L'histoire du SCO Rugby Angers : Un siècle de passion et de valeurs

Le SCO Rugby Angers, club emblématique de la ville d'Angers, a célébré son centenaire les 17 et 18 septembre. Cet événement a été marqué par des tables rondes, un tournoi des écoles de rugby et des soirées festives.

Pour comprendre l'histoire de ce club, il faut remonter à l'année 1921, au sortir de la Première Guerre mondiale.

Les débuts du rugby à Angers (1919-1939)

Au lendemain de la guerre 14-18, un seul club angevin échappe à la règle, c'est le Club Sportif Jean Bouin. Ne craignant nullement la concurrence, ses dirigeants incitent les frères Georges et Paul Fortin à créer un autre club.

Depuis 1919 à Angers, il existe un club omnisports : le Sporting Club du Crédit de l’Ouest fondé par des banquiers : les frères Fortin. On joue alors dans un champ, situé rue Saint-Lazare prêté par la banque. Auguste Courtin est le premier président.

Le 15 octobre 1919, quelques sportifs d’Angers se donnent rendez-vous au café du ralliement où Monsieur Cailleau, alors secrétaire du club sportif Jean Bouin, fait part aux personnes présentes de la décision prise par Messieurs Georges et Paul Fortin, alors administrateurs du Crédit de l'Ouest, de la création d'une société qu'ils ont l'intention de prendre sous leur patronage et de subventionner.

D'abord connu sous l'appellation de Sporting Club du Crédit de l'Ouest, qui plus tard se contractera en Sporting Club de l'Ouest de type Loi 1901, le club est déclaré à la préfecture le 4 décembre 1919 et au Journal Officiel le 16 décembre 1919 sous le n° 8682.

Le football n’aura les honneurs que quelques années avant de disparaître en 1924. Mais entre-temps, quelques irréductibles rugbymen vont faire un pied de nez au ballon rond en créant un club de rugby sous la férule d’un dénommé Mazeaud. On joue un rugby d’évitement avec un ballon en cuir à lacets, ne permettant aucune passe vrillée et encore moins des pénalités au-delà des vingt-deux mètres. Il suffit qu’il pleuve pour que le ballon devienne dur comme du bois.

En 1927, André Bertin prend les rênes du club. Colonel de réserve des chasseurs à pied, directeur général des établissements Cointreau, il est un ancien rugbyman. Avec lui la grande période du Sco Omnisports commence. Il permet à d’autres sections d’intégrer le club. Il fait modifier le stade de la rue Saint-Lazare pour le rendre réglementaire : fait installer des vestiaires avec douches et réussit à faire venir l’équipe première du Racing Club de France pour l’inauguration.

Le rugby demeure sa passion et il n’a rien contre la troisième mi-temps, ex-trésor du rugby, moment de convivialité partagé. Pour preuve, à la fin de la saison 1936-1937, qui voit les rugbymans scoïstes se hisser en Division Honneur grâce à une mémorable victoire face à Valence d’Agen à Angoulême, le club tient à rendre hommage au président Bertin et à ses jeunes joueurs. Le 22 mai 1937, au grand Hôtel de Rochefort-sur-Loire, un banquet à la mesure du solide appétit du monde de l’ovalie est servi par M, Gérard.

En 1939, la mobilisation creuse les rangs dans toutes les sections, le colonel Bertin prend la direction d’un régiment en laissant son empreinte, celle d’une unité collective et d’une solidarité sans faille.

Durant près de deux décennies durant lesquelles les gentils Angevins démontrent que dans la région du bien-être et de la douceur, ils sont capables de rivaliser avec les espiègles sudistes à accent où les tenaces et rudes Bretons.

L'équipe de 1924 ou 1925. De gauche à droite : Gelormini, Michaud, Arzul, Girard, Labarre, Bonneau, Keller, Gallard, Geflot, Gondeau, Gilfreche, Crozat, Ulliac.

L'équipe de 1937. Debout (de gauche à droite) : Cormouls, Etienvre, Legrand, Suzor, Ducasse, Rayrer, Lalanne, Vernhes.

L'école de rugby et l'ascension en 3e division (1969-1979)

En 1969, Le Sco continue de se distinguer par son école de rugby fondée par Gaston Gautier dit « Tonton » cette année-là. C’est aussi lui, qui, grâce à une équipe motivée par le rugby et aussi par le bricolage crée le club house de la rue de la barre. Repartir en 3e division en 1970 relève alors de l’exploit. Et d’un petit coup de pouce du 6e Génie ! La conscription universelle et obligatoire déverse chaque semaine gare Saint-Laud son lot de jeunes militaires venus de tous les coins de l’hexagone, notamment du sud-ouest. La légende est tenace et raconte qu’un lieutenant-colonel fait alors office de recruteur… Mais chut ! Aucun document de la « Grande muette » ne l’atteste.

La saison 1979-1980 reste gravée dans la mémoire des anciens joueurs et supporters. Cette année-là, l’équipe fanion parvient à atteindre la finale du Championnat de France 1re série face aux Languedociens de Vinassan à Belves en Dordogne. La victoire revient aux Sudistes (20-3) qui dès l’entame mettent les Angevins sous l’éteignoir en leur faisant comprendre que le rugby, c’est comme la dinde : sans marrons, c’est vulgaire ! Patrice Le Ber, joueur de l’époque et aujourd’hui membre du comité directeur, se souvient : « Nous étions partis avec un car, joueurs et supporters confondus, mais quand nous sommes arrivés là-bas, il y avait de quoi être impressionné. Des dizaines de cars vinassanais, une ambiance de féria dans les tribunes en bois avec les vestiaires en dessous. Inutile de vous dire que pour la préparation psychologique, on a été servi. Et c’est vrai que la première mêlée avait été chahutée. Mais on avait parfaitement joué notre rôle d’outsider.

La professionnalisation du rugby et l'adaptation du SCO (1995-2021)

La professionnalisation du rugby à partir de la saison change la face du rugby amateur. Le sport professionnel ne cessait de lui faire les yeux doux, il a fini par gagner. Serge Blanco dit alors que « l’esprit du jeu ne change pas, c’est le monde autour qui évolue. » Il n’empêche qu’il faut que les clubs amateurs intègrent le fait que si l’intérêt du sport en général et du rugby en particulier doit encore résider avant tout dans la manière de le pratiquer, dans le respect des règles, de l’adversaire, de l’arbitre, dans la maîtrise des pulsions, dans la victoire comme dans la défaite.

Le SCO Rugby Angers aujourd'hui

Jean-Benoît Portier, le président, assure l’héritage et le patrimoine du Sco Rugby Angers. « Le club compte aujourd’hui près de 500 licenciés, Nos U18 sont montés, et cela nous permet désormais d’avoir une filière de formation de bon niveau. Chaque année, grâce au partenariat sportif signé avec le club de La Rochelle, un ou deux joueurs sortent du centre pour aller voir plus haut, tous les autres sont accompagnés dans les études où dans la vie active. Ainsi on joue à fond notre rôle d’ascenseur social. Nous sommes environ à 480 000 € de budget, la moyenne haute d’une Fédérale 3, mais il est avant tout consacré à la formation et à nos 13 sections, et pas à faire venir des noms ronflants.

L'association devenue l'Union est administrée par un Comité Directeur de 6 à 24 membres élus pour quatre années par les membres électeurs des associations adhérentes.

L'Union Sporting Club de l'Ouest participe à la promotion de ses membres dans la ville d'Angers.

Les ambitions du club

«Le SCO Rugby rêve toujours de Fédérale 2 l'an prochain, en espérant pouvoir faire mieux en play-offs que cette année. Défait par Blois (leader de la poule 2 de Fédérale 3) en 32èmes de finale des play-offs pour pouvoir accéder à la Fédérale 2, le SCO Rugby, qui a terminé 4ème de sa poule (la n°16), restera une année de plus dans la 7ème division du rugby Français.

Avec son projet phare « 2030 : Angers, terre de rugby ! », le SCO affiche une ambition claire : monter en Fédérale 1 d’ici quatre ans.

Le rôle social du club

À travers des formations, le club aide des profils variés à développer des compétences clés : travail en équipe, leadership et savoir-être.

« On est un gros club dans le Maine-et-Loire, qui n’est clairement pas une terre de rugby. On représente entre 30 et 35% des effectifs dans le département, c’est qui beaucoup.

« Il faut savoir qu’on est certes un gros club en France en termes de licenciés, mais on n’est pas un grand club au niveau sportif et des résultats, pour l’instant. On possède un budget de 700 000€ euros quand même. C’est beaucoup, oui, mais parce qu’on fait des actions sociétales, on intervient dans des quartiers, on a des écoles de rugby trois étoiles, on a un centre d’entraînement labellisé par la FFR.

L'importance des bénévoles

Au cœur de cette histoire, il y a aussi des figures emblématiques comme Jean-Pierre Termeau, bénévole dévoué qui incarne l'âme du club.

Petit, affublé d'une superbe moustache et d'une casquette le protégeant du crachin, Jean-Pierre Termeau est fidèle au poste, au chevet des minots de l'Angers SCO, crampons aux pieds et prêt à conseiller ses ouailles sur le bon geste à faire.

Doyen de l'équipe angevine, il reste le ciment de ce club, comme l'explique son Président Gilles Martin : « Il était déjà là lorsque je suis arrivé, il jouait en vétéran et s'occupait de l'école de rugby… il est l'âme de ce club et tout le monde l'adore ».

Il accompagne, il observe : « c'est un peu tout en somme. On essaie de leur expliquer le jeu et son esprit, on fait en sorte que les enfants se comprennent, s'apprécient, ce n'est pas toujours évident, mais lorsqu'on y parvient, qu'est-ce que c'est bon ! »

Sa préoccupation : les autres. C'est donc sur un homme passionné, droit dans ses crampons et attaché aux valeurs fortes du rugby sur lequel l'Angers SCO peut compter, même si le Président voudrait un peu plus : « Jean-Pierre est un peu « ours » et n'aime pas se mettre en avant. Si on vient lui demander un conseil, il donne son avis, mais ne s'impose pas, même lorsqu'il vient voir l'équipe première jouer le dimanche, il ne critique jamais… personnellement, j'aimerais qu'il s'impose plus. Sa seule préoccupation : c'est les autres ».

Les matchs à domicile se jouent au Stade de la Baumette, où vous êtes suffisamment proche de l’action pour entendre les appels, sentir les impacts et suivre le rythme du jeu sans écran ni ralenti pour vous dire ce qui vient de se passer.

Si vous cherchez une activité de week-end conviviale, abordable et profondément ancrée à Angers, aller voir jouer le SCO Rugby Angers est un choix évident.

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