Handball Tunisien : L'Histoire et la Rivalité Iconique entre l'Espérance et le Club Africain

Le handball est un sport dynamique et passionnant, avec une riche histoire et des rivalités mémorables. En Tunisie, le derby entre l'Espérance de Tunis et le Club Africain occupe une place de choix. Ce match, au-delà de la simple compétition sportive, est un événement qui transcende les générations et suscite un engouement populaire considérable.

L'équipe de handball de Tunisie.

Les Origines du Handball

Le handball a des origines qui remontent au début du 20e siècle. Ce sport a évolué à partir de différents jeux de terrain pratiqués en Europe du Nord. Il a été codifié pour la première fois en Allemagne en 1917, et le premier championnat du monde masculin a eu lieu en 1938.

Le handball a gagné en popularité au fil des ans, devenant un sport olympique en 1972. Aujourd'hui, il est pratiqué dans le monde entier, avec des ligues professionnelles et des compétitions internationales qui attirent des millions de fans.

La Rivalité EST vs CA

La rivalité entre l'Espérance Sportive de Tunis (EST) et le Club Africain (CA) est l'une des plus passionnées et emblématiques du handball tunisien. Ces deux clubs, basés à Tunis, ont une longue histoire de confrontations mémorables qui ont captivé les supporters à travers le pays.

Les matchs entre l'EST et le CA sont toujours des événements très attendus, caractérisés par une intensité élevée sur le terrain et une ambiance électrique dans les tribunes. Ces rencontres sont souvent décisives pour le championnat et la coupe de Tunisie, ajoutant une dimension supplémentaire à la rivalité.

Cette rivalité ne se limite pas au terrain de handball. Elle reflète également des différences culturelles et sociales entre les supporters des deux clubs, ce qui contribue à l'intensité des confrontations.

Le derby tunisien de handball.

Les Enjeux de la Demi-Finale de la Coupe de Tunisie

L'Espérance de Tunis, tenant du titre, affrontera le Club Africain dans le match phare des demi-finales de la Coupe de Tunisie de handball (seniors). Cette rencontre au sommet est plus qu'un simple match; c'est un affrontement entre deux institutions sportives emblématiques du pays, dont la rivalité historique alimente les passions des supporters. Chaque duel est une occasion de raviver les souvenirs des confrontations passées et d'écrire de nouvelles pages de cette histoire commune.

La demi-finale de la Coupe de Tunisie est une étape cruciale pour les deux équipes. Pour l'Espérance de Tunis, il s'agit de défendre son titre et de confirmer sa domination sur la scène nationale. Pour le Club Africain, c'est une opportunité de renouer avec la victoire et de prouver sa capacité à rivaliser avec les meilleures équipes du pays.

La pression sera forte sur les épaules des joueurs, qui devront faire preuve de maîtrise et de détermination pour atteindre la finale. Le public, quant à lui, jouera un rôle essentiel en soutenant son équipe et en créant une ambiance survoltée dans les gradins.

L'Impact du Derby sur le Handball Tunisien

Le derby Tunisien ne se limite pas à un simple match de handball. C'est un événement qui a un impact profond sur le handball tunisien dans son ensemble. Il contribue à populariser ce sport auprès du grand public, à susciter des vocations chez les jeunes et à renforcer l'identité des clubs.

Les retombées médiatiques de ce derby sont considérables, offrant une visibilité accrue au handball tunisien et permettant de mettre en valeur les talents locaux. De plus, ce match est une source d'inspiration pour les jeunes joueurs, qui rêvent de participer un jour à ce grand rendez-vous.

Match Complet Handball Espérance Sportive de Tunis 26-20 Club Africain 02-12-2016 EST vs CA

Les Moments Clés de l'Histoire du Derby

Au fil des années, le derby Tunisien a été le théâtre de moments inoubliables, de matches épiques et de performances exceptionnelles. Ces moments forts restent gravés dans la mémoire des supporters et contribuent à alimenter la passion pour ce match.

Voici un tableau récapitulatif des confrontations récentes entre l'Espérance de Tunis et le Club Africain :

DateCompétitionVainqueurScore
[Date du match 1][Compétition du match 1][Vainqueur du match 1][Score du match 1]
[Date du match 2][Compétition du match 2][Vainqueur du match 2][Score du match 2]
[Date du match 3][Compétition du match 3][Vainqueur du match 3][Score du match 3]

Survol de l’histoire du Club Africain

Survoler toute l’histoire du Club Africain en quelques mots est un exercice non seulement périlleux mais quelque part arbitraire. Entre l’histoire enfouie et le contexte immédiat, le pontage n’est pas aisé tant l’itinéraire est pavé de défis, de conquêtes, de symboles et de représentations. En outre, entre l’engagement d’objectivité que les lecteurs présument et le résiduel subjectif dont le texte est, par moments, imprégné, il y a un équilibre à établir, qui soit fiable et crédible.

Une lecture de l’histoire du Club Africain à la fois passionnée et critique est un défi que nous tentons de relever. La naissance du Club Africain, comme toute grande œuvre humaine marquant histoire, était l’aboutissement d’un processus d’accouchement douloureux. Fruit de l’investissement et du sacrifice de quelques hommes de conviction et de vision dont l’orgueil n’avait d’égale que l’acharnement, le club est né dans l’adversité, au terme d’une longue épreuve de force. « Depuis sa naissance, le Club africain a toujours évolué dans l’adversité, sans trahir son identité ni sa mémoire ».

Pour restituer le cadre de création du club, convient-il d’intégrer la dimension histoire et ainsi placer la naissance du club dans son contexte historique. Nombre d’évènements d’ordre politique et sportif, au niveau aussi bien national qu’international, ont concouru directement ou indirectement à l’émergence d’une volonté nationale revendicative, et par ricochet, à la focalisation des tunisiens musulmans sur la nécessité de se doter d’une association sportive représentative.

Contexte Historique de la Création

  • Les quatorze Points du Président américain Wilson dont le message avait entrouvert la porte aux principes d’auto-détermination et d’indépendance pour les pays soumis au joug colonialiste.
  • La Déclaration Belfour de 1917, laquelle Déclaration attisa l’hostilité entre les communautés musulmane, chrétienne et juive.
  • Développement d’une conscience politique nationale et d’une plate-forme idéologique de lutte, certes embryonnaire mais de plus en plus manifeste.
  • Un match houleux, joué a priori en 1918, opposant le Stade Africain (composé de tunisiens musulmans, entre autres joueurs) et le Club tunisois (composé essentiellement de juifs) avait tourné à l’émeute et avait donné lieu à des représailles entre musulmans et juifs tunisiens. Ces deux associations furent dissoutes.

En trois ans, le paysage politique, social et culturel de la Tunisie avait été transformé. A certain niveau d’abstraction, la Tunisie d’aujourd’hui est le prolongement naturel de cette période. Dans ce contexte manichéen où la dualité, entre l’emprise coloniale et la poussée nationaliste, avait traversé la paysage tunisien, et plus particulièrement la vieille ville de Tunis, le centre d’impulsion et le cœur de la Tunisie musulmane de l’époque, les élèves de la Zitouna, de la Khaldounia, et de la Sadiki ont joué un rôle prépondérant dans aussi bien la formation et la cimentation de la conscience nationale que dans la valorisation de l’alternative sportive et culturelle comme moyen de lutte.

Durant cette période, Tunis, et essentiellement la Médina, avait une unité en termes de territoire et d’identité, ce n’est que plus tard, à la suite de la création notamment du Club Africain que la vieille ville de Tunis fut divisé sur le plan territoire/identité, Le quartier de Bab- Djedid ayant été le premier, et longtemps avant d’autres, à forger sa propre identité autour d’un club, en l’occurrence le Club Africain.

Fondation et Premières Années

Le Club Africain fut certes officiellement autorisé à exercer le 04 Octobre 1920, mais son itinéraire n’avait pas débuté à cette date. Le Club Africain, comme l’affirmaient certains de ses pères fondateurs, est le prolongement naturel du Stade Africain, association fondée en 1915 et dissoute en 1918, dont il a conservé les couleurs, l’esprit et le nom ainsi qu’un noyau de joueurs, particulièrement Mohamed Soudani . Il était d’ailleurs le président de la réunion constitutive du club, à savoir, la première Assemblée Générale, tenue dans un café, sis à Bab-Djedid et appartenant à une famille désormais clubiste. Mohamed Soudani et Jameleddine Bousnina furent les deux véritables chevilles ouvrières du processus de création du club.

Il s’agissait de forcer les clubistes à se démarquer de toute référence avec le drapeau national et à s’aliéner tout son socle identitaire. Les termes de ce compromis avaient été catégoriquement refusés. Concernant l’emblème national « le croissant et l’étoile », l’entêtement et l’obstination des clubistes avaient fini par payer mais ultérieurement. En effet, la volonté de disposer de ce symbole n’a jamais été démentie, les clubistes étaient revenus à la charge avec une telle opiniâtreté qu’ils avaient fini par obtenir gain de cause vers le milieu des années quarante.

La première Assemblée Générale du CA avait été tenue dans un café à Bab-Jedid , au terme de laquelle un Bureau a été constitué, composé exclusivement de tunisiens et présidé par Monsieur Bechir Ben Mustapha. L’appellation "Club Africain" fut proposée par Abdelmajid Chahed, immédiatement entérinée par tout le groupe. Dans la foulée, une Commission Sportive avait été mise sur pied.

Rien que l’appellation « Club Africain » constitue déjà tout un programme, ceci dénote une certaine conscience politique et atteste que dans l’esprit des fondateurs du CA, la démarche associative était un moyen de résistance et de mobilisation contre l’occupation coloniale. Dans le même registre, l’adjonction du terme « africain » au nom d’une association tunisienne, qui plus était régie alors par le droit français, était un choix conforme à l’histoire et chargé de significations. En effet, la Tunisie, qui s’appelait naguère Ifriqiya, a donné son nom à tout un continent, en l’occurrence l’Afrique. Par conséquent, s’appeler « Club Africain » au début du 20eme siècle avait valeur de symbole et s’apparentait beaucoup plus à un cri de ralliement et à un appel de l’histoire. Il y a quelque chose de fédérateur et de solidaire dans ce nom.

Le choix des couleurs du CA, à savoir le Rouge et le Blanc, n’était pas non plus intempestif ou aléatoire. Au contraire, il procédait de la même vision, s’appuyait sur les mêmes convictions. Le club était un vecteur identificatoire et un support à la cause nationale. Le fait d’adopter et d’imposer, malgré le diktat colonial, les couleurs du drapeau tunisien n’est-il pas révélateur d’une conscience nationale et d’un esprit de résistance !?

Depuis sa naissance, le CA s’était identifié à la cause nationale, ses fondateurs lui avaient conféré des dimensions idéologiques et humaines et ses partisans ont enraciné cet esprit de génération en génération. Dans le même ordre d’idées, peut-on omettre de citer parmi les fondateurs du CA, le Docteur Ahmed Ben Miled, appelé « médecin du peuple », compagnon du grand Mohamed Ali Hammi, fondateur de la première centrale syndicale tunisienne.

Sur un autre plan, la dimension culturelle et identitaire était également présente dans l’esprit des fondateurs du CA dont une bonne partie était des hommes de lettre et d’art ayant marqué le patrimoine culturel tunisien. A ses débuts, le CA articulait ses activités sur trois axes, à savoir, le sport, la musique et le théâtre.

De Bechir Ben Mustapha à Chérif Bellamine, en passant par Mustapha Sfar, Moncef Okbi, Dr Salah Aouij, Azzouz Lasram, Fethi Zouhir, Ridha Azzabi, Ferid Mokhtar, Ferid Abbes et Hamadi Bousbii, à la fois pères spirituels et enfants prodigues, que de défis relevés, d’épreuves subies et de conquêtes arrachées aux sueurs et aux larmes.

Le peuple clubiste a puisé, et puise toujours, dans sa culture et ses valeurs, cette force et cet orgueil de rebondir et de se surpasser. En résumé, et sans trop schématiser, on pourrait identifier trois principales phases dans l’itinéraire du CA, chacune étant régie par une logique propre, animée par des motivations contextuelles et confrontée à des contraintes spécifiques. En dépit d’une genèse difficile et d’une évolution heurtée, Le CA a pu maintenir le cap sans déroger aux principes de départ ni se dérober à son rôle national.

L’aspect sportif fût le levier pour mobiliser et encadrer la jeunesse tunisienne dans une perspective anti-colonialiste, certes non frontale mais néanmoins militante. Donc, ni la démarche ni l’objectif n’obéissaient à des mobiles exclusivement sportifs. Le profil des fondateurs du CA, la dimension politique et identitaire de leur projet en témoignent.

Premiers Succès et Engagement Culturel

Il est à signaler que le football était durant cette période la principale activité sportive du CA, il y avait certes le base-ball, mais cette section n’avait pas fait long feu. Accession à la première division en 1937. Premier titre de champion à la saison 1947-1948. Contribution du club à l’enracinement de la culture tunisienne, la création de la Rachidia et la contribution à la formation d’un théâtre tunisien, en sont les témoignages les plus incontestables. Il n’est pas inopportun de rappeler que le club disposait de sa propre troupe théâtrale depuis les années trente. Le CA est le premier club tunisien à donner une identité à un quartier, à savoir Bab-Djedid, lieu de mémoire et d’appartenance. Cette alliance club/quartier a été dès le départ un vecteur d’identification, le premier levier, dans l’histoire moderne de la Tunisie, liant viscéralement un club à un faubourg.

Sur un autre plan, et durant la dite période, le club a résisté à certaines velléités de défiguration sinon d’enclavement pour se positionner comme club ayant sa propre identité. Citons particulièrement la tentative, vite avortée, de Habib Bourguiba de fusionner le Club Africain avec l’Espérance de Tunis en 1934, année où Bourguiba s’était démarqué du parti libéral constitutionnel ( Hezb horr destouri) et, en dissidence, avait crée le parti du néo-destour , le 2 Mars 1934 à Ksar Helal.

Cet épisode démontre que 14 années après sa création le club disposait déjà de sa propre identité et avait suffisamment de force pour refuser l’injonction de Bourguiba, le nouvel homme fort de la Tunisie de l’époque.

L'Ère des Trophées et la Stabilité (1950-1990)

Il s’agit de la période- épopée durant laquelle le CA, le vent en poupe, a récolté la majorité de ses trophées sur le plan aussi bien national que régional. Omnisports et omniprésent, le CA a marqué cette période de son empreinte et a redoré à maintes reprises le blason national. Durant cette période, deux présidents, entres autres, ont marqué de leur empreinte l’évolution du club et ont stabilisé sur structures et ses fondements, à savoir, Azzouz Lasram et Ferid Mokhtar.

Dans le domaine sportive, deux hommes ont également façonné une certaine culture de jeu bien clubiste. Il est clair que le club s’appuyait, lors de cette période, sur le double plan administratif et sportif, sur un environnement de stabilité et sur des hommes de projet, lesquels inscrivaient leurs actions dans une vision stratégique.

Sur un autre plan, le club a mis en place une structure avant-gardiste, en l’occurrence "le comité des sages" que les autres associations n’ont pas manqué d’imiter. Ce comité agissait comme gardien du temple clubiste et apportait un concours financier régulier et prévisible.

La formation a toujours été un des principaux piliers du temple clubiste et un des plus importants ciments de son identité, et il ne s’agit pas de la formation dans son acceptation sportive uniquement. De tout temps, le CA s’appuyait sur ses enfants, sur le terrain et en dehors du rectangle vert. Une grande école de formation de dirigeants, voilà le principal capital le pilier stratégique du club.

Depuis sa création, le CA a toujours cultivé la notion de grande famille. Depuis toujours, le peuple clubiste s’est identifié au club et l’a tellement porté au bout des bras qu’il marque bien sa présence dans les stades et en dehors. La grande identification des supporters au club traduit, du moins en partie, la vitalité de l’identité du club.

A titre illustratif, durant toutes les années 80, le club n’a pas gagné de titre sans que cette "traversée du désert" n’ait donné lieu à de grandes crises car le ciment identitaire et liens de confiance et de loyauté entre la base et le sommet agissaient comme un puissant écran protecteur. Jamais "la rue" n’a fait acte de désolidarisation ni tenté d’imposer des décisions.

Bab-Djedid, lieu de naissance, creuset de la mémoire et fief attitré, était le centre de gravité de la mouvance clubiste.

Crises et Mutations (Depuis les Années 1990)

Cette période a débuté avec la conquête historique du quadruplé, performance unique dans les annales du football tunisien, réalisée avec les enfants de cru, tous formés dans la moule clubiste. Cette prouesse sportive sans précédent a été, semble-t-il, mal digérée et notamment mal rentabilisée. L’euphorie ambiante, conjuguée à la mutation de l’environnement sportif tunisien, a fait glisser lentement le club en dehors de son champ de performance et de son terreau naturel vers des sentiers plus ou moins incompatibles avec ses forces motrices.

De par son histoire et son propre itinéraire, le CA est resté un club assez introverti, et de ce fait, pratiquement incapable d’amortir des mutations brusques. Les crises qu’il a connues sont essentiellement des crises d’identité, les échecs sportifs n’en sont que les manifestations. En effet, le CA ne pouvait et ne peut évoluer qu’en étant réconcilié avec soi-même et avec son environnement.

Est-ce par hasard que les crises du CA ont coïncidé avec la transformation du paysage sportif tunisien et l’introduction forcée de ce professionnalisme à la tunisienne ! Compte tenu de sa rigidité et de son introversion, le CA est pratiquement le club qui a le plus souffert du bouleversement du contexte sportif et réglementaire tunisien !

Au cours de cette période, le CA a connu, séparément ou simultanément, nombre de crises dont l’acuité et l’incidence varient selon le contexte et le bilan. De nouvelles approches ont été développées et stigmatisées, de nouvelles contraintes et de nouvelles habitudes ont pris le pas.

La dimension formation, l’épine dorsale et l’artère nourricière du club, a progressivement perdu son rang et sa culture, notamment lors des dix dernières années. Le recours de plus en plus systématique aux recrutements, souvent à fonds perdus, au mépris du bon sens sportif et au détriment des enfants de cru, le CA a récolté peu de titres par rapport à la période précédente !

La notion de grande famille a cédé le pas au sectarisme et à l’exclusion. Le conflit d’intérêts a succédé à la communauté de vues.

Entre le public et l’équipe dirigeante, un certain déphasage b...

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