Vous les entendez, vous les fredonnez, et parfois même, vous les massacrez. Chaque week-end, les chants de supporters venant des tribunes donnent un peu de magie aux belles affiches (souvent) ou rendent supportables les purges (parfois) de notre Ligue 1. Parce que derrière ces chansons il y a souvent une histoire, partons à la découverte de ces chants qui enflamment les stades et les cœurs.

Ambiance dans les tribunes avec les supporters de l'ASSE.
Les Chants de Supporters : Plus qu'une Simple Mélodie
Les chants de supporters sont bien plus que de simples mélodies entonnées en cœur. Ils sont le reflet de l'histoire, de l'identité et des valeurs d'un club, d'une ville, d'une région. Ils créent une atmosphère unique dans les stades et renforcent le sentiment d'appartenance des supporters.
Voici une sélection de chants emblématiques de clubs de football français :
Pour ce Blason des supporters lyonnais
Ce chant représente bien notre histoire explique Richard (35 ans), habitué du virage sud du Parc OL. « Ce chant représente bien notre histoire explique Richard (35 ans), habitué du virage sud du Parc OL. Il y a une vraie recherche des supporters de l’OL sur la culture de la ville et la question de l’identité. Là, il y a notamment une référence aux canuts (ouvriers tisserands de la soie connus pour leur révolte au XIXe siècle). Le passage "Ce chant résonnera dans vos rues" se veut un peu provocateur lors de nos déplacements. Le club est de plus en plus tourné vers le marketing et notre stade n’est même plus à Lyon (mais à Décines) donc il est important de perpétuer l’histoire de Lyon dans nos chants, tifos et messages. »
Shalalalalalala oh Saint-Etienne des supporters des Verts
Ils le partagent aussi parfois avec les joueurs en cas de grosse performance sur le terrain. « C’est le chant le plus puissant et impressionnant, assure Luc (35 ans), abonné à Geoffroy-Guichard depuis 20 ans. Il a beau être récent, quand il est entonné d’un coup par tout le stade, il peut faire vaciller l’adversaire. Et puis c’est un chant 2.0 : il a été créé en Norvège, introduit par les joueurs pour fêter les victoires dans le vestiaire grâce à Ole Selnaes (ex-Rosenborg), découvert par les supporters via les réseaux sociaux de l’ASSE, et lancé spontanément par les kops. Il monte crescendo avant d’exploser littéralement. C’est difficile de faire plus fédérateur. Même si Selnaes s’en va en Chine, le chant survivra aisément à partir du moment où les ultras le veulent. »
Hissez-haut les drapeaux des supporters de l’OM
Le Commando Ultra en a écrit les paroles au mitan des années 1980. C’est une reprise de Santiano d'Hugues Aufray (qui a lui-même repris, en 1961, un chant marin anglais). « On voulait créer nos propres chants, en adaptant des chansons françaises, issues du folklore », raconte un membre de la Vieille Garde, le noyau fondateur du plus vieux groupe ultra français. Les jeunes gars du CU84 récupéraient des cassettes auprès de tifosi italiens mais voulaient aussi « créer [leurs] propres chants ». Hugues Aufray s’affichait alors du côté de l’extrême-gauche et revendiquait son antiracisme, comme les ultras marseillais. Choisissaient-ils les artistes en fonction de leurs convictions politiques ? « Mais franchement, on ne pensait pas à ça, reprend notre auteur-compositeur-interprète. C’était juste l’air qui nous plaisait. Le seul air dont je me souviens pour lequel il y avait un rapport avec nos convictions, c’est "qui ne saute pas", sur l’air de Bella ciao ».
Nissa la bella, des supporters de l’OGC Nice
La chanson dépasse largement le cadre footballistique. Nissa la bella est l’hymne du club, repris à chaque début de match de l’OGC Nice à domicile. « C'est un chant local qui reprend l'histoire de Nice, explique Franck, supporter de la tribune Populaire Sud. Barcelone et tous les grands clubs le font aussi. Nissa la bella est un clin d’œil à notre culture locale, à notre identité. Les paroles sont en niçois : je ne pense pas que tout le monde comprenne. Mais de plus en plus de gens la connaissent. Elle revient dans les mœurs grâce au foot. »
Galette-saucisse je t’aime, des supporters rennais
La chanson a eu un succès incroyable dans les tribunes, elle a traversé toutes les couches sociales et les générations. « Cette chanson est née au début des années 1990 après un déplacement à Marseille, raconte Benjamin Keltz, auteur des livres Galette-saucisse, je t’aime et Supporters du Stade Rennais, le manuel officieux. Deux fans du Roazhon Celtic Kop ont entendu 51, je t’aime dans les tribunes du Vélodrome. Cela les a fait marrer et ils en ont fait une version locale avec la galette-saucisse, qui est un peu l’emblème de la ville. C’est parti d’une tribune, d’un noyau dur de supporters et cela a contaminé tout le territoire, tout le monde connaît la chanson ici. Depuis deux ans environ, le RCK ne la chante plus systématiquement à chaque match. C’est sûrement lié à une question de générations. Les jeunes ultras s’en détachent un peu, ne se reconnaissant pas forcément dans cette chanson paillarde et folklorique. Mais ce chant n’est pas mort et le RCK continue de l’entonner pour certains matchs à domicile ou en déplacement ».
L’hymne des Ultrem 1995, groupe de supporters de Reims
C’est le chant historique du groupe, qui représente son identité, qui nous accompagne à chaque match. « C’est un chant qui se base sur la chanson d’Edith Piaf Milord. C’est le chant historique du groupe, qui représente son identité, qui nous accompagne à chaque match. On reprend quelquefois des airs connus et on les adapte avec des propos concernant le groupe, le club, la ville », explique Florian, 28 ans, président des Ultrem 1995.
Brice, on t’oubliera jamais, des supporters toulousains
Alex (21 ans), capo des Indians Tolosa 1993, principal groupe ultra du TFC : « Ce chant représente quelque chose de très fort pour nous. C’est le chant en hommage à Brice Taton, ce supporter toulousain, membre des Indians, est mort à Belgrade le 29 septembre 2009, dans un hôpital de la capitale serbe. Douze jours plus tôt, le jeune homme de 28 ans avait été attaqué par des hooligans du Partizan Belgrade alors qu’il se trouvait avec d’autres supporters du TFC à la terrasse d’un café, en marge d’un match de Ligue Europa sur le terrain du Partizan. On le fera tout le temps, il est rempli d’émotion. Tous les supporters du TFC y sont sensibles. Après sa mort, il y avait eu plein d’hommages à l’échelle française, et même européenne, de la part de nombreux groupes de supporters. N’importe quel fan du club qui vient dans le virage (le virage Est du Stadium où se trouvent les Indians, rebaptisé virage Brice-Taton en novembre 2009) sera d’accord avec ça. De plus, nous sommes dans l’année des dix ans de sa mort. En septembre, nous allons faire quelque chose de gros. »
Peu importe le nombre des supporters de l’AS Monaco
Il est une preuve de lucidité et représentatif de l’esprit des supporters. « Ce chant met en avant le fait que les supporters savent qu’ils ne sont pas nombreux à Monaco, avoue Romain, 27 ans, supporter de Monaco depuis 1997 et ancien membre du Jardinier Fan Club. Il est une preuve de lucidité et représentatif de l’esprit des supporters. Oui, on se fait railler parce que Monaco a peu de supporters. On le sait et ce n’est pas grave. Ce qui compte, c’est la passion. On est peu de supporters mais on chante et on se déplace. A l’extérieur, Monaco est l’un des meilleurs parcages de France grâce à une forte communauté. »
C’est un Argentin qui ne lâche rien, l’hommage des supporters nantais à Emiliano Sala
« Je l’ai entendu la première fois en tribune mercredi lors de la soirée hommage à Sala à l’occasion de Nantes-Saint-Etienne, raconte Antoine, fan du FCN. Ce chant a été inventé par les supporters de Nantes lorsqu'Emiliano Sala était porté disparu dans la Manche après son accident d'avion. Je pense qu’il a vraiment été bien choisi et pensé pour ce moment-là. Il va devenir un passage obligé, un peu comme l’hymne à la Beaujoire. Il sera chanté indéfiniment à la 9e minute de tous les matchs du FCN. Dans 10 ans, je me vois bien expliquer à mon fils son origine: "Mon fils, ce chant a été créé parce que le numéro 9 du FCN a disparu dans un accident d’avion." Je le vois comme une espèce de stèle musicale à la gloire de Sala. Il est rentré dans la tête de tout le monde. Il a tout de suite fait mouche avec son air entêtant. »
Quatre buts au fond des caisses, c’est vraiment un festival, le drôle de refrain à Strasbourg
Cette chanson, interprétée par Christophe O’Neil, est « l’hymne de mon enfance », raconte Grégory Walter, vice-président de la Fédération des supporters du Racing club de Strasbourg : « C’est l’ancien hymne de Strasbourg, datant du début des années 1990 (et ça s’entend). Pour ma génération, il représente des souvenirs d’enfance à la Meinau, avec toute la nostalgie et les souvenirs liés. Aussi kitsch soit-il, il est lié à des émotions et fait donc partie de notre culture Racing ». « Les Ultras aiment bien l’entonner dans un esprit second degré, notamment quand le Racing marque un quatrième but. » Aujourd’hui, il est populaire pour ce passage que l’on a choisi.
QUI A LES MEILLEURS SUPPORTERS DE FRANCE ?
Les Chansons Paillardes : Tradition et Convivialité
Une chanson paillarde est définie dans le dictionnaire comme étant une « chanson populaire traditionnelle chantée entre amis », dans une « ambiance chaleureuse ». Elle est appréciée des étudiants, parfois entonnée au début des études dans les Paces, mais aussi lors d’une fête bien arrosée. Également appelées chansons cochonnes ou chansons grivoises, les chansons paillardes forment un répertoire constitué de chants osés. Elles se reconnaissent à leur contenu à caractère érotique, avec des paroles en français parlant « de cul, de bite, des rondeurs d’une femme, etc. ». La convivialité demeure cependant de mise et c’est ce qui fait la différence de la chanson paillarde avec du contenu purement se*uel.

Les étudiants en médecine sont souvent associés aux chants paillards.
Les chansons paillardes sont apparues au 19esiècle dans les cabarets. À cette époque, elles sont entonnées à voix haute. Bien que le domaine de la publicité en compte certaines, bon nombre de chansons paillardes ont été créées par des étudiants en médecine, qui ont pérennisé cette tradition, en France comme en Belgique. Elles sont chantées notamment pendant le bizutage des filles qui commencent leurs études, comme cela a été le cas à la Paces de Clermont-Ferrand et qui a suscité l’indignation sur les réseaux sociaux.
Voici quelques exemples de chansons paillardes :
- Le bréviaire du carabin
- Vaine poursuite dans la chanson paillarde le grand vicaire
- Histoire d’un jeune homme qui raconte son succès et ses prouesses auprès des jeunes femmes
- Une bite pas ordinaire
- Bali Balo
- Marie-Madeleine
- La digue du cul
- La Petite Huguette
- La Godinette
- Arrantzaleak
- Ils ont les chapeaux ronds
- Ouille Ouille j’ai mal aux couilles
- À l’auberge de l’écu
- C’est à boire qu’il nous faut
- Le plaisir des Dieux
Le Top 100 des Chansons du Rugby
Au Rugby on chante des chansons paillardes, des chansons à boire, de la chanson française, etc. et c’est la touche que nous avons essayé de donner à ce classement des meilleures chansons du rugby. Notez aussi que les paroles que vous chantez ne sont pas toujours les mêmes partout en France. Ainsi « la digue du cul » peut devenir « la digue du fion » dans certaines régions.
Voici un aperçu du Top 100 des chansons du rugby :
| Rang | Chanson |
|---|---|
| 1 | Adelita (Les ananas de la belle nana) |
| 2 | L'incendie de Rio (les tuyaux) |
| 3 | Les fetes de Mauléon |
| 4 | Les lacs du Connemara |
| 5 | La 4L de Jacky |
| 6 | Paquito (Un petit ricard dans un verre a ballon) |
| 7 | Les pèlerins de navarre |
| 8 | Emmenez-moi |
| 9 | Lapitxuri |
| 10 | Les Champs-Elysées |
| ... | ... |
| 98 | Nuit de folie |
| 99 | Petit gonzales |
| 100 | Tirelipimpon sur le Chiwawa |
La Chanson de la Victoire
Toc, toc, toc ! C’est la chanson que l’on chante (hurle) dans les douches après une victoire. Cette chanson peut durer le temps de la 3eme mi-temps. Rien de mieux qu’une chanson paillarde pour pimenter vos soirées avec de l’humour.