Le Paris Saint-Germain, comme tout grand club de football, a connu son lot de tensions, de rivalités et de conflits, tant sur le terrain qu'en dehors. Des désaccords entre joueurs aux affrontements entre supporters, en passant par les polémiques médiatiques, le PSG a souvent été le théâtre de passions exacerbées.

Tensions internes et critiques de Dembélé
Récemment, des tensions internes ont éclaté au grand jour. Après une défaite du PSG, Ousmane Dembélé a exprimé son mécontentement quant au manque de cohésion et de solidarité collective au sein de l'équipe. Il a souligné l'importance de jouer pour le club avant de penser à soi-même et a insisté sur la nécessité de plus d'envie et d'unité pour gagner des matchs et remporter des titres.
Certains observateurs ont suggéré que Désiré Doué était la cible principale des critiques de Dembélé. Cependant, Doué a publiquement évoqué le malaise, affirmant que les leaders ont le droit de s'exprimer et qu'il est normal qu'il y ait de la frustration après une défaite. Il a également souligné que les joueurs se disent les choses clairement et qu'ils sont contents d'avancer ensemble, niant ainsi se sentir visé par les propos de Dembélé.
La rivalité historique entre Auteuil et Boulogne
Depuis vingt ans, Auteuil et Boulogne s’opposent dans et en dehors du Parc des Princes. Cette rivalité de plus en plus violente a coûté la vie d’un homme.
Tribune Boulogne au Parc des Princes
Boulogne est la tribune historique du Parc des Princes, la seule réservée aux supporters du PSG avant le début des années 90. Elle tire son identité du modèle anglais.
Les venues à Paris du Bayern Munich (1975) et de Liverpool (1981) en finale de Coupes d’Europe des clubs champions influencent beaucoup les habitués de la Porte d’Auteuil. C’est à cette époque que les chants, les drapeaux et les fumigènes s’invitent dans les tribunes du Parc. Les hooligans, les punks et les skinheads également.
Boulogne se politise au début des années 80 et se mue en véritable lieu de rassemblement pour des groupuscules d’extrême droite. La tribune devient « blanche », autrement dit marquée du sceau du nationalisme.
Autrefois structuré, Boulogne apparaît désormais comme un lieu instable. Incontrôlable. La dissolution de son groupe le plus influent, les Boulogne Boys, le 17 avril 2008 à la suite de la banderole anti Cht’is, n’y est pas étrangère.
Depuis cet événement, les associations de supporters s’autogèrent. Et les « anciens » chefs de file ont vu leur autorité fragilisée par l’arrivée de jeunes indépendants.
L’histoire du KOB ( KOP OF BOULOGNE ) la tribune la plus mythique du PARIS SAINT GERMAIN PSG
Auteuil : du pacifisme à la violence
La tribune est calquée sur le modèle italien. Autrement dit elle est plus structurée, plus formelle que son homologue de Boulogne. Elle doit son existence, au début des années 90, à la volonté de l’ancien actionnaire du club, Canal Plus, d’opposer une tribune aux ultras de Boulogne.
Auteuil se démarque également par son public dit « black-blanc-beur », qui se compose de gens issus de toutes les ethnies. A l’origine festive et pacifique, la tribune s’est radicalisée au fil des années suite à de nombreux incidents avec les supporters de Boulogne.
De plus en plus jeune, la population d’Auteuil tolère de moins en moins les provocations. Parmi les associations, se sont formés des groupuscules radicaux et violents déterminés à en découdre avec leurs opposants.

Une banderole à l’origine du clash
C’est une banderole qui est à l’origine de cette lutte fratricide. Celle déployée par les Tigris Mystics en mai 2003 : « L’avenir est à nous ».
Le message adressé par ce groupe d’Auteuil, qui fêtait alors ses dix ans d’existence, a été mal perçu par le kop Boulogne. Ce dernier y a vu une remise en cause de son pouvoir et donc, une véritable déclaration de guerre.
Après des mois de conflit, les Mystics, peu soutenus par les autres groupes d’Auteuil, jettent l’éponge et annoncent leur dissolution. Le point de non-retour est atteint.
Boulogne et Auteuil ne supportent plus leur cohabitation au Parc des Princes. Surtout les derniers, qui voient une frange de leurs supporters, la plus radicale, contestée de manière de plus en plus virulente le racisme affiché par Boulogne.
« A Paris, il n’y a qu’un seul club majeur, rappelle Nicolas Hourcade, sociologue à l’Ecole Centrale de Lyon et spécialiste des supporters. Les habitués du PSG se fréquentent à chaque match et la tension entre eux est donc permanente. » La vengeance et la haine ont désormais élues domicile dans les tribunes.
| Date | Événement |
|---|---|
| Fin des années 1970 | Apparition du kop de Boulogne. |
| 1991 | Création du virage Auteuil par Canal+. |
| Mai 2003 | Déploiement de la banderole "L'avenir est à nous" par les Tigris Mystics. |
| 17 avril 2008 | Dissolution des Boulogne Boys. |
| 2010 | Décès de Yann Lorence, supporter de Boulogne, lors d'une rixe. |
| 2016 | Réintégration des ultras à Auteuil sous l'égide du Collectif Ultras Paris. |
L'affaire Meunier et les réseaux sociaux
Ce dimanche soir, en manifestant sa colère contre Thomas Meunier, le public du Parc des Princes a bouclé la boucle d’une semaine de polémiques. Pour un mal bien plus profond.
Il y a quelques jours déjà, Thomas Meunier « likait » sur les réseaux sociaux les tifos de l’Olympique de Marseille, rival historique du Paris Saint-Germain. Le geste, évidemment, était tout sauf anodin pour des supporters fatigués de subir les affres des joueurs outrepassant leur histoire.
Depuis, le pour et le contre s’affrontent. Il y a ceux qui estiment que Meunier est un joueur assez irréprochable chaque week-end et qu’il serait franchement injuste que le simple fait d’aimer des tifos de l’OM ne fasse de lui le dernier des pestiférés dans la capitale. Evidemment, ils ont raison.
Mais il y a ceux qui pensent que, lorsque l’on signe dans un club tel que le Paris Saint-Germain, on prend un minimum connaissance de son environnement. Et ils n’ont pas tort.
Quand on se décrit comme un homme de culture, on ne peut débarquer dans une capitale sans prendre le pouls d’une rivalité qui se mesure chaque jour par sa violence sur les réseaux sociaux. On ne peut pas non plus s’engager dans un club aussi médiatisé sans imaginer que chacun de ses gestes sera scruté et décortiqué. Et surtout, quand on représente le Paris Saint-Germain, on ne peut pas implorer la maladresse quand on va exposer publiquement et délibérément son « like » envers l’OM. Et ignorer l’impact qu’aura ce genre de geste.
Un joueur qui s’engage à Saint-Etienne sait qu’il ne fera pas d’éloge du public lyonnais. Un Napolitain sait qu’il ne devra pas encenser le jeu de la Juventus. Et un amoureux du Real ne va pas soutenir la cause catalane.
Et entre Paris et l’OM, on ne touche pas aux tifos, parce que les tifos, c’est ancré dans la rivalité entre les deux clubs. Ça ne se fait pas, et même si ça ne justifie aucun acharnement, les supporters sont dans leur droit en le rappelant. Ne pas alimenter la rivalité et la haine de l’adversaire est une chose, mais lui témoigner de l’affection en est une autre.
Alors oui, ce n’était qu’un like. Mais la gronde du Parc des Princes à l’encontre de Thomas Meunier ce dimanche soir veut dire beaucoup. Elle ne condamne pas le joueur, parce que le droit à l’erreur est réel. L’important, c’est de la comprendre, et surtout de s’en excuser. Ce que n’a définitivement pas fait Thomas Meunier en se justifiant d’une réponse dénuée de tout apaisement.
Le PSG et l'Espagne : une relation complexe
Il y a quelques années encore, le Paris Saint-Germain n’était pas un club très apprécié en Espagne. Et ce, que ce soit par les clubs, les fans, et même par la Liga, avec un Javier Tebas qui a mené une grosse croisade contre les clubs appartenant à des états, multipliant les sorties médiatiques contre l’écurie dirigée par QSI. De leur côté, les supporters du Real Madrid et du FC Barcelone ont vu arriver un sacré concurrent, capable de les mettre en difficulté sur le plan sportif, et surtout de leur voler des joueurs, avec Neymar comme exemple le plus probant.
Les différents conflits directs entre les deux géants du foot ibérique et le PSG, du cas Neymar à l’intérêt du Barça pour Verratti et Marquinhos, en passant par le clash Pérez-Nasser au sujet de la Super League, ont clairement créé une animosité de beaucoup de fans de foot envers Paris outre-Pyrénées. Une rivalité sportive s’est aussi installée suite à certains évènements, dont la fameuse remontada. Puis, il y a eu le cas Mbappé en guise de cerise sur le gâteau, marqué par des épisodes de colère d’un côté comme de l’autre, et des relations désormais très tendues entre le PSG et le Real Madrid, alors que ça s’est un peu calmé entre Parisiens et Barcelonais.
Forcément, la présence de Luis Enrique sur le banc est une des principales explications de ce changement d’avis global de l’Espagne du foot sur le PSG. Ce qui peut sembler paradoxal, puisque l’ancien sélectionneur était loin de faire l’unanimité quand il était à la tête de la Roja, notamment auprès de l’opinion publique madrilène. Mais aujourd’hui, les prouesses du coach asturien sont vantées par tous et, loin de son pays, il semble désormais bien plus apprécié par ses compatriotes. Ce que propose la bande de Vitinha est en train de démontrer que le Paris Saint-Germain est une vraie équipe et pas juste un amas d’individualités, comme il a été considéré pendant de longues années.
Parmi les joueurs les plus appréciés, en plus des milieux, on retrouve aussi Achraf Hakimi, Nuno Mendes, Désiré Doué et Ousmane Dembélé, qui a surpris tout le monde après plusieurs années mi-figue mi-raisin à Barcelone. Pour les journalistes espagnols, le PSG est la référence aujourd’hui et un modèle duquel le Real Madrid comme le FC Barcelone doivent s’inspirer.
Vous l’aurez compris, c’est sur le terrain que le PSG a conquis de nombreux espagnols. Les efforts du club pour populariser sa marque à travers du monde, via les collections lifestyle avec Jordan par exemple, ont fait leur effet, notamment chez les jeunes. Il n’est ainsi pas rare du tout de croiser des gens avec des vêtements à l’effigie du club de la capitale dans les principales villes espagnoles, ce qui n’était pas le cas il y a quelques années, avant covid surtout.
Clashs historiques : Fiorèse et Halilhodzic
En décidant de claquer la porte du PSG en toute fin de mercato estival 2004 pour signer chez l'ennemi juré, à savoir l'OM, Fabrice Fiorèse avait provoqué une immense colère chez son coach de l'époque, Vahid Halilhodzic. Et Daniel Riolo n'a pas manqué de lui rappeler ce clash historique en conférence de presse au PSG.
Juste après le départ de son attaquant pour l'OM, Halilhodzic l'a dézingué en conférence de presse : « Il a pris le club en otage. C'est une situation que je ne pouvais pas imaginer. Mardi soir, j'ai vomi quand je suis rentré chez moi. Il est venu me voir pour me demander de partir. À cinq jours de la fin du mercato, c'est difficile à avaler. C'est un coup monté », avait sèchement lâché l'entraîneur du PSG.
Et lundi soir, en direct au micro de l'After Foot sur RMC Sport alors que Fabrice Fiorèse était invité, Daniel Riolo lui a rappelé ce coup de gueule historique de Vahid Halilhodzic : « Tu vois ça, Fabrice, ça fait plus de vingt ans et c’est resté dans toutes les mémoires. Finalement, t’as marqué l’histoire de la Ligue 1 parce que ce passage avait fait énormément parler, parce que t’as un coach qui a dit ça et nous ça nous sert d’archive on en rigole encore, parce qu’il y avait eu les banderoles au Parc. En bien ou en mal, t’as marqué l’histoire de la Ligue 1 », a lâché Riolo.
La tragédie de 2006 et les conséquences
Le 23 novembre 2006, le PSG va vivre l’une des soirées les sombres de son histoire. Mal embarqué en Ligue 1 (14e au classement), les Parisiens veulent profiter de la Coupe de l’UEFA pour se donner de l’air. Après deux victoires, les hommes de Paul Lacombe reçoivent l’Hapoël Tel Aviv, mais le match ne se passe pas comme prévu. Après être revenu au score, Paris s’incline (4-2) et vit cette défaite comme une humiliation. La suite sera pire encore.
À la sortie du stade, un homme de confession juive est poursuivi par un groupe de supporters parisiens. Un policier en civil tente alors de le protéger en utilisant du gaz lacrymogène, mais il ne parvient pas à les calmer. Projeté au sol, il sort son arme et tire deux coups, dont un qui tuera sur le coup Julien Quemener, un ultra de la tribune Boulogne.
Un jour après la tragédie, les critiques fusent de toute part, et notamment sur l’organisation du match, classé sans risques par les autorités, d’où la faible présence policière sur les lieux. Le caractère raciste du groupe Boulogne Boys est également pointé du doigt.
Quatre ans plus tard, les tensions entre les tribunes Boulogne et Auteuil ne se sont pas estompées et vont atteindre leur paroxysme le 28 février 2010. En marge du « classico » entre le PSG et l’OM, les deux clans s’affrontent devant le Parc des Princes.
Après une première charge des supporters de Boulogne, une trentaine de membres d’Auteuil répliquent en rouant de coups Yann Lorence, 37 ans, qui faisait partie de la Casual Firm, une branche radicale du kop Boulogne. L’homme sera transporté à l’hôpital dans un état grave, touché à la tête. Il succombera à ses blessures trois semaines plus tard.
Cet événement provoquera la création du plan Leproux à l’été 2010 pour pacifier les tribunes du Parc, ce qui mettra fin aux groupes d’ultras parisiens. Le placement aléatoire sera également instauré jusqu’en 2017 et la création du CUP (Collectif Ultras Parisiens), qui redonnera de la vie à l’enceinte parisienne.
Autres incidents notables
2013 : une bagarre de supporters… sur l’autoroute
Autre incident entre fans de club de Ligue 1 qui a fait couler beaucoup d’encre en raison de sa violence inouïe. Le 18 mai 2013, une rixe éclate entre supporters de l’OM et de l’OL au péage de Bollène, dans la Drôme.
Sous la pluie, près de 200 supporters se battent à l’aide de battes de baseball, de pavés ou encore d’un extincteur. Résultat : 17 blessés dont 7 graves.
Du côté des clubs, l’OL a affirmé que les supporters responsables de l’incident «ne faisaient pas partie du déplacement officiel du club», alors que les dirigeants phocéens ont déploré «ces actes de violence très éloignés de l'esprit du football». Les différents groupes de supporters se sont eux renvoyés la balle sur les responsabilités de cette bagarre.
2017 : des ultras bastiais veulent frapper des joueurs
C’est l’une des scènes les plus surréalistes que le championnat de France a connu. Le 16 avril 2017, Bastia reçoit l’Olympique lyonnais à Furiani. Aucun supporter lyonnais n’est présent en raison d’un énième arrêté interdisant leur déplacement.
Alors que les Lyonnais entrent sur la pelouse pour s’échauffer, des ultras bastiais provoquent Memphis Depay et tentent de rentrer sur la pelouse pour le frapper. Des agents de sécurité les retiennent, mais une cinquantaine d’entre eux forcent le passage et s'en prennent à des joueurs de l’OL, dont Mathieu Gorgelin. Les hommes de Bruno Genesio, choqués, se réfugient dans les vestiaires durant 45 minutes, puis acceptent de jouer le match.
Malgré les appels au calme, nouvelle altercation à la mi-temps : alors qu’il rejoignait ses coéquipiers, le gardien rhodanien Anthony Lopes est interpellé par un officiel. La situation s’enlise comme lors de l’échauffement : intrusion de supporters bastiais et des agents de sécurité incapables de contrôler la bousculade. L'un d'entre eux essaie même d'en venir aux mains. La rencontre est définitivement interrompue.
Après cette escalade de violence, la LFP a voulu taper fort en infligeant des sanctions exemplaires au club corse : match gagné sur tapis vert pour l’OL, trois matches à huit-clos et sur terrain neutre.