La Chorégraphie et le Rugby en France : Exemples et Impact

Le monde du rugby, souvent perçu comme un sport de force et de contact, s'ouvre de plus en plus à l'influence de la danse et de la chorégraphie. Cette approche novatrice, loin des clichés traditionnels, apporte une nouvelle dimension à la performance des équipes, favorisant la cohésion, la coordination et l'expression émotionnelle. Cet article explore des exemples marquants de cette tendance en France, de l'équipe de France à 7 aux initiatives surprenantes dans les grandes écoles.

Le Haka : Un Rituel Maori au Cœur d'HEC Paris

Pour célébrer la rentrée des classes 2023, HEC Paris a organisé un événement atypique en invitant le joueur international néo-zélandais Joe Edwards à partager sa passion pour le haka. Julie Thinès, directrice des études pré-expérience du programme Grande Ecole d’HEC Paris, explique : « Nous avons souhaité célébrer la nouvelle énergie apportée par nos étudiants et tous les membres de notre communauté au début de la nouvelle année académique. »

Joe Edwards a exprimé son enthousiasme : « Je viens à HEC Paris pour partager et faire découvrir ma culture aux gens, expliquer cette histoire maori d’un homme sauvé par une femme, profiter d’un moment de célébration pour la rentrée et aussi inspirer les gens avant la Coupe du Monde de Rugby, en particulier le match d'ouverture, France contre Nouvelle-Zélande. »

Edwards a expliqué que le Haka trouve son origine dans une légende maori, qui exprime de la force, de la fierté et de l'unité. Cette légende explique que le dieu du soleil, Tama-nui-te-ra, et l'une de ses épouses, Hine-raumati, qui incarne l'essence de l'été, ont eu un fils nommé Tane-rore. Les Maoris considèrent que le frémissement de l'air lors des chaudes journées d'été est le signe que Tane-rore danse pour sa mère. Ce mouvement léger et rapide est à la base de tous les hakas, les mains tremblantes des interprètes représentant en particulier la danse de Tane-rore.

Le rugbyman néozélandais a aussi rappelé à l’audience qu’originellement, les premiers hakas avaient été créés et interprétés par des guerriers comme une danse de guerre enrichie d'un cri ancestral pour effrayer les adversaires avec des expressions faciales agressives (yeux exorbités, coups de langue), des grognements intimidants, tout en frappant et en agitant leurs armes.

Le Haka exécuté par les membres présents de la communauté d’HEC Paris dans la douceur estivale de ce mercredi 30 août digne de sa légende originelle maori est un "Ka Mate". C’est le haka le plus joué par les All Blacks lorsqu'ils jouent contre des équipes internationales. Il s'agit d'un haka de cérémonie, écrit par Te Rauparaha, qui est une célébration de la vie triomphant sur la mort. Son auteur a créé le haka après avoir échappé de justesse à la mort aux mains des tribus ennemies de Ngāti Maniapoto et Waikato en se cachant dans une cave.

Lorsqu'il en est sorti, secouru par une femme, il a été accueilli par la lumière et un chef de tribu amical. La célèbre première phrase "Ka mate, ka mate ! ka ora ! ka ora !" se traduit par "Je risque de mourir ! Je pourrais mourir ! Je pourrais mourir ! Je peux vivre ! Je peux vivre !" Et la dernière ligne, "Ā, upane, ka upane, whiti te ra ! Hi !" se traduit par "un pas vers le haut, un autre... le soleil brille ! Lève-toi !".

Après ces explications, l’impressionnant joueur de 1,93 mètre a exécuté son Ka Mate, en faisant résonner son chant puissant dans le silence assourdissant de Jouy-en-Josas. Sa prestation solitaire mais profondément incarnée a largement impressionné l’auditoire.

Avec cet exercice collectif, et à l’instar de l’énergie de son maître de cérémonie maori, l’école a marqué sa rentrée avec un esprit d’unité et de cohésion, et aussi bien sûr avec beaucoup de bonne humeur. Le 8 septembre au moment du coup d’envoi du match France - Nouvelle-Zélande, nul doute que la communauté HEC vivra de manière particulière le haka des All Blacks.

L'Équipe de France à 7 : Quand la Danse Devient un Atout Olympique

L'intégration de la danse dans l'entraînement de l'équipe de France de rugby à 7 a été une véritable révolution, menée par Laure Bontaz, danseuse et créatrice de spectacles musicaux. Chargée par le sélectionneur Jérôme Daret de casser la routine des échauffements d'avant-match, Laure Bontaz a mis en place une série de gammes athlétiques, avec du tempo et en musique, à travers par exemple des exercices d'alignement par vague de trois joueurs.

Ce qui est dingue, c'est qu'en plus d'avoir optimisé leur technique rugby, danser a aussi amélioré les relations interpersonnelles dans le groupe. Sur la dimension purement technique, la danse a permis d'améliorer la coordination, le sens de la synchronisation, elle les a rendus meilleurs dans les changements de rythme et de direction, elle leur a permis de mieux assurer leurs appuis en les rendant plus dynamiques. Leur sens du tempo, des temps et des contretemps, et c'est important en sport. En plus de tout ça, danser ensemble a aussi permis de faire tomber des barrières psychologiques.

Dès la première séance, je leur ai dit : « Les gars, le cours est un espace de non-jugement. On ne se moque pas de l'autre. Et je veux vous voir faire, essayer. Quitte à vous planter. On s'en fout, on y va ! On est décomplexés, cool. » C'était parfois compliqué au début, évidemment. Quelques garçons étaient en résistance. Certains disaient dans leur barbe : « On est des mecs, pas des danseuses. » Ils se demandaient : « Mais pourquoi ? »

Laure Bontaz a créé une chorégraphie, le shuffle, qui a été un vecteur de cohésion. Elle a senti leur désir commun de réussir, de s'entraider. Pendant les cours, quand l'un était en difficulté sur un pas, se montrait un peu plus maladroit, les autres venaient à sa rescousse. C'était touchant.

Elle s'est mise en retrait, soucieuse de les laisser faire. Elle évitait de tout re-détailler, re-décortiquer, re-expliquer parce que les garçons s'aidaient mutuellement. Et plus fort encore : ils se sont mis à se défier dans des « battles ». Quand ils y avaient des gages à la suite d'une faute sur le terrain, ils se challengeaient avec la danse. C'était énorme ! On a beaucoup travaillé la coordination, la dissociation du haut et du bas du corps.

Puis Jérôme a rajouté le ballon, de la complexité pour que leur cerveau bascule en mode multitâche. Les gars ont « fumé » de partout. (Elle rit.) C'était dur, ils ont appris à danser avec un binôme, synchronisés. Les trajectoires de ballons se croisaient, ils devaient se l'envoyer à l'annonce de nombres impairs. « Le shuffle muscle leurs cerveaux », disait Jérôme car ils devaient exécuter avec précision plusieurs tâches à la fois, réfléchir au bon positionnement de leur corps et de celui des autres.

L'enjeu mineur d'une chorégraphie a également agi comme un dérivatif à la pression inhérente aux Jeux Olympiques. Totalement. La danse est devenue une part de leur entraînement et, quelque part, de leur vie. J'ai vu évoluer ces jeunes hommes. Au départ, certains étaient réticents, se cachaient derrière ceux qui étaient en première ligne. Puis danser n'est plus devenu un problème. Ils sont devenus proactifs, certains m'envoyaient des messages du genre : « Laurette, on pourrait danser sur ce son ? » Un peu rap avec un gros beat. Là, je me suis dit : « C'est gagné. »

Certains joueurs étaient mal à l'aise avec leur corps, ça venait de blocages plus profonds. Tout le monde n'a pas forcément l'oreille musicale, le sens du rythme ou la capacité à attraper un tempo. D'autres font ça naturellement. Et puis le tempo, il faut pouvoir le retranscrire avec son corps, dans un espace, face au regard des autres. On s'est aperçus que certains se sont complètement décomplexés et désinhibés.

L'un des joueurs était très en résistance. Il n'avait pas envie, se montrait désinvolte et ne rentrait pas dans la choré. Je l'observais mais je ne lui faisais pas de remarques devant les autres. Je n'ai pas eu besoin de le faire, il a été recadré par ses coéquipiers : « Eh, dis donc, frère, à quel moment tu vas t'y mettre ? On te dit qu'il faut plier comme ça. Vas-y, plie ! Là, t'es là en mode euh... Eh frère, vas-y, fais-le ! »

Sur le coup, il a gardé sa fierté mais, au bout d'un moment, il a changé. Il s'était fait rappeler à l'ordre, c'est la force du groupe qui crée son propre leadership. D'ailleurs, des leaders ont émergé dans l'équipe grâce à la danse.

En danse, c'est hyper important de se regarder. Au départ, j'ai remarqué que les garçons regardaient par terre, le sol et leurs pieds. J'ai dit à Jérôme : « Il nous faut une vraie salle de danse avec des miroirs. » Une fois là, ils se sont mis à lever la tête, à se regarder entre eux. Ils se sont connectés. Notre chorégraphie, le shuffle, a été un vecteur de cohésion.

Pendant les cours, quand l'un était en difficulté sur un pas, se montrait un peu plus maladroit, les autres venaient à sa rescousse. C'était touchant. Quand ils y avaient des gages à la suite d'une faute sur le terrain, ils se challengeaient avec la danse. C'était énorme !

L'intégration de la danse a apporté des bénéfices considérables à l'équipe de France à 7, tant sur le plan technique que sur le plan humain. Les joueurs ont développé une meilleure coordination, un sens accru de la synchronisation et une plus grande confiance en eux. Cette approche novatrice a sans aucun doute contribué à leur succès olympique.

Le Shuffle des Bleus : Une Célébration Mémorable aux JO

Médailles d'or autour du cou, Antoine Dupont et ses partenaires ont exécuté sur la pelouse du Stade de France une danse entrée dans la légende des JO après leur sacre en finale.

Quand Antoine a débarqué, tout le groupe dansait depuis plusieurs mois. Il a accroché les wagons et su se mettre dans le flow. Il a été accompagné par Paulin (Riva), le capitaine de l'équipe qui, lui aussi, au départ, n'était pas forcément très à l'aise avec son corps. C'est amusant car, récemment, Paulin m'a envoyé la vidéo d'un spectacle auquel il a participé, chez lui dans le Gers. Un Danse avec les célébrités de ma région. Paulin a fait un duo avec une danseuse et même participé au final du spectacle avec toute l'école de danse et la prof. C'était top.

Pour revenir à Antoine, lorsqu'il est arrivé pour le premier cours à l'Insep, à mes yeux, c'était un élève comme les autres. Il s'est intégré au groupe sans se poser de questions, il a plongé dans le truc et appris les pas. Je me suis mise un tout petit peu en retrait pour lui montrer des trucs. Pour le reste, il a su choper les mouvements et rattraper les copains. Je l'ai aussi vu travailler tout seul dans son coin, il répétait des steps. Son intelligence a été de prendre tout ce flow hyper positif du groupe.

Sur les derniers temps, les gars étaient contents de venir aux séances de danse. Je les ai entendus dire : « Ce shuffle, si on gagne un tournoi, il faudra le sortir sur le terrain, devant le public ! » Ils ne l'ont jamais fait, même après avoir gagné à Los Angeles et à Madrid. Ils ne le sentaient pas. Peut-être qu'ils attendaient les JO, de remporter un truc plus fort encore.

Lors de la parade des champions sur les Champs-Élysées, en septembre, j'entendais les gens dans la foule gueuler : « La choré ! La choré ! » Cette fois, je n'ai pas crié, c'était un sentiment plus intérieur. Les joueurs se le sont approprié, ont parfaitement assumé le fait de danser. C'est top.

Cette performance spontanée et pleine de joie a marqué les esprits et témoigne de l'impact positif de la danse sur l'esprit d'équipe et la célébration de la victoire.

La Chorégraphie au Service de la Cérémonie d'Ouverture de la Coupe du Monde de Rugby

Les arts du spectacle ont été mis à l'honneur lors de la cérémonie d'ouverture de la Coupe du Monde de Rugby en France. Le chorégraphe Grichka Caruge a orchestré un spectacle grandiose impliquant des centaines de personnes, dont des danseurs, des acrobates, des comédiens et des bénévoles.

Quelque 300 personnes à gérer sur un show de 22 minutes : « 20 danseurs, 20 acrobates », détaille Grichka Caruge, qui cite aussi « les comédiens Jean Dujardin et Philippe Lacheau, la danseuse étoile Alice Renavand, Adriana Karembeu mais aussi une trentaine de ‘guest’ comme des grands cuisiniers, des grands vignerons, des gens de télé… et 180 bénévoles machinistes, parmi lesquels une cinquantaine de rugbymans. »

La cérémonie est construite « comme une histoire ». « Tout un village a été créé. C’est le village de l’Ovalie », clin d’œil au village gaulois d’Astérix et Obélix. « L’idée, c’est de mettre en avant l’excellence à la française, rendre hommage aux traditions et au sport », observe le chorégraphe, tout en précisant ne pas avoir participé à l’écriture du spectacle.

Lui met le monde en mouvement. « Jean Dujardin [il incarne un boulanger, NDLR] est un bon danseur. C’est facile de travailler avec lui. » Plus dur : « organiser des répétitions avec des bénévoles qui ont leur travail à côté. On les a très peu de temps alors qu’ils sont très importants. On doit leur apprendre à se déplacer, à se placer, à réaliser des petits mouvements simples. »

Après un entraînement au stade de Pierrefitte pendant une vingtaine de jours, les répétitions se passent désormais au Stade de France. Avec une contrainte de taille : l’accès la pelouse est limité. « On a droit à deux heures en début d’après-midi et deux heures en fin de soirée. Sachant qu’il faut installer le décor, l’enlever à la fin, cela nous laisse une heure pour nous entraîner. »

Cet événement a permis de célébrer l'esprit du rugby et la culture française à travers une performance artistique de grande envergure.

Les Gestes Cryptés des Arbitres de Rugby

Comprendre la chorégraphie des arbitres de rugby peut sembler un défi. Les règles sont complexes, et les gestes qui leur sont attribués peuvent paraître obscurs. Cependant, connaître les bases de cette gestuelle est essentiel pour apprécier pleinement un match.

Une pénalité est sifflée lorsqu'un joueur commet un geste brutal (un plaquage à la gorge par exemple) ou un hors-jeu, comme le stipule la règle 11 du rugby : "Dans le Jeu courant, un joueur est hors-jeu s'il se trouve en avant d'un coéquipier qui porte le ballon ou en avant d'un coéquipier qui a joué le ballon en dernier", explique le World Union, qui gère le rugby au niveau mondial.

Comme on le disait plus haut, la mêlée est accordée à un équipe lorsque la formation adverse commet un en-avant, ou un en-avant de passe. Une équipe peut également très bien demander une mêlée si la pénalité est en sa faveur.

Le site du World Union offre la liste détaillée de la gestuelle des arbitres.

Gestes d'arbitre au rugby
Geste Signification
Pénalité Faute grave, avantage à l'équipe adverse
Mêlée Remise en jeu après une faute mineure
Hors-jeu Position illégale d'un joueur

tags: #choregraphie #rugby #france