Au Maroc, le football est un sport roi qui suscite un intérêt grandissant et pèse des milliards. Au niveau national, cette discipline sportive fonctionne annuellement avec un budget estimé à 30 milliards de centimes.
L'histoire du Difaâ Hassani d'El Jadida (DHJ) est marquée par des figures emblématiques et des moments clés qui ont façonné son identité. Parmi ces figures, Mohamed Maâroufi, un footballeur de charme, occupe une place particulière.

Les Débuts de Mohamed Maâroufi
Né en 1949 à Derb Soltane à Casablanca, Mohamed Maâroufi a commencé à taper dans un ballon dès son plus jeune âge. Il jouait sur le terrain du Chili à l'Hermitage avec Petchou, Houmane et Bénéné, entre autres, disputant d'innombrables matchs entre des équipes de quartiers. Maâroufi souligne : "A chaque sortie du lycée Moulay Abdallah où j'étais étudiant, je m'empressais de rejoindre ce terrain où ont été formés de grands et illustres joueurs de Casablanca."
Hmida, encadreur du Raja, a repéré ce jeune footballeur pétri de qualités et l'a invité à passer un test supervisé par Haj Abdelkader Jalal. Ce test fut concluant, et Maâroufi rejoignit les "Verts" où, en catégorie minimes, il évolua avec Ghandi, Bakdir, Trificha, Brahim et Hassan Benzit, entre autres.
Après deux ans chez les minimes, Maâroufi s'affirma comme un joueur promis à un grand avenir. Il se souvient : "Un jour nous avions joué et battu l'Etoile 5-0 au cours d'une rencontre des cadets. Père Jego y assistait et nous a repéré (Bakdir, Ghandi, Trificha, Abdenbi et moi-même) et nous a demandé de venir s'entraîner avec l'équipe première."
Maâroufi ajoute : "Après chaque entraînement de l'équipe première, le légendaire entraîneur du Raja, consacrait une heure ou plus à un travail spécifique avec nous, puis nous rejoignions Derb Soltane à pied."
Le premier match en équipe première fut disputé par Maâroufi contre le Stade Marocain. Mené 1-0, le Raja est parvenu à égaliser grâce à une tête plongeante de ce joueur. Maâroufi se rappelle : "Ce jour-là, j'ai évolué parmi une pléiade de joueurs tels que Khalfi, Milazzo, Ouazzani, Bhaïja, Hamid, Raïs, Ramdane, Bouchta et Azzouz."
L'Arrivée à El Jadida et au DHJ
Se consacrant beaucoup plus au football qu'aux études, Maâroufi fut contraint par sa famille de rejoindre El Jadida où il s'inscrira au lycée Ibn Khaldoune.
Maâroufi souligne : "Bouatra, joueur au Difaâ, qui était avec moi en classe se dépêcha d'aviser les dirigeants du club doukkali de mon arrivée à El Jadida. Et sur l'insistance des dirigeants de l'époque, ma famille m'autorisa alors à signer DHJ."
Ce fut le démarrage d'une longue et magnifique histoire avec le club dirigé alors par Brahim Tawfik et ensuite par Chergui Lyazid. L'équipe, qui végétait en deuxième division, allait même éviter la chute en division inférieure. Heureusement que la rencontre disputée contre l'OCK et remportée grâce à deux buts signés Maâroufi sauva la situation.
Par la suite, un rajeunissement systématique de l'effectif et l'arrivée des Spagna, Moubarik, Chiadmi, Abdelwahab, Belhamdounia, Abdallah Bouatra donna un sang nouveau à l'équipe qui, profitant du retrait des FAR du championnat, disputera un mémorable match-barrage contre le Youssoufia de Rabat et accéda en première.
Maâroufi se souvient : "Nous avions remporté la victoire 3-1 avec des buts inscrits successivement par Moubarik, Chiadmi et moi-même."
MAJJI REDA • WINGER • DHJ EL JADIDA • BEST OF 2024/25 FHD
L'Ère Orotz et les Ambitions du Club
Avec l'arrivée d'Orotz comme entraîneur, le Difaâ Hassani d'El Jadida connaîtra une période faste puisque le club doukkali était devenu l'attraction du championnat avec une attaque percutante composée des Ouazir, Krimou, Benbiyi, Moubarik et Chicha, entre autres.
Il ajoute : "Nous aurions pu remporter des titres, mais les moyens limités de l'équipe freinaient nos ambitions. En plus nous jouions beaucoup l'attaque et encaissions beaucoup de buts. Pour renforcer le compartiment déffensif, Orotz me fit jouer comme demi-centre. Et c'est en tant qu'arrière que je connus ma première sélection en équipe nationale, contre l'Allemagne de Beckenbauer, Overath et Seeler."
Maâroufi note : "Je suis resté près d'un an au centre sportif des FAR où j'étais appelé en tant que militaire pour disputer les rencontres du CISM, le Difaâ n'ayant pas voulu me libérer." Ainsi, ce joueur exceptionnel prendra part aux Jeux méditerranéens de Tunis, à la Coupe du monde 1970 et à la Coupe d'Afrique en 1972.
Par ailleurs, avec les FAR, il participa à une Coupe Mohammed V à laquelle prenaient part Santos, Partizan de Belgrade et Saint-Etienne.
Maâroufi se souvient : "Nous avions sorti une rencontre époustouflante contre Santos qui nous a battus 2-1'après un second but litigieux. Ceci nous a valu les félicitations de S.M. Hassan II qui nous avait reçus, Hamidouch, Bamous, Boujemaâ, Allal et moi-même. S.M. Hassan II qui nous a donné une prime nous a, par ailleurs, prodigué ses conseils pour notre match contre Saint-Etienne et nous a fortement étonné par les grandes connaissances en football."
Expérience à Nîmes et Retour au Maroc
La renommée de cet élégant joueur ayant franchi les frontières, il fut recruté par Nîmes en 1972 et joua sous la conduite du célèbre Kader Firoud et aux côtés de grands joueurs tel Mezy ou Adams.
De retour au pays, Maâroufi rejoindra le Wydad où il évolua sous la férulle d'Abderrahmane Belmahjoub, avant de prendre le poste d'entraîneur-joueur et diriger la formation où figuraient Zeghari, Moujahid, Bidida, Abdelhak et Yachine.
Par la suite, et alors qu'il pouvait encore jouer, Maâroufi décida d'arrêter sa carrière de football pour suivre un stage d'entraîneur à Budapest où il resta plus de dix mois. Rentré au Maroc il déclina une offre du Wydad qui lui proposait de s'occuper de son école de footballeur, pour aller entraîner le Difaâ d'El Jadida et diriger les Amnallah, Rohassalam et Kohaïli.
Par la suite, il entraîna la RSS et réussit à la sauver de la relégation avant d'aller suivre un stage d'entraîneur en Allemagne d'où il sorti major de sa promotion. Maâroufi se rappelle : "C'est le gouverneur de Settat à l'époque, M. El Guerraoui, qui fut à l'origine de mon départ en Allemagne."
Sur proposition de Abdellatif Semlali Maâroufi, prendra la direction technique de l'équipe nationale juniors et participera à l'éclosion des Azmi, Brazi, Bidane, Chaouch, Hajri, Raounak, Jilal Fadel et Mouncef. Maâroufi entraînera ensuite successivement le Kawkab avec lequel il accédera en première division avant de rejoindre le FUS, une équipe des Emirats Arabes Unis et El Jadida. Il assurera la direction technique de la Ligue de la Chaouia, présidée à l'époque par Moulay Abdallah Alaoui.
Maâroufi qui vient de rentrer des Emirats Arabes Unis, où il était directeur technique d'une équipe, pense actuellement à changer de cap. Maâroufi souligne : "Je pense que 20 ans de carrière en tant que footballeur et entraîneur m'ont donné assez d'expérience que je voudrais mettre au service des jeunes en me consacrant à la formation de cette catégorie, et ce dans le cadre de la réorganisation et de la mise à niveau de notre football, initiative que je salue"
Actuellement, il est en contact avec des clubs français en vue de suivre un stage de recyclage qui lui permettra, le cas échéant, de prendre la direction d'un centre de formation.
Maâroufi a conclu : "Je souhaite profiter de l'occasion pour saluer les efforts du général de corps d'armée Housni Benslimane pour développer le niveau du football national."
Les Présidents et les Finances du Football Marocain
Généralement, les premiers gardiens du « trésor » du foot, sont les présidents des clubs. Ils sont les vrais patrons du ballon rond. Même si la plupart d’entre eux sont moins connus que les joueurs et les entraîneurs, il n’en demeure pas moins que l’argent c’est eux.
Même si cette prérogative-obligation n’est pas écrite dans les règlements des clubs de football qui ont toujours le même statut que les associations des quartiers, la responsabilité première des présidents est de rechercher par différents moyens à renflouer les caisses du club. Il arrive même aux plus malheureux d’entre eux de devoir mettre la main à la poche pour combler les déficits. C’est là l’un des aléas de ce métier qui n’en est pas un.
En prime, dès que l’équipe trébuche, ce sont les présidents qu’on siffle, qu’on hue et qu’on savonne le plus.
Quelques Présidents Emblématiques
- Abdellah Ghallam (Raja) : Un redoutable auditeur, expert en finance.
- Abdelilah Akram (WAC) : Promoteur investisseur connu dans le secteur touristique.
- Abdellah Toumi (DHJ) : Natif d’El Jadida, ancien judoka devenu président du Difaà Hassani El Jadidi.
- Abdelhaq Bakhat (IRT Tanger) : Directeur du journal local et homme d’affaires.
- Hadj Abderrahman Choukri (ASS Salé) : Attaché à l’équipe de Salé depuis 1987.
- Ali Fassi Fihri (FRMF) : Gestionnaire de gros calibre, directeur général de l'Office National de l'Electricité (ONE).
- Abdellah Abou Al Kacem (HUSA Agadir) : Ancien instituteur et dirigeant sportif.
- Rachid Benrami (KACM Marrakech) : Entrepreneur installé à Marrakech.
Budget du DHJ
Le DHJ tourne cette année avec un budget estimé à 15 millions de dirhams. L’OCP injecte la plus grosse part (5 millions de dirhams). S’y ajoute, la subvention de la FRMF octroyée à chaque équipe du groupement national du football de première division : 2 millions de dirhams pour les droits de transmission télévisée.
| Source de financement | Montant (en millions de dirhams) |
|---|---|
| OCP | 5 |
| FRMF (droits TV) | 2 |
| Autres sources | 8 |
| Total | 15 |
Dans le cadre de la mise à niveau, Toumi se dit déterminé à mettre à niveau son club. Dans cette perspective, le club a investi dans un restaurant qui lui rapporte un cash flow estimé à 70.000 dirhams par mois.
Les Défis des Présidents de Clubs
Toumi rappelle qu’un président est mis toujours dans de mauvais draps à la moindre méforme de son équipe. « Vous pouvez bien imaginer la gêne d’un président qui se voit traiter de tous les noms, parfois en présence de quelques membres de sa famille… ».
Abdelhaq Bakhat affirme : « nombreuses sont les personnes qui veulent bien investir dans le football, mais à condition que l’environnement soit assaini ».