Le beach-volley français a trouvé ses nouvelles étoiles en Clémence Vieira et Aline Chamereau. Associées depuis 2021, ces deux athlètes ont rapidement gravi les échelons pour se hisser au sommet du beach-volley européen. Leur parcours est marqué par des performances exceptionnelles et une détermination sans faille.

Une Ascension Fulgurante
A trois mois des championnats du monde en Australie, les Tricolores poursuivent leur ascension express au sommet du beach-volley européen. Depuis une semaine, les Françaises sont sur un petit nuage à Düsseldorf.
Onzièmes mondiales au classement ProTour, elles enchaînent les bons résultats depuis le début de la saison avec notamment deux podiums au BPT Challenge d'Alanya et de Xiamen.
En juin dernier, Chamereau et Vieira se sont offert deux médailles de bronze aux tournois Challenge d'Alanya (Turquie) et de Stare Jablonki (Pologne), les meilleurs résultats de leur carrière sur le circuit mondial.
Depuis leur podium à Düsseldorf, elles ont été deux fois huitièmes de finaliste sur des tournois Élite et sont 14es mondiales.
Championnats d'Europe : Une Médaille d'Argent Historique
L'équipe de France féminine de beach-volley a vécu une semaine historique à Düsseldorf. Jusqu’à la finale, elles avaient livré un tournoi parfait.
Mais Aline Chamereau et Clémence Vieira ne réalisaient pas vraiment la portée de ce qu'elles avaient accompli en dominant les tenantes du titre allemandes Svenja Müller et Cinja Tillmann chez elles (0-2 : 13-21, 16-21), ce samedi en demi-finales du Championnat d'Europe.
Mais elles n'étaient pas loin de ravir la breloque en or. En sauvant une première balle de match grâce à une frappe puissante, Clémence Vieira et sa partenaire ont cru à un nouvel exploit en Allemagne.
Dimanche (14h30) contre les Ukrainiennes Maryna Hladun et Tetiana Lazarenko, elles seront seulement la deuxième paire française à disputer une finale continentale féminine... 26 ans après les pionnières Anabelle Prawerman et Cécile Rigaux, argentées en 1999.
Après un parcours historique, les Françaises offrent néanmoins une première médaille continentale au beach-volley français depuis 26 ans.
Il s’agit de la première médaille française dans un championnat d’Europe depuis 1999, où Anabelle Prawerman et Cécile Rigaux avaient atteint la finale.
Après l'or de Jean-Philippe Jodard et Christan Penigaud en 1993 et l'argent d'Anabelle Prawerman et Cécile Rigaux en 1999, elles permettent à la France de remporter une troisième médaille européenne.
En finale, elles ont d’abord arraché la première manche après avoir sauvé six balles de set (23-21).
Le titre revient aux Ukrainiennes Maryna Hladun et Tetiana Lazarenko. Mais les Ukrainiennes ont résisté pour conclure un parcours lui aussi historique, car grâce à ce titre, l'Ukraine remporte sa première médaille d'or dans son histoire à l'Euro.
Elles se sont effondrées sur le sable de Düsseldorf après la balle de match, submergées par l'émotion.
« C’est difficile de ne pas être triste d’avoir perdu, surtout vu le score. Mais le staff nous rappelle qu’on repart avec une médaille d’argent, et c’est énorme ! On a mis tout ce qu’on avait sur le terrain, il y a de quoi être fières.
Un Moment "Irréel"
Au micro face au public, Vieira avouait être « encore étonnée » de cette prouesse, comme elle le disait la veille après le quart de finale victorieux contre les Lettonnes Tina Graudina et Anastasija Samoilova. Youssef Krou, leur co-entraîneur avec Arnaud Loiseau, trouvait le moment « un peu irréel », lui aussi.
Samedi, elles n'ont pas laissé respirer les tenantes du titre, assommées en 41 petites minutes par leur solidité défensive et leurs attaques chirurgicales.
En quarts, la Grenobloise et la Lyonnaise avaient dominé sans discussion (2-0 : 23-21, 21-14) une double championne d'Europe (2019, 2022), la Lettonne Tina Graudina, avec sa nouvelle partenaire Anastasija Samoilova.
Samedi, les Françaises ont évolué à un très haut niveau de bout en bout, commettant très peu d'erreurs (6 fautes). Et elles ont conservé leur sang-froid quand Müller et Tillmann ont mis la pression en réduisant l'écart de 9-14 à 14-15 dans la deuxième manche. Au temps mort, elles ont échangé tranquillement sur leur plan de jeu, avant de finir le boulot sans trembler.
« Sur ces derniers matches, on a réussi à trouver de la sérénité, ce qui nous fait tenir notre niveau de jeu, souligne Chamereau. On a vraiment confiance en nos capacités, l'une envers l'autre aussi. »
Ce dimanche, elles peuvent marquer un peu plus l'histoire du beach français et donner de la lumière à ce sport qui reste peu développé dans l'Hexagone.
« On veut montrer que le beach-volley français est performant, souligne Aline Chamereau, et donner envie à davantage de jeunes d'y jouer. »
Les deux Tricolores, âgées de 24 et 29 ans, signent le meilleur résultat de leur carrière.
« C’était une belle finale, ça se joue à des détails. Elles ont encore une marge de progression énorme. Leur complicité et leur force physique sont de vrais atouts. Cette médaille valide le travail accompli et nous donne encore plus de motivation pour la suite. Clémence Vieira et Aline Chamereau s’affirment comme les nouvelles leaders du beach-volley français.
Préparation et Équipe
« Il n'y a pas de potion magique, précise Youssef Krou, qui a rejoint le staff après avoir arpenté dix ans le circuit mondial jusqu'aux JO de Paris (élimination au premier tour avec Arnaud Gauthier-Rat). Depuis un an, on a essayé de structurer l'écosystème de performance autour des athlètes. On a fait appel à une préparatrice mentale, on a un kiné avec nous sur cet Euro, pour que les athlètes se sentent soutenus. Aujourd'hui, ce travail paye. »
Staff étoffé, préparatrice mentale...
« L'expérience des Jeux nous a beaucoup appris, expliquait Aline Chamereau au téléphone après la demi-finale. Cette saison, on a commencé à travailler différemment. On a beaucoup bossé sur la communication au sein de notre équipe. Dans cet Euro, on a fait ce que l'on travaillait, en se concentrant sur chaque étape. »
Il y a un an jour pour jour, les deux Bleues, associées depuis 2021, quittaient les JO de Paris dès la phase de groupes après une troisième défaite en trois matches au pied de la tour Eiffel. Elles n'avaient pas fait mieux deux semaines plus tard à l'Euro de La Haye (Pays-Bas), comme lors de leur premier Championnat d'Europe commun en 2022.
À Düsseldorf, Vieira (1,77 m, 24 ans), la joueuse tout-terrain, et Chamereau (1,88 m, 29 ans), la tour de contrôle du filet, ont marqué les esprits.
Et pas que chez les femmes : Téo Rotar et Arnaud Gauthier-Rat ont atteint le premier quart de finale d'une paire masculine à l'Euro depuis 2008.
Championnats du Monde en Australie : Un Défi Majuscule
Trois mois après la belle médaille d'argent de Clémence Vieira et Aline Chamereau aux Championnats d'Europe de Düsseldorf, les beach-volleyeurs français ont pris la direction d'Adelaïde (Australie), théâtre des Mondiaux qui débutent vendredi et s'étireront jusqu'au 23 novembre.
Dans les tableaux masculin et féminin, 48 paires vont s'affronter pour le titre de champion. Elles seront réparties dans 12 poules de quatre équipes. Les deux premières seront qualifiées pour les 16es de finale puis rejointes par les quatre meilleures troisièmes. Les huit autres paires classées à la troisième place s'affronteront pour les quatre tickets restant pour les 16es.
Après avoir donné à la France sa - seulement - troisième médaille aux « Europe » depuis la création de l'épreuve en 1993, Vieira et Chamereau sont présentes en Australie.
Poule corsée pour Vieira et Chamereau. Dans leur poule, les deux Françaises ont hérité d'adversaires corsés. Elles affronteront les Canadiennes Melissa Humana-Paredes et Brandie Wilkerson, médaillées d'argent aux Jeux Olympiques de Paris l'année dernière, ainsi que les Néerlandaises Raïsa Schoon et Katja Stam, deux fois sur le podium des Championnats d'Europe en 2021 et 2022.
Autre paire française engagée, Lézana Placette et Alexia Richard sont, elles, classées 25es mondiales. Elles avaient été battues en barrages d'accession aux play-offs aux JO de Paris. Dans leur poule figureront notamment les Américaines Cannon-Kraft et les Allemandes Ittlinger-Grüne qui n'étaient pas qualifiées aux derniers Jeux Olympiques.
Chez les hommes, il y aura également deux paires françaises.
Rémi Bassereau et Calvin Aye occupent la 13e place mondiale après avoir réussi l'exploit en septembre dernier d'atteindre la finale d'un tournoi Élite, à João Pessoa (Brésil). Et, il y a deux semaines, ils ont été demi-finalistes d'un autre tournoi Élite, au Cap (Afrique du Sud).
Dans leur poule des Mondiaux, les deux Français croiseront deux paires qui ont disputé les JO de Paris : les Australiens Nicolaidis et Carracher, éliminés au premier tour, et les cousins chiliens Marco et Esteban, battus en seizièmes de finale sur le sable parisien.
Enfin il y aura également côté tricolore Téo Rotar et Arnaud Gauthier-Rat, 17es mondiaux et qui restent sur trois huitièmes de finale sur le circuit Élite à Hambourg, João Pessoa et Rio de Janeiro. Dans leur poule du premier tour, ils joueront notamment contre les frères jumeaux Joaquin et Javier Bello (Grande-Bretagne), vainqueur du tournoi Élite de Rio l'année dernière.
Ces huit volleyeurs engagés en Australie vont tenter d'offrir à la France sa première médaille dans des Mondiaux de beach-volley.
Depuis la création de l'épreuve en 1997, la meilleure performance tricolore a été un 8e de finale par les frères Andy et Kévin Ces en 2009.
La tâche s'annonce très relevée, les meilleurs spécialistes du « beach » étant présents à Adelaïde : chez les hommes, les Norvégiens Mol/Sorum, n° 1 mondiaux, les Suédois Ahman-Hellvig, champions olympiques, et les Tchèques Perusic-Schweiner, champions du monde en titre. Chez les femmes, on retrouvera les Brésiliennes Thamela et Victoria, en tête du classement mondial, et leurs compatriotes Ana Patricia et Duda Lisboa, en or aux JO de Paris. L'Américaine Kelly Cheng, championne du monde en titre, a une nouvelle partenaire, Molly Shaw.
Aline Chamereau & Clémence Vieira - Portrait 🏐🏖️
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