Depuis son introduction aux Jeux Olympiques en 1964, le volley-ball masculin a couronné des équipes exceptionnelles, gravant leurs noms dans l'histoire du sport. Des nations dominantes comme l'Union Soviétique et le Brésil aux victoires plus récentes des États-Unis et de la France, chaque édition des Jeux a été le théâtre de performances mémorables.

Le Palmarès Historique : Domination Soviétique et Émergence Brésilienne
Malgré son éclatement il y a plus de trois décennies, l’Union Soviétique règne encore aujourd’hui sur le palmarès du volley-ball aux Jeux olympiques, avec sept victoires, dont trois dans le tableau masculin. Le Brésil se classe deuxième avec cinq victoires, dont trois chez les hommes. Les États-Unis complètent le podium avec quatre médailles d'or, dont trois dans le tournoi masculin.
Au total, dix nations ont remporté une médaille d’or aux Jeux depuis l’intronisation du volley au programme olympique en 1964. La Chine, le Japon et Cuba l’ont chacun emporté trois fois, alors que la Russie, les Pays-Bas, la Pologne, la Yougoslavie et la France complètent ce palmarès.
Au classement des médailles, le rapport de force est inchangé avec 12 breloques pour l’URSS, 11 pour le Brésil et les États-Unis et 9 pour le Japon. La Chine, la Russie et l’Italie en comptent 6, Cuba en a 5.
Voici le palmarès complet du tableau masculin :
- 1964 : 1. URSS 2. Tchécoslovaquie 3. Japon
- 1968 : 1. URSS 2. Japon 3. Tchécoslovaquie
- 1972 : 1. Japon 2. Allemagne de l’Est 3. URSS
- 1976 : 1. Pologne 2. URSS 3. Cuba
- 1980 : 1. URSS 2. Bulgarie 3. Roumanie
- 1984 : 1. États-Unis 2. Brésil 3. Italie
- 1988 : 1. États-Unis 2. URSS 3. Argentine
- 1992 : 1. Brésil 2. Pays-Bas 3. États-Unis
- 1996 : 1. Pays-Bas 2. Italie 3. Yougoslavie
- 2000 : 1. Yougoslavie 2. Russie 3. Italie
- 2004 : 1. Brésil 2. Italie 3. Russie
- 2008 : 1. États-Unis 2. Brésil 3. Russie
- 2012 : 1. Russie 2. Brésil 3. Italie
- 2016 : 1. Brésil 2. Italie 3. États-Unis
- 2020 : 1. France 2. Comité olympique russe 3. Argentine
Le Brésil a remporté son premier titre olympique à Barcelone en 1992.
Tableau des médailles d'or par nation (Volley-ball masculin)
| Nation | Nombre de médailles d'or |
|---|---|
| URSS | 3 |
| Brésil | 3 |
| États-Unis | 3 |
| Japon | 1 |
| Pologne | 1 |
| Pays-Bas | 1 |
| Yougoslavie | 1 |
| Russie | 1 |
| France | 2 |

Le Sacre de Tokyo 2021 : La France au Sommet
Pour la première fois de leur histoire, les volleyeurs français sont devenus champions olympiques à Tokyo. Ils ont disposé de la Russie en finale des Jeux, avec une victoire trois sets à deux (25-23, 25-17, 21-25, 21-25, 15-12). Le match terminé, les Bleus ont entamé une danse de la joie.
D’abord au premier set : les Bleus sont menés de trois points (16-19) lorsque le sélectionneur, Laurent Tillie, demande un temps mort. Première explication, premières solutions : les Français reprennent l’avantage (23-22), sur le tard, passant devant grâce à un smash d’Earvin Ngapeth. Le deuxième set est plus limpide, face à des adversaires encore sonnés d’avoir laissé échapper le premier.
Tout l’inverse des troisième et quatrième manches, lors desquelles les Russes reprennent des forces, encouragés par une délégation peu avare en « Davaï » (allez) et autres exhortations. Un mano a mano, point contre point, smash pour smash, auquel même les remplaçants et les membres du staff français semblent avoir envie de participer. Côté adverse, de la seule tribune occupée de l’Ariake Arena, les sifflets ne sont pas rares pour déconcentrer les Français au moment de leur service.
« A deux sets partout, on s’est dit : “Les gars, c’est pas grave, ce sera encore plus beau de gagner trois sets à deux que trois sets à zéro” », raconte Kévin Tillie, dont le père n’est autre que le sélectionneur. « On a eu un coup de barre, on n’avait plus d’énergie, mais on est allé chercher avec le cœur la médaille d’or », apprécie Trévor Clévenot. Avec aussi « beaucoup de lucidité », insiste son coéquipier Benjamin Toniutti.
Cette finale récompense un parcours improbable, de ceux qui restent longtemps dans les mémoires. Imaginez une équipe qui perd deux de ses trois premiers matchs, contre les Etats-Unis et l’Argentine, et redoute de se faire éliminer dès le premier tour, comme aux Jeux de Rio, en 2016. Imaginez ensuite cette même équipe, toujours en phase de poules, dominer la Russie (déjà) et arracher un point du tie-break contre le Brésil, champion olympique en titre.
« On est des survivants », s’exclamait Laurent Tillie, qui n’en avait pas fini. En quarts de finale, victoire sur les doubles champions du monde polonais, après avoir été menés deux sets à un ! C’était avant un succès sur l’Argentine, retrouvée en demi-finales, puis avant cette seconde victoire de l’été sur la Russie. La plus belle, à n’en pas douter, de toute l’histoire du volley-ball français.
« Chaque fois que l’on s’est planté, c’est lorsque l’on pensait être favoris », résume le passeur Antoine Brizard. Ces Bleus ont surpris tout le monde, à commencer par leurs adversaires. « On fait des choses qu’on n’a pas l’habitude de voir au volley, expliquait Jean Patry après la demi-finale. Un mélange de combativité et de créativité par moments. Avec des points qui peuvent faire mal à l’adversaire et nous renforcent mentalement. »
Comme Antoine Brizard ou Barthélémy Chinenyeze, Patry a rajeuni les rangs d’une génération déjà parmi les plus douées du volley français, celle des Earvin Ngapeth, Jenia Grebennikov et Benjamin Toniutti. Ce dernier a toujours le statut de capitaine, mais il a vécu la finale en qualité de remplaçant, Antoine Brizard lui ayant été préféré de nouveau.
Le Doublé Historique à Paris 2024
Les Jeux Olympiques de Paris 2024 ont vu l’équipe masculine de volley-ball de France conserver son titre olympique en remportant la médaille d’or pour la deuxième fois consécutive. Dans une finale intense et disputée, la France a dominé la Pologne en trois sets (25-19, 25-20, 25-23).
La Pologne, après un parcours impressionnant, a dû se contenter de la médaille d’argent. Leur présence en finale marquait leur première participation à ce stade de la compétition depuis 1976. Les États-Unis, quant à eux, ont décroché la médaille de bronze après une victoire convaincante contre l’Italie en trois sets lors du match pour la troisième place.
L'équipe de France de volley-ball a marqué l'histoire en remportant la médaille d'or aux Jeux Olympiques de Tokyo 2021 et en conservant son titre à Paris 2024. Un exploit monumental qui a galvanisé tout un pays.
Au cours de chaque set (25-20, 25-19, 25-23), les partenaires du capitaine Benjamin Toniutti ont survolé les débats, prenant leurs adversaires à la gorge, n’ayant jamais concédé plus de deux points de retard aux hommes de Nikola Grbic.
A cela se sont ajoutés une réception XXL, à l’image de celles de Jenia Grebennikov ou d’Earvin Ngapeth, imperturbable face aux missiles du meilleur serveur du monde, Wilfredo Leon, qui, hormis en toute fin de match, n’a jamais pu enchaîner de série, et un formidable apport du banc, symbolisé par l’incroyable entrée au service en fin de troisième set de « Boubou » Quentin Jouffroy, auteur de trois aces (4 en tout), le score passant alors de 18-18 à 23-18.
« C’est mon job, je suis là pour ça, commentera modestement le central après le match. Je sais que j’ai carte blanche, je n’avais pas trop de pression, d’autant qu’on menait 2-0, même si c’était serré dans le troisième set.
Et si, dans un dernier baroud d’honneur, Wilfredo Leon, à 24-19, a sorti à son tour une grosse série de services qui a permis à la Pologne de sauver quatre balles de match, son bras a fini par craquer, son dernier engagement dehors envoyant l’équipe de France au paradis et au Panthéon du sport français, y rejoignant notamment les handballeurs, sacrés deux fois de suite champions olympiques en 2008 et 2012.
Les Bleus ont réalisé un exploit historique, en remportant un nouveau titre olympique, trois ans après celui obtenu à Tokyo.
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Réactions
André Giani, entraîneur de l’équipe de France : « C’est une très grande émotion pour moi aujourd’hui. Pourquoi ? La première raison, c’est que gagner deux fois la médaille d’or est quelque chose de difficile, et à mon avis encore plus difficile maintenant, pour moi, ces JO étaient les plus difficiles de l’histoire du volley. J’ai attendu la médaille d’or 35 ans, c’est forcément différent de l’avoir en tant que joueur ou de coach, mais c’est une satisfaction incroyable.
La seconde, c’est que, tant contre l’Italie, une équipe de haut niveau, que face à une grande équipe de Pologne, on a gagné avec une qualité de jeu de haut niveau en réussissant à chaque fois à améliorer ce niveau de jeu. Ma première année avec l’équipe de France, en 2022, avait été facile, l’équipe avait gagné les Jeux Tokyo et avait fait une Volleyball Nations League incroyable, ensuite, pour la préparation du Championnat du monde, nous n’avions pas fait une planification parfaite, nous avions a perdu en quarts contre l’Italie et accepté le résultat.
Benjamin Toniutti, capitaine de l’équipe de France : « On a joué à la française, ça veut dire que pour faire un ace, le mec doit servir à 145 km/h sur la ligne, il s’agace quand il envoie une bombe et que tu tiens en réception et que derrière, tu fais le point. Ça fatigue l’adversaire, c’est cette solidité mentale et collective qui fait la différence, comme ça a été le cas à Tokyo.
Earvin Ngapeth, réceptionneur/attaquant de l’équipe de France : « C’était un gros match collectivement, comme la demi-finale. Pour gagner contre l’Italie et la Pologne, il faut faire des matchs parfaits, c’est ce qu’on a fait, portés par une salle incroyable.