Le volley-ball en Tunisie est une discipline sportive en plein essor, avec des clubs emblématiques qui marquent l'histoire du sport national et continental.
Parmi ces clubs, l'Espérance Sportive de Tunis (EST) occupe une place de choix, tant par ses performances que par son impact sur le développement du volley-ball dans le pays. Cet article se propose de retracer l'histoire de l'EST en volley-ball, de mettre en lumière son palmarès et de souligner son rôle dans le paysage sportif tunisien.
Le Club Africain : Un Prédécesseur Emblématique
Avant de plonger dans l'histoire de l'Espérance Sportive de Tunis, il est essentiel de mentionner le Club Africain, un autre club prestigieux de Tunis, dont l'histoire est intimement liée à l'identité et à la culture tunisiennes.
La naissance du Club Africain était l'aboutissement d'un processus d'accouchement douloureux, fruit de l'investissement et du sacrifice de quelques hommes de conviction et de vision.
Le club est né dans l'adversité, au terme d'une longue épreuve de force, et se voulait le prolongement naturel du Stade Africain, association fondée en 1915 et dissoute en 1918.
L'appellation "Club Africain" fut proposée par Abdelmajid Chahed, et l'adjonction du terme « africain » au nom d’une association tunisienne était un choix conforme à l’histoire et chargé de significations.
S'appeler « Club Africain » au début du 20ème siècle avait valeur de symbole et s’apparentait beaucoup plus à un cri de ralliement et à un appel de l’histoire.
Le choix des couleurs du CA, à savoir le Rouge et le Blanc, procédait de la même vision et s'appuyait sur les mêmes convictions.
Le club était un vecteur identificatoire et un support à la cause nationale. Le fait d’adopter et d’imposer les couleurs du drapeau tunisien était révélateur d’une conscience nationale et d’un esprit de résistance.
Depuis sa naissance, le CA s’était identifié à la cause nationale, ses fondateurs lui avaient conféré des dimensions idéologiques et humaines et ses partisans ont enraciné cet esprit de génération en génération.
La dimension culturelle et identitaire était également présente dans l’esprit des fondateurs, dont une bonne partie était des hommes de lettre et d’art ayant marqué le patrimoine culturel tunisien.
Le CA articulait ses activités sur trois axes : le sport, la musique et le théâtre. Dans les années cinquante, le CA était derrière la présentation de certaines pièces de théâtre, écrites, entre autres, par Ahmed Khairiddine, grand monsieur du théâtre tunisien et clubiste des premières heures.

L'Équipe Féminine du Club Africain: Un Début en Fanfare
L'équipe féminine du Club Africain a marqué l'histoire dès sa création en 1958. Dès sa première année d'existence, elle a réalisé un exploit remarquable en remportant le doublé : la coupe et le championnat. Cette performance exceptionnelle témoigne de la force et du potentiel du volley-ball féminin en Tunisie.
L'équipe féminine du Club Africain a marqué les esprits dès sa création en 1958, remportant le doublé coupe et championnat dès sa première année.
Le volley-ball au sein du Club Africain est une vraie passion.
L'Espérance Sportive de Tunis en Volley-Ball : Un Parcours Élogieux
L'Espérance Sportive de Tunis a également marqué l'histoire du volley-ball tunisien, notamment en remportant des titres importants et en participant à des compétitions continentales.

Lors de la 8e journée du championnat de Nationale A de volley-ball, l’Espérance Sportive de Tunis a dominé la SS Sidi Bousaid sur le score de 3 sets à 0, confortant ainsi sa position en tête du classement.
Au classement de la Poule A, l’Espérance ST et le MS Bousalem se partagent les premières places avec respectivement 21 points (en 7 matchs pour l’EST et 8 pour le MSB).
En 2021, l’Espérance s’était adjugé le trophée du Championnat d’Afrique des Clubs Seniors Hommes, en venant à bout des Égyptiens du Zamalek (3-0).
L'Espérance Sportive de Tunis (EST) est un club emblématique du sport tunisien avec une histoire riche et complexe. Fondée en 1919, l'Espérance est le club du faubourg nord de Médina, la vieille ville (quartier Bab Souika-Halfaouine).
Le football tunisien est dominé par 4 grands clubs, qui trustent la quasi-totalité des titres nationaux (seuls 7 championnats leur ont échappé depuis l’indépendance en 1956) et se comportent très bien sur la scène internationale, dans les compétitions africaines ou inter-arabes.
Il y a les 2 grands clubs de la capitale, l’Espérance Sportive de Tunis (EST) et le Club Africain (CA), qui s’affrontent lors d’un derby toujours très attendu.
L’histoire socio-politique de la Tunisie, d’avant et d’après indépendance, est marquée par l’opposition entre Tunisois et Sahéliens, qui se traduit sur le plan sportif par la profonde rivalité entre l’Espérance Sportive de Tunis et l’Étoile Sportive du Sahel.
L’Étoile Sportive du Sahel (ESS), dont la naissance remonte à 1925, est le club de Sousse, troisième ville du pays et « capitale » de la puissante région centrale du Sahel.
Des liens entre les « Étoilés » et le Club Africain n’ont pas produit une rivalité comme avec l’EST.
Enfin, vient le Club Sportif Sfaxien (CSS), apparu en 1928, qui est le club de Sfax, la deuxième ville tunisienne, en croissance constante grâce à une industrie importante.
A l’heure actuelle, l’Espérance domine outrageusement le championnat tunisien, dont elle a remporté 7 des 10 dernières éditions.
Au total, l’EST s’est imposée 25 fois dans le championnat national et a gagné 13 coupes.
Les supporters tunisiens sont des supporters méditerranéens, comme on peut les imaginer.
La tribune est particulièrement colorée, l’ambiance est chaude et anarchique, des petites bandes rassemblées par quartier chantent, en s’aidant d’instruments traditionnels tels que les tambourins ou les derboukas.
Les chants suivent essentiellement l’évolution du score sur le terrain.
Les influences étrangères sont très présentes : les chants sont en arabe mais également en français, en italien, voire en anglais.
Bref, de tout ce qui est rouge et jaune. La Roma est omniprésente et un des chants de base est tout simplement « Roma », comme si l’EST était complètement identifiée à la Roma.
Dans un pays très contrôlé par les forces de l’ordre, les stades ont été un des lieux de friction et de confrontation, étant donné qu’ils font partie des seuls endroits de regroupement de foule et de défoulement collectif.
Les éventuels incidents sont spontanés et concernent surtout le déroulement du match.
Les bagarres entre supporters et avec les forces de l’ordre découlent généralement de cela.
Par ailleurs, les fumigènes et les artifices étant d’abord interdits, les policiers présents en bas de la tribune n’hésitaient pas à monter dans celle-ci pour interpeller les fautifs, quitte à déclencher des bagarres générales avec le reste des supporters.
Ville située à 150 km à l’ouest de Tunis, son club accueillait l’Espérance de Tunis pour une demi-finale de Coupe de Tunisie. Plusieurs jours avant le match, la tension est déjà perceptible.
L’EST n’est pas seulement le club de la capitale, elle est aussi à l’époque assimilée directement au pouvoir du Président de la République Ben Ali, puisque le président du club d’alors, Slim Chiboub, est son gendre.
En outre, les autorités locales prirent la décision curieuse, au nom des valeurs sportives, de ne pas séparer les supporters.
Le match dégénéra en émeute liée à des motifs sportifs et donc politiques.
A priori, les supporters béjaouis auraient attaqué à coups de pierres leurs homologues espérantistes.
Le bilan officiel fut de 3 morts et un silence fut fait autour des évènements.
Par la suite, les forces de l’ordre ont mis la pédale douce pour leur action dans les stades, évitant d’intervenir systématiquement.
En conséquence, on a vu beaucoup fleurir les fumigènes et les feux d’artifice.
Les Ultras, ce sont bien évidemment les 4 grands clubs.
A l’Espérance, il s’agit des Ultras Lemkachkhines, nés en 2002 (« lemkachkhines » signifie les plus souriants, vu les résultats de l’équipe), très inspirés par le Commando Ultra Curva Sud de la Roma, dont ils ont d’ailleurs adoptés le symbole, la tête de Cochise.
Au Club Africain, il a existé beaucoup de complications autour des groupes, d’inspiration Ultra’ certes mais visant à rassembler tous les supporters du CA.
Il y eut ainsi, la Curva Nord, le 12, les African Winners et les Leaders Clubistes, Los Barrachos, North Vandals, Dodgers Clubistes, Chicos Latinos.
A Sousse, les Ultras ont adopté un nom lourd de signification historique : Brigades Rouges.
Une deuxième génération de groupes a vu également le jour.
Dans les grands clubs, des petits groupes ont émergé.
Ce sont les cas des Supras Sud et des Blood and Gold à l’Espérance ou des Fanatics, installés en latérale, à l’Etoile.
Par ailleurs, un mouvement se diffuse vers les autres clubs.
Ainsi, pour prendre des exemples, on peut citer les Bardo Boys du Stade Tunisien ou les Vikings de l’ES Zarzis.
Les Tunisiens ont repris l’organisation habituelle des groupes Ultra’, en développant progressivement des grandes capacités pour la mise en place de tifos, et en y investissant de plus en plus d’argent.
Le reste des fans présent dans les virages participe très bien aux animations, ce qui a permis aux groupes de gagner sans cesse en complexité et en diversité dans les supports utilisés.
A ce titre, les derbys de Tunis ont constitué de superbes duels entre les 2 virages, afin d’affirmer leur supériorité.
En revanche, un autre aspect du supporterisme organisé n’a pas été réellement suivi.
Si les Ultras ont cherché à améliorer le répertoire des chants de leur virage, ils n’ont pas « centralisé » le lancement des chants.
C’est-à-dire qu’on ne trouve pas vraiment de capo au mégaphone ou à la sono, s’occupant de gérer les chants pour le reste de la tribune.
Les Ultras sont rarement regroupés en noyau moteur pour les chœurs.
En fait, les chants proviennent d’un peu partout, des Ultras, comme des bandes de quartiers.
Une partie des supporters accepte les actions des Ultras pour mettre sur pieds les tifos mais reste sur un fonctionnement spontané pour ce qui est des chants.
Les déplacements étaient déjà dans la tradition des supporters tunisiens.
Les Ultras les ont juste systématisés, notamment pour ce qui est des destinations à l’étranger.
Profitant de l’industrie textile tunisienne, les Ultras ont développé une gamme de matériel tout à fait honorable (écharpes, T-shirts, vestes, casquettes,etc.), dépassant en cela leurs propres clubs, qui viennent juste de mettre sur le marché des produits dérivés.
Le mouvement Ultra’ tunisien est jeune et se compose de supporters plutôt jeunes mais il se trouve déjà à un tournant.
Les Ultras ont été perçus comme positifs initialement, grâce à leurs tifos.
Des reportages ont été consacrés à la préparation de chorégraphies pour le derby et celles-ci sont vraiment attendues.
Néanmoins, des faits de violence récents ont été interprétés comme une radicalisation des rivalités dans le football tunisien.
D’oppositions bon enfant entre 2 quartiers ou villes, on serait passé à de véritables conflits, qui dégénéreraient à chaque rencontre.
Est-ce que cela n’existait pas auparavant ? Est-ce que cela ne dépend pas d’une situation sociale plus large ? En tous cas, les Ultras ont été en partie montrés du doigt.
Mohamed Ben Smaïl prend la présidence de l’Espérance Sportive de Tunis en 1963, succédant à Chedly Zouiten après son décès tragique.
Il dirige le club durant une période cruciale de consolidation et de développement.
Sous sa présidence, l’Espérance confirme sa position dominante dans le football tunisien, tout en développant ses autres sections sportives.
Mohamed Ben Smaïl s’est éteint à l’âge de 92 ans, laissant derrière lui un riche héritage.
L'Équipe Tunisienne de Volley-Ball : Une Force Continentale
Le volley-ball en Tunisie est plus qu'un simple sport ; c'est une passion, un symbole de fierté nationale.
L'équipe tunisienne de volley-ball, tant masculine que féminine, s'est distinguée à plusieurs reprises sur la scène continentale et internationale, accumulant un palmarès impressionnant qui témoigne de son talent, de son dévouement et de sa détermination.
Cet article explore en détail les réalisations marquantes de l'équipe tunisienne de volley-ball, en mettant en lumière ses succès les plus significatifs et son impact sur le sport tunisien.
Domination Continentale: Le Championnat d'Afrique Masculin
L'équipe masculine de Tunisie a dominé le Championnat d'Afrique de volley-ball, remportant un nombre record de titres.

En remportant leur onzième couronne continentale, et troisième consécutive, lors de la 23ème édition du Championnat d’Afrique masculin de volleyball face au Cameroun par 3 sets à 1, les Aigles de Carthage ont confirmé leur statut de maîtres du volley-ball africain.
Détails de la Victoire de 2021
Lors de la finale de 2021 contre le Cameroun, la Tunisie a démontré sa résilience et sa capacité à surmonter les obstacles.
Menés 1 set à 0 (16-25), les Aigles de Carthage sont parvenus à renverser la tendance et l’emporter par 3 sets à 1 (25-21, 25-21, 25-16).
Avec un sans-faute lors de ce tournoi, la Tunisie a remporté ainsi son troisième titre consécutif dans cette compétition, le onzième de son histoire (un record).
Autres Réalisations Notables
Outre ses nombreux titres de champion d'Afrique, l'équipe tunisienne a également participé à plusieurs compétitions internationales de haut niveau, telles que les Jeux olympiques et les Championnats du monde.
Les Jeux Olympiques: Une Expérience Précieuse
La participation aux Jeux olympiques est un moment fort pour toute équipe nationale.
L'équipe tunisienne de volley-ball a eu l'honneur de représenter son pays à plusieurs reprises lors de cet événement prestigieux.
Jeux Olympiques de Tokyo 2020
Aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020, la Tunisie a affronté des équipes de haut niveau telles que le Brésil, la France et l'Argentine.
Bien qu'elle n'ait pas réussi à se qualifier pour les quarts de finale, elle a acquis une expérience précieuse et a montré des signes prometteurs pour l'avenir.
Match contre le Brésil
Lors de son premier match à Tokyo, le Brésil, champion olympique en titre, s'est imposé aisément en trois sets (25-22, 25-20, 25-15) face à la Tunisie.
Malgré la défaite, l'équipe tunisienne a montré de la valeur et de la détermination.
Wassim Ben Tara, ancien attaquant de LAM, champion avec Chaumont en 2017, fut le plus en vue côté tunisien, marquant 13 points, dont 2 contres.
Match contre la France
Après une défaite inaugurale face aux Etats-Unis, la France a réagi parfaitement en s'imposant 3 sets à 0 face à la Tunisie, 25-21, 25-11, 25-21 en 1h22 de match.
Au terme d'un dernier point validé par la vidéo pour une faute au filet de la part d'un Tunisien, la France s'est imposée dans son deuxième match dans ces Jeux olympiques.
Match contre l'Argentine
La Tunisie a bien failli faire vaciller l'Argentine ce vendredi à l'Ariake Arena de Tokyo.
Joueurs Emblématiques
Plusieurs joueurs tunisiens se sont distingués par leur talent et leur contribution à l'équipe nationale.
- Wassim Ben Tara: Ancien attaquant de LAM, champion avec Chaumont en 2017, il a été le joueur le plus en vue côté tunisien lors du match contre le Brésil aux Jeux Olympiques de Tokyo 2020.
- Hamza Nagga: Il a représenté la Tunisie lors de plusieurs compétitions internationales, notamment les Championnats du monde et les Jeux olympiques.
Top 10 des Meilleurs Volleyeurs Africains : La Tunisie en Force
Selon Volleybox.net, le top 10 des meilleurs volleyeurs de l’histoire du volley-ball africain est constitué de 4 Tunisiens, 2 Camerounais, 2 Égyptiens 1 Algérien et 1 Marocain.
Ce classement, mis à jour après les Jeux olympiques de Paris 2024, est dominé par le pointu Russe Maksim Mikhaylov.
Il prend en compte les trophées collectifs et les prix individuels remportés par les joueurs avec leur équipe nationale et leurs différents clubs, ainsi que le niveau du championnat.
Voici le top 10 :
- Ahmed Salah (Égypte)
- Abdallah Bekhit (Égypte)
- Noureddine Hfaiedh (Tunisie)
- Mohammed Al Hachdadi (Maroc)
- Jean-Patrice Ndaki Mboulet (Cameroun)
- Nathan Wounembaina (Cameroun)
- Anouer Taouerghi (Tunisie)
- Ismaïl Moalla (Tunisie)
- Hichem Guemmadi (Algérie)
La Tunisie, Pays Hôte du Championnat d'Afrique des Clubs Seniors Hommes 2022
La Confédération africaine de volley-ball (CAVB) a attribué à la Tunisie l’organisation de la 40ème édition du Championnat d’Afrique des Clubs Seniors Hommes, qui s'est déroulée du 5 au 18 mai 2022.
La Tunisie avait abrité cette compétition, pour la treizième fois, en 2021. L’Espérance s’était alors adjugé le trophée, en venant à bout des Égyptiens du Zamalek (3-0).
Défis et Perspectives d'Avenir
Malgré ses succès, l'équipe tunisienne de volley-ball est confrontée à plusieurs défis.
Le manque de ressources financières, le manque d'infrastructures adéquates et la concurrence croissante des autres nations sont autant d'obstacles à surmonter.
Développement du Volley-ball Féminin
Le développement du volley-ball féminin est un enjeu majeur pour l'avenir du sport en Tunisie.
Une manière pour elle de défendre et mettre en valeur le sport féminin tunisien : « Cela fait des années déjà que le sport féminin bat de l’aile.
Et pour le relancer, il faut bien évidemment qu’une réelle volonté de changement touche l’ensemble du mouvement sportif dans le pays.
Pourtant, au niveau des performances, nos filles ne sont pas à la traîne, loin s’en faut !
Elles ramènent même la moitié du total des médailles glanées par notre élite à chacune des grandes manifestations internationales.
En guise de récompense, on gratifie les associations féminines de budgets squelettiques, de subventions symboliques.
Que peut-on bien faire avec une subvention maigrichonne de 5 ou 10 mille dinars ? Déjà, au niveau du financement, ce n’est pas le paradis!