Citadelle de Québec: Histoire, Hockey et Héritage

La ville de Québec, l'une des plus emblématiques de la province, regorge de lieux chargés d'histoire et de culture. Parmi ces lieux, la Citadelle de Québec occupe une place particulière. Située un peu au-dessus du château Frontenac, elle est l'un des endroits les plus riches en histoire de la ville, voire de la province. Aujourd'hui, elle abrite le Musée Royal du 22ème régiment, le seul régiment d'infanterie canadien qui parle français. Selon les saisons, notamment en été, il est possible d'assister à la relève de la garde, un spectacle similaire à celui que l'on peut voir en Angleterre.

La Citadelle de Québec. Image Wikipedia.

Un Peu d'Histoire

Lors de son expédition en 1535, Jacques Cartier découvre le village iroquois de Stadaconé. En 1608, Samuel de Champlain revient sur les lieux et construit une ville à proximité de Stadaconé, nommée place Royale, marquant le début de la colonisation de l'Amérique du Nord par les Français. La ville de Québec connaît un essor lent. Prise en 1629 par les Anglais, elle est rendue en 1632. Des remparts et une forteresse sont ajoutés au fil des années. En 1763, la Nouvelle-France est cédée au Royaume de Grande-Bretagne, et Québec passe sous régime britannique, devenant la capitale de la Province de Québec.

A partir de 1872, Lord Dufferin, gouverneur général du Canada, y établit une résidence officielle, transformant le destin de la ville en une destination touristique. La ville est constituée de deux parties: la colline de Québec et le coteau de Beauport. La Basse-Ville s’est développée le long du fleuve Saint-Laurent au pied du Cap Diamant, tandis que la Haute-Ville résulte de l’urbanisation progressive de la colline.

Québec, Ville aux Multiples Attraits

Québec concentre un patrimoine riche, ouvert sur tous les apports culturels. Son aspect européen témoigne de son histoire, faisant d'elle une destination touristique de choix. Elle est l’un des derniers établissements fortifiés en Amérique du Nord et intègre un patrimoine architectural rappelant les villes portuaires de l’Europe occidentale. Les fortifications s’inscrivent dans le paysage du Vieux-Québec. Québec est le modèle historique de la dualité linguistique québécoise et constitue une destination idéale pour un voyage scolaire à thème.

Grâce à ses transports en commun et ses vastes réseaux routiers et cyclables, il est facile de se déplacer dans Québec et de profiter de ses nombreux attraits. La citadelle de Québec se situe près des plaines d’Abraham et est visitée chaque année par des milliers de touristes et de passionnés d’histoire. Le musée du Royal 22e Régiment y présente des collections militaires historiques, et on y trouve également la résidence du gouverneur général.

Culture et Histoire à Québec

Les centres d’interprétation de Québec permettent de mieux connaître des sujets particuliers. Des expositions et diverses activités familiarisent les visiteurs avec la vie urbaine. Différentes maisons témoignent de la vie à Québec au fil des époques, comme la maison Girardin, construite en 1675, où l'on rencontre les premiers habitants de Nouvelle-France, ou la demeure bourgeoise du XIXe siècle de l’historien François-Xavier Garneau.

De nombreux musées sont également dispersés dans la ville, comme le musée des Ursulines, qui expose l’histoire religieuse et sociale, ou Place-Royale, consacré à ce quartier historique, l’un des plus vieux du pays. Plusieurs endroits sont considérés comme des lieux historiques nationaux, tels que Cartier-Brébeuf, qui raconte le premier hivernage de Jacques Cartier, et Fortifications-de-Québec, dédié au système défensif érigé entre 1608 et 1871.

De grands événements rythment la vie des Québécois, comme le festival d’été en juillet et le carnaval en février.

Établissements Religieux Remarquables de Québec

De nombreux ordres religieux ont marqué l’évolution de la ville, se traduisant par de nombreux ouvrages architecturaux. L’église Notre-Dame-des-Victoires est située à l’emplacement de l’« Abitation », premier bâtiment construit à Québec. Les presbytériens se rendent à St. Andrew depuis 1810, et les catholiques apprécient le sanctuaire Notre-Dame-du-Sacré-Cœur. La chapelle des Jésuites, bâtie en 1817, recèle de précieux objets d’art, et les Ursulines ont également une chapelle à visiter absolument.

Nature et Grand Air à Québec

Le jardin botanique Roger Van den Hende est un espace vert en plein centre-ville. Nature et ornithologie s’apprécient dans les Marais du Nord, parcourus de nombreux sentiers. Chauveau est le plus grand parc de Québec, façonné par la rivière Saint-Charles. La chute Montmorency offre de nombreux panoramas, et le parc des Champs de Bataille accueille de grands événements comme la fête nationale et le Carnaval de Québec. Le parc linéaire de la rivière Saint-Charles offre 30 km de sentier reliant le lac Saint-Charles au centre-ville.

Divers parcours offrent un autre regard sur les paysages de Québec, comme le corridor des Cheminots et la promenade Samuel de Champlain.

Parc national de Kootenay. Image pc.gc.ca.

Hockey à Québec: Un Sport, Une Passion

La ville de Québec a une longue et riche histoire avec le hockey sur glace. Au fil des ans, plusieurs équipes ont marqué l'imaginaire des Québécois, dont les Citadelles et les As de Québec. Le Colisée de Québec, reconstruit en 1949 après un incendie, est devenu un lieu emblématique pour ces équipes. Il faut rapidement un domicile pour les deux principales équipes de hockey de Québec, les Citadelles de la Ligue junior du Québec et les As de la Ligue de hockey senior du Québec.

Le 15 décembre, neuf mois jour pour jour après l'incendie, le nouveau Colisée est inauguré à l'occasion d'un match amical entre les As et les Citadelles de Québec. A l'époque, le Colisée, avec ses 10 000 places, dépasse même le Forum de Montréal et ses 9600 places.

En 1949, la Ligue de hockey junior du Québec est créée, renforçant la base de hockey junior de la province. Les Frontenacs de Québec ont obtenu une franchise de la Ligue Junior A du Québec en 1953 quand les Citadelles ont laissé cette ligue pour joindre L’Ontario Hockey Association. Un uniforme bleu « Québec », un drapeau du Québec sur la manche, le T de Frontenac- plus gros que les autre lettres- en forme de croix, tout pour en faire l’équipe des canadiens-français de la ville de Québec.

Au risque de briser le mythe par un souci de rigueur historique ou par de basses considérations matérielles, personne n'a eu cette possibilité, car au temps de leurs grandes dynasties, les Canadiens de Montréal ajoutaient plusieurs saisons gravées sur une même bague. Mais le symbole va au-delà de quelques anneaux : ce chiffre magique - 10 Coupes Stanley - c'est bien Jean Béliveau qui l'a atteint le premier, en même temps certes que son coéquipier Henri Richard, mais en ayant joué un rôle plus essentiel dans ces victoires. Et pourtant, il a failli ne jamais atteindre cette barre mythique...

Rivalité Canadiens-Nordiques : hockey, bière et politique | L'Histoire nous le dira # 130

Jean Béliveau: Une Légende du Hockey

Jean Béliveau, né le 31 août 1931 à Trois-Rivières, est une figure emblématique du hockey québécois et canadien. Il est l'aîné d'une famille de huit enfants. Il jouera ensuite, à quinze ans, pour les Panthères de Victoriaville, dans la ligue intermédiaire B. À seize ans, un recruteur des... Maple Leafs de Toronto lui propose un contrat, qui lui permettrait d'évoluer pour les Reds de Trois-Rivières, de la Ligue junior du Québec. À la fin de la saison, le Canadien de Montréal a repéré Béliveau.

Il signe donc avec les Tigres juniors pour un salaire de 15 $ par semaine, salaire qu'il trouve faible pour un joueur de sa valeur. La saison suivante, les Tigres juniors sont démantelés, et Béliveau choisit d'aller jouer à Québec pour les Citadelles. Au début de la saison 1949-50, les Citadelles tiennent leur camp d'entraînement et disputent leurs deux premiers mois de leurs matches locaux à... Victoriaville !

Pour être sûr qu'il ne cédera pas à la tentation, on lui fait d'ailleurs des conditions hors du commun : un salaire de 6000 $ par an avec l'équipe junior, autant que bien des joueurs de la LNH, et en plus on lui a déniché un poste aux relations publiques de la Laiterie Laval, qui lui rapporte 3000 $ de plus. En décembre, des blessures de joueurs réguliers du Canadien amènent l'équipe à faire venir Béliveau pour un match contre les Bruins de Boston, ainsi que Bernard Geoffrion. Les Citadelles connaissent une excellente saison, à la première place du classement. Jean Béliveau remporte le championnat des marqueurs à égalité avec Skippy Burchell, grâce à un but au dernier match de la saison, contre l'équipe de celui qui lui dispute le titre.

Béliveau n'est maintenant plus d'âge junior, et le Canadien se prépare enfin à l'accueillir... Mais il ne l'entend pas ainsi. Il souhaite continuer sa carrière à Québec pendant encore un moment, avec l'équipe des As de la Ligue de Hockey Senior. En décembre 1952, le Canadien rappelle à nouveau Béliveau, pour trois matches. Il en profite pour marquer cinq buts, dont un "tour du chapeau" (trois buts dans un match), et du coup faire augmenter encore en peu les attentes des fans de l'équipe montréalaise.

L'histoire veut que le Canadien ait carrément acheté la ligue au complet, afin de forcer Béliveau à s'amener à Montréal. C'est finalement chose faite, mais Béliveau arrive tout de même à arracher un contrat en or à Frank Selke : contrat garanti de cinq ans, pour un total de 100 000 $. Jamais une recrue n'avait suscité de telles attentes, et très peu atteindront ce niveau plus tard. Les fans du Canadien sont persuadés que Béliveau est le joueur qu'il manque au Canadien pour atteindre le sommet et y rester. Ils n'ont pas tort.

La première saison de Béliveau à Montréal est frustrante pour celui-ci. Il se blesse sérieusement à la cheville dès le septième match et rate 22 parties. On lui décèle une anomalie cardiaque, qui empêche son cœur de pomper suffisamment de sang pour oxygéner son organisme, lors d'efforts importants. On parle d'un "cœur d'Austin dans un châssis de Cadillac". L'assureur pressenti pour garantir le contrat se désiste, mais cette anomalie n'empêchera pas l'athlète de disputer dix-huit saisons professionnelles.

tags: #citadelle #de #quebec #hockey