L'Histoire du Championnat de Football en Thaïlande

La football mania s’est emparée de la Thaïlande : grâce aux très bons résultats de l’équipe nationale ces derniers mois, le ballon rond marque des buts dans le cœur des Thaïlandais. Cet engouement n’est pas tout à fait nouveau, mais il prend de l’ampleur cette année, soutenu également par un championnat professionnel en croissance, qui s’inspire du succès et de la visibilité du football anglais.

Le football est apparu à la fin du XIXe en Thaïlande. Le premier stade de football en Thaïlande a été construit en 1935 ; la participation de l’équipe nationale (nommée Éléphant) aux jeux Olympiques d’Australie en 1956 marque l’essor du football dans le pays. Le sport a évolué et la Thaïlande s’est largement imposée pendant les différentes Coupe d’Asie du Sud-Est.

En 1925, le Siam devient le deuxième pays d’Asie (après le Japon) affilié à la FIFA. Pourtant ces débuts précoces ne permettent pas vraiment au football siamois de briller sur la scène internationale.

Après avoir laissé tomber son joli éléphant blanc sur fond rouge pour le drapeau tricolore en 1917, le Siam devient la Thaïlande en 1932; vive la modernité à l’occidentale ! C’est donc sous le nom de Thaïlande que le royaume participe à ses deux premières compétitions internationales : les JO de 1956 à Melbourne puis de 1968 à Mexico.

Schéma d'un terrain de football

Les Premiers Pas du Football Professionnel

La Toyota Thai Premier League, le championnat national disputé en Thaïlande depuis 1996 de mars à décembre, compte 18 équipes, dont 8 à Bangkok. Il y a également le championnat Thai league 1 qui débute en mars et prend fin en Octobre. Durant cette saison, le pays assiste à 34 matchs joués par 18 clubs.

Mais le vrai départ de la Thai League c’est en 2009 lorsque la Fédération oblige l’ensemble des clubs à abandonner leur identité corporative pour prendre une identité sportive.

Clubs et Propriétaires

La compétition est très suivie par les fans thaïlandais, en particulier à Bangkok qui compte pas moins de huit clubs (5 à Bangkok même, une à Samut Prakan, une à Nonthaburi et une à Pathum Thani).

Certaines équipes sont contrôlées par de grands groupes industriels: Bangkok Glass par Singha Corporation, Bangkok United par True Corporation, ou encore BEC Tero Sasana F.C. par la société de production Bec-Tero.

Outre des compagnies, des politiciens locaux contrôlent certains clubs, tel Suwat Liptapanlop, ancien leader du Chart Pattana Party et président du club Nakhon Ratchasima F.C. (Korat), ou encore le clan de l’ancien premier ministre Silpa-Archa au Suphanburi F.C.

Quant au Chonburi F.C., il est présidé par Wittaya Khunpluem, qui n’est autre que le fils du « parrain » de Chonburi Sontaya Kunpluem, dont un autre fils est le maire de Pattaya et un troisième l’ancien président du Pattaya F.C. en deuxième division.

Le club de Manchester City appartenait au Premier Ministre Thaïlandais, Taksin Shinawatra, dans les années 90.

L'armée et la police dans le football

Aussi étrange que cela puisse paraître pour un Européen, l’armée contrôle directement deux clubs du championnat: Army United à Bangkok et le Navy F.C., basé à Sattahip.

Quant à la police, elle est représentée par le bien nommé club de Police United, mais en deuxième division.

Localisation des clubs de football de Bangkok

Buriram United : Une Exception Rurale

Curieusement, la meilleure équipe, invaincue en 29 rencontres de championnat en 2015, se trouve en Isan, à Buriram, l’une des provinces les plus pauvres du pays.

Sous l’impulsion du politicien Newin Chidchob, qui a racheté le club de PEA pour le déplacer à Buriram en 2010, ce club est non seulement devenu le meilleur du Royaume mais il possède également le plus beau stade du championnat, le New I-mobile Stadium, un véritable chaudron pouvant accueillir 32 000 personnes.

Lors de la phase de groupes de la ligue des Champions asiatiques 2015, Buriram United manqua d’un cheveu la qualification pour les huitièmes de finale, obtenant le même nombre de points qu’une équipe coréenne et que le champion du Japon en titre, le Gamba Osaka.

Leur meilleure performance dans cette compétition continentale reste toutefois l’année 2013 lorsque l’équipe se qualifia pour les quarts de finale, éliminée par une équipe iranienne. Depuis plus de 10 ans, Buriram United reste la seule équipe d’Asie du Sud-est à avoir atteint ce stade de la compétition.

2009 c’est aussi l’arrivée de l’équipe de Buriram United, cette petite ville d’Isarn (la région nord-est du pays) va devenir la place forte du football et du sport thaïlandais.

Joueurs Étrangers et Talents Locaux

Dans son effectif, chaque équipe a droit à un maximum de cinq joueurs étrangers, dont un joueur originaire d’un pays de l’AFC.

La majorité des joueurs étrangers sont des Brésiliens. On trouve aussi onze Japonais, huit Coréens, cinq Ivoiriens, quatre Espagnols, et quelques autres nationalités africaines, européennes ou asiatiques.

On trouve également trois Français en première division: Romain Gasmi à Bangkok United, l’expérimenté Mickael Murcy, ancien joueur du Paris F.C, au Chainat Hornbill, ainsi qu’un jeune franco-thaï international thaïlandais au Bec Tero Sasana, Tristan Do, ancien joueur du Gazelec d’Ajaccio.

Avec 27 buts en 29 matchs et 6 passes décisives, le Brésilien Diogo Luís Santo est la star du championnat. Ancien attaquant de l’Olympiakos en Grèce où il fut transféré pour 9 millions d’Euros en 2008 et de l’équipe de Palmeiras au Brésil en 2014, on imagine mal son salaire être en dessous du million de baht mensuel, signe du potentiel certain de la Thai Premier league pour attirer de bons joueurs.

La totalité des joueurs de l’équipe nationale thaïlandaise joue dans le championnat local, y compris la pépite Charryl Chappuis, la star nationale Teerasil Dangda, le dynamiteur de défense Chanathip Songkrasin et le capitaine Theerathon Bunmathan, actuel meilleur passeur décisif de la compétition.

Du haut de ses 1m 58, Chanathip Songkrasin est surnommé le Messi thaïlandais

AsiaGoal BestOf championnat asiatique 2020 #1 (Thaïlande, Australie)

Un Match Typique : Muangthong United vs Suphanburi F.C.

Pour nous faire une idée du championnat, nous avons assisté à la rencontre entre MuangThong United, meilleure équipe à Bangkok et dauphin de Buriram, et le Suphanburi F.C.

Le stade de Muangthong, dont le diminutif (MT UTD) et la couleur rouge rappellent curieusement Manchester United, possède un très joli stade moderne de 15 000 places avec des tribunes au plus près des joueurs.

Dû au terrain détrempé, la première mi-temps s’est résumée à des Kick and Rush à l’anglo-saxonne où les locaux touchèrent une fois les montants adverses.

Au retour des vestiaires, Muangthong United ouvre rapidement le score sur pénalty, puis double la mise quelques minutes plus tard grâce à une contre-attaque rondement menée par le Brésilien Cleiton Silva, lui permettant de s’offrir un doublé.

Assez amorphe jusque-là, Suphanburi réagit à partir du deuxième but, posant la balle au sol et décidant de jouer, résultant en deux jolis buts après deux intelligents décalages sur les côtés, deux beaux centres et deux têtes bien senties. La fin de match fut exaltante mais la rencontre se termine sur un match nul logique de 2 à 2.

Au niveau jeu, sans doute que les trois ou quatre meilleures formations du championnat pourraient être compétitives en Ligue 2 en France, malgré un jeu tactique et défensif un peu aléatoire.

Par ailleurs, le score fleuve du match reflète assez bien le championnat, les équipes thaïes adoptant un jeu assez débridé, basé sur l’offensif.

Les buts pleuvent, en moyenne 2.8 par match contre 2.1 pour la Ligue 2, garantissant un spectacle à chaque match. Au niveau ambiance, les supporteurs des deux équipes ont joyeusement chanté pendant tout le match.

L’atmosphère était amicale, sans agressivité, et les familles nombreuses. Signe de la croissance du championnat thaïlandais, la fréquentation des stades est comparable à la ligue 2 en France, avec près de 7000 spectateurs en moyenne, soit une hausse de près de 30 % sur la saison précédente. Entre 120 et 500 baht la place, cela vaut le coup d’y faire un tour.

Le Football Business et les Investissements Étrangers

Depuis 2017, le Thaïlandais Yuengyong Opakul, alias Aed Carabao, chanteur du groupe de rock Carabao et cofondateur de la boisson énergétique du même nom a mis la main sur la Coupe de la ligue anglaise pour 34 millions d'euros. Sur le terrain, les Thaïlandais sont encore loin de se hisser au sommet. Mais dans les tribunes ou autour des gros contrats, on se bouscule.

Le foot business a la cote à Bangkok, qu'il s'agisse de promouvoir des clubs nationaux ou d'investir dans les plus gros championnats étrangers. Un phénomène relativement jeune qui trouve son origine il y a cinq ans à peine avec l’arrivée de joueurs européens dans le championnat thaïlandais. Succès immédiat.

Pionnier en la matière, l’homme d’affaires Vichai Srivaddhanaprabha, qui a fait fortune dans les boutiques hors-taxes, a racheté le club de Leicester City en 2010. Un investissement heureux puisque quatre ans plus tard, le club des Midlands accédait à son seul titre de championnat ! Leicester City demeure le plus grand club financé par les Thaïlandais. Son stade, le King Power Stadium, porte d’ailleurs le nom de la société de Srivaddhanaprabha.

Au-delà de ses clubs, c'est désormais le championnat britannique que lorgnent les businessmen thaïlandais. En 2017, Yuengyong Opakul, 65 ans, a mis la main sur la League Cup pour 34 millions d'euros. Et il n'est pas seul. Les bières thaïlandaises s’intéressent fortement au Royaume-Uni, à ses clubs de foot et à ses stades.

Le club de Manchester City appartenait au Premier Ministre Thaïlandais, Taksin Shinawatra, dans les années 90.

Ligue des Champions d'Asie : Les Vainqueurs

Voici une liste des vainqueurs de la Coupe d'Asie des clubs champions (jusqu'en 2002) et de la Ligue des champions d'Asie :

Année Vainqueur
1967 Hapoël Tel Aviv (Israël)
1968 Maccabi Tel Aviv (Israël)
1970 Taj Club Téhéran (Iran)
1971 Maccabi Tel Aviv (Israël)
1985 Daewoo Royals (Corée du Sud)
1986 Furukawa ESC (Japon)
1987 Yomiuri FC (Japon)
1988 Al-Saad SC (Qatar)
1989 Liaoning WFC (Chine)
1990 Esteghlal Téhéran FC (Iran)
1991 Al-Hilal SFC (Arabie saoudite)
1992 PAS Téhéran (Iran)
1993 Thai Farmers Bank FC (Thaïlande)
1994 Thai Farmers Bank FC (Thaïlande)
1995 Ilhwa Chunma FC (Corée du Sud)
1997 Pohang Atoms FC (Corée du Sud)
1998 Pohang Atoms FC (Corée du Sud)
1999 Jubilo Iwata (Japon)
2000 Al-Hilal SFC (Arabie saoudite)
2001 Suwon Bluewings (Corée du Sud)
2002 Suwon Bluewings (Corée du Sud)
2003 Al-Aïn FC (Émirats arabes unis)
2004 Al-Ittihad FC (Arabie saoudite)
2005 Al-Ittihad FC (Arabie saoudite)
2006 Jeonbuk HMFC (Corée du Sud)
2007 Urawa Red Diamonds (Japon)
2008 Gamba Osaka (Japon)
2009 Pohang Steelers FC (Corée du Sud)
2010 Seongnam Ilhwa Chunma (Corée du Sud)
2011 Al-Sadd SC (Qatar)
2012 Ulsan HFC (Corée du Sud)
2013 Guangzhou Evergrande Taobao FC (Chine)
2014 Western Sydney Wanderers FC (Australie)
2015 Guangzhou Evergrande Taobao FC (Chine)
2016 Jeonbuk HMFC (Corée du Sud)
2017 Urawa Red Diamonds (Japon)
2018 Kashima Antlers FC (Japon)
2019 Al-Hilal SFC (Arabie saoudite)
2020 Ulsan HFC (Corée du Sud)
2021 Al-Hilal SFC (Arabie saoudite)
2022 Urawa Red Diamonds (Japon)
2024 Al-Aïn FC (Émirats arabes unis)
2025 Al-Ahli SC (Arabie saoudite)

tags: #championnat #de #thailande #de #football