Sidy Cissoko : Analyse du parcours et du potentiel du joueur français drafté en NBA

Nouvelle mitigée pour les fans français : les Portland Trail Blazers ont effectué un mouvement marquant à la reprise de la saison. Un Français entre « officiellement » dans l’effectif, un autre en sort.

Grand fan de Kyrie Irving durant ses jeunes années, Sidy Cissoko est un joueur de basketball français qui évolue actuellement chez les Portland Trail Blazers en NBA. Il mesure 2m01 et pèse 91kg, et évolue au poste d’ailier ou d’arrière. Né le 2 avril 2004 à Saint-Maurice (au sud-est de Paris), Sidy Cissoko a été sélectionné en 44e choix de la Draft NBA 2023 par les San Antonio Spurs, devenant ainsi le nouveau coéquipier de Victor Wembanyama. Il a joué deux saisons en NBA.

Cet article examine en détail le parcours de Sidy Cissoko, ses forces, ses faiblesses et son potentiel au sein de la NBA. Nous analyserons également son impact sur les équipes pour lesquelles il a joué et les perspectives d'avenir qui s'offrent à lui.

Un parcours atypique et diversifié

Le parcours du joueur est à son image : ancré dans la diversité. Après neuf années de basket dans l’Hexagone, il a parfait sa formation à Baskonia, en Espagne, et son club satellite Iraurgi SB, avant de décoller pour les États-Unis.

Formation en Europe (2017-2022)

En 2017, il rejoint le centre de formation du Saski Baskonia en Espagne à seulement 13 ans. Cissoko s’illustre dans les catégories jeunes mais aussi avec l’équipe réserve de Baskonia, ce qui lui permet d’être appelé dans l’équipe première en 2021, année où il fait ses débuts en professionnel. Sidy Cissoko y côtoie notamment Simone Fontecchio (joueur du Utah Jazz en NBA) et Wade Baldwin IV (ancien joueur NBA).

Passage par la G League Ignite (2022-2023)

En 2022, Sidy Cissoko change de cap pour prendre la direction des Etats-Unis. Après avoir affronté des joueurs comme Dereck Lively II, Keyonte George et Anthony Black au Nike Hoop Summit (match annuel réunissant les meilleurs lycéens du monde), Cissoko devient le premier Européen à intégrer le nouveau programme du G League Ignite (dans la ligue de développement de la NBA).

Coéquipier de Scoot Henderson (futur numéro 3 de la Draft NBA) durant la saison 2022-23, Sidy Cissoko s’illustre en G League et est même choisi pour participer au Rising Stars Challenge lors du NBA All-Star Weekend cette année-là.

Aliéné sur les postes extérieurs en Europe, Sidy Cissoko est devenu un ailier dans l’antichambre de la NBA. Cette saison, aux côtés d’Henderson et de Leonard Miller, il a appris à évoluer efficacement loin du ballon qu’il avait l’habitude de tenir entre ses mains, et continué d’élargir une panoplie déjà bien garnie.

Draft NBA et débuts professionnels

Le 22 juin, s'est déroulée la traditionnelle Draft NBA à New York. Mais Victor Wembanyama n'est pas le seul Français à avoir posé leurs bagages aux États-Unis. Trois autres joueurs très prometteurs ont eux aussi signé dans l'une des 30 franchises du championnat le plus relevé du monde du basketball.

En juin 2023, Cissoko est finalement sélectionné à la Draft NBA par les San Antonio Spurs, décrochant un contrat de trois ans avec la franchise texane. Victor Wembanyama ne sera donc pas la seule pépite tricolore à faire ses débuts à San Antonio la saison prochaine. Cissoko passe d’un potentiel générationnel à un autre. Il bénéficie même d’une légère upgrade, après avoir partagé le terrain avec Scoot Henderson dans l’équipe de la G League Ignite.

Expérience aux Spurs et transfert

Mais juste avant la trade deadline 2025, les Spurs l’envoient aux Sacramento Kings qui l’envoient aux Washington Wizards qui le coupent. Après deux premières saisons compliquées, Sidy Cissoko a désormais pour objectif de se faire une petite place chez les Blazers.

Analyse du jeu de Sidy Cissoko

Espoir du basket français, Sidy Cissoko possède des qualités physiques (taille, puissance, longueur) qui lui donnent une belle polyvalence, notamment sur le plan défensif. En attaque, Cissoko s’illustre par sa capacité à attaquer le panier et sait aussi faire jouer ses coéquipiers. S’il doit progresser au niveau du shoot et de son impact au scoring, Sidy Cissoko compense souvent par une belle énergie sur les parquets.

Le joueur de 19 ans ne manque pas de qualités, c’est certain, mais il n’est évidemment pas parfait. Solide dans tous les domaines, il ne dispose d’aucune véritable spécialité. Le déclic, s’il arrive, pourrait être son tir encore en travaux (30,4 % à trois points, 64,5 % aux lancers francs).

Couplé à de grandes capacités défensives, un bon handle et la capacité de créer pour les autres, un bon shoot pourrait être le ticket vers une vraie carrière en NBA, à l’aile. À San Antonio, qui débute sa reconstruction, il aura le temps et les moyens de le trouver. Son rôle pour ses premières saisons reste trouble. Ce sera à lui et aux Spurs de découvrir ce qu’il sera sur un terrain NBA.

« En Europe, il jouait beaucoup sur le ballon en tant que meneur de jeu. Des deux côtés du terrain, le Français est capable de faire un peu de tout. Défensivement, sa vitesse et son corps lui permettent de couvrir une grande variété de profils. Cissoko a ce qu’il faut, physiquement, pour devenir un fort défenseur. Mais il coche aussi toutes les cases mentalement, autant par sa compréhension du jeu - qu’il met à profit pour couper les lignes de passe et anticiper les offensives adverses - que par sa détermination.

En attaque, tout cela se traduit par un solide jeu en transition. Il doit une grande partie de sa production en G League (12,8 points et 45,5 % aux tirs) aux opportunités qu’il sait saisir avant que la défense ne se mette en place, ainsi qu’à ses coupes bien senties et son efficacité près du cercle.

Points forts

  • Polyvalence défensive
  • Jeu en transition
  • Compréhension du jeu
  • Capacité à attaquer le panier

Sidy Cissoko Scouting Report

Points à améliorer

  • Tir (30,4 % à trois points, 64,5 % aux lancers francs)
  • Impact au scoring

« Je sais que je suis un rookie et un second tour de draft », reconnaît Sidy Cissoko en conférence de presse. « Donc je sais que je n’aurai pas 20 tirs par match. J’essaie juste de faire de mon mieux en défense et d’aider l’équipe d’autres manières. »

Le Français, sélectionné en 44e position de la draft par les Spurs, savait à quoi s’attendre à Las Vegas. « Fais juste ton truc en défense », lui a demandé Gregg Popovich avant la Summer League.

« C’est un gamin intelligent. Il est capable de s’adapter à différents rôles et dans sa manière d’impacter le jeu. Comme vous pouvez le voir ici, il n’est pas venu pour marquer à chaque fois qu’il a touché le ballon. Il a fait circuler le ballon. Il se concentre sur sa défense, les petits détails.

Comparaisons et potentiel futur

Avant même d’être drafté au second tour comme l’Argentin, le natif de Saint-Maurice avait déjà entendu la même chose. « Mon coach l’année dernière m’a comparé à Ginobili.

« C’était quelqu’un que nous envisagions si nous étions restés en 33e position. Le panorama complet a définitivement impressionné les Spurs, qui lui avaient déjà offert un contrat garanti malgré sa sélection en 44e position.

Comme toute l’année en G League, il est parvenu à trouver des angles inattendus et à faire les bonnes passes. « Je vais commencer à l’appeler Manu Ginobili. Il est tellement flashy », a lancé son coéquipier Malaki Branham.

Au-delà de ses 3,3 points de moyenne, l’implication défensive de Cissoko a retenu l’attention des observateurs. Son match face à Brandon Miller, deuxième choix de la draft, n’est pas passé inaperçu. Sur le plan offensif, c’est par son playmaking que Sidy Cissoko s’est démarqué.

En NBA, le mot « polyvalence » est lancé à tort et à travers pour décrire des joueurs qui ne le sont, bien souvent, pas tant que ça. Le terme sied pourtant parfaitement à Sidy Cissoko, quatrième et dernier Français drafté ce jeudi.

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