Le Racing Club de Lens, un nom qui résonne avec passion dans le cœur de ses supporters, est un grand club populaire français, ancré au plus haut niveau du football depuis des décennies. Avec 56 saisons de Ligue 1 à son actif, le club a marqué l'histoire du championnat français. Les supporters du RC Lens sont souvent considérés comme le meilleur public de France, fidèles et nombreux, surtout si l'on considère la taille de la ville de Lens.

Les Débuts et l'Ascension
À la fin du XIXe siècle, le football apparaît en France. Dans la région, plusieurs clubs sont créés comme à Arras (en 1901). Du côté de Lens, les étudiants ont pris l’habitude de se réunir sur la Place Verte (actuelle Place de la République) pour jouer le week-end et, désireux de leur offrir une équipe dans laquelle ils pourront évoluer, Arthur Lotin (premier président du club) et Carlos Douterlungne créent le Racing Club Lensois en 1906. Si le projet est lancé dès 1906, les premiers statuts du Racing Club Lensois sont déposés à la sous-préfecture le 18 octobre 1907. Déjà ancré dans son environnement, le Racing adopte le Vert et le Noir comme couleurs officielles, en référence à la Place Verte et au charbon.
Les joueurs lensois s’installent sur un terrain prêté par la Compagnie des Mines de Lens, situé route de Béthune, puis doivent de nouveau déménager en 1912. Après la Première Guerre mondiale, le Racing repart sous l’impulsion de M. Laroche, directeur du Comité de Secours Américain. Ce dernier soutient le club en lui offrant un nouveau terrain, la pâture Tacquet. Successeur de Carlos Douterlungne à la présidence, Marcel Pierron prend la tête du Racing en 1920. Auparavant composé de jeunes Artésiens, l’effectif est complété par des footballeurs étrangers (d’abord Italiens et Polonais) venus travailler dans les mines.
L’arrivée de René Moglia en tant que président marque un tournant. C’est à son initiative que l’équipe évoluera désormais en rouge et jaune, référence au drapeau de l’Espagne qui a occupé l’Artois aux XVIe et XVIIe siècles. La progression du club se lit également sur le terrain. Dès 1925-1926, il glane son premier titre en Ligue d’Artois. Une évolution éclair qui se poursuit avec l’accession en Division d’Honneur (DH Nord) en 1929. En parallèle, un certain engouement se crée avec la création du premier groupe de supporters, « Supporters Club Lensois ».
Preuve que le RC Lensois suscite un intérêt grandissant, la Compagnie des Mines de Lens acquiert une parcelle de terrain, le 6 novembre 1929. Comme un symbole, la réalisation du stade est confiée à 180 mineurs de la Fosse 5, signe de l’importance de l'industrie du charbon dans le développement du club. En 1932, le premier championnat professionnel français voit le jour. Pour ce premier exercice dans le monde pro, le Hongrois Ladislas Siklo et l’Autrichien Tony Marek contribuent à la 5e place acquise en 1934-1935. Les progrès de la formation dirigée par Robert De Veen se retranscrivent aussi dans les sélections de Raymond François et Edmond Novicki en Équipe de France.
Les Années de Guerre et la Reconstruction
Au moment de la Seconde Guerre mondiale, le championnat de France est divisé en trois zones (Nord, Sud et interdite). Positionné dans la zone interdite, le RCL écrase généralement les débats et termine 1er à deux reprises (1941 et 1942). S’ils ont dominé le football nordiste pendant plusieurs années, les Sang et Or sont relégués en D2 à l’issue de la saison 1946-1947. Cela s’explique notamment par la nationalisation des mines, qui a eu pour conséquence une forte diminution du budget alloué au club par les Houillères (Compagnie des Mines).
De retour à l’échelon inférieur, les jeunes Lensois se distinguent surtout en Coupe de France, compétition dont ils atteignent la finale. Le 10 mai 1948, l’équipe de Nicolas Hibst font face à Lille devant une affluence de 61 473 spectateurs. Les Artésiens réapparaissent au plus haut niveau du football hexagonal en 1949 et s’y installent durablement. Jusqu’à la fin des années 1960, la formation lensoise fait partie des meilleures du pays et termine vice-champion de France deux fois (1956, 1957). Dans cette période positive, des individualités marquantes brillent sous les couleurs sang et or, à l’image d’Ahmed Oudjani qui devient le premier joueur de Lens à finir meilleur buteur de D1 (30 réalisations).
Si la dynamique est bonne sur les terrains, elle l’est moins en dehors. En effet, l’activité des Houillères ralentit progressivement, causant la diminution des effectifs de la Compagnie des Mines. Traversant une crise sans précédent, la Compagnie des Mines se désengage du Racing Club Lensois. Le club prend le nom de Racing Club de Lens et connaît une reconstruction encouragée par Henri Trannin (Directeur Sportif), Arnold Sowinski (Entraîneur) et André Delelis (Maire de Lens). Ainsi, avec l’intervention d’André Delelis, la Ville de Lens achète le stade Félix Bollaert en échange d’un franc symbolique.
Après la promotion en D2 (1971), les Lensois se hissent jusqu’en demi-finale de la Coupe de France, emmenés notamment par les Polonais Eugeniusz Faber et Ryszard Grzegorczyk, puis en Division 1 au terme de la saison 1972-1973. Promus, les Sang et Or marquent leur retour au premier plan en se qualifiant pour la finale de la Coupe de France 1975. La bande dirigée par Arnold Sowinski découvre l’Europe face aux Irlandais de Home Farm Dublin, le 17 septembre 1975. Vice-champion de France en 1977, le Racing prend part à la Coupe de l’UEFA et réalise l’une de ses plus belles performances sur la scène européenne.
Opposés à la Lazio, les coéquipiers de Daniel Leclercq s’inclinent à Rome au match aller (2-0) avant de renverser leur adversaire au retour (6-0), notamment grâce à un triplé de Didier Six. Éliminés par Magdebourg, les Lensois renouent avec la compétition pour la campagne 1983-1984. Privé de plusieurs de ses éléments phares dont Philippe Vercruysse et Daniel Xuéreb qui ont quitté l’Artois, le Racing se maintient de peu sous les ordres d’Arnold Sowinski - qui a succédé à Joachim Marx - en 1988. En fin de saison 1988-89, Lens descend en D2. Gervais Martel ambitionne de ramener l’équipe au plus haut niveau et il ne faut que deux saisons pour que les hommes de Marcel Husson rallient la D1.
Ambitieux, les Lensois s’appuient sur des jeunes issus de la région comme Eric Sikora, Cyrille Magnier, Pierre Laigle ou Jean-Guy Wallemme. D’autres plus expérimentés, à l’image de Bernard Lama, Robbie Slater ou Roger Boli, étoffent l’effectif. Lens se classe 5e deux fois en suivant (1996 et 1996), validant son billet d’entrée pour la Coupe de l’UEFA. En dehors des frontières, l’équipe fait honneur aux couleurs lensoises et signe son plus large succès contre l'Avenir Beggen (6-0, 0-7). Néanmoins, lors de l’exercice 1996-1997, les joueurs de Roger Lemerre sont concernés par la lutte pour le maintien jusqu’en fin de saison. Dans les années 90, le Racing fait bonne figure en championnat. Pour franchir un nouveau palier, il peut compter sur la ferveur de Bollaert, dont le record d’affluence est battu le 15 février 1992 à l’occasion de la réception de l’Olympique de Marseille (48 912 spectateurs).
Le Sacre de 1998 et l'Ère Leclercq
Alors que Roger Lemerre rejoint le staff des Bleus en vue de la Coupe du Monde 98, son adjoint Daniel Leclercq le remplace à la tête de l’équipe. Novice en tant que coach principal en D1, « Le Druide » veut redynamiser le jeu lensois et bénéficie notamment des renforts de Stéphane Ziani et Anton Drobjnak. Invaincus lors de leurs 10 premiers matchs à Bollaert, les Sang et Or réalisent un parcours exceptionnel et raflent 13 succès sur la phase retour du championnat. Leaders au moment de se déplacer à Auxerre le 9 mai 1998 pour clore cette campagne mémorable, les Lensois, qui n’ont besoin que d’un point pour être sacrés champions, arrachent le nul grâce au but de Yoann Lachor (1-1). À Bollaert, la nuit sera longue.
Irrésistibles en D1, les coéquipiers de Jean-Guy Wallemme atteignent les demi-finales de la Coupe de la Ligue et la finale de la Coupe de France, mais doivent s’incliner face à Paris (2-1). Champions de France, les Artésiens disputent la Ligue des Champions pour la toute première fois. En phase de groupe, ils font face au Dynamo Kiev, au Panathinaïkos et à Arsenal. Si la tâche s’annonce relevée, le Racing se met au niveau de la plus prestigieuse des compétitions continentales. Après deux nuls à Londres (1-1) et en Ukraine (1-1), Lens glane sa première victoire en C1 face au Panathinaïkos à Bollaert sur un but de Wagneau Eloi (1-0) avant de devenir le premier club français à s’imposer à Wembley grâce à Michaël Debève, contre Arsenal le 25 novembre 1998 (0-1).
20 ans déjà ! (Champion de France 1998)
La formation de Daniel Leclercq se console sur la scène nationale. Vainqueur de Marseille, Le Havre, Rennes et Sochaux, elle rejoint Metz en finale de la Coupe de la Ligue le 8 mai 1999. Au Stade de France, Daniel Moreira fait trembler les filets et offre un second trophée majeur au Racing en l’espace de quelques mois (victoire 1-0). Le début de saison 1999-2000 est mitigé et « Le Druide » (Daniel Leclercq) laisse sa casquette d’entraîneur à François Brisson.
Les Années 2000: Entre Ambition et Désillusions
S’il est bousculé en D1, c’est en Coupe de l’UEFA que le Racing joue ses plus belles partitions. Vainqueurs du Maccabi Tel-Haviv puis du Vitesse Arnhem, les coéquipiers de Joseph-Désiré Job font chuter Kaiserlautern (1-1, 1-4). Viennent ensuite le tour de l’Atletico de Madrid (2-2, 4-2) et du Celta Vigo (0-0, 2-1) lors de soirées épiques à Bollaert. Suite à une campagne 2000-2001 moyenne (14e), Joël Muller prend les commandes de l’équipe. Revanchards, les Sang et Or démarrent tambour battant et occupent la place de leader pendant 28 journées. Proches de rafler un deuxième titre de champions, les Lensois terminent finalement vice-champions après leur revers à Lyon (3-1) lors de la J34. Qualifiés pour la Ligue des Champions, ils écrivent une nouvelle page de leur histoire continentale en battant notamment l’AC Milan (2-1), futur vainqueur de la C1.
Entre résultats et coups d’éclats réguliers, le RC Lens se stabilise dans le haut du tableau de Ligue 1. Sous la houlette de Joël Muller, les Artésiens finissent 8es de l’élite en 2003-2004, saison au cours de laquelle ils atteignent le deuxième tour de la Coupe de l’UEFA. Privés d’Europe l’exercice suivant, ils parachèvent leur parcours au 7e rang et sont auréolés d’un succès en Coupe Intertoto contre les Roumains de Cluj, cette fois sous la direction de Francis Gillot. La campagne 2005-2006 est plus réussie. La formation constituée, entre autres, de Vitorino Hilton, Seydou Keita, Olivier Thomert ou Daniel Cousin valide son retour en UEFA grâce à sa 4e place en Ligue 1.
De bon augure pour la suite puisque les Lensois sont tout proches de retrouver la Ligue des Champions au terme de la saison 2006-2007. Guidés par leur meilleur artificier Aruna Dindane (16 buts), les Sang et Or combinent bon parcours en championnat et en Coupe de l’UEFA. La dynamique négative insufflée par la déception européenne se prolonge jusqu’au terme de la campagne 2007-2008. En difficulté en championnat, l’équipe voit plusieurs coachs se succéder à sa tête et plonge en Ligue 2, dix ans après avoir été championne de France et après 17 saisons au plus haut niveau.
En parallèle, le Racing s’incline en finale de la Coupe de la Ligue face à Paris (1-0) au terme d’un scénario cruel. C’est le début de 12 années d’instabilité dans les performances. Dans l’antichambre du foot français, Lens stagne en milieu de classement avant 2013-2014. Un recrutement ambitieux et la nomination d’Antoine Kombouaré en tant que coach contribuent à la belle 2e place synonyme de promotion en Ligue 1. De la Ligue d’Artois à la Ligue des Champions, le Racing a tout connu en 110 ans d’existence.
Le Retour en Force et les Records Récentes
Si l’exercice 2017/18 commence mal (7 défaites) et voit les Lensois lutter pour le maintien en Ligue 2, un vent de fraîcheur souffle sur Bollaert-Delelis. Dès la saison suivante, les joueurs coachés par Philippe Montanier (5es de L2) disputent les play-offs d’accession à la Ligue 1. Emportés par une dynamique positive et poussés par plusieurs milliers de supporters à l’extérieur, les Artésiens viennent à bout du Paris FC puis de Troyes avant de tomber en barrages face à Dijon (1-1, 3-1), 18e de l’élite. Ce n’est que partie remise.
Le renouveau lensois est inspiré par des joueurs comme Jean-Louis Leca, Massadio Haïdara, Yannick Cahuzac ou Florian Sotoca. Les Sang et Or jouent les premiers rôles tout au long de la saison 2019-2020 et, malgré l’arrêt du championnat en raison de la crise sanitaire, ils sont récompensés de leurs efforts en étant promus en Ligue 1. À la tête du Racing à deux reprises en Ligue 2, Franck Haise poursuit l’aventure. En Ligue 1, son équipe est notamment renforcée par Seko Fofana, Jonathan Clauss, Facundo Medina et Gaël Kakuta. Rapidement, le tacticien impose sa patte et Lens acquiert un maintien confortable (7e), tout en prônant un football plaisant et authentique.
Bis repetitia la saison qui suit. Deiver Machado et Kevin Danso viennent compléter le onze lensois, surprenant de nouveau (7e). Mené, entre autres, par son capitaine Seko Fofana, son gardien Brice Samba et son meilleur buteur Loïs Openda (21 buts), le Racing débute sur les chapeaux de roue (1 défaite en 20 matchs) et effectue le meilleur parcours de son histoire en première division (84 points). Deuxièmes pendant 17 journées, les Sang et Or glanent 17 succès sur 19 possibles à Bollaert - véritable forteresse - et confortent leur place de vice-champions de France au terme d’un sprint final épique (11 victoires en 12 rencontres).
L’attente fût longue… mais elle valait le coup ! 16 ans après sa dernière participation européenne, 21 ans après sa dernière rencontre de Ligue des Champions, le Racing renoue avec la C1 sur le terrain du Séville FC (1-1), tenant du titre de la Ligue Europa. Enthousiasmants, les Sang et Or réalisent ensuite l'exploit de renverser Arsenal - vice-champion d'Angleterre - à Bollaert-Delelis (2-1) puis dominent Séville lors du 6e match de poule (2-1). Avec 8 points obtenus (2 victoires, 2 nuls), ils sont reversés en barrages de la Ligue Europa mais s'inclinent face à Fribourg (0-0, 3-2 a.p). Sur la scène nationale, les vice-champions de France connaissent une entame délicate mais relèvent la tête.
L'Équipe Féminine et l'Avenir
Le 20 juillet 2020, le Président lensois Joseph Oughourlian et Sarah M'Barek actent la création de la section féminine du RC Lens. Nommée Manageure de la toute première équipe féminine sang et or, l'ex-internationale tricolore débarque dans l'Artois avec l'ambition d'accéder à l'élite. Brique par brique, elle construit un édifice à son image - combatif, valeureux et résilient - qui grandit saison après saison. En 2024/25, le RC Lens Féminin franchit un cap. Fédéré autour d’intentions de jeu résolument offensives et valeurs collectives fortes, les Sang et Or enchaînent 14 rencontres sans défaite en Seconde Ligue, remportent le derby face à Lille à deux reprises (0-3, 2-1) et attirent 10 237 supporters à Bollaert-Delelis pour la réception de Metz, réalisant la meilleure affluence pour une rencontre de Seconde Ligue.
Records et Statistiques
Le RC Lens a même détenu pendant plusieurs année le record asbsolu de spectateurs pour un match de ligue 1. Lors de la saison de la remontée en 1991/1992, le RC Lens reçoit Marseille au stade Bollaert devant près de 51000 spectateurs ! (officiellement 48712 spectateurs) et gagne ce match mémorable par deux buts à un.
Ce titre augmente encore la popularité du club qui parvient même à réaliser 39640 spectateurs de moyenne en 2001 (la capacité du stade étant de 41000 places). En 2002, Le RC Lens manque de très peu l’obtention de son second titre de champion en se faisant dépasser lors de l’ultime journée du championnat en perdant le match face à Lyon. Le RC Lens n’a jamais gagné la coupe de France en échouant 3 fois en finale, mais a obtenu une victoire en coupe de la ligue en 1999 de nouveau confronté au FC Metz.
En coupe d’europe, le RC Lens a souvent bien figuré, en réalisant notamment l’exploit de battre dans les prolongations la Lazio de Rome par 6 à 0 en coupe de l’uefa 1978 et en parvenant en demi finale en 2000 battu alors par Arsenal. Lors de la ligue des champions 1999, le RC Lens manque de peu la qualification en étant le premier club français à gagner au stade de Wembley (victoire 1-0 face à Arsenal). En 2008, le Racing club de Lens loupe sa saison et se retrouve relegué en ligue 2. La remontée en ligue 1 est immédiate, le RC Lens en profite pour obtenir la meilleure moyenne de spectateurs de l’histoire pour un club de ligue 2 avec 29842 spectateurs !
Lens a été 2 fois champion de France de Ligue 1 de Football. Lens a terminé 5 fois premier de Ligue 2 de Football. Lens a été 3 fois finaliste de la coupe de France de Football. Lens a gagné 1 fois la coupe de la Ligue de Football. Lens a été 1 fois finaliste de la coupe de la Ligue de Football. La meilleure moyenne de spectateurs de Lens à domicile est de 39640 spectateurs, elle a été obtenue lors de la saison 2000/2001.
En faisant tomber le Stade Rennais (3-1) lors de la 21e journée de Ligue 1, le RC Lens a décroché une 10e victoire consécutive à domicile, égalant son record historique. Les Sang et Or avaient déjà réalisé une telle série entre août 2022 et janvier 2023, dans un Bollaert-Delelis alors imprenable. Si dix succès d'affilée à domicile constituent un cap symbolique, certains clubs ont placé la barre bien plus haut.
Le record parmi les clubs actuels de Ligue 1 est codétenu par le FC Nantes, entre octobre 1979 et août 1980, et l'OGC Nice, d'août 1958 à mai 1959, avec 18 victoires consécutives à domicile. Lors de la saison 2017-2018, sous les ordres d'Unai Emery, le Paris Saint-Germain avait enchaîné 17 succès au Parc des Princes, porté notamment par les arrivées de la star brésilienne Neymar et de Kylian Mbappé en provenance de l'AS Monaco. À l'opposé, certains clubs affichent des séries beaucoup plus modestes. Le Paris FC, par exemple, n'a jamais dépassé 5 victoires consécutives à domicile, et c'était lors de la saison 1973-1974.
D'autres formations se situent juste en dessous du seuil des dix victoires. Metz avait remporté 9 matches consécutifs à domicile entre avril et octobre 1997, tout comme le Stade Brestois, de décembre 1987 à août 1989 (série entrecoupée d'un passage en Ligue 2). L'AJ Auxerre est également concernée, avec deux séries de 9 succès, d'août à décembre 1988, puis de mars à octobre 1992. Lorient (7, avril-septembre 2021) et Angers (6, octobre-décembre 1960 et novembre 1971-février 1972) n'ont, eux aussi, jamais réussi à atteindre cette barre symbolique.
De son côté, l'OL y est parvenu à deux reprises, de décembre 1973 à mai 1974 et, plus récemment, de septembre 2014 à janvier 2015. L'OM s'était offert 14 victoires consécutives au Vélodrome entre novembre 1947 et septembre 1948. L'AS Monaco a fait encore mieux. Le club du Rocher avait enchaîné 15 victoires dans son antre entre novembre 1960 et août 1961.

Avec la défaite du PSG et le nul de l’OM samedi, le RC Lens avait l’occasion de monter sur le fauteuil de leader. Une opportunité que les Sang et Or n’ont pas laissé passer du côté d’Angers dimanche (1-2), bien aidés par la performance majuscule de Florian Thauvin. Mais que disent les chiffres quand on regarde dans le rétroviseur ? Une première place après 14 journées est-elle anecdotique ou annonciatrice d'un sacre en fin de saison ?
Premiers du classement au terme de cette 14e journée de Ligue 1 McDonald’s, les Lensois se retrouvent leaders pour la première fois depuis fin août 2004, soit il y a 21 ans ! Grâce à cette victoire à Raymond-Kopa, le RC Lens tourne désormais à 2,21 points par match depuis le début de saison. Mais est-ce que les équipes en tête après 14 journées réussissent à tenir le rythme ? Au 21e siècle, c’est arrivé 14 fois sur 24, soit 58% du temps.
| Club | Journées passées en tête au 21e siècle |
|---|---|
| Paris Saint-Germain | 364 |
| Olympique Lyonnais | 204 |
| AS Monaco | 72 |
| Olympique de Marseille | 54 |
| LOSC | 49 |
| Girondins de Bordeaux | 32 |
| OGC Nice | 31 |
| RC Lens | 30 |
| Montpellier Hérault SC | 19 |
Samedi, le RC Lens se déplace à Nantes avant de finir l’année civile par la réception de Nice. Début janvier, les Sang et Or finiront la phase aller sur la pelouse de Toulouse. S’ils bouclent cette phase aller en tête, les Lensois rééditeront une performance que l’on plus jamais vue depuis Noël 2001 (35 points après 17 matchs). C’est la seule fois que c’est arrivé aux Lensois qui avaient craqué sur le fil, terminant vice-champions de France derrière l’Olympique Lyonnais. Terminer champion d’automne (premier à la fin de la phase aller) rime souvent avec victoire finale. Depuis 10 ans, 80% des champions d’automne ont converti en fin de saison. Il s’agissait du PSG à chaque fois.
Si l'on remonte encore plus loin dans le temps, on peut voir que le RC Lens a passé 65 journées en tête depuis 1933/1934. De quoi rester au 13e rang, avec la 12e place du RC Strasbourg Alsace dans le viseur. Le leader historique est le PSG, devant l'ASSE et l'OM.