Le passage de Chima Moneke en NBA fut bref, mais son retour en Europe, et particulièrement à Monaco, marque une véritable renaissance pour sa carrière.

Un passage éclair en NBA
Débarqué à Sacramento le 15 juillet avec de grandes ambitions, le Nigérian n’aura disputé que quatre minutes réparties en deux matches avant d'être coupé le 7 janvier dernier. Ainsi, l’ancien de Manresa (Espagne) a décidé de retourner en Europe, direction Monaco.
Renaissance à Monaco
Et le moins que l’on puisse dire c’est que la Principauté a des airs de renaissance pour lui. Moneke y affiche une moyenne de 15 points et 6 rebonds depuis son arrivée. Son dernier fait d’arme, 18 points lors du succès monégasque face au Paris Basketball (103-81).
« Je suis un homme simple et heureux, je veux faire sourire les gens quand je joue au basket. La vie est dure pour tout le monde, c’est important de leur faire passer du bon temps. Je m’intègre super bien dans l’équipe jour après jour alors que ça ne fait que deux semaines que je suis là. Je sais qu’il va encore me falloir du temps pour m’adapter. Le championnat et l’Euroleague sont deux compétitions différentes, il faut s’adapter aux deux. Je suis content de ma manière de jouer mais je veux m’impliquer davantage en Euroleague, ça va prendre du temps. On a des joueurs talentueux qui ont des qualités athlétiques impressionnantes.
La saison de Monaco a par ailleurs magnifiquement débuté. En 20 journées, le club princier est leader de la Betclic Elite (championnat français) avec 17 victoires pour seulement 3 défaites. De plus, l’écurie princière est toujours en lice en Euroleague, la Coupe d’Europe de basket. Ainsi, Chima Moneke et ses coéquipiers peuvent espérer finir la saison en boulet de canon.
« Je veux juste être heureux. Je veux être au même endroit pendant un certain temps. J’ai l’impression que chaque jour, quand je vais me réveiller dans un endroit comme celui-ci, je serai heureux, et si le basket se passe bien, je le serai, je cherchais à rester ici pendant des années. C’était logique. Financièrement, c’était aussi une grande raison», avait-il avoué à ESPN.
L’AS Monaco est heureuse d’annoncer la signature jusqu’à la fin de saison 2023-2024 de Chima Moneke (1,98m , 27 ans), ailier-fort qui arrive tout droit des Etats-Unis et des Sacramento Kings. En NBA, Chima Moneke n’est entré en jeu que 2 fois, se contentant de la G-League où il a compilé 17,3 points (54,5% aux shoots) et 11,1 rebonds. Il est réputé pour son jeu électrique et intense.
Courtisé par de nombreuses formations d’Euroleague, l’ailier-fort athlétique qui a la particularité d’avoir le statut Cotonou à finalement choisi de rejoindre la Principauté. J’ai choisi Monaco, car l’entraîneur, le manager général et le président ont directement montré un grand intérêt pour moi.

Je me suis senti voulu par le club et ils pensaient que je pouvais vraiment apporter ma pierre à l’édifice dans cette équipe. Ils m’ont tout de suite séduit et en plus les objectifs sont élevés. S’adapter un club à une équipe, c’est toujours difficile. Mais au niveau où nous sommes, n’avons pas le choix que de nous adapter coûte que coûte. J’ai le profil de quelqu’un qui s’adapte, et c’est un challenge pour moi de m’intégrer dans une équipe qui se débrouille déjà très bien sans moi.
Oui, je suis l’Euroleague, c’est une compétition que j’aime. Les matchs arrivent souvent lorsque nous nous entraînons aux Etats-Unis, mais je fais tout pour les regarder, notamment lorsque je suis en repos. J’avais déjà regardé des matchs de Monaco auparavant, en Euroleague, et je connais assez certains joueurs, en tant que passionné de basket-ball.
Tu arrives dans une équipe très athlétique. Tu es aussi ce genre de joueur. Oui c’est ce basket que j’aime. Sans moi, cette équipe est déjà dotée d’un sacré potentiel, mais avec moi je suis convaincu qu’elle sera encore meilleure. C’est ce que je veux montrer aux gens en France et en Europe.
J’ai parlé avec le coach, et il a été assez honnête dans ce qu’il attendait de moi, et sur ce qu’il attendait de l’équipe également. Sur le fait de ce qu’elle a aujourd’hui comme capacité, et de ce que moi je peux apporter pour lui en complément. J’ai apprécié son honnêteté. J’ai déjà entendu parler de lui et j’ai compris que ce qui était dit sur ses qualités était vrai. C’est un entraîneur exigeant, qui attend beaucoup de moi, et je suis convaincu qu’il me rendra meilleur.
En 4 ans, tu es passé de la Pro B en France à la NBA. Pour moi c’était un parcours magnifique. C’est l’accomplissement de toute une vie. C’était un rêve d’enfant, et je suis fier d’avoir pu le réaliser. Mais malheureusement l’expérience ne s’est pas déroulée comme je le souhaitais. Et c’est dû à plusieurs raisons : je ne pense pas avoir eu les opportunités que l’on m’a promises dès le départ. C’est très frustrant d’y être, mais de ne pas être apprécié à sa juste valeur, ne pas être épanoui et être malheureux.
J’ai passé deux ans en Pro B. Puis ensuite, le Covid est arrivé, donc j’ai joué une saison particulière, avec des coupures, avec des stades vides. Donc je suis passé par beaucoup d’émotions en jouant ici en France. C’est quand même grâce au championnat français que j’ai été en Espagne avant d’atteindre la NBA. Et personnellement, je ne pensais pas que j’allais revenir dans ce pays un jour, mais vu la tournure des événements, c’est peut-être une très belle chose pour moi.
Statistiques et Informations Personnelles
- Pays : Nigeria
- Né le : 24 décembre 1995
- Poste : Ailier
- Numéro : 1
L’Australo-Nigérian Chima Moneke (23 ans, ailier fort) est un road-triper né, qui a arpenté la planète pendant son enfance. Des lunettes à la Edgar Davids, essentielles, puisque leur propriétaire est « myope comme une taupe ». Une coiffure dont le rappeur The Weeknd pourrait revendiquer la paternité. Voilà qui sent l’éclectisme.
Cette Ujap-là, marquée cette saison du sceau de l’académisme, comporte un bémol majeur qui fera peut-être se soulever Michel-Gloaguen. Chima Moneke, que le souci de concision nous fait zapper le nom complet (allons-y quand même : Nwachukwu Ikeukwumere Chima Moneke), peut être un spectacle à lui tout seul. Une boule de talent marquée par un parcours qui sort des sentiers battus. Suisse, Allemagne, Turquie, France…C’est une lapalissade, mais il faut l’écouter pour comprendre.
Des parents diplomates, toujours entre deux avions. Six mois par ici, deux par là… Se poser ? Jamais. Découvrir ? Toujours. « Quand j’ai eu deux ans, on a déménagé en Australie, où j’ai grandi. C’est le premier pays où je me souviens avoir vécu. Pas le dernier », lâche celui qui avoue « avoir eu la chance » de s’affranchir des frontières. À 17 ans, celui qui allait quelques années plus tard endosser l’habit de star de la fac d’UC Davis, en Calfornie (que Moneke conduira pour la première fois à la fameuse March Madness), avait déjà arpenté les cinq continents.
La Suisse, l’Allemagne, la Turquie (« je parlais le turc, je l’ai perdu »), la France, où il a vécu à Lyon pendant six mois… Moneke a appris à tamponner son passeport comme il enquille les lancers. Avant de faire son retour en Australie, en 2009. Pour rejoindre ses frères. Pour grandir, surtout, et tracer sa propre voie. Les deux pieds sur le plancher des vaches, cette fois. Le retour au pays a en effet enraciné son destin.
Lui se rêvait footballeur, mais des amis clairvoyants lui ouvrirent les yeux. « Vu ma taille (1,85 m à 13 ans !), il était clair que j’avais autre chose à faire. » Alors, tout s’enchaîna. Des stats monstrueuses au collège (16 points et 18 rebonds de moyenne) qui lui offrent une bourse pour les États-Unis, en débit des piques récurrentes d’un coach (dont Moneke tait le nom) qui lui a souvent certifié qu’il n’arriverait à rien. Aujourd’hui, ce poste 4 de taille modérée (1,98 m) se joue du physique des autres, y compris des pontes de la NBA (son meilleur ami est Dante Exum, l’Australien d’Utah Jazz), avec qui il a travaillé son corps avant d’atterrir à Quimper, sur le tard, à la fin de l’été.
Un soir de 2018, dans un hôtel de Los Angeles où résidait son équipe d’UC Davis, Moneke passa aussi de l’autre côté de la frontière. Celle de la raison. Il fut limogé par sa fac. « La première étape de la progression, c’est l’autocritique », répond l’Austro-Nigérian. Une manière de dire que la sienne est effectuée. Où l’on voit poindre chez lui un manque qui n’est pas comblé. « Je n’ai pas revu mon père depuis 2009. Cette distance, je n’en parle jamais, mais elle est là. » Cette saison, Moneke a promis de s’en servir. Et de faire mal.
Tableau des Performances Récentes
| Club | Moy. de points | Moy. de rebonds |
|---|---|---|
| Monaco | 15 | 6 |
| G-League | 17.3 | 11.1 |