Le championnat de Syrie de football, malgré les défis et les interruptions, continue d'être un symbole de résilience et d'espoir pour les fans et les joueurs. La reprise du Championnat le 21 mai après six mois d'interruption a soumis les équipes à une cadence d'environ un match tous les quatre jours jusqu'au 12 juillet. Pour que la Syrie envoie des représentants dans les Coupes continentales de la saison 2025-2026, elle se devait de clôturer son Championnat avant le mois d'août et d'en communiquer les résultats à la FIFA et à la Confédération asiatique de football (AFC).
Cependant, il est important de noter que la situation politique reste fragile. Mi-juillet, des affrontements intercommunautaires dans la région à majorité Druze de Souweïda ont causé la mort d'au moins 1 1200 personnes, dont de nombreux civils.

Al-Wahda : Un club emblématique de Damas
Club emblématique de Damas, Al-Wahda (« l'unité »), fondé en 1928, est le plus soutenu dans la capitale. Il dispose d'un groupe de supporters structuré contrairement aux rivaux d'Al-Jaysh et d'Al-Shorta, plus impopulaires, car considérés comme proches de l'ancien régime. Pendant de longues années, les supporters n'ont pas pu supporter leur équipe à cause de la guerre.
Dans un pays où, depuis cinquante ans, chaque parole était surveillée, chaque opinion contrôlée, les stades retrouvent un peu leur vocation politique. Chose impensable il y a moins d'un an, lors d'un tournoi amical, un tifo a été déployé pour honorer la mémoire des disparus et des prisonniers. Régulièrement, un slogan retentit, ralliant à lui les plus timorés et ceux venus en famille : « Une république, Damas et Al-Wahda seulement ! »
Al-Wahda reçoit Jableh. Supporters et joueurs retrouvent le stade Al-Fayhaa où ils ne s'étaient plus rendus depuis le 1 décembre 2024. Lors du match entre Al-Wahda et Jableh, dans un stade qui sonne creux, Osama Omary s'apprête à frapper un corner. Contre ce mal classé, Omary et Al-Wahda seront contraints au nul (1-1).
Sur le terrain, Al-Wahda a terminé quatrième du Championnat, sans qualification pour une épreuve continentale, à l'inverse du nouveau champion, Al-Ittihad Alep.
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Défis et Réalités du Championnat
Interrogé sur la préparation, Captain Nizar peine à contenir quelques reproches. Il déplore une organisation qui n'est pas optimale, et la façon hâtive dont la reprise a été lancée. « Peu de stades sont prêts pour accueillir les équipes, et on se retrouve en plein été à enchaîner les matches », s'agace-t-il.
Dans un pays un peu moins grand que la France, les équipes ne se déplacent qu'en car sur de longues distances. La semaine précédente, l'équipe a effectué un aller-retour à Alep et passé plus de dix heures dans le car en trois jours. Contre Tishreen ce 26 mai, les premières minutes du match sont hachées. Accablés par la chaleur, les joueurs des deux équipes peinent.
La Fédération a tranché : pour des raisons sécuritaires, les matches de Championnat seront joués à huis clos, ou presque. Pour ces raisons, aucun match ne sera organisé sur la côte, où des massacres visant la communauté alaouite ont eu lieu en mars, ni dans l'est du pays, où la menace d'attaques terroristes reste réelle.
Aspects Financiers et Motivations des Joueurs
Pour faire fonctionner la structure, qui comprend aussi une équipe féminine et deux équipes masculine et féminine de basket, le président Ghias al-Dabbas, un homme d'affaires local, finance de sa poche la moitié du budget annuel d'un peu plus de 860 000 euros.
« On est à des années-lumière de l'Arabie saoudite », taquine Baha Misto, manager de l'équipe depuis 2013, en évoquant les salaires des joueurs. Ils ne dépassent pas 860 euros par mois pour les mieux payés, un montant largement supérieur au revenu moyen en Syrie, où la rémunération mensuelle des fonctionnaires tourne autour de 86 euros. L'objectif pour les jeunes est surtout de décrocher un contrat dans un pays du Golfe.
Pour Kais al-Hassan, attaquant prometteur de 22 ans qui vient d'être appelé chez les Espoirs, la motivation principale reste financière. « Mon contrat se termine et je partirai sans doute pour percevoir un meilleur salaire. Si j'ai une opportunité de quitter la Syrie, je la saisirai instantanément », explique-t-il.
Dans les vestiaires du stade Baba Amr, des grands bidons remplis de glaçons installés par le staff ont permis aux joueurs d'accélérer la récupération, mais cela reste rudimentaire. Même l'électricité a fait défaut. Pendant la causerie à la mi-temps, un assistant a dû éclairer avec son téléphone le tableau où le coach délivrait ses consignes. En guise de douche, les joueurs ont eu droit à un tuyau d'où sortait un mince filet d'eau, certains lui préférant les lavabos.
Lors du trajet retour depuis Homs, les joueurs reçoivent leur prime de victoire distribuée en cash, faisant un à un la navette vers l'avant du car. Pendant le dîner, organisé sur une aire d'autoroute, les joueurs s'interpellent et plaisantent autour des montants. Les titulaires ont reçu l'équivalent de 25 euros, les remplaçants 13.
Soutien International et Défis Futurs
Depuis la chute du régime, « tout est à refaire » indique celui qui vient d'Idlib, fief du groupe rebelle qui a conquis le pouvoir. Dans un pays ruiné, « le problème principal est l'argent ». Il dit compter sur l'aide de pays amis, dont le Qatar, qui s'est engagé à moderniser et à équiper six stades.
Depuis la levée des sanctions occidentales contre la Syrie en mai, le dirigeant a aussi bon espoir de récupérer les 6,2 millions d'euros de subventions promises par la FIFA à sa Fédération, et dont le paiement était bloqué sous Bachar al-Assad.
Le pays ne peut pas accueillir des matches internationaux, faute d'enceintes répondant aux exigences. La sélection, classée 91e sur 210 au niveau mondial, doit délocaliser ses rencontres en Arabie saoudite.
En revanche, le pays court toujours après une première participation à la Coupe du monde, qui ne sera pas pour 2026. Chargé de cette mission, le sélectionneur espagnol José Lana n'est venu que quelques fois en Syrie, précise Ibrahim Yassin. Et son contrat ne l'oblige pas à y résider. La plupart des joueurs sélectionnés évoluent à l'étranger, comme le capitaine emblématique, l'avant-centre Omar al-Somah, qui a effectué sa carrière dans le Golfe (Qatar, Arabie saoudite...) et vient d'effectuer une pige au Maroc, au Wydad Casablanca, lors de la Coupe du monde des clubs.
Voici un aperçu des principaux défis et opportunités pour le football syrien :
| Aspect | Défis | Opportunités |
|---|---|---|
| Infrastructures | Stades endommagés, manque d'équipements modernes | Aide internationale pour la reconstruction et la modernisation |
| Financement | Budget limité, salaires bas | Soutien de pays amis, levée des sanctions pour accéder aux subventions de la FIFA |
| Joueurs | Exode des talents vers des ligues mieux rémunérées | Développement de jeunes talents, contrats à l'étranger pour améliorer les revenus |
| Sécurité | Instabilité politique, huis clos pour les matchs | Retour progressif du public dans les stades, amélioration de la sécurité |
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