Histoire et Évolution du Handball Féminin : Focus sur le Chambray Touraine Handball et les Clubs de Ligue Butagaz Énergie

Le handball féminin en France a connu une expansion significative au fil des décennies, avec des clubs qui ont marqué l'histoire de ce sport. Cet article met en lumière l'origine et le parcours de plusieurs clubs de Ligue Butagaz Énergie, en se concentrant particulièrement sur le Chambray Touraine Handball.

Les Pionniers du Handball Féminin

Fondé en 1946, la Stella Saint-Maur Handball, basée à Saint-Maur-des-Fossés dans le Val-de-Marne, demeure encore aujourd’hui le club de handball le plus ancien de Ligue Butagaz Énergie. Figure historique du handball français, l’équipe féminine professionnelle évolue dans le championnat de France de première division depuis la saison 2023-2024. Une intégration dans la plus haute compétition de handball féminin en France permise par le titre de Championnes de France de Division 2 Féminine, remporté au terme de l’exercice 2022-2023. Modèle de longévité, le club s’apprête à franchir un nouveau cap en célébrant le 80e anniversaire de sa création.

Fondé en 1965, Metz Handball affiche le plus grand palmarès à l’échelle nationale avec pas moins de 40 titres décrochés, dont 27 Championnats de France, 13 Coupes de France et 8 Coupes de la Ligue. Elles se font appeler les Dragonnes, en référence au Graoully, animal mythique à l’apparence d’un dragon devenu emblème de la ville de Metz. Une domination couplée à une place de choix sur la scène européenne, la formation messine étant engagée en EHF Champions League pour la neuvième saison consécutive. Un cador du championnat donc, dont la renommée ne cesse de s’étendre, et dont la réussite inspire.

Des années 70 aux années 90, plusieurs clubs aujourd’hui engagés en Ligue Butagaz Énergie voient le jour, marquant une phase d’expansion du handball féminin sur le plan national. Ainsi, en 1972, naissait au sein du Club Athlétique Havrais des Petites « A », une section dédiée au handball. Depuis, le Havre Athletic Club Handball n’a cessé d’évoluer jusqu’à inscrire son nom au palmarès des vainqueurs de la Challenge Cup (4e Coupe d’Europe) lors de la saison 2011-2012. Championnes de France de D2F en titre, les Havraises évoluent désormais dans l’élite du handball féminin français.

Né en 1984, St-Amand Handball - Porte du Hainaut évoluait encore en Nationale 3 lors de l’exercice 2006-2007. Partons désormais dans les Hauts-de-France, plus précisément à Saint-Amand-les-Eaux. Après des passages à l’échelon supérieur entre 2010 et 2015, les Louves accèdent à la Division 2 Féminine. Après trois saisons dans l’antichambre, Saint-Amand décroche une 3e place historique au terme de la saison 2017-2018, devenant ainsi le premier club nordiste à accéder à la Division 1. Reléguées la saison suivante, les Amandinoises n’ont besoin que d’une saison pour retrouver la Ligue Butagaz Énergie, division dans laquelle elles évoluent encore aujourd’hui.

L’année 1992 voit la création de deux clubs aujourd’hui engagés dans le championnat de France de première division : Handball Plan-de-Cuques et l’Entente Sportive Besançon Féminin. Le premier des deux a gravi tous les échelons jusqu’à découvrir la première division lors de l’exercice 2006-2007. Structuré autour d’un projet de formation, l’équipe provençale glane de l’expérience en deuxième division les années suivantes, avant d’être de nouveau promue en Ligue Butagaz Énergie pour la saison 2020-2021.

Également créée en 1992, l’Entente Sportive Besançon Féminin s’impose comme un club phare dans les années 2000, réalisant notamment un quadruplé historique en 2002-2003 (Championnat de France, Coupe de France, Coupe de la Ligue et Coupe d’Europe des vainqueurs de coupes). Sacrées championnes de France de D2F à l’issue de la saison 2014-2015, les Bisontines participent à leurs premiers play-offs dès l’exercice suivant. Classées 4e de Ligue Butagaz Énergie en 2016-2017, le club retrouve le chemin de la Coupe d’Europe l’année d’après avec l’EHF European League. En cette saison 2025-2026, l’ESBF a la possibilité de rallier la phase de groupe de la compétition en cas de succès face à Chambray Touraine Handball en 3e tour de qualification.

Quatre ans après Besançon, en 1996, la JDA Bourgogne Dijon Handball est fondée sous le nom du Cercle Dijon Bourgogne. Vice-championnes de France de D2F en 1997-1998, les Dijonnaises montent en Division 1, compétition dans laquelle elles évoluent pendant 15 saisons consécutives. Reléguées dans l’antichambre au terme de l’exercice 2012-2013, le club parvient à retrouver l’élite dès la saison suivante. Depuis, la formation bourguignonne a conservé son rang en Ligue Butagaz Énergie, finissant dans le même temps 3e d’EHF European League à l’issue de la saison 2024-2025.

Juste avant le passage à l’an 2000, en 1999, le Paris 92 voit le jour, d’abord sous le nom d’Issy-les-Moulineaux Handball. Devenu Issy Paris Hand dix ans plus tard, le club remporte le championnat de France de deuxième division lors de la saison 2009-2010. La formation parisienne décroche par la suite une Coupe de la Ligue en 2013, et atteindra une finale de Coupe d’Europe en 2013 et 2014, avant d’arborer le nom de Paris 92 en 2018.

L'Émergence de Nouveaux Clubs au Début du XXIe Siècle

Une fois passé à l’an 2000, le premier club de Ligue Butagaz Énergie à voir le jour n’est autre que Toulon Métropole Var Handball, en 2005. Évoluant au plus haut niveau du handball féminin français depuis 2007, le club du Var figure parmi les doyens de la compétition. Sacrées championnes de France de première division au terme de la saison 2009-2010, les Toulonnaises remportent par la suite deux Coupes de France en 2011 et 2012 tout en glanant de l’expérience sur la scène européenne.

Quatre autres clubs voient à leur tour le jour jusqu’en 2011. À commencer par Strasbourg Achenheim Truchtersheim Handball en 2008. D’abord issu de la fusion entre le Truchtersheim HCL et le FSE Achenheim, le club connaît un premier passage en Division 2 lors de la saison 2002-2003. La formation alsacienne décroche son billet pour l’élite du handball féminin français en 2015-2016, au terme d’une saison remarquable ponctuée de deux défaites. Par la suite reléguée dans l’antichambre par la suite, l’équipe retrouve la Ligue Butagaz Énergie en 2022-2023, et change alors de nom pour devenir Strasbourg Achenheim Truchtersheim Handball.

Chambray Touraine Handball : Une Ascension Remarquable

Deux ans plus tard, en 2010, c’est au tour du Chambray Touraine Handball d’être créé. Engagé en Division 2 jusqu’en 2015-2016, le club est ensuite promu à l’échelon supérieur. Encore en lice de nos jours en Ligue Butagaz Énergie, les Chambraisiennes se sont qualifiées à quatre reprises pour une Coupe d’Europe, et demeurent encore en lice pour décrocher une qualification en EHF European League en cas de victoire face à l’Entente Sportive Besançon Féminin au 3e tour de qualification à la compétition. Yves Guérin est un président heureux depuis huit ans à la tête du Chambray Touraine Handball.

« C’est une grande famille et je suis toujours partant pour poursuivre encore plusieurs années », sourit-il, alors qu’il forme un trio soudé avec Guillaume Marquès, le directeur général, et Christophe Bouhour, le manager. Cette saison encore, à l’heure du bilan, alors que le CTHB a conclu sa septième saison au plus haut niveau français par une quatrième place, le dirigeant affiche sa satisfaction : « On est très fiers de cette quatrième position, dans le championnat le plus dense et relevé qui soit. On a ainsi établi la même performance qu’il y a deux ans, derrière les deux intouchables que sont Metz et Brest. Certes, on aurait pu faire un petit mieux vis-à-vis de Nantes (3e) et il y a eu le petit regret du parcours européen, mais il n’y a aujourd’hui aucune déception vis-à-vis de ce que les filles et le staff ont accompli....

Toujours en 2010, l’histoire de Sambre Avesnois Handball débute en Nationale 3. Dès l’exercice suivant, les Sambriennes accèdent à la Nationale 2, avant d’ouvrir la plus grande page de leur histoire en 2023-2024, au terme d’une saison où le club décroche le titre de Champion de France de D2 et une promotion en Division 1.

À l’issue de la saison 2011-2012, la formation azuréenne décroche le titre de championne de France de D2F et obtient ainsi son ticket pour la Division 1. Le deuxième club le plus jeune de Ligue Butagaz Énergie a quant à lui vu le jour en 2011 sur la Côte d’Azur, et plus précisément à Nice, avec l’OGC Nice Côte d’Azur Handball. Alors que le club vient de débuter sa 14e saison consécutive dans l’élite du handball féminin français, l’histoire retient notamment le titre de vice-champion de France décroché en 2018-2019.

Brest Bretagne Handball : Un Modèle de Réussite Récent

Si Brest Bretagne Handball demeure encore aujourd’hui le club de Ligue Butagaz Énergie ayant vu le jour le plus récemment, en 2012, il s’impose comme un modèle de réussite, étant passé de la Nationale 1 à la Ligue des Champions en l’espace de sept ans. En rejoignant la Division 1 en 2016, à l’issue d’une saison au cours de laquelle les Brestois finissent invaincues et remportent une Coupe de France, les Rebelles faisaient ainsi leur entrée dans la cour des grandes. Le point d’orgue de la jeune histoire du BBH intervient lors de la saison 2020-2021, au terme de laquelle le club décroche son premier titre en Ligue Butagaz Énergie et atteint dans le même temps la finale de l’EHF Champions League. Une compétition que la formation du Finistère n’a plus quittée jusqu’à aujourd’hui et pour laquelle elle nourrit de réelles ambitions.

Le CTHB reçoit Brest, ce mercredi soir, pour l'avant-dernier match de Ligue Butagaz Énergie, la première division féminine. Pour cette dernière rencontre à domicile, la salle de la Fontaine Blanche a fait le plein, puisqu'elle sera à guichets fermés. "Nous abordons cette fin avec une grande décontraction, mais avec beaucoup d'ambition aussi", explique ce mercredi sur ICI Touraine, Yves Guérin, le président du CTHB. "On a une histoire à écrire et on a vraiment la volonté d'aller chercher cette troisième place qui sera historique pour le club", poursuit-il.

Chambray a besoin d'une victoire sur les deux derniers matchs (ce mercredi ou dimanche à Besançon) ou d'un faux-pas de Dijon pour assurer cette 3e place, ce qui serait le meilleur classement de l'histoire du club. Pour autant, "on a réalisé l'objectif du club cette année d'être européen", en assurant une place dans les quatre premiers. Une nouvelle performance, pour le 7e budget de la Ligue Butagaz Énergie.

"La recette miracle, c'est surtout dans le recrutement des joueuses", confie Yves Guerin, qui évoque aussi un "staff sportif hyper compétent" et "un centre de formation qui est un exemple au niveau de la région, avec des jeunes joueuses qui sortent et qui font partie du collectif de l'équipe première."

Le Chambray Touraine handball va faire ses premiers pas en Ligue Européenne le 14 novembre à l’occasion du troisième tour de qualification. Le club, encore en Nationale 3 il y a 15 ans, s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire. Dans la cour du handball européen, il y a un petit nouveau. Ou plutôt des petites nouvelles. Les handballeuses du Chambray Touraine handball (CTHB), disputent le 14 novembre le premier match de leur histoire en Ligue Européenne face aux Norvégiennes de Molde.

« Nous sommes heureux d’y être arrivé, sourit Guillaume Marques le directeur général du club. Mais c’est une très grande découverte. Nous n’avons eu que trois semaines pour tout préparer car Molde a dû faire un tour supplémentaire pour nous affronter ». Entre le transfert des joueuses, des arbitres et des délégués depuis trois aéroports différents, la réservation des hôtels etc. Le portable de celui qui fût l’entraîneur du CTHB n’arrête pas de sonner.

Chambray compte un des plus petits budgets de Ligue féminine (9e budget avec 1,6 million d’euros). Entre le défraiement des arbitres des délégués, les billets de train et d’avion, l’hôtel en Norvège, les frais augmentent vite : « Je pense que nous serons au-dessus de ce que nous avions prévu, souligne Guillaume Marques. C’est pour ça qu’on avait demandé aux collectivités et aux partenaires de nous aider dans ce projet car toutes ces dépenses mises bout à bout, ça fait un sacré budget ».

« C’est une nouveauté pour le club, pour l’entraîneur, mais nous avons des joueuses qui ont de l’expérience en coupe d’Europe, prévient Guillaume Marques. Si les joueuses ne se manquent pas sur leurs points forts, nous pouvons passer en phase poule à l’issue de cette double confrontation » souffle-t-il.

Champion d’Europe, champion du Monde, champion Olympique, Valentin Porte a tout gagné avec l’équipe de France ces dernières années. Un palmarès XXL pour le joueur du Montpellier Handball, qui endosse depuis plusieurs saisons le rôle de « parrain » du Chambray Touraine Handball. Malgré un planning chargé, l’international français qui a débuté le handball à Toury dans le Centre Val-Val de Loire, garde un oeil avisé sur l’actualité et les résultats du CTHB, qui dispute cette saison la première campagne européenne de son histoire.

Cela fait quelques années que je suis le « parrain » du Chambray Touraine Handball, et avant d’être un rôle officiel, cela reste un joli clin d’oeil que peut me faire ce club. Ça me permet de garder une attache avec ma région d’origine, je connais encore du monde au CTHB, et c’est un vrai plaisir d’occuper ce rôle. J’essaie de suivre au maximum leur parcours en championnat et en coupe d’Europe, même si ce n’est pas toujours simple avec mon planning très chargé.

Pour suivre le club depuis quelques années, j’ai l’impression que la progression est linéaire. Chambray est monté en première division en 2016, et s’est installé depuis dans la première partie du classement de la LFH. Ils ont été intelligents dans la construction de leur collectif, avec de jeunes joueuses talentueuses et des filles expérimentées comme Jovana Stoiljkovic et Alexandra Lacrabère. L’équipe a décoché une magnifique qualification européenne la saison dernière, et cette année le club découvre un nouvel univers.

Au-delà des résultats, je suis certain qu’elles ont pris une vraie bouffée d’oxygène avec cette expérience en European League, et cela va faire grandir la structure dans son ensemble. Elles sont sorties de leur « cocon », et ça forge de jouer de nouvelles équipes, d’évoluer dans des salles à l’étranger. C’est une étape forte dans l’histoire du club, et ça vient confirmer la progression de ces dernières années. Maintenant le plus dur reste à venir, il va falloir s’installer dans la continuité.

On voit aujourd’hui les clubs féminins français performer sur la scène européenne en Ligue des Champions et en European League. J’ai l’impression que le championnat féminin est en train de vivre ce que nous avons vécu il y a quelques années dans le championnat masculin. Les clubs se sont structurés, est le niveau de la Ligue est de plus en plus homogène. Avant il y avait Metz qui écrasait la concurrence, un peu comme le faisait Montpellier à l’époque, et on a pu voir l’émergence de nouveaux clubs comme Brest qui est arrivé avec un très beau projet.

Il y a aussi des formations à plus petit budget qui arrivent à se faire une place, comme Chambray, ou Bourg de Péage qui réalise une très belle saison. Les équipes de France brillent sur la scène internationale avec de nombreuses médailles glanées ces derniers années. Évidemment que nous sommes là pour performer et gagner des titres, mais nous sommes aussi là pour faire rayonner notre sport et prêcher la bonne parole du handball.

Je suis hyper heureux quand je sors d’un match et que je croise une personne qui est venue à la salle pour la première fois, et qui me partage son enthousiasme. Mais aussi quand les sponsors s’engagent de plus en plus parce qu’ils aiment l’image dégagée par notre sport. Le retour de l’Euro s’est fait rapidement et ce n’est pas simple d’évacuer la frustration de cette quatrième place. Je ne peux être que fier de cette équipe de France, de ce que nous avons montré pendant cette compétition, mais c’est frustrant d’avoir échoué si près du but.

J’ai rapidement repris l’entraînement avec Montpellier, et ce n’est pas simple de switcher, mais il faut le faire. Nous ne sommes pas au mieux en championnat avec le MHB, et nous devons nous remettre au boulot deux fois plus pour nous sortir de cette situation délicate.

En conclusion, l'histoire du handball féminin en France est riche et diversifiée, avec des clubs comme Chambray Touraine Handball qui continuent de progresser et de marquer leur empreinte sur la scène nationale et européenne.

Terrain de Handball avec Dimensions

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