Le championnat de France de rugby 1997 reste gravé dans les mémoires, notamment grâce à l'épopée européenne du CA Brive. Cette année-là, le finaliste malheureux de l'édition 96 du championnat, le CA Brive, remporte la Coupe d'Europe 28 à 9 contre Leicester.

Arrière talentueux de Brive de 1990 à 1998 et international à seize reprises, Sébastien Viars a sélectionné les champions d'Europe 1997 dans son XV de légendes en ajoutant quelques grandes figures du club sur son banc. À l'heure de se prêter au petit jeu du XV de légendes, Sébastien Viars, arrière de Brive de 1990 à 1998, s'est retrouvé confronté à cette évidence : comment ne pas aligner le XV de départ du 25 janvier 1997 dans son intégralité ? Celui-là qui a terrassé Leicester 28 à 9 en finale de Coupe d'Europe, offrant à Brive ses lettres de noblesse sur la scène continentale.
"C'est le titre le plus probant du club et il avait été gagné avec la manière en plus. Tous à leur niveau, ces joueurs ont marqué leur époque, par leur talent et par leur caractère. Chacun a été au top au même moment, c'est comme si les planètes avaient été alignées. Je ne vois pas comment je pourrais enlever deux ou trois mecs. Je ne vois pas qui j'enlèverais d'ailleurs." Mais même le charisme d'un Amédée-Domenech ou le talent d'un Jean-Luc Joinel ne sauraient contrecarrer la magie des héros de 1997, dont le souvenir rend nostalgique tous les amoureux du CABCL. Sébastien Viars le premier : "Cette équipe a marqué toute une génération par ce qu'elle a accompli.
Le jour de la finale, tout ou presque s'est passé à la perfection. Il n'y a eu que Titou (Lamaison) et moi qui avions été nuls au pied. Sinon, il y aurait eu quarante points d'écart... Mais le reste avait été tellement maîtrisé avec quatre essais, les ailiers avaient marqué, du spectacle, de la gestion et aussi du panache... Pourtant, nous étions en stress avant le match. Nous n'étions pas favoris : en face, Leicester avait un gros palmarès et avait mis une dérouillée au Stade toulousain en demie. Mais il y avait dans le fond une sérénité irrationnelle dans nos rangs. Personne ne faisait de complexe sur le plan individuel.
Quand on se regardait, avec nos egos, il y avait une confiance absolue en chacun de nous et entre potes. Nous avions la rage dans le ventre et le feu dans les yeux. Ce triomphe d'un jour ajoute à la mystique de cette formation passée à la postérité : vingt-trois ans plus tard, aucune autre équipe française n'a à ce point survolé une finale de Coupe d'Europe.
Cette génération dorée aura connu un jour de gloire mémorable. Sans véritable lendemain. Sébastien Viars le regrette : "C'est tellement dommage de ne pas avoir été capable de lancer une épopée à la Stade toulousain. Même le Stade français ou Biarritz ont eu cette capacité à se remobiliser. Nous, après, nous avions eu moins faim. Ce groupe aurait mérité d'enchaîner les titres mais il s'est disloqué. Tout le monde en est responsable, le club n'a pas été capable de faire en sorte que ça perdure. Même si l'année d'après, nous revenons en finale (défaite contre Bath), c'était déjà friable et loin d'être aussi solide.
Mais nous étions comme ça : cette équipe, c'était une marmite bouillante qui pouvait exploser à tout moment. C'est ce qui a été notre force." "Le plus important, c'est que nous soyons restés potes, conclut Sébastien Viars. Nous avons notre groupe Whats'app commun. Et chaque fois que l'on se voit, dans le regard, ça se sent que l'on a vécu quelque chose de fort." Le plus grand moment de l'histoire d'un club centenaire.
Voici la composition de l'équipe championne d'Europe :
- 15 - Sébastien Viars
- 14 - Gérald Fabre
- 13 - Christophe Lamaison
- 12 - David Venditti
- 11 - Sébastien Carrat
- 10 - Alain Penaud
- 9 - Philippe Carbonneau
- 7 - Grégory Kacala
- 8 - François Duboisset
- 6 - Loïc Van der Linden
- 5 - Grant Ross
- 4 - Eric Alegret
- 3 - Richard Crespy
- 2 - Laurent Travers
- 1 - Didier Casadeï
Remplaçants : 16. Michel Yachvili, 17. Amédée Domenech, 18. Roger Fite, 19. Jean-Luc Joinel, 20. Marcel Puget, 21. Pierre Chadebech, 22. Jean-Marie Soubira, 23.
Par ailleurs, un match organisé entre le champion d'Europe et le champion de l'Hémisphère Sud, les Auckland Blues, l'emportent en Corrèze le 22 février 47 à 11.
En huitièmes de finale face à Narbonne, Deylaud a marqué un essai de plusieurs mètres. La belle ne le fut pas…Avec un 3-3 à la mi-temps, le rugby « professionnel » semblait d'un autre temps. réunir les deux meilleures équipes de la saison. adversaires malheureux des triples champions de France en phase finale.