réfléchir au total de points qu'il leur faudra pour éviter la relégation. Le 18 mai prochain, au soir de la 34eme journée de Ligue 1, deux clubs prendront l'ascenseur pour la Ligue 1 quand le 16eme devra jouer sa place lors des barrages. Avec encore quatre journées à disputer, les calculs se multiplient pour essayer de savoir où se situera la « ligne de flottaison », c'est-à-dire le total de points qui permettra de rester dans l'élite une saison de plus.
Selon les statistiques officielles de la Ligue de Football Professionnel (LFP), le chiffe magique serait 37,6. Il s'agit de la moyenne du nombre de points inscrits par le premier non-relégable lors des cinq saisons disputées à 18 clubs avec la victoire à trois points dans l'histoire du championnat de France. Un chiffre qui tranche avec les 42 points avancés par les spécialistes durant les saisons à 20 clubs. Toutefois, en l'état actuel des choses, il est fort possible que le maintien se joue en-deçà de la moyenne mise en avant par la LFP.
Le chiffre de 35 points est ainsi évoqué comme la ligne à dépasser dans le dernier mois de compétition. La possibilité que cela se joue autour de 35 unités est grande. C'est quelque chose qu'au moins cinq clubs peuvent craindre.
Durant de nombreuses années, le chiffre de 42 points était la référence pour les clubs luttant pour le maintien. Avec le passage de la Ligue 1 de 20 à 18 clubs, cette barre symbolique n'a plus vraiment de sens.
La saison passée, le Football Club de Metz a accroché les barrages avec 29 points au compteur, comme le Football Club de Lorient, rétrogradé directement de son côté. C'est Le Havre AC qui occupait la place de premier non-relégable avec un total de 32 points.

Le Havre AC a réussi à se maintenir en Ligue 1 lors de la saison précédente.
Le maintien joué à un niveau historiquement bas ?
En effet, c'est avec ce total que Guingamp avait sauvé sa peau lors de la saison 2001-2002, qui est longtemps restée la dernière à 18 formations en Ligue 1. Trois ans plus tôt, Le Havre avait réalisé la même performance quand Toulouse avait eu besoin de 36 unités. La fenêtre haute se situe à 40 et 42 points, avec l'Olympique de Marseille qui avait nécessité un tel total respectivement en 2000-2001 et 1999-2000.

Guy Roux popularisé « la règle des 42 points » pour un championnat à 20 clubs.
De manière purement théorique, le maximum de points que le 15eme pourra atteindre est 41 points sauf si Le Havre parvenait à sauver sa place. Toutefois, la dynamique de chacune des équipes du bas de tableau, avec une moyenne proche ou inférieur à un point par match et le calendrier de chacune de ces formations, laisse imaginer un scenario dans lequel le premier non-relégable sera proche des 35 unités voire moins.
Selon les statistiques d'Opta, c'est Metz qui aura le programme le plus compliqué lors des quatre dernières journées. Il faut dire que les Grenats recevront Lille, Rennes et le PSG avec un déplacement à Strasbourg pour leur avant-dernier match. Le Havre est à peine mieux loti avec également le club de la capitale et les Alsaciens, auxquels viennent se greffer Nice et Marseille.
Nantes, qui ne devrait avoir besoin que d'un maximum de six points pour assurer son maintien aura fort à faire car, après le déplacement à Montpellier, ce sont Brest, Lille et Monaco qui affronteront des Canaris qui peinent à domicile. Mis à part son match en retard ce mercredi face au PSG, Lorient verra Toulouse et Clermont se déplacer au Moustoir avec les Merlus iront également à Lens et Marseille, deux rencontres qui s'annoncent difficiles.
Pour Clermont, quand bien même le calendrier est a priori le moins compliqué, avec Reims et Lyon qui se rendront au Stade Gabriel-Montpied mais aussi des déplacements à Monaco et Lorient, le souci tient à l'écart avec le reste du peloton. Les joueurs de Pascal Gastien ont sept points de retard sur Metz, ce qui fait dire à Opta que le club auvergnat a 95,9% de chances de retrouver la Ligue 2 au terme de la saison. A cela vient s'ajouter le fait mathématique que la barre théorique des 35 points est impossible à atteindre pour le CF63.
Si Nantes apparaît à l'abri avec une probabilité réduite à 4,5%, l'indécision sera totale jusqu'au bout pour Metz (26,1%), Le Havre (32,6%) et Lorient (41%).
Les critères de départage en cas d'égalité
Les différents critères de départage des équipes à égalité de points au classement de Ligue 1 McDonald's dans l’ordre :
- En cas d’égalité de points, le classement des clubs ex æquo est déterminé par la différence entre les buts marqués et les buts concédés par chacun d’eux au cours des matchs joués pour l’ensemble de la division.
- En cas de nouvelle égalité, avantage sera donné au club ayant marqué le plus grand nombre de points lors des rencontres disputées entre eux.
- En cas de nouvelle égalité, les clubs seront départagés à la différence de buts lors des rencontres disputées entre eux.
- En cas de nouvelle égalité, avantage sera donné au club ayant marqué le plus grand nombre de buts lors des rencontres disputées entre eux.
- En cas de nouvelle égalité, avantage sera donné au club ayant marqué le plus grand nombre de buts à l’extérieur lors des rencontres disputées entre eux.
- En cas de nouvelle égalité, avantage sera donné au club ayant marqué le plus grand nombre de buts.
- En cas de nouvelle égalité, avantage sera donné au club ayant marqué le plus grand nombre de buts à l’extérieur.
- Si l’égalité subsistait encore, c’est la LFP qui départagerait les clubs en fonction de leur bonne tenue :
- avertissement = 1 point.
- carton rouge = 3 points.
Les règles 2, 3, 4, 5 de départage des clubs lors des rencontres disputées entre eux ne peuvent s’appliquer que si les 2 matchs les ayant opposés ont été joués.
Comparaison avec d'autres ligues européennes
Le Progrès s'est penché sur la moyenne de points pour se maintenir sur les dix dernières années, dans deux championnats se disputant à 18. C'est le cas de la Bundesliga en Allemagne, où il faut en moyenne 33.2 points pour terminer à la 15e place synonyme de maintien direct. Il faut plus de 29.2 points pour accrocher les barrages, ce qui n'assure pas une place dans l'élite la saison suivante, bien entendu.
Lors de la saison 2023-2024, Bochum avec 33 points a participé aux barrages tandis que l'Union Berlin avec le même nombre de points a sauvé sa peau au sein de l'élite allemande. En se fiant à la moyenne des dix dernières saisons, le maintien direct est obtenu en engrangeant 0.98 point par match. L'AS Saint-Étienne se trouve pour l'heure dans la bonne moyenne avec 1 point pris par match.
La Liga Portugal se déroule également à dix-huit clubs. La saison passée, Portimonense avec 32 points a disputé les barrages tandis que Boavista, l'autre club de Gérard Lopez en grandes difficultés financières s'est sauvé avec 32 points mais un goal-average favorable, comme Le Havre en France. Néanmoins, il est en moyenne nécessaire d'avoir 30.8 points pour se maintenir au Portugal.
Cette différence s'explique selon le quotidien régional par l'ultra-domination du FC Porto, de Benfica et du Sporting dans ce championnat.
Les précédents historiques en Ligue 1 à 18 clubs
Sur les cinq uniques précédents, de 1997 à 2002, avec 18 concurrents et la victoire à 3 points, le premier non relégable comptait en moyenne 38,4 points après la dernière journée. Un chiffre gonflé par deux exercices consécutifs (1999-2000 et 2000-2001) assez étonnants, d'abord car c'était l'OM le « lauréat », et ensuite parce qu'il lui avait fallu atteindre 42 puis 40 points.
Lors de la saison 1999-2000, l'AS Nancy-Lorraine est descendue au détriment de l'OM à la différence de buts avec 42 points en 34 journées. Un total qui aurait suffi 23 fois sur 25 dans les Championnats... à 20 clubs avec victoires à 3 points. Seuls Caen en 2005 (42 aussi) et Monaco en 2011 (44) ont été relégués avec un tel pécule, mais quatre matches en plus, donc.
Si l'on retranche les deux folles saisons du tournant du siècle, le 15e se sauvait lors des trois autres avec 35 ou 36 points.
On peut donc fixer l'hypothétique barre du maintien à 35 points dans un Championnat à 18 équipes. Même si, comme on l'a vu, ça n'aurait pas suffi deux fois sur cinq en France dans des exercices sans barrage.
Attention toutefois : au cours des quinze derniers exercices de Bundesliga, ce total de 35 points a certes suffi à éviter systématiquement la fatidique 17e place, mais aussi envoyé quatre concurrents en barrage : le Borussia Mönchengladbach en 2011 (36 points), Hambourg en 2015 (35), l'Eintracht Francfort en 2016 (36) et Wolfsburg en 2017 (37). Avec ceci de rassurant pour les clubs de L1 concernés que ces « gros » barragistes se sont toujours maintenus face à l'équipe de D2.
Le cas spécifique de l'Olympique Lyonnais (OL)
Ernest Nuamah et Clinton Mata ne pensaient peut-être pas avoir signé à Lyon pour jouer le maintien avec le Clermont Foot de Yohann Magnin. Pour donner un peu de baume au coeur aux Lyonnais, on s'en tiendra à la barre des 35 points, qu'ils seraient bien inspirés de dépasser, tout de même.
Avec un match en retard (à Marseille, le 6 décembre), il reste donc 21 rencontres aux coéquipiers d'Alexandre Lacazette pour engranger 31 points. Dit comme ça, cela fait moins d'1,5 point par rencontre, soit même pas le rythme de croisière des deux dernières saisons, achevées à la 8e place (1,6).