Christophe Juillet, né le 20 mars 1969 à Villeneuve-sur-Lot, est une figure emblématique du rugby français. Sa carrière, riche en succès et en émotions, a marqué les esprits des supporters et des passionnés de ce sport.

Des Débuts Prometteurs à Clermont
Christophe Juillet a débuté sa carrière de rugbyman sur ses terres, à Bergerac, avant de s’exiler à Clermont de 1989 à 1997, où il s'est révélé au plus haut niveau. Arrivé en 1989, Juillet s'en est allé après huit saisons, cap sur le Stade français. "Ça a été une déchirure de quitter Clermont, mais je ne m'entendais pas avec le coach de l'époque (Alain Gaillard). J'étais remplaçant avec les Espoirs. Bon, j'estime que j'ai eu ma revanche : l'année suivante, j'étais champion de France."
L'Épanouissement au Stade Français
Ce troisième ligne centre robuste (1,91 m pour 110 kg) au caractère bien affirmé rejoint alors le Stade Français, où il remplit les plus belles lignes de son palmarès en remportant notamment le titre de champion de France en 1998 puis, brassard de capitaine en prime, en 2000. "J'ai connu dans ce club un condensé de toute ma carrière. Je n'avais envie de le quitter pour rien au monde."
Juillet se souvient de ses premiers pas dans la capitale : "On avait 120 abonnés, dans les tribunes, les spectateurs étaient le plus souvent pour nos adversaires. C'était des gens qui venaient voir l'équipe de leur ville d'enfance. Geofrey Abadie (décédé en 2015) m'avait dit : "Ne t'inquiète pas, ce qui est plaisant quand tu joues à Paris, c'est de faire taire le stade." C'est aussi avec Paris, qu'il a embrassé le Bouclier en 1998 et surtout en 2000, en tant que capitaine.
Un sommet au bout d'une saison folle qui aura duré douze mois en incluant la préparation au Mondial 1999. "Ce fut une année incroyable mais je me suis usé." En mai, il conduit quand même le Stade français en finale de la H Cup (défaite 34-30 contre Leicester) mais s'arrête un an plus tard, à 33 ans, sans parvenir à arracher un dernier titre.
"Max m'avait proposé un dernier contrat de deux ans avec option pour une saison supplémentaire. Mais signer n'aurait pas été honnête de ma part. Je n'arrivais plus à aller m'entraîner. J'aurais eu l'impression de tricher."
L'Aventure en Équipe de France
Avec le XV de France, l’histoire de Christophe Juillet s’écrit en pointillés. Appelé pour la première fois en 1995 à vingt-six ans sonnés, il ne comptera au bout du compte que dix-huit sélections, la dernière en 2001 pendant son deuxième Tournoi, alors sorti d’une première retraite internationale par Bernard Laporte.
PSA n'a pas donné un mauvais conseil : à ce poste, Juillet est devenu international avec en point d'orgue, une finale de Coupe du monde en 1999, le tout complété par deux Brennus (1998 et 2000). Après le Tournoi 2001, il dit adieu aux Bleus "Ça ne se passe pas bien. Bernard me dit : c'est fini."
Pour parvenir à ce niveau qui fait vibrer les rugbymen français aussi sûrement qu'une finale de Coupe du monde, le troisième-ligne centre et capitaine du Stade français-CASG aura attendu deux ans de moins que son alter ego de l'US Colomiers, Jean-Luc Sadourny, trente-trois ans.
Christophe Juillet et Fabien Galthié n'entretiennent pas une de ces longues amitiés basées sur un riche passé commun. Les deux hommes se sont côtoyés une seule saison au sein du XV de France. C'était en 1999, une année qui a marqué les esprits : les Bleus de Jean-Claude Skrela et Pierre Villepreux avaient terminé à la dernière place du Tournoi des cinq nations, avant de réaliser une tournée catastrophique dans l'hémisphère Sud, en juin, puis d'épater le monde du rugby lors d'une fameuse demi-finale de Coupe du monde, face à la Nouvelle-Zélande, le 31 octobre.
Christophe Juillet, de nature plus réservée, admire encore l'influence positive de son demi de mêlée : « Il nous a dit, cette Coupe du monde, c'est notre aventure, à nous, les joueurs. Sans son arrivée dans le groupe avant les quarts de finale, je ne sais pas si on serait allés en finale. Jusque-là, notre bilan était catastrophique. On n'avait rien à faire dans le dernier carré. »
Trois mois avant à Wellington, on en avait pris 50 contre ces Blacks-là. Personne n’aurait misé une pièce sur nous. Mais la veille de la rencontre, on sentait qu’il allait se passer quelque chose, je ne sais pas pourquoi. Il me reste des souvenirs fantastiques de ce match. Rien que d’en parler, j’en ai des frissons.
La charge émotionnelle de cet exploit explique-t-elle votre défaite en finale contre l’Australie ?« On avait perdu d’avance. C’est marrant, ce qui me reste des années plus tard, c’est la demi-finale et pas la finale. J’ai souvent vécu ce syndrome avec l’ASM (AS Montferrand). On se dit “ je suis en finale, c’est l’aboutissement et pas “ je veux être champion de France ou du monde . »
| Compétition | Année | Équipe |
|---|---|---|
| Championnat de France | 1998, 2000 | Stade Français |
| Coupe du Monde | 1999 | Équipe de France |
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Reconversion et Engagement
Juillet a mis un terme à sa carrière en 2002. Métreur-dessinateur en bâtiment de formation, Juillet a, dès lors, basculé dans une nouvelle vie : gérer son agence de marketing et communication sportive ("Au-delà du sport"), avec quelques incursions dans la scène médiatique via un rôle de consultant.
Pas de regret, il est tout de même manager désormais : l'ex 3e ligne centre est devenu directeur de centre commercial à Clermont où il est revenu vivre en 2006. L'ASM était restée dans son coeur. "Si je suis revenu, ce n'était pas par hasard. Je suis arrivé à 19 ans, tous mes potes étaient d'ici, c'était la région de mon ex-femme, c'était logique."
Il n'a plus tellement le temps de courir les terrains mais s'en est dégagé l'hiver dernier pour s'engager symboliquement comme suppléant aux élections territoriales du comité d'Auvergne, avec l'idée de soutenir Bernard Laporte. Comme à son époque de numéro 8, ses choix sont toujours porteurs.

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