Le Paris Saint-Germain se prépare à disputer sa deuxième finale de Ligue des Champions, rejoignant ainsi un cercle restreint de clubs français ayant atteint ce stade ultime de la compétition. Retour sur les moments marquants de ces épopées européennes, entre espoirs, désillusions et consécrations.

Les Pionniers : Reims et le Real Madrid
L'histoire des clubs français en Coupe d'Europe commence avec le Stade de Reims. Disputée au Parc des Princes, à Paris, la première finale de C1 mettait aux prises le Stade de Reims au Real Madrid.
Cela a mal commencé dès le début des compétitions européennes, puisque le premier club à parvenir en finale, le Stade de Reims à la fin des années 1950, a perdu deux fois contre le Real Madrid. En ce soir du 13 juin 1956, la première finale de l’histoire de la C1, organisée par l’UEFA, le Stade de Reims est aux prises avec le grand Real Madrid.
Victoire 4-3 des Espagnols. Sur le terrain, Raymond Kopa, le dépositaire du jeu rémois, et Michel Hidalgo font mieux que tenir tête à la légende Alfredo Di Stefano. Grâce à Michel Leblond et Jean Templin, ils mènent déjà 2-0 au bout de dix minutes de jeu, avant d’être rejoints à la pause, puis dominés en fin de rencontre (4-3) devant un public venu nombreux au Parc des Princes, à Paris.
Trois ans après, les Rémois avaient l’occasion de prendre leur revanche sur le Real Madrid. Raté. Le club de la capitale espagnole l’avait emporté (2-0) face à la formation champenoise.
Saint-Étienne : La Malédiction des Poteaux Carrés
Ensuite, dans les années 1970, un club met le feu. Il est entré dans les mémoires : l'AS Saint-Étienne. En 1976, les Verts sont en finale face au Bayern Munich.
Le 12 mai 1976, le Bayern l’emporte face aux verts de Saint-Etienne sur la plus petite des marges (1-0). Maudits poteaux carrés... A Glasgow, Jean-Michel Larqué (à droite) et les Verts s’étaient inclinés par la plus petite des mages face au Bayern.
Les Stéphanois échouent une fois sur le poteau, une autre fois sur la barre transversale. A Glasgow, dans le stade comble de l’équipe nationale d’Ecosse, les espoirs français se heurtent par deux fois aux poteaux… carrés gardés par la légende allemande Sepp Maier. En cinq minutes durant la première période, la frappe aux 25 mètres de Dominique Bathenay puis le coup de tête rageur du jeune Jacques Santini sont rejetés par l’arête de la barre transversale.
Avant que le grand Bayern des Beckenbauer, Müller et Rummenigge, double tenant du titre au coup d’envoi, ne profite d’un coup franc indirect rapidement tiré pour ouvrir le score par l’intermédiaire de Franz Roth. Malgré la défaite, les Foréziens défilent sur les Champs-Elysées à leur retour, encensés par une génération venue voir ses héros.

Marseille : À Jamais les Premiers
1993 : L'OM remporte la Ligue des Champions 🏆 | Archive INA
Il faut ensuite attendre Marseille, en 1991 : un échec face à l'Étoile Rouge de Belgrade. L’OM de Bernard Tapie se hissait en finale de C1 pour la première fois en 1991, à Bari. Issue cruelle pour le club phocéen, battu aux tirs au but...
Ce n’était que partie remise. À jamais les premiers. Deux ans après les larmes de Bari, Marseille grimpait sur le toit du monde en terrassant l’AC Milan à Munich. Cette année-là, les Marseillais sont de nouveau en finale, cette fois face aux Italiens du Milan AC. Le propriétaire du club, l’homme d’affaires Bernard Tapie, espère beaucoup d'une éventuelle victoire. Il s'est engagé personnellement pour parvenir à gagner le trophée.
À la fin de la première mi-temps, le score est toujours de 0-0, mais un corner est sifflé. Abedi Pelé le tire. Basile Boli reprend le ballon de la tête. But ! Marseille gagne le match. Les voici champions d'Europe : c'est la première Coupe d'Europe pour un club français.

Monaco : La Surprise de 2004
11 ans après son sacre en tant que capitaine de l’OM, Didier Deschamps hissait l’AS Monaco en finale de la Ligue des champions avec la casquette d’entraîneur. Une surprise, après un parcours complètement fou des Asémistes, et notamment cette qualification face au grand Real.
Las, l’ASM s’inclinait face au FC Porto de José Mourinho (0-3) à Gelsenkirchen. Ce 26 mai 2004 à Gelsenkirchen (Allemagne), les Portugais sont emmenés par José Mourinho, leur jeune entraîneur charismatique, dont le défi tactique aura raison des Monégasques. Diminués par la sortie sur blessure de Ludovic Giuly en début de rencontre, ils craquent une première fois avant la pause, sur une lourde frappe dans la surface de Carlos Alberto.
Deco, élu homme du match, profitera ensuite d’une défense clairsemée pour doubler la mise, avant que le Russe Alenichev, entré en jeu un peu plus tôt, n’aggrave le score en fin de partie (3-0).
PSG : En Quête de la Première Étoile
Neuf ans après la prise de contrôle du Qatar, le PSG s’offrait, enfin, les joies d’une finale de Ligue des champions. C’était dans le cadre pour le moins particulier du Covid-19, avec un Final 8 inédit du côté de Lisbonne.
Première finale, mais pas premier sacre : le Bayern douchait les espoirs parisiens grâce à un but signé... Kingsley Coman (0-1), un ancien titi. En 2020, une saison marquée par la crise sanitaire du Covid-19, les Parisiens réalisent l’exploit de se qualifier pour la première fois de leur histoire en finale de la C1. Mais, dans un Estadio da Luz de Lisbonne à huis clos, le PSG a manqué d’expérience face à des Allemands inspirés et un Kingsley Coman briseur de rêve.
L’ancien parisien a inscrit de la tête le seul but de la rencontre, offrant ainsi le titre au Bayern Munich. Un scénario dramatique pour des Parisiens abattus, notamment avec un Neymar en larmes après le coup de sifflet final. Mais, cinq ans plus tard, le club de la capitale s’est construit sans ses stars, avec un projet d’équipe. Et, comme un symbole, la finale se jouera le 31 mai prochain à Munich face à l’Inter Milan. En 1993, quand l’OM a soulevé son trophée, les Marseillais s’étaient imposés à Munich, contre un club milanais.
Les Finales de Clubs Français en Ligue des Champions : Un Bilan
Les clubs français ont disputé jusqu'à présent sept finales de Coupe d'Europe des clubs champions ou de Ligue des champions : Reims en 1956 et 1959, Saint-Étienne en 1976, Marseille en 1991 et 1993, Monaco en 2004 et le Paris-SG en 2020. Le bilan ? Un seul succès : l'OM, le 26 mai 1993 contre l'AC Milan (1-0).
Le Paris Saint-Germain disputera face à l’Inter Milan, le 31 mai prochain à Munich, la 8e finale de l’histoire d’un club français en Ligue des champions.
| Club | Année | Adversaire | Résultat |
|---|---|---|---|
| Stade de Reims | 1956 | Real Madrid | Défaite (3-4) |
| Stade de Reims | 1959 | Real Madrid | Défaite (0-2) |
| AS Saint-Étienne | 1976 | Bayern Munich | Défaite (0-1) |
| Olympique de Marseille | 1991 | Étoile Rouge de Belgrade | Défaite (0-0, 3-5 aux tirs au but) |
| Olympique de Marseille | 1993 | AC Milan | Victoire (1-0) |
| AS Monaco | 2004 | FC Porto | Défaite (0-3) |
| Paris Saint-Germain | 2020 | Bayern Munich | Défaite (0-1) |
Retransmissions Télévisées : Des Moments Gravés dans les Mémoires
Les retransmissions télé de quelques-unes de ces rencontres ont marqué les esprits. Retour sur quatre d'entre elles.
1956 : Real Madrid-Reims, 4-3
Télés allumées dans les magasins Première « Coupe des clubs champions européens », première finale pour un club français, et, par conséquent, première diffusion télé. Pour célébrer l'événement dont il est à l'initiative et qui se joue à Paris, L'Équipe invite, dans son édition du 13 juin 1956, les cafés, les restaurants ou encore les vendeurs d'électroménager à laisser leurs téléviseurs allumés durant la soirée.
1976 : Bayern Munich - Saint-Étienne, 1-0
Cangioni et les poteaux carrés Après dix-sept ans de diète, le foot français s'offre sa troisième opportunité de décrocher sa première Coupe d'Europe. À l'époque, le sport français n'est pas vraiment à la fête, ce qui donne encore plus de puissance médiatique à cette affiche déjà alléchante sur le papier.
1993 : OM-AC Milan, 1-0
Pomme dans la trogne d'Enrico « Nous sommes vraiment maudits, même quand on est les plus forts, on n'arrive pas à gagner cette Coupe d'Europe. » Le 29 mai 1991, Jean-Michel Larqué, finaliste malheureux en 1976 devenu consultant au côté de Thierry Roland sur TF1, sait de quoi il parle au moment de conclure sur la défaite de l'OM face à l'Étoile Rouge de Belgrade (0-0, 3-5 aux t.a.b.).
2020 : Paris-SG - Bayern Munich, 0-1
Stade quasi-vide, audience moyenne Les finales de l'OM avaient rassemblé 17,5 et 16,6 millions de Français sur TF1, en 1991 et 1993. Les deux suivantes se contenteront de réunir « seulement » 11 millions de téléspectateurs chacune.