Roy Hodgson, qui a mis un terme à sa carrière de manager à 76 ans, à Crystal Palace, parle le français mais, pour retracer son parcours, évoquer ses souvenirs et son amour du foot anglais, il a choisi sa langue maternelle. « J'ai peur que mon français soit terrible », rigole-t-il. Sa carrière, elle, est fantastique.
Dans le monde du football, l’entraîneur est considéré comme le véritable chef d’orchestre d’une équipe. Au cours de sa grande histoire, le football a vu passer bon nombre d’entraîneurs de génie.
Établir un classement des meilleurs entraîneurs n’est jamais une science exacte, mais plusieurs critères permettent d’esquisser une hiérarchie crédible. Qu’il s’agisse de la domination sans partage d'Alex Ferguson, de l’empreinte stylistique de Johan Cruyff ou de la révolution tactique de Rinus Michels, on qualifie de meilleurs entraîneurs ceux qui ont contribué à écrire l’histoire du jeu.
Le Royaume-Uni domine très largement cette liste des meilleurs entraîneurs de tous les temps. On y retrouve plusieurs figures mythiques du football britannique : Sir Alex Ferguson, Bill Shankly, Matt Busby, Bob Paisley, Jock Stein ou encore Brian Clough.
Les débuts de carrière de Roy Hodgson
« Votre carrière de manager a commencé en Suède, à 28 ans, puis il y a eu la Suisse, l'Italie, le Danemark, les Émirats arabes unis, la Norvège, la Finlande. Vous définiriez-vous comme un entraîneur anglais ? » Bien sûr. Parce que c'est là que j'ai été formé en tant qu'entraîneur.
J'y ai suivi les cours et passé les examens avec la Fédération anglaise. On nous apprenait ce qu'on était censé faire, on manageait un petit groupe de joueurs de Ligue, dans la région de Londres en général, mais on n'entraînait pas vraiment une équipe. À Halmstads (Suède), en janvier 1976, c'était la première fois que je me tenais debout face à un groupe, avec un sac de ballons et quelques idées sur ce à quoi devait ressembler une séance.
D'une certaine manière, je pense que cette naïveté, le fait de ne pas avoir énormément d'idées ni de concepts qui se battent entre eux dans la tête pour savoir la meilleure manière de faire, a été un avantage car on n'avait pas tellement d'alternatives sur comment faire le boulot.
Vous arrivez à Blackburn, en 1997. Après la Suède, j'ai entraîné en Suisse puis à l'Inter Milan. Ensuite Blackburn, oui, mon premier club anglais. Quand je suis arrivé, j'avais déjà beaucoup d'expérience. J'avais 50 ans, je n'étais plus le petit jeune de 28 ans.
Blackburn avait été champion en 1995. Ç'avait été un choc, une victoire surprise. À mon arrivée, l'équipe avait changé et c'était un scénario différent : ils avaient frôlé la relégation la saison d'avant. Il n'y avait pas de grandes attentes. Et puis, j'avais une belle équipe, agréable à travailler.
Le plus difficile, après avoir vécu en Suisse et à Milan, a été de me résoudre à la vie là-bas. C'est le nord de l'Angleterre. Je ne sais pas si vous connaissez mais si vous voulez visiter le pays, vous n'avez vraiment pas besoin de mettre cette ville en haut de votre liste.
Le football anglais : une passion unique
À partir de 2007, vous ne quittez plus l'Angleterre : Fulham, Liverpool, West Brom, la sélection entre-temps, Crystal Palace, Watford. Qu'est-ce que le foot anglais a de si spécial ?
La passion est très importante, ici. Il y a cet énorme enthousiasme, ces émotions liées au fait que le football est LE sport national. Nous avons plein d'autres sports, nous sommes des compétiteurs et des passionnés. Nous jouons au rugby à un très haut niveau, au cricket aussi, mais rien ne s'approche du foot.
Et puis, depuis 1992 et la création de la Premier League, on est devenu ce qu'était l'Italie dans les années 90 : le pays où les joueurs étrangers veulent aller parce qu'il y a le niveau et l'argent, surtout. L'Angleterre a pris les devants : il y a les meilleurs Brésiliens, Colombiens, Allemands...
Oui, ils ont une vraie influence ici, surtout Arsène (Wenger). Il est arrivé en même temps que moi à peu près et il a eu une contribution énorme. Il incarne ce football devenu beaucoup plus professionnel, parce qu'avant, on aurait pu être accusé de ne pas être très pro.
Dans les années 90, les joueurs anglais, en majorité, ne s'entraînaient pas à fond, ne faisaient pas attention à eux, alors qu'en Italie les joueurs étaient déjà très pros au quotidien. Cela a beaucoup changé.
Où vont désormais les meilleurs ? Là où il y a le plus d'argent. Prenez le meilleur Allemand : il est hyper heureux à Leverkusen, il y gagne bien sa vie mais quand Liverpool appelle, il monte tout de suite dans l'avion.

Roy Hodgson avec Yohan Cabaye lors d'un match entre Crystal Palace et Chelsea le 14 octobre 2017.
Les joueurs français et l'influence d'Arsène Wenger
Vous avez entraîné de nombreux Français. Olivier Dacourt, Sébastien Perez, Patrick Valéry, Yohan Cabaye, Mamadou Sakho, Michael Olise, Jean-Philippe Mateta. (Il enchaîne) Youri Djorkaeff et Jocelyn Angloma à l'Inter.
Il faudrait que je repense à tous... Dacourt, je n'ai pas travaillé longtemps avec lui. D'autres non plus. Je pense que celui avec qui j'ai travaillé le plus longtemps est peut-être Djorkaeff, parce qu'il était là au début à l'Inter puis quand je suis revenu.
Cabaye a été important la première saison à Palace, où il fallait éviter la relégation. Et tout le monde pensait qu'on n'y arriverait pas. Il a été un personnage important du vestiaire. (Odsonne) Edouard aussi... Ce qui est intéressant avec eux, c'est que malgré le fait que je parlais français, vu que j'avais passé six ans en Suisse à le parler tous les jours, aucun d'eux n'a voulu parler en français avec moi.
Ils ont pris sérieusement le fait d'être en Angleterre avec des coéquipiers anglais. Dès que j'essayais d'avoir une conversation en français, pour m'amuser moi, plus que pour eux d'ailleurs, ils revenaient à l'anglais.
L'importance des langues et des émotions dans le football
Vous parlez anglais, suédois, français, italien, un peu l'allemand aussi : cela vous a-t-il aidé à durer ? Pas vraiment. La première fois que j'ai croisé Arsène, je lui ai parlé en français, il m'a rétorqué : "Non, tu es en Angleterre maintenant."
Là où ça m'a aidé, c'est dans la vie en général, pour interagir avec les gens et les médias, à l'étranger. Ils se disent que ce n'est pas un gars qui débarque et dit : "Bonjour, alors voilà, je suis anglais et désormais cela va se passer comme ça." C'est une erreur de se comporter comme ça.
Nous avons eu des coaches récemment comme (Marcelo) Bielsa, resté quatre ans, qui a toujours refusé de parler un mot d'anglais. Ce n'est pas très populaire.
Vous parlez d'émotions dans le foot anglais. Le match Manchester City - Fulham (2-3), le 26 avril 2008, a-t-il été un moment spécial dans votre carrière ? Sven (Eriksson) était l'entraîneur de City, on était mené 2-0 à la 70e, il ne restait que deux matches à jouer ensuite.
Nous étions virtuellement relégués parce que si nous ne gagnions pas les deux derniers matches, nous ne pouvions pas nous maintenir. Je me souviens du côté dramatique, de l'excitation autour de ce match. Et cela a été évidemment un moment pivot de ma carrière.
J'étais revenu de Finlande, où j'avais beaucoup aimé travailler. Ils voulaient que je reste mais j'avais décidé de prendre une demi-retraite et de retourner en Italie, où Massimo Moratti voulait que je travaille pour lui, pas comme entraîneur mais comme conseiller sportif.
Soudain, Fulham est arrivé et m'a convaincu : "Ne prends pas ta retraite, viens essayer de nous maintenir." J'y suis allé et j'ai réussi. Mais de justesse et avec cette incroyable victoire.
Est-ce le genre de matches qui fait aimer le foot anglais ? Je pense. Parce qu'il y a une honnêteté dans le foot anglais, que les fans réclament.
Ici, on n'est pas en train de se demander si les joueurs ont fait ce qu'ils ont pu, s'ils ont tout donné, ou si cette équipe a levé le pied parce qu'elle n'a plus rien à jouer. Ce serait très difficile, ici, pour les équipes de ne pas jouer avec intégrité, passion et énergie.
Nous avons toujours eu l'énergie et l'enthousiasme, mais nous avons ajouté à ce côté cru du jeu la technique. Grâce aux moyens de la Premier League, et aussi grâce à l'excellent travail des académies.
La longévité et les souvenirs du football anglais
Votre carrière est énorme. Qui pourrait durer jusqu'à 76 ans aujourd'hui ? Et bien, il y en a un, comment s'appelle-t-il déjà ? Ah oui ! Mircea Lucescu. Il est sélectionneur de la Roumanie à 80 ans. Certains n'ont pas la retraite dans les gênes. Moi, je pense que c'était le bon moment d'arrêter.
Je suis heureux d'avoir eu une carrière si longue et bonne, j'en ai profité. Maintenant, je peux m'assoir dans le canapé et regarder mes collègues qui, parfois, souffrent malheureusement. Les émotions, vous savez... Il n'y a rien de pire que de gagner un match 1-0 ou réussir un super match nul, et vous prenez le but dans les quatre minutes d'arrêts de jeu. Ça, ça ne me manque pas du tout !
Et le Boxing Day, ça vous manque ? Oui. C'était super de s'entraîner le jour de Noël, j'aimais beaucoup cette ambiance. On faisait des séances légères parce qu'on jouait le lendemain ou alors on voyageait et on n'était pas chez nous pour le jour de Noël et on dormait à l'hôtel le 25 décembre.
Noël, pour nous, dans le foot anglais, ce n'est pas un moment comme pour les autres. On pense plus à où on va jouer, contre qui, quel temps il va faire, où dormir, comment aller au stade qu'à Tante Jeanine ou Oncle Henry qui viennent dîner.
Cette année, nous n'avons pas vraiment de Boxing Day. J'irai à Brentford (contre Bournemouth) le 27 décembre.
Les entraîneurs anglais en Suède : une influence marquante
Le football anglais est très présent en Suède où son championnat, la Premier League, y est diffusée depuis bientôt 50 ans avec des matchs tous les samedis après-midi, tout l’hiver durant la trêve, de novembre à mars.
Cela a commencé avec la célèbre émission télévisée du pays, Tipsextra, créée en 1969, et qui pouvait réunir entre 33 à 35 % des téléspectateurs suédois. Le foot anglais a d’ailleurs été diffusé en Suède avant de l’être en Angleterre, qui n’a commencé à émettre son football que fin 1983, car ils préféraient que les spectateurs soient au stade plutôt que derrière la télé.
Les entraîneurs anglais auront changé le football suédois, impulsant au fil des ans de la fraîcheur et une nouvelle vision tactique. Le passage de la quatrième division à l’élite suédoise d’Östersund, ainsi que son récent parcours en Europa League, le tout porté par l’entraîneur Graham Potter depuis 7 ans, viennent remettre au goût du jour l’excellent travail des anglais sur le sol suédois.
George Raynor
Raynor a eu une carrière de joueur modeste pour au final devenir le plus grand entraîneur international anglais. Cependant, son travail n’a pas été au service de son pays, mais bien pour la Suède qui, au contraire des anglais, lui a fait pleinement confiance.
En onze années, l’entraîneur anglais aura écrit les plus belles pages de la sélection suédoise avec pour commencer un titre olympique lors des Jeux Olympiques de 1948 en battant la Yougoslavie 3-1 en finale, devant 60 000 personnes à Wembley.
Raynor aura notamment révélé le trio Gunnar Gren, Gunnar Nordahl et Niels Liedholm (un trio plus tard connu sous le nom de Gre-No-Li) qui seront après le tournoi recrutés tous les trois par le Milan AC. La Suède de Raynor confirmera son titre Olympique par une étonnante 3e place à la Coupe du Monde 1950.
De nouveau, la Suède décrochera une médaille aux Jeux Olympiques de 1952, cette fois-ci de bronze, Raynor regrettera le fait d’avoir été privé de ses meilleurs joueurs. La Suède aurait sans doute pu viser encore plus haut sans cette décision de ne pouvoir compter que sur joueurs amateurs.
Cela poussera la Fédération à changer d’avis et à autoriser le retour des joueurs professionnels en sélection. Et cela portera ses fruits avec une finale lors de la Coupe du Monde 1958 à domicile.
Cette équipe suédoise rayonnera en créant notamment la surprise avec une victoire 3-1 en demi-finale contre l’Allemagne de l’Ouest, les tenants du titre. La place de finaliste de la Suède à une Coupe du Monde demeure encore la plus grande réussite du football suédois.
Raynor, en plus d’avoir signé les plus belles années de la sélection suédoise, a également grandement apporté au football moderne, en étant parmi les premiers à utiliser la tactique du 4-2-4 et du 4-3-3. Il a fait preuve d’un grand leadership pour galvaniser ses troupes et les mener aux exploits qu’on leur connait.
L’entraîneur anglais est décrit par tous les spécialistes comme un homme en avance sur son temps. George Raynor est décédé en 1985 en Angleterre, dans l’ignorance des journaux du pays qui ne s’intéresseront à lui que des années plus tard.
Bob Houghton
Après une carrière de footballeur principalement à Fulham puis à Brighton, Bob Houghton va rapidement délaisser ses crampons pour se porter petit à petit vers le statut de manager. Il va devenir l’un des plus jeunes entraîneurs au monde, en tout cas le plus jeune entraîneur à obtenir un insigne complet de la FA, à seulement 23 ans.
Houghton peut d’autant plus remercier Wade puisque c’est grâce à lui qu’il trouvera son premier vrai gros défi en tant qu’entraîneur. Aux premiers abords son jeune âge inquiète car il va entraîner certains joueurs plus âgés que lui, mais le sérieux d’Houghton impressionne rapidement et conforte les dirigeants à lui faire confiance.
Il établit une analyse complète de l’état de l’équipe de Malmö et de ce qu’il pourrait accomplir avec elle. Le jeune anglais s’installe en Suède en 1974 à seulement 27 ans. Il bouscule tous les codes et s’adapte rapidement en apprenant le suédois en seulement deux mois.
Mais c’est surtout au niveau tactique, que Houghton va révolutionner le football suédois en apportant le premier la fameuse tactique du 4-4-2, qui est désormais la marque de fabrique de la sélection suédoise.
Les bases de son jeu sont constituées d’une équipe collective avec un marquage de zone, un pressing haut des défenseurs jouant le piège du hors-jeu pour contrer rapidement les attaques. Les résultats de sa tactique seront immédiats, avec son premier titre de champion lors de sa première année au Malmö FF.
L’année suivante il confirmera avec un nouveau titre de champion mais ne remportera pas le championnat (après play-offs) en 1976 à cause de l’arrivée tonitruante de son ami Roy Hodgson (voir plus bas). Cela ne l’empêchera pas de remporter un nouveau titre de champion l’année suivante en 1977 pour porter à 3 titres de champion d’Allsvenskan son palmarès.
Jusque-là, l’entraîneur anglais n’avait jamais réussi à faire de bons parcours en Coupe d’Europe. Mais l’année 1979 il réalisera sa plus grande prouesse en portant Malmö en finale de la Coupe des clubs champions européens.
Roy Hodgson en Suède
Roy Hodgson a eu une carrière de joueur modeste n’ayant jamais pu percer en professionnel à Crystal Palace. Sa première expérience en tant que manager ne s’effectuera, non pas dans son pays, mais en Suède à Halmstad, sur la côte ouest du pays.
Suite au succès de Malmö avec Houghton, Halmstad va vouloir imiter l’initiative de Malmö en recrutant un entraîneur anglais. Halmstad n’était pas au mieux lorsque Roy Hodgson a repris le club, sortant de deux saisons tout proche de la relégation dont la dernière s’est jouée à la différence de but.
Roy Hodgson va prendre une équipe en ruine et créer une dynastie. Pour sa première saison au club, il va très vite s’adapter en apprenant le suédois et en établissant un sérieux et des changements lors des entraînements en imposant sa rigueur.
Sur le plan tactique, il reprend également le 4-4-2 lancé en Suède par son ami Houghton et les résultats sont vite impressionnants. Halmstad termine champion d’Allsvenskan pour la première saison d’Hodgson en Suède, terminant juste devant son ami Houghton à Malmö, avec 17 victoires en 26 rencontres et un total de 56 buts marqués malgré un style de jeu plutôt défensif au premier abord.
Ce sera le premier titre du club d’Halmstad, qui jusque-là avait une histoire peu remplie, et le premier titre d’Hodgson en tant qu’entraîneur. Les années suivantes sont plus mitigées, Halmstad est désormais attendu et se contente du milieu de tableau terminant 8e l’année suivante tandis que son compatriote Houghton récupère la place de champion.
En 1978, Halmstad termine de nouveau 8e mais en 1979, Roy Hodgson réalise l’exploit de nouveau de porter Halmstad vers son second titre d’Allsvenskan.
Roy Hodgson décide alors de revenir en Suède où, pour lui, à cette époque, les dirigeants se montrent plus sérieux dans la gestion d’un club. Il commence par une mi-saison à l’IK Oddevold où il ne pourra pas empêcher la relégation du club, s’ensuit Örebro où il montre de nouveau ses qualités avec deux saisons, une première terminant troisième de seconde division puis champion permettant au club de monter dans l’élite.
Cette montée lui ouvre les portes de l’ancien club de son ami Houghton, le Malmö FF. Il y marquera le club de son passage en terminant 5 fois premier de suite lors de ses 5 saisons au club, un record inégalé pour le moment.
En raison de son succès à Malmö, Hodgson est toujours très apprécié par les fans du club qui ont officieusement nommé une section du nouveau stade du Swedbank Stadion le «Roy’s Horna » signifiant le coin de Roy en français.
Son passage en Suède a complètement changé la culture du football du pays. Alors que la fédération suédoise refusait cette évolution au début la trouvant trop ennuyeuse, misant sur un football germanique, le succès de Roy et Bob et la reprise de leurs méthodes par les entraîneurs suédois, entraîneront son utilisation en sélection pendant de nombreuses années.
Quasiment toutes les équipes suédoises de la quatrième division à l’équipe nationale adoptèrent un système similaire à ce qu’avaient apporté Roy et Bob en Suède. De Lars Lagerbäck, Erik Hamren, à désormais Janne Andersson, tous ont utilisé la tactique du 4-4-2 avec la sélection. Mais le plus connu reste Sven-Göran Eriksson.
Il a repris le travail des deux anglais pour porter l’IFK Göteborg vers le haut avec un titre de championnat et de coupe, et surtout une coupe de l’UEFA en 1982, le tout en quatre saisons.
« Ils ont introduit une toute nouvelle façon de jouer au football. Avant cela, les équipes suédoises avaient été très influencées par les équipes allemandes et jouaient le marquage d’homme à homme. Mais ils sont venus avec le marquage zonal et une nouvelle façon de lancer des attaques. C’était quelque chose d’unique. Et quand je pense que Bob avait 27 ans quand il est venu ici, c’est fascinant. Un jeune gars vient nous dire comment jouer au football.
Graham Potter
On peut désormais l’évoquer : l’Östersund de Graham Potter, est en train de créer une révolution comparable à ce que George Raynor, Bob Houghton et Roy Hodgson ont apporté au football suédois. Certes, Graham Potter a grandement repris les concepts tactiques d’Houghton et d’Hodgson avec le 4-4-2 et n’a pas encore un palmarès étoffé, néanmoins sa gestion du club et de ses joueurs montre une nouvelle façon de porter un petit club vers le haut.
Le football a évolué et il est devenu de plus en plus difficile avec peu de moyen de faire des parcours comme celui d’Östersund, le rendant d’autant plus impressionnant. Aller du second tour préliminaire aux seizièmes de finale face à Arsenal, gagnant même à l’Emirates 2-1, cela frôle l’incroyable et ne peut être que salué par tous les fans de ballon rond.
D’autant que là où Graham Potter se démarque de ses prédécesseurs, c’est qu’il a construit une gestion de club parfaite et sur le long terme, passant d’un petit club régional de quatrième division à l’un des meilleurs clubs suédois actuels.
L’avenir nous dira si avec le temps Graham Potter laissera une grande empreinte dans le football suédois, et s’il arrivera à maintenir un tel niveau avec son équipe. Ce qui est sûr en tout cas, c’est qu’il l’aura laissé à Östersund et aura fait vibré de nombreuses personnes créant petit à petit une culture football dans cette ville amoureuse, à l’origine, de sports d’hiver.
| Entraîneur | Période | Réalisations notables |
|---|---|---|
| George Raynor | 1946-1954 | Titre olympique (1948), 3e place à la Coupe du Monde (1950), finale de la Coupe du Monde (1958) |
| Bob Houghton | 1974-1979 | 3 titres de champion d'Allsvenskan, finale de la Coupe des clubs champions européens (1979) |
| Roy Hodgson | 1976-1989 | 2 titres de champion d'Allsvenskan, 5 fois premier de suite avec Malmö FF |
| Graham Potter | 2011-2018 | Ascension d'Östersund de la quatrième division à l'Europa League, victoire contre Arsenal à l'Emirates (2-1) |