Le Centre de Formation de Football en Guinée Conakry : Un Avenir Prometteur

Le développement du football en Afrique passe inévitablement par la mise en place de structures de formation solides et adaptées aux réalités locales. En Guinée Conakry, plusieurs initiatives voient le jour, portées par des acteurs passionnés et déterminés à faire émerger les talents de demain.

L'Académie de Football Antonio Souaré

La formation des footballeurs professionnels constitue le cœur de l’activité permanente de l'Académie de Football Antonio Souaré. Déjà achevés, quatre bâtiments rouge et blanc (couleurs du club) offriront leur hébergement en chambre double à 80 apprentis footballeurs (quatre générations simultanées). « Cette académie est faite pour tout le monde… » précise le patron du HAC. « Elle va former des centaines de joueurs qui ne seront pas absorbés exclusivement par Horoya. Ce Centre est fait pour tous les clubs guinéens, pour tous les clubs d’ Afrique. Nous voulons bâtir une génération comme celle d’Abidjan qui a ramené la dernière Coupe d’ Afrique des Nations en Côte d’ Ivoire. Il faut être ambitieux et jaloux, mais, dans le bon sens.

Le Centre Sportif et des Loisirs d'Antonio Souaré à Dubréka

C’est un rituel qui dure depuis plusieurs mois. Lorsqu’il n’est pas en voyage, chaque dimanche matin, à l’aube, Antonio SOUARE saute dans son 4×4 et prend la direction de Dubréka. Au sortir de la ville, il emprunte le chemin de terre qui conduit à un vaste chantier d’une douzaine d’hectares, sur la colline de Yorokoguia. Sourire aux lèvres, il y note chaque détail, chaque nouvel aménagement, chaque avancée des terrains et des immeubles. Très vite, des membres du comité et des amis le rejoignent sous une paillotte où le maître de céans leur fait servir à boire et à manger. Alors, ceux qui le connaissent et l’écoutent voient naître au fond de ses prunelles une petite lumière de l’homme heureux. Le président du Groupe GBM et du Horoya savoure le plaisir de voir sortir de terre le futur « Centre Sportif et des Loisirs » éponyme qui a la vocation de devenir un modèle du genre pour tout le continent africain.

Ouverture programmée au plus tard en 2018

Il s’agit en effet d’un chantier « pharaonique », bâti sur 11 hectares suivant les plans dressés par Jean Roger LAURENCE du cabinet Arias de Dixinn. L’ensemble constitue le projet central du programme 2012-2018 dans lequel Antonio SOUARE a inscrit le développement du Groupe Business Marketing et l’émergence du club de son cœur, le Horoya AC, aux cimes du football africain. Le Centre de Yorokoguia répond à plusieurs vocations. Celle de devenir, grâce à un hôtel 5 étoiles et à un restaurant panoramique surplombant une piscine, un lieu prisé de détente et de fitness pour touristes haut de gamme. « Là, économiquement, il y’aura un retour sur investissement, ça va faire de Dubréka une grande destination. Vous savez, la plage de Bel Air n’est pas loin d’ici. Et, puis, nous sommes au pied de la Montagne du « Chien qui fume ». A partir de cette montagne, le circuit sportif qui sera créé va permettre aux gens de faire des randonnées et du VTT », soutient Antonio SOUARE.

En tête de ces futurs clients, les sélections nationales et clubs sportifs européens en quête d’un lieu de stage l’hiver. « Quand ils cherchent le soleil, ils pourront venir chez nous et y trouveront toutes les installations souhaitées, logeront ici en toute sécurité pour une semaine, 15 jours, ou un mois, le temps qu’ils voudront … »

A l’écouter, le Centre Sportif devrait permettre à la Guinée d’organiser des compétitions à l’échelle continentale. « Vous trouverez ici tout ce qui est administration du football, salles de musculation, trois terrains synthétiques d’entraînement aux normes de la FIFA, des fosses en sable et le grand stade que nous ouvrirons avec 5 000 sièges avant son extension à 15 000 places pour qu’on puisse abriter des compétitions internationales », poursuit le patron du Horoya AC.

Créateur d’emplois, le Centre devrait également s’avérer une aubaine pour les chômeurs. Antonio SOUARE explique : « Nous allons créer des centaines d’emplois pour des enseignants, des professeurs, des formateurs, des cuisiniers, des médecins, pour du personnel hôtelier… »

Académie Foot Talents de Guinée

Nouvelle étape pour l’Académie Foot Talents de Guinée. Dirigée par Ousmane Conté, connu sous le nom “OC”, la structure a officiellement inauguré son centre d’hébergement à Lambanyi, en banlieue de Conakry. Ce centre d’hébergement, désormais opérationnel, permettra à l’académie d’accueillir en résidence ses pensionnaires, favorisant ainsi un encadrement plus structuré, à la fois sportif, éducatif et humain.

Un engagement personnel porté par une vision

Lors de la cérémonie d’inauguration, le fondateur Ousmane Conté est revenu sur le parcours ayant conduit à la concrétisation de ce projet. « Si vous voyez qu’aujourd’hui on a eu le courage de faire ce boulot, c’est parce que ces jeunes m’ont encouragé. Ce sont eux qui m’ont donné la force. Mon staff technique m’a aussi épaulé. Je m’inspire d’une personne présente ici, Monsieur Malick Kébé, qui m’a accompagné dès mon arrivée dans le monde du showbiz.

Un outil essentiel pour le développement du football de base

Dans un contexte où les académies sportives se multiplient en Guinée, l’ouverture d’un centre d’hébergement représente un levier fondamental. Il ne s’agit plus uniquement d’initier des jeunes au football, mais de leur offrir un cadre de vie structurant, où la discipline, la scolarité et l’hygiène de vie sont intégrées au parcours sportif.

L'Académie KPC : Un Modèle d'Inspiration Européenne

À la lecture de votre ouvrage « Football et Formation », vos convictions sur le jeu sont solidement ancrées. En y regardant de plus près, l’ombre de deux grandes écoles du football comme le FC Barcelone et l’Ajax d’Amsterdam, plane sur la « recherche d’un idéal ». Dans quelle mesure pouvez-vous mettre en œuvre ces idées au sein de l’Académie KPC en Guinée ?

Effectivement, mes idées sont inspirées par le football flamboyant proposé à diverses époques par l’Ajax d’Amsterdam et le FC Barcelone. Malheureusement je n’ai pas pu me rendre sur place, c’est donc un travail mené par l’observation des matchs et les lectures sur le sujet. J’ai été aussi largement inspiré par des techniciens français que j’ai eu la chance de côtoyer comme Christian Gourcuff, Jean-Marc Guillou ou encore Régis Le Bris.

Ici, en Afrique et surtout en Guinée Conakry, dans le projet de l’Académie KPC, nous sommes partis d’une feuille blanche. C’est un atout immense pour construire les choses un petit peu à notre guise, selon nos idées inspirées de nos expériences précédentes, sans le poids d’un historique. Il a été toutefois nécessaire de considérer le contexte local pour s’adapter aux réalités du pays.

Ici, nous avons une flexibilité plus importante qu’en France où il y a parfois quelques obstacles qui se présentent au moment de prendre certaines initiatives et de mettre en place des choses qui peuvent paraître originales. La France est un pays très réglementé et normé.

Je pense notamment au poids des institutions, des démarches administratives et parfois des familles, alors qu’ici, l’éducation nationale est plus souple (la période scolaire s’étale sur 8 mois par exemple) et les familles nous confient leur enfant pendant les six années de l’académie avec une grande confiance.

Nos jeunes pensionnaires sont internes à l’Académie KPC dès l’âge de 12 ans, ce qui permet un aménagement de la semaine, de l’emploi du temps scolaire et sportif, qui n’est pas imaginable en France. En préformation, nos jeunes footballeurs s’entraînent ainsi 9 fois par semaine. Tout est une question de contenu.

Après deux expériences au sein de clubs professionnels en France, en quoi l’Académie KPC représente un terreau fertile au moment de transmettre les grandes lignes de votre football idéal ? Tout d’abord, la Guinée Conakry est un pays qui adore le football, qui vit le football. Pendant la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) et notamment quand l’équipe nationale joue, les villes s’arrêtent, personne ne travaille … Dès qu’il y a une retransmission des matchs de Premier League ou de la Ligue des Champions, dans la moindre boutique, il y a des télévisions allumées, des rassemblements au quotidien.

La Guinée est un pays qui aime le football, la population est très sensible aux gestes techniques et aux actions collectives mais le pays n’a pas développé une grande connaissance des aspects du jeu. Dans les matchs des petites catégories, le football proposé est assez technique avec la majorité du temps le ballon au sol, mais chez les adultes et notamment sur le plus haut niveau local, le football proposé est assez rudimentaire.

Selon moi, le football des jeunes en Guinée, est un terreau fertile, comme en France d’ailleurs, bien que notre pays ne soit pas uniforme sur l’ensemble du territoire sur cet aspect-là. Je suis issu de la Bretagne, qui est une région très dense footballistiquement avec beaucoup de clubs professionnels dans un petit périmètre.

Ma jeunesse c’est le FC Lorient de Christian Gourcuff mais aussi le FC Nantes de Jean-Claude Suaudeau, qui m’ont fortement influencé dans la construction d’une certaine idée du jeu. J’allais régulièrement voir les matchs à la Beaujoire, notamment la demi-finale de Ligue des champions contre la Juventus en 1996. Dans ma région, dans mon espace proche, j’avais ce contexte favorable au développement d’une certaine sensibilité au jeu.

L'impact des "Bundes" sur le Football Guinéen

La Guinée Conakry est un pays de football et surtout le pays des « Bundes » qui sont une institution dans les rues. En quoi cette pratique peut nourrir une certaine qualité du jeu et sur quels aspects de la formation des jeunes ? En Guinée, à partir de 17h00, quand le soleil est moins ardent, beaucoup de rues sont bouchées par les Bundes. Dès que vous sortez des artères principales, vous tombez sur des bundes, des mini buts métalliques placés au milieu de la rue, souvent construits par les forgerons du quartier et que les joueurs déplacent à leur guise.

Fréquemment, sur les routes, vous pouvez repérer au sol les lignes d’une petite surface de réparation, une ligne médiane avec un rond central. Les joueurs posent au milieu de la route leurs buts et quand une voiture passe, ils déplacent les buts et après son passage installent à nouveau le terrain pour continuer leur match.

Le Bundes, c’est un match de 4 contre 4 ou 5 contre 5 et ce type de jeu possède toutes les vertus du football de rue notamment pour les plus jeunes. C’est un ballon, deux mini-buts, des terrains irréguliers, parfois avec des trous sur la route. Les joueurs développent des qualités dans le jeu combiné, la maîtrise technique dans les petits espaces, les changements d’appuis.

Les joueurs acquièrent une grosse capacité d’adaptation sur des terrains qui ne sont jamais droits, avec des trous, des cailloux, ce qui réclame de l’agilité et de l’aisance motrice. Chez les plus jeunes, c’est un vrai plus et comme nous recrutons les enfants à l’âge de 12-13 ans, cela nous permet de capitaliser sur le football des bundes, avant que cela ne devienne un handicap.

Au-delà de cet âge, les jeunes footballeurs guinéens qui poursuivent dans ce mode de football, auront de grosses lacunes. Ils auront des manques importants dans la vision longue, à force de jouer dans des espaces réduits ou en club sur des terrains d’entraînement divisés par six par manque d’infrastructures. Ces joueurs sont très forts pour combiner, mais le jeu n’avance presque pas par manque de perception de la profondeur.

Autre écueil, les bundes ne permettent pas de frapper au but, il y a trop peu d’attaquants en Guinée, puisqu’ils ne tirent que dans des petits buts, ce ne sont donc pas des tirs, mais plutôt des passes dans le mini-but. Dans la même lignée, il y a trop peu de gardiens puisque le jeu se déroule sur des petits buts où le gardien est absent. Le domaine aérien, jeu long et jeu de tête, est également exclu de ce type de pratique.

Pour des joueurs de 16 ou 17 ans qui n’ont connu que la pratique des bundes, ce sera très compliqué de leurs permettre de devenir des footballeurs armés pour le haut niveau. Devant le but, c’est un vrai problème en Guinée, les terrains des clubs sont bien souvent en terre battue, les buts n’ont pas toujours de filet, les terrains n’ont pas de pare-ballon et régulièrement il n’y a que trois ou quatre ballons pour 30-40 joueurs. Vous imaginez bien qu’il n’y a jamais de travail de finition, peu importe que l’attaquant marque ou pas, il devra courir 40 mètres pour chercher le ballon.

Dans ces conditions, cela ne donne envie à personne de tirer ni à l’attaquant, ni à l’entraîneur … Une séance avec aussi peu de ballons, il est impossible que les joueurs répètent un minimum de fois pour progresser significativement. Il y a donc des carences sur le poste de gardien de but et d’attaquant en Guinée ! L’un et l’autre étant interdépendant.

Développer la Vision du Jeu : La Méthode de l'Académie KPC

Les jeunes guinéens jouent essentiellement dans des espaces réduits ce qui favorise une déperdition de la vision du jeu. Joan Vilà Bosch, grand formateur au FC Barcelone, affirme qu’il faut apprendre aux joueurs à regarder près quand le ballon est loin et à regarder loin quand le ballon est près. Comment l’Académie KPC organise ses contenus d’entraînement pour doter ses pensionnaires d’une vision de jeu indispensable dans la formation du joueur mais d’autant problématique dans la pratique des bundes ?

Si vous regardez un match de l’Académie KPC lorsque celle-ci est opposée à une académie locale, la différence est flagrante dans les intentions de passe verticale, notamment sur des passes au sol de 20 ou 25 mètres, qui franchissent des lignes pour trouver des joueurs libres dans les zones de lumière. Cela saute aux yeux, parce que la première chose que nous expliquons aux enfants, ce sont les bénéfices de cette orientation du jeu.

Ensuite, nous faisons un gros travail vidéo pour leur apprendre à percevoir les joueurs libres. Puis, la méthodologie développée sur le terrain, avec la mise en place de procédés, favorise ces décisions technico-tactiques. Une fois que les joueurs comprennent l’intérêt de ces passes, nous insistons sur la justesse de leurs choix, notamment dans les alternatives que réclament le jeu, parfois de contourner le bloc adverse, de le transpercer ou d’aller chercher un joueur dans leur dos.

La pertinence des choix et l’exécution technique sont indissociables. Nous travaillons notamment beaucoup sur les toros à 6 joueurs contre 2, mais avec différentes modalités pour marquer des points. En général, presque tout le monde compte les points en atteignant un nombre de passe, par exemple 10 passes sans interception rapporte 1 point aux joueurs en conservation. A l’Académie KPC, le nombre de passe n’est pas le plus important, mais le nombre de points que rapporte la passe.

Par exemple, si le joueur qui a le ballon joue avec son partenaire immédiatement situé à sa droite ou à sa gauche, l’équipe en conservation ne marque pas de point. En revanche, s’il parvient à jouer avec un partenaire qui n’est pas son voisin immédiat (contournement), les joueurs en conservation marquent 1 point.

La Formation des Éducateurs : Un Investissement Essentiel

En tant que directeur de l’Académie KPC vous fixez l’orientation générale et définissez les grandes lignes du style de jeu recherché. Est-ce qu’au même titre que les joueurs, les éducateurs souvent engagés au long cours doivent partager vos convictions sur le jeu et bénéficient-ils de la méthode KPC ?

Au début de notre entretien j’évoquais la notion de flexibilité et je vais l’illustrer à travers un exemple que je n’ai jamais vu en France, concernant les éducateurs. J’ai cette chance incroyable de pouvoir intégrer les éducateurs à l’Académie KPC 6 mois avant leur prise de fonction effective.

Depuis 2021, j’entraine au quotidien la première promotion, accompagné de mes adjoints. Deux ans plus tard, Maxime Tyteca, un éducateur français, nous a rejoint pour prendre en charge notre deuxième promotion. Il est arrivé ici au mois de janvier 2023 pour une prise de fonction au mois de septembre.

Pour la troisième promotion, nous avons procédé de la même manière avec Laurent Hatton qui est arrivé au 1er janvier 2025, pour une prise de fonction effective le 1er septembre 2025. Il a ainsi participé à toutes les étapes de détection des joueurs. Pendant 6 mois, l’éducateur est en immersion dans les groupes d’entraînement, puis anime les séances, s’imprègne de la méthodologie et de nos grands principes tout en participant activement au recrutement de la promotion dont il aura la charge.

Cette immersion offre des avantages sur le recrutement mais aussi d’un point de vue technique, elle permet notamment de visualiser les points d’étape des joueurs après 4 saisons à nos côtés et de situer la qualité de notre travail.

Par ailleurs, dans le modèle français des centres de formation, il y a souvent la cellule recrutement d’un côté et les staffs techniques de l’autre, ce qui est potentiellement une source de conflits. D’un côté les techniciens se plaignent de la qualité des joueurs recrutés ce qui explique les résultats obtenus ou la progression limitée de certains d’entre eux. De l’autre côté, les recruteurs se plaignent que les joueurs ne progressent pas, voire ne jouent pas et que la faute incombe aux techniciens qui ne travaillent pas bien.

Ici, à l’Académie KPC, le responsable de la promotion fait partie intégrante du processus de recrutement et il doit, au même titre que moi ou les recruteurs, assumer les choix des joueurs admis. Au fil du temps, après deux ou trois saisons, certains joueurs peuvent connaître une progression en deçà des projections imaginées, cela permet de relativiser ses choix et se remettre en question aussi. Il est plus facile d’accepter les limites de certains joueurs quand ils sont le fruit de nos choix et de notre travail.

Evidemment, ce fonctionnement réclame des moyens financiers, mais nous avons la chance d’avoir un Président fondateur qui a compris l’intérêt d’une telle approche anticipative sur les aspects liés au recrutement, à la méthodologie et à l’acclimatation à la vie locale pour les expatriés, au-delà de ses importantes capacités financières.

En France, les clubs professionnels disposent de budget XXL avec des ressources financières importantes (un peu moins cette saison sans aucun doute), pour autant je ne connais pas un club qui investit 6 mois de salaire pour intégrer des éducateurs six mois avant leur prise de fonction.

Enfin, nous avons formalisé l’intégralité de nos idées afin qu’elles s’articulent parfaitement entre elles. La formalisation possède deux grandes vertus, elle permet de laisser une trace du travail réalisé et facilite ainsi la transmission, mais elle permet également de se poser des questions sur nos pratiques afin de mettre du sens et de la cohérence à notre travail. Cette manière de faire aide à l’intégration et à la compréhension de nos collaborateurs.

Cultiver la Résilience et le Goût du Sacrifice

En Guinée, à l’ouest de l’Afrique, le quotidien de la plupart des joueurs est difficile, dans les besoins de première nécessité. Les garçons qui intègrent l’Académie KPC profitent de conditions extraordinaires éloignées de la réalité locale. Comment procédez-vous au quotidien pour cultiver la notion de dépassement de soi, de résilience, de goût du sacrifice chez les pensionnaires ? Autant de qualités fondamentales pour atteindre le haut niveau.

Effectivement nos pensionnaires sont logés, nourris, soignés, scolarisés, entraînés, éduqués, habillés, blanchis et cette question a fait l’objet d’une réflexion de notre part. Daniel Coyle, relève une caractéristique importante dans son livre, « Le talent code : On ne naît pas talentueux, on le devient ». Les foyers de talents étudiés présentent notamment comme caractéristique commune d’être des lieux qui ont tendance à être délabrés et sans attrait. Il y aurait un lien entre l’état négligé des lieux et les talents qu’ils révèlent.

C’est l’histoire de l’académie de tennis de Nick Bollettieri en Floride, de l’école de musique Meadowmount dans l’état de New York ou encore de l’académie de cyclisme de Sparte en Russie. Daniel Coyle qualifie ces lieux de « creusets ». Autrement dit, des endroits où l’environnement est rude, où les infrastructures sont basiques et où l’accès aux équipements est limité. Ils favorisent l’émergence de talents car ils poussent les individus à se dépasser, à être ingénieux et à développer une forte motivation intrinsèque.

A l’Académie KPC, nous avons pris conscience de ce phénomène et avons mis en place plusieurs stratégies pour cultiver la résilience et le goût du sacrifice chez nos pensionnaires. Nous leur expliquons régulièrement qu’ils ont une chance incroyable de vivre dans de telles conditions et qu’ils doivent en être reconnaissants. Nous leur demandons de respecter les infrastructures et le matériel mis à leur disposition. Nous leur inculquons également des valeurs de solidarité, d’entraide et de partage.

Nous organisons régulièrement des activités qui sortent de leur zone de confort, comme des randonnées en montagne, des bivouacs en forêt ou des actions de bénévolat auprès de populations défavorisées. Ces expériences leur permettent de prendre conscience de la réalité du monde et de relativiser leurs propres difficultés.

Enfin, nous mettons l’accent sur l’importance du travail, de la discipline et de la persévérance. Nous leur expliquons que le talent ne suffit pas pour réussir et qu’il faut se donner les moyens de ses ambitions. Nous les encourageons à se fixer des objectifs ambitieux et à se battre pour les atteindre.

Il est important de noter que cette approche ne se limite pas à l’aspect sportif. Nous accordons également une grande importance à leur éducation et à leur développement personnel. Nous voulons former des footballeurs de talent, mais aussi des hommes et des femmes responsables, capables de s’intégrer dans la société et de contribuer à son développement.

En conclusion, le développement des centres de formation de football en Guinée Conakry est un enjeu majeur pour l'avenir du football africain. Des initiatives comme l'Académie KPC et le centre sportif d'Antonio Souaré témoignent d'une volonté de construire des structures solides et adaptées aux réalités locales, afin de permettre aux jeunes talents guinéens d'éclore et de briller sur la scène internationale.

Afrique, Tournoi:Centres de formation de football

Tableau récapitulatif des centres de formation mentionnés

Centre de Formation Fondateur/Directeur Localisation Objectifs Principaux
Académie de Football Antonio Souaré Antonio Souaré Yorokoguia, Dubréka Former des footballeurs professionnels pour la Guinée et l'Afrique
Académie Foot Talents de Guinée Ousmane Conté ("OC") Lambanyi, Conakry Offrir un encadrement sportif, éducatif et humain structuré
Académie KPC Inconnu Guinée Conakry Développer la vision du jeu et cultiver la résilience

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