L'équipe de France de volley-ball a marqué l'histoire en remportant la médaille d'or aux Jeux Olympiques de Tokyo 2021 et en conservant son titre à Paris 2024. Un exploit monumental qui a galvanisé tout un pays. Retour sur ces moments de gloire.
Le Sacre de Tokyo 2021
Pour la première fois de leur histoire, les volleyeurs français sont devenus champions olympiques à Tokyo. Ils ont disposé de la Russie en finale des Jeux, samedi 7 août à Tokyo, avec une victoire trois sets à deux (25-23, 25-17, 21-25, 21-25, 15-12), presque deux heures et demie après le coup d’envoi. Le match terminé, les Bleus ont entamé une danse de la joie, une sorte de French cancan, presque aussi atypique que leur jeu fait de feintes et de fougue.
Mais qu’il aura fallu batailler ! D’abord au premier set : les Bleus sont menés de trois points (16-19) lorsque le sélectionneur, Laurent Tillie, demande un temps mort. Première explication, premières solutions : les Français reprennent l’avantage (23-22), sur le tard, passant devant grâce à un smash d’Earvin Ngapeth. Smash contré par les Russes, mais en dehors du terrain. Le deuxième set est plus limpide, face à des adversaires encore sonnés d’avoir laissé échapper le premier.

Tout l’inverse des troisième et quatrième manches, lors desquelles les Russes reprennent des forces, encouragés par une délégation peu avare en « Davaï » (allez) et autres exhortations. Et que dire du tie-break… Intenable. Un mano a mano, point contre point, smash pour smash, auquel même les remplaçants et les membres du staff français semblent avoir envie de participer. Côté adverse, de la seule tribune occupée de l’Ariake Arena, les sifflets ne sont pas rares pour déconcentrer les Français au moment de leur service.
« A deux sets partout, on s’est dit : “Les gars, c’est pas grave, ce sera encore plus beau de gagner trois sets à deux que trois sets à zéro” », raconte Kévin Tillie, dont le père n’est autre que le sélectionneur. « On a eu un coup de barre, on n’avait plus d’énergie, mais on est allé chercher avec le cœur la médaille d’or », apprécie Trévor Clévenot. Avec aussi « beaucoup de lucidité », insiste son coéquipier Benjamin Toniutti. Il en fallut, en effet, pour rattraper les trois points d’avance pris par les Russes en début de cinquième manche.
Un Parcours Improbable
Cette finale récompense un parcours improbable, de ceux qui restent longtemps dans les mémoires. Imaginez une équipe qui perd deux de ses trois premiers matchs, contre les Etats-Unis et l’Argentine, et redoute de se faire éliminer dès le premier tour, comme aux Jeux de Rio, en 2016. Imaginez ensuite cette même équipe, toujours en phase de poules, dominer la Russie (déjà) et arracher un point du tie-break contre le Brésil, champion olympique en titre.
« On est des survivants », s’exclamait Laurent Tillie, qui n’en avait pas fini. En quarts de finale, victoire sur les doubles champions du monde polonais, après avoir été menés deux sets à un ! C’était avant un succès sur l’Argentine, retrouvée en demi-finales, puis avant cette seconde victoire de l’été sur la Russie. La plus belle, à n’en pas douter, de toute l’histoire du volley-ball français.
« Chaque fois que l’on s’est planté, c’est lorsque l’on pensait être favoris », résume le passeur Antoine Brizard. Ces Bleus ont surpris tout le monde, à commencer par leurs adversaires. « On fait des choses qu’on n’a pas l’habitude de voir au volley, expliquait Jean Patry après la demi-finale. Un mélange de combativité et de créativité par moments. Avec des points qui peuvent faire mal à l’adversaire et nous renforcent mentalement. »
Comme Antoine Brizard ou Barthélémy Chinenyeze, Patry a rajeuni les rangs d’une génération déjà parmi les plus douées du volley français, celle des Earvin Ngapeth, Jenia Grebennikov et Benjamin Toniutti. Ce dernier a toujours le statut de capitaine, mais il a vécu la finale en qualité de remplaçant, Antoine Brizard lui ayant été préféré de nouveau.
Le Doublé Historique à Paris 2024
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Quel exploit ! L’équipe de France masculine de volley a réussi à conserver son titre de championne olympique, ce samedi 10 août. Les Bleus d’Earvin Ngapeth ont vaincu la Pologne en finale des JO de Paris, trois ans après leur titre acquis à Tokyo. Un doublé historique.
Ils l’ont fait ! Les Bleus du volley ont réalisé l’exploit d’un doublé historique, trois ans après leur titre olympique acquis à Tokyo, ce samedi 10 août. La bande d’Earvin Ngapeth a décroché une nouvelle médaille d’or aux dépens d’une redoutable et farouche sélection polonaise en finale du tournoi olympique masculin de volleyball. Les Tricolores entrent dans l’histoire de leur sport. Ils ont écrit l’une des plus belles pages du volley français.
Cette médaille d’or récompense une génération exceptionnelle qui a réalisé un remarquable tournoi durant cette quinzaine des JO de Paris. Ils peuvent savourer leur exploit de gagner le graal à domicile.
Tout avait commencé par une Marseillaise reprise en chœur par l’Arena. Il y avait du beau monde en tribunes pour soutenir les Bleus. Zinedine Zidane et son épouse étaient en tribunes avec Tony Estanguet pour soutenir les volleyeurs. Earvin Ngapeth motive ses troupes et leur insuffle l’énergie nécessaire pour ne surtout rien lâcher, rien donner aux adversaires.

Les Bleus ont empoché le premier set. Les Tricolores ont rendu une copie parfaite aussi dans la deuxième manche avec un Jean Patry des grands jours qui a mis quelques mines hallucinantes. Résultat : 25-20 dans le 2e set que les Polonais avaient pourtant bien commencé en prenant les commandes avant que les Français ne renversent la situation. Jean Patry a été énorme avec un bras monstrueux au smash.
25-20 dans la deuxième manche. Les Bleus rendent une copie absolument parfaite. Yacine Louati est aux anges. Les Bleus ont continué sur leur lancée. Ils ont envoyé du lourd, défendu comme des chiens au bloc. Les Polonais ont tenté de faire de la résistance dans le 3e set, ils ont mené 16-14.
L’Arena était en feu. Et les Français l’ont littéralement embrasé. Leur collectif a touché la perfection dans cette finale en remportant le 3e set 25-23. Nicolas Le Goff harangue la foule.
On aurait dit les Harlem Globe trotters tant les Tricolores ont tout tout réussi dans cette finale. Les Polonais ont essuyé une déferlante. Jouffroy, Le Goff, Patry, Ngapeth, Trévenot, Brizard étaient intouchables. Trop forts. Monstrueux. Impériaux. Les Bleus pouvaient laisser éclater leur joie.
Exceptionnel, sensationnel, légendaire ! Les mots ne suffisent plus pour qualifier l’exploit réussi ce samedi à Paris par l’équipe de France masculine de volley. Et s’il avait fallu cinq sets à Tokyo pour se débarrasser de la Russie, trois auront suffi ce samedi 10 août pour dominer en finale une équipe de Pologne qui n’aura vu que du bleu dans un match quasiment à sens unique, dans la lignée de celui qu’avaient livré mercredi les hommes d’Andrea Giani en demi-finale contre l’Italie (3-0).
Le message a été bien reçu lors de cette finale par les partenaires du capitaine Benjamin Toniutti qui, contre une formation polonaise pourtant référence en la matière, ont survolé les débats, prenant leurs adversaires à la gorge au cours de chaque set (25-20, 25-19, 25-23), n’ayant jamais concédé plus de deux points de retard aux hommes de Nikola Grbic.
A cela se sont ajoutés une réception XXL, à l’image de celles de Jenia Grebennikov ou d’Earvin Ngapeth, imperturbable face aux missiles du meilleur serveur du monde, Wilfredo Leon, qui, hormis en toute fin de match, n’a jamais pu enchaîner de série, et un formidable apport du banc, symbolisé par l’incroyable entrée au service en fin de troisième set de « Boubou » Quentin Jouffroy, auteur de trois aces (4 en tout), le score passant alors de 18-18 à 23-18.
« C’est mon job, je suis là pour ça, commentera modestement le central après le match. Je sais que j’ai carte blanche, je n’avais pas trop de pression, d’autant qu’on menait 2-0, même si c’était serré dans le troisième set. Et si, dans un dernier baroud d’honneur, Wilfredo Leon, à 24-19, a sorti à son tour une grosse série de services qui a permis à la Pologne de sauver quatre balles de match, son bras a fini par craquer, son dernier engagement dehors envoyant l’équipe de France au paradis et au Panthéon du sport français, y rejoignant notamment les handballeurs, sacrés deux fois de suite champions olympiques en 2008 et 2012.
Réactions
André Giani, entraîneur de l’équipe de France : « C’est une très grande émotion pour moi aujourd’hui. Pourquoi ? La première raison, c’est que gagner deux fois la médaille d’or est quelque chose de difficile, et à mon avis encore plus difficile maintenant, pour moi, ces JO étaient les plus difficiles de l’histoire du volley. J’ai attendu la médaille d’or 35 ans, c’est forcément différent de l’avoir en tant que joueur ou de coach, mais c’est une satisfaction incroyable.
La seconde, c’est que, tant contre l’Italie, une équipe de haut niveau, que face à une grande équipe de Pologne, on a gagné avec une qualité de jeu de haut niveau en réussissant à chaque fois à améliorer ce niveau de jeu. Ma première année avec l’équipe de France, en 2022, avait été facile, l’équipe avait gagné les Jeux Tokyo et avait fait une Volleyball Nations League incroyable, ensuite, pour la préparation du Championnat du monde, nous n’avions pas fait une planification parfaite, nous avions a perdu en quarts contre l’Italie et accepté le résultat.
En 2023, nous avons perdu dix matchs et l’équipe a perdu en niveau de jeu. Au début de cette saison, j’ai dit aux joueurs que notre équipe était certes la meilleure en réception et en défense, mais que pour gagner des matchs importants, nous avions besoin de nous améliorer en attaque, au bloc et au service, donc nous avons mis en place une planification technique pour progresser dans ces domaines.
Benjamin Toniutti, capitaine de l’équipe de France : « On a joué à la française, ça veut dire que pour faire un ace, le mec doit servir à 145 km/h sur la ligne, il s’agace quand il envoie une bombe et que tu tiens en réception et que derrière, tu fais le point. Ça fatigue l’adversaire, c’est cette solidité mentale et collective qui fait la différence, comme ça a été le cas à Tokyo.
Tout le monde a joué à son meilleur niveau, chaque rentrée a été décisive, alors qu’on a clairement joué sur les trois derniers jours les deux meilleures équipes du monde sur les deux dernières années. Le public nous a donné un boost en plus, de la confiance, de la sérénité. Sur le début de compétition, on était un petit peu stressés, mais petit à petit, on a réussi à apprivoiser cette ambiance et cette ferveur et on a réussi à l’utiliser, notamment à partir de quart de finale quand on a retourné la situation contre l’Allemagne.
Le métronome sur la stabilité émotionnelle a été Earvin, s’il fait la gueule, l’équipe fait la gueule, s’il est joyeux, l’équipe est joyeuse, c’est lui qui a stabilisé l’équipe. Et à 2-0 contre nous contre l’Allemagne, il est resté très impliqué avec l’équipe, il a été décisif sur ces Jeux Olympiques, comme à Tokyo, mais tous, on a été individuellement incroyables. Trévor (Clevenot), pour moi, a été le joueur des Jeux Olympiques.
Ça va être dur de comprendre ce qui nous arrive aujourd’hui ! Je me souviens qu’en 1996, j’étais dans un camping en Italie (il avait 6 ans), j’avais regardé la finale perdue par « Giangio » (Andrea Giani) contre les Pays-Bas (l’Italie s’était inclinée 3-2). C’est le match où je me suis dit il fallait que j’aille un jour aux Jeux. Ça a ensuite été très dur de tomber à Rio (élimination au premier tour, en 2016), et là, je me suis dit que c’était bien d’aller aux Jeux, mais que maintenant, ce que je voulais, c’était gagner une médaille.
Ça a été incroyable de le faire à Tokyo, ça restera la première qui est forcément particulière, mais après, tu te dis que la deuxième possibilité de gagner une médaille, elle est cette fois dans ton pays. Je me rappelle de l’émotion des Brésiliens sur le podium quand ils avaient gagné à Rio, j’avais trouvé ça très fort, le fait de vivre aujourd’hui me fait vraiment passer par toutes les émotions.
Earvin Ngapeth, réceptionneur/attaquant de l’équipe de France : « C’était un gros match collectivement, comme la demi-finale. Pour gagner contre l’Italie et la Pologne, il faut faire des matchs parfaits, c’est ce qu’on a fait, portés par une salle incroyable. Dès que tu tiens une équipe, comme on l’a fait en début de match, quand ça pousse comme ça, ça devient compliqué pour l’adversaire.
Cette deuxième médaille d’or a forcément plus de saveur, il y a la famille et tous les copains dans les tribunes, c’est une émotion plus grande, elle est même difficile à expliquer. Avec les réseaux, le fait qu’il y ait du public, on voit que les gens nous aiment, ça nous a donné beaucoup de courage, on ne se rend pas encore bien compte, mais on sait qu’on a fait quelque chose de grand.
On s’est préparés pour ça, ça a été un combat de tous les jours, je suis vraiment fier de mon équipe, on a vraiment quelque chose de spécial, on est capables de tout, du pire comme du meilleur, on aime passer du temps ensemble, on aime souffrir ensemble, même à l’autre bout de la terre, on aime jouer ensemble.
C’était le mot d’ordre aujourd’hui, plus de plan de match, de technique ou de tactique, on voulait prendre du plaisir à jouer à la française, quand on est comme ça, on sait qu’on est très difficiles à jouer. On nous a tellement répété que c’était presque impossible de remporter les Jeux Olympiques deux fois de suite que ça nous est un peu rentré dans la tête, on a vu cette ferveur autour de nous qui nous a donné beaucoup de force, on s’est dit qu’on ne pouvait pas ne pas donner le maximum, mentalement et physiquement.
Maintenant, on va en profiter et fêter ça comme il se doit ! Pas beaucoup de monde n’a réussi à être champion olympique deux fois de suite, je pense qu’on est encore beaucoup à être super motivés pour le faire une troisième fois, on a un championnat du monde l’été prochain, c’est le titre qui nous manque, on est aussi motivés pour ça.
Palmarès Historique du Volley-Ball aux Jeux Olympiques
Malgré son éclatement, il y a 33 ans, l’Union Soviétique règne encore aujourd’hui sur le palmarès du volleyball aux Jeux olympiques, avec sept victoires (quatre dans le tableau féminin, trois chez les hommes). Le Brésil se classe deuxième (trois victoires chez les hommes, deux chez les femmes), devant les États-Unis (trois dans le tournoi masculin, un dans le tournoi féminin).
Au total, 10 nations ont remporté une médaille d’or aux Jeux depuis l’intronisation du volley au programme olympique, en 1964. La Chine, le Japon et Cuba l’ont chacun emporté trois fois, alors que la Russie, les Pays-Bas, la Pologne, la Yougoslavie et la France d’Earvin Ngapeth en 2021 complètent ce palmarès.
Au classement des médailles, le rapport de force est inchangé avec 12 breloques pour l’URSS, 11 pour le Brésil et les États-Unis et 9 pour le Japon. La Chine, la Russie et l’Italie en comptent 6, Cuba en a 5.
Tableau des Médailles d'Or par Nation (Volley-ball)
| Nation | Nombre de Médailles d'Or |
|---|---|
| Union Soviétique | 7 |
| Brésil | 5 |
| États-Unis | 4 |
| Chine | 3 |
| Japon | 3 |
| Cuba | 3 |
| Russie | 1 |
| Pays-Bas | 1 |
| Pologne | 1 |
| Yougoslavie | 1 |
| France | 2 |
Le palmarès du tableau masculin
- 1964 : 1. URSS 2. Tchécoslovaquie 3. Japon
- 1968 : 1. URSS 2. Japon 3. Tchécoslovaquie
- 1972 : 1. Japon 2. Allemagne de l’Est 3. URSS
- 1976 : 1. Pologne 2. URSS 3. Cuba
- 1980 : 1. URSS 2. Bulgarie 3. Roumanie
- 1984 : 1. États-Unis 2. Brésil 3. Italie
- 1988 : 1. États-Unis 2. URSS 3. Argentine
- 1992 : 1. Brésil 2. Pays-Bas 3. États-Unis
- 1996 : 1. Pays-Bas 2. Italie 3. Yougoslavie
- 2000 : 1. Yougoslavie 2. Russie 3. Italie
- 2004 : 1. Brésil 2. Italie 3. Russie
- 2008 : 1. États-Unis 2. Brésil 3. Russie
- 2012 : 1. Russie 2. Brésil 3. Italie
- 2016 : 1. Brésil 2. Italie 3. États-Unis
- 2020 : 1. France 2. Comité olympique russe 3. Argentine
Le palmarès du tableau féminin
- 1964 : 1. Japon 2. URSS 3. Pologne
- 1968 : 1. URSS 2. Japon 3. Pologne
- 1972 : 1. URSS 2. Japon 3. Corée du Nord
- 1976 : 1. Japon 2. URSS 3. Corée du Sud
- 1980 : 1. URSS 2. Allemagne de l’Est 3. Bulgarie
- 1984 : 1. Chine 2. États-Unis 3. Japon
- 1988 : 1. URSS 2. Pérou 3. Chine
- 1992 : 1. Cuba 2. Équipe unifiée de l’ex-URSS 3. États-Unis
- 1996 : 1. Cuba 2. Chine 3. Brésil
- 2000 : 1. Cuba 2. Russie 3. Brésil
- 2004 : 1. Chine 2. Russie 3. Cuba
- 2008 : 1. Brésil 2. États-Unis 3. Chine
- 2012 : 1. Brésil 2. États-Unis 3. Japon
- 2016 : 1. Chine 2. Serbie 3. États-Unis
- 2020 : 1. États-Unis 2. Brésil 3. Serbie
Une Génération Dorée au Zénith
Victorieuse de la Pologne (3-0 : 25-19, 25-20, 25-23) samedi en finale du tournoi de volley, l'équipe de France est devenue championne olympique pour la deuxième fois d'affilée après Tokyo il y a trois ans. Un exploit monumental. Du jamais vu depuis 1988, lorsque les Etats-Unis avaient conservé à Séoul leur titre acquis à Los Angeles en 1984.
Les Bleus deviennent aussi la deuxième équipe française de sports collectifs à garder son or depuis les handballeurs (2008 et 2012), et privent au passage la Pologne d'un deuxième sacre olympique après 1976. Un dernier chiffre ? Les Bleus ont désormais remporté sept de leurs huit dernières finales. Au Japon, la bande d'Earvin Ngapeth avait été sacrée dans une salle vide. À Paris, la médaille est la même mais la fête est forcément plus belle.
Quel plus grand bonheur que de triompher à la maison ? Dix des douze joueurs de cette équipe sont doubles champions olympiques et rentrent définitivement au panthéon du sport français. En compagnie d'un Italien : Andrea Giani, le sélectionneur, qui remporte son troisième titre avec les Bleus après la Ligue des nations en 2022 et 2024.
Ses hommes ont entamé le premier set par une faute au service d'Earvin Ngapeth. Sans conséquence. C'était pour chauffer le bras. Derrière, les Tricolores ont déroulé. Ils ont réussi à ne pas trop subir la densité physique des Polonais et se sont montrés précis en attaque. À l'image de Jean Patry, bien muselé depuis le début du tournoi mais efficace ce samedi.
Trévor Clévenot a continué sur la lancée de ses excellents Jeux, et Earvin Ngapeth a fait du Earvin Ngapeth. Dépassés par leurs adversaires et une salle en ébullition, trop généreux au service, les Polonais ont demandé un premier temps mort à 16-11 contre eux. Insuffisant pour enrayer la dynamique bleue.
Les Polonais ont remis la marche en avant en début de deuxième set. Leur joueur fort, Wilfredo Leon, a commencé à élever son niveau au service et en attaque. En face, les Bleus commettaient des petites erreurs au service et se montraient moins solides à la réception. Mais Antoine Brizard a réveillé tout le monde en milieu de set avec un joli point en première main puis deux blocs autoritaires sur Tomasz Fornal.
Le troisième set a été accroché et les Tricolores ont su rester sérieux, même s'ils commençaient à flairer l'or. Jean Patry et Nicolas Le Goff continuaient d'écœurer les Polonais au bloc, et Earvin Ngapeth épatait la galerie avec sa spéciale, le fameux smash retourné, puis avec un incroyable sauvetage en plongeant. Le petit passage à vide en milieu de set a été de courte durée.
Il a fallu un peu de réussite aussi, comme sur ce service de Quentin Jouffroy qui a pris la bande du filet. Dans la foulée, le numéro 25 des Bleus claquait deux aces, parfaitement valables. De quoi rapprocher un peu plus les Bleus de leur bonheur suprême.
Quel Avenir pour Cette Génération ?
Quel avenir, désormais, pour cette génération qui a tout gagné ou presque ? Que deviendront les Grebennikov (33 ans), Toniutti (34 ans), Tillie (33 ans), Ngapeth (33 ans), Le Goff (32 ans), Clévenot (30 ans) ? Iront-ils aux Jeux en 2028 ? « Los Angeles, je m'y vois. Mais ça dépend de ce qu'on fait aux Jeux aussi, c'est dur d'aller chercher de la motivation supplémentaire quand tu es double champion olympique », confiait Antoine Brizard avant le tournoi.