Le Championnat du Monde de Volley-ball 2010 a été le théâtre de performances mémorables et de moments cruciaux pour plusieurs équipes. Cet article se penche sur les résultats de ce championnat, en particulier sur le parcours des équipes de Cuba et de France.
La finale du Championnat du monde de volley-ball a opposé Cuba au Brésil, double tenant du titre. Ce face-à-face entre les deux équipes les plus spectaculaires de la planète s'est déroulé à Rome.
Les deux représentants des Amériques ont battu l'Europe à plates coutures avec la victoire, attendue et assez nette, du Brésil sur l'Italie (3-1) et celle, superbe de courage, des Cubains sur la Serbie (3-2). La finale semble promise aux Brésiliens qui, même diminués à la passe, smashent un cran au-dessus de la concurrence, sur le plan technique surtout.
Cuba représente le type d'équipe qui peut les faire descendre sur terre avec ses athlétiques et jeunes joueurs, tous capables d'enflammer un match. Ultra physiques, ils en ont donné la preuve au premier tour de ce Mondial où ils ont battu (3-2) le Brésil avant que celui-ci ne fasse tout pour les éviter au troisième tour, en faisant exprès de perdre contre la Bulgarie.
Visiblement, le Brésil redoute le caractère imprévisible des Cubains et le talent du phénomène Wilfredo Leon qui réussit l'improbable exploit d'être, à 17 ans, le plus jeune joueur du tournoi tout en étant un des plus décisifs. Son duel avec Murilo, son équivalent brésilien en plus âgé, promet des étincelles. Samedi, Leon a encore été brillant (23 points) pour aider son équipe à battre (22-25, 25-17, 31-29, 22-24, 16-14) une Serbie inconsolable.

Les Cubains ont prouvé qu'ils "ne lâchent jamais rien". Ils ont gagné quatre de leurs huit matches au tie-break, un exercice dans lequel ils sont invaincus. Samedi, ils ont encore été menés 13-11 dans le cinquième set avant de renverser la partie sur trois énormes contres pour atteindre leur deuxième finale mondiale après celle perdue en 1990 face à l'Italie à Rio de Janeiro.
Le Parcours de l'Équipe de France
La France a été éliminée de la course aux demi-finales du Mondial après sa défaite 3-1 face à l'Italie mercredi et jouera les matches de classement pour les places 9 à 12 à Florence. Après leur déroute contre les Etats-Unis lundi, les Bleus devaient gagner sur un score astronomique pour encore espérer se glisser dans le dernier carré, une hypothèse qui s'est rapidement évanouie devant l'Italie qui ne voulait pas manquer le rendez-vous avec le Brésil en demi-finale.
Mais les Français, qui ont évolué sans Antonin Rouzier, toujours blessé, ni Earvin Ngapeth, renvoyé en France pour avoir insulté le sélectionneur Philippe Blain, ont livré un beau baroud d'honneur en évitant de prendre une nouvelle correction après une entame catastrophique. Ils ont défendu une balle de match à 24-25 dans le troisième set pour remonter la pente et même menacer un moment les Italiens dans la quatrième manche, avant de s'incliner (25-18, 25-20, 25-27, 25-19).
Inexistant face aux Etats-Unis, Romain Vadeleux a fait un bon match en pointe et la rentrée du jeune Kevin Leroux au centre (7 contres) a servi de déclic aux Bleus pour soigner leur image écornée. Ils terminent néanmoins troisièmes et derniers de leur groupe du troisième tour et retrouveront vendredi les Tchèques, qu'ils avaient battus 3-2 au premier tour. Ils enchaîneront face à l'Argentine ou l'Espagne le lendemain pour tenter de finir à la 9e place, le maximum qu'ils peuvent désormais espérer.
Vice-championne d'Europe en titre, l'équipe de France masculine de volley-ball dispute les championnats du monde du 23 septembre au 10 octobre en Italie. Après la réussite obtenue en Turquie en 2009 (finaliste de l'Euro), les volleyeurs français reviennent sur la scène internationale grâce aux championnats du monde, organisés à partir du 23 septembre en Italie.
Les Bleus affronteront au premier tour la Chine, la République tchèque et la Bulgarie. Le sélectionneur Philippe Blain évoque une compétition extrêmement relevée où la France tentera de "vivre une belle aventure humaine".
La priorité de l'équipe de France était de réussir l'entrée en matière face aux Tchèques. Ensuite, ils essayeraient de revivre la même aventure humaine qu'en Turquie avec, pourquoi pas, un podium. L'adversaire principal du premier tour était l'équipe tchèque parce que c'est une formation de qualité.

Le Volley-ball Cubain : Entre Gloire Passée et Défis Actuels
C'est le paradoxe du volley-ball cubain: une myriade de stars expérimentées évoluant dans les championnats prestigieux et des équipes nationales plongées dans un déclin inexorable. Cette déchéance, entrevue dès la non-qualification historique des deux sélections cubaines pour les JO-2012, est de l'avis général largement imputable à la politique inflexible de la Fédération vis-à-vis de ses "déserteurs", systématiquement privés de sélection dès le rubicon frontalier franchi.
Depuis son dernier coup d'éclat, une finale du Championnat du monde en 2010, la sélection masculine s'est écroulée, avec des échecs retentissants lors des deux dernières Ligues mondiales, compétition qu'elle avait pourtant remportée en 1998 et dont elle avait atteint la finale en 1991, 1992, 1994, 1997 et 1999. Aux derniers Championnats du monde en Pologne, les Cubains n'ont pu faire mieux qu'une modeste 12e place, indigne de leur gloire passée (finales en 1990 et 2010).
Chez les femmes, le constat est encore plus accablant. Triple championne olympique (1992, 1996, 2000) et mondiale (1978, 1994, 1998), la sélection cubaine vient de cumuler cinq défaites consécutives au dernier Mondial, avec au passage des humiliations subies contre des équipes qu'elle était auparavant habituée à piétiner, comme Porto Rico ou l'Azerbaïdjan. Privé de seconde phase, le volley-ball féminin a ainsi enregistré en Italie sa pire performance depuis 1970.
Pour les experts, ces piètres résultats ont une cause principale: l'hémorragie permanente des talents de l'île communiste. Fléau qui conduit la Fédération à aligner des équipes inexpérimentées et invariablement rajeunies à chaque compétition.
Depuis 13 ans, plus d'une cinquantaine de joueurs et joueuses ont fui leur pays, attirés par les contrats mirobolants proposés par les clubs italiens, turcs ou russes. Parmi ces pépites ayant cédé aux sirènes de l'ouest figurent notamment Osmany Juantorena (vainqueur de la Ligue des champions en 2010 et 2011 avec le club italien de Trente), Robertlandy Simon (Plaisance, Italie), Wilfredo Leon (VK Zenit Kazan, Russie) ou Raidel Hierrezuelo (Halkank Ankara, Turquie).
Côté féminin, Rosir Calderon, Nancy Carrillo et Yanelis Santos font respectivement le bonheur des clubs russes de Dinamo Krasnodar, Omichka Omsk et Saint-Pétersbourg.
Face à ces exils illégaux, facilités depuis janvier par une loi migratoire moins contraignante pour les Cubains désirant voyager à l'étranger, les autorités demeurent intraitables. Comme dans les autres sports, les "déserteurs" de l'île communiste sont indésirables en équipe nationale.
Pour l'instant, les appels répétés des spécialistes et des joueurs expatriés eux-mêmes à modifier cette politique jugée archaïque et contre-productive restent sans effet et les sélections cubaines perdent du terrain sur l'échiquier mondial. Un comble dans un pays où le volley-ball est un des sports les plus populaires avec le baseball et la boxe.
Les autorités sportives cubaines doivent en finir "une fois pour toutes avec le secret" autour de ce sujet et "expliquer pourquoi la sélection nationale ne convoque pas, comme dans les autres pays", ses joueurs les plus talentueux.
Ces dernières semaines, la Fédération a gardé le silence et son président Ariel Sainz n'a pas donné suite aux multiples demandes d'entretien de l'AFP. En 2013, M. Sainz avait pourtant révélé la création d'une commission chargée de se pencher sur "le rattrapage de l'espace perdu" par le volley-ball "au niveau international".
Dans la foulée, l'Institut cubain des sports (équivalent du ministère) annonçait sa disposition à engager des discussions avec les volleyeurs exilés pour évoquer leur retour dans le giron de la sélection, mais rien n'est venu confirmer cet espoir d'ouverture depuis.
Pour tenter de juguler la fuite des talents sportifs de haut niveau, le président Raul Castro a annoncé il y a trois ans une augmentation des salaires et des primes des athlètes locaux. Mais ces sommes, qui atteignent au maximum quelques centaines de dollars (une manne dans un pays où le salaire moyen est de 20 dollars), restent bien dérisoires face aux salaires versés à l'étranger.
Depuis quelques mois, les autorités ont autorisé pour la première fois une poignée de joueurs de baseball à s'engager dans des clubs étrangers, notamment au Mexique et au Japon.
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