La collaboration entre le PSG et Jordan a ouvert la porte à un tout nouveau monde de croisement entre la culture de la sneaker et le football. Le PSG vient de remporter son huitième titre de champion en neuf ans.
Depuis leur sacre en Ligue des Champions - une première en 55 ans d’existence - comment résister à l’envie de revenir sur l’histoire de ce club qui n’a pas seulement forgé son identité sur le terrain mais l'a aussi façonnée à travers ses créations vestimentaires ?.

Les débuts d'une collaboration iconique
Tout commence en 1973, avec l’entrée en scène de Daniel Hechter, styliste et président du club. Son design sobre, élégant, inspiré de Mondrian et de l'Ajax Amsterdam, est aujourd’hui la signature visuelle du club.
Ce modèle dit « Hechter » devient instantanément l'ADN visuel du PSG, traversant les décennies sans prendre une ride. Dans les années 80, les sponsors apparaissent - RTL, puis Canal+ et Opel - sans bouleverser la ligne graphique.
L'influence de Michael Jordan et de la culture sneaker
À l'instar de Michael Jordan, qui a connu une trajectoire exceptionnelle et un succès pérenne, les baskets à son nom jouent dans une catégorie hors norme depuis le premier jour. « Les Jordan de Nike sont au sportswear ce que James Dean est au cinéma.
Symbole d'une 'coolness', elles sont devenues une icône de la pop culture au même titre que les Marilyn de Wahrol », affirme Paul Miquel, l'ancien rédacteur en chef de Sport & Style qui a proposé à l'artiste américain Daniel Arsham de réinterpréter les Jordan en sculpture pour la couverture du dernier numéro.
Quand la première Jordan sort, Nike n'est pas encore la griffe internationale d'aujourd'hui. Le jeune Michael Jordan traîne un peu des pieds pour signer son contrat d'ambassadeur.
Si spectaculaire que Nike décide de concentrer toutes ses actions de sponsoring sur sa seule et unique personne. Le contrat de cinq ans prévoit une rémunération annuelle de 500.000 dollars, une commission de 25% sur chaque paire vendue et, last but not least, la création d'une ligne vestimentaire Jordan lancée en 1988.
Le tout deviendra Jordan Brand, une marque complète et distincte de Nike en 1997. En février 1985, un courrier somme Jordan de cesser de porter ce modèle auquel il manque un des coloris de son équipe, sous peine d'une amende de 5.000 dollars à chaque infraction.
Quelques semaines plus tard, pour la sortie officielle des Air Jordan 1, Nike orchestre un spot télévisé avec des baskets censurées par deux rectangles noirs et, en voix off, un message expliquant que la NBA a banni cette paire, mais que rien n'empêche les fans de « MJ » de les chausser dans la rue. Un coup marketing qui va payer.
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La publicité est quelque peu mensongère car les baskets incriminées n'étaient pas des véritables AJ1. La première édition de l'Air Jordan s'écoule en un temps record.
En parallèle, Michael Jordan donne à voir une meilleure image du basket-ball et de la ligue américaine jusqu'alors empêtrée dans des histoires de drogue. Les matchs commencent à être retransmis en direct.
En 1990, Nike cale la sortie de sa version V sur le lancement de la série télévisée «Le Prince de Bel-Air». Au total, 180 épisodes au fil desquels le personnage de Will Smith, fan de rap et de basket-ball, apparaît souvent avec des baskets signées de la virgule ou du « Jumpman » - le logo à l'effigie du sportif.
Au début, les modèles sont exclusivement vendus outre-Atlantique. Puis, Nike ouvre sa distribution à l'international mais instaure le principe (toujours en vigueur) de produire moins que la demande.
En 1992, les Jeux olympiques de Barcelone sont un autre formidable podium pour la Jordan. L'équipe américaine rassemble les plus grandes figures de la NBA autour de « MJ ». On parle d'une dream team et elle survole la compétition.
D'ailleurs, on ne dit plus tennis, mais basket. « La Jordan est le symbole d'une époque, d'une mode très junior et pré-grunge, précise Pierre Hardy qui a été le premier designer de souliers à glisser une basket dans une collection de ville.
Avec la casquette, ce sont les deux archétypes de ce streetwear américain qui déferle alors un peu partout. Ils ont une nouvelle façon de bouger et de danser, une manière souple et athlétique de se mouvoir qui a à voir avec le jeu du basket-ball. »
Jordan Brand, qui conçoit toujours de nouvelles versions ultratechniques - la 36e du nom en 2021 -, se lance dans la réédition fréquente d'anciennes paires. « Elle est confortable, facile à enfiler et très peu chère en entrée de gamme… explique Pierre Demoux.
Bien plus qu'une chaussure de sport, la Jordan est aujourd'hui un objet du quotidien tout autant qu'un article de luxe, une pièce d'art, un produit de spéculation. »
Depuis sa réouverture en 2015, le Musée de l'Homme monte des expositions dans l'air du temps qui s'appuient sur les travaux de ses chercheurs. Avec «Sneakers», il est également question d'innovation, de performances et de confort de l'objet qui vient se glisser entre le pied et le sol.
Les premiers modèles en toile et caoutchouc remontent à un siècle, inventés par des fabricants de pneus qui cherchaient à se diversifier à l'heure des premiers sports et loisirs.
Air Jordan Legacy 312 Low : Un hommage à l'histoire
Certes, la Air Jordan Legacy 312 Low n’est pas la pièce la plus iconique de la nouvelle collection Jordan x PSG mais elle possède une histoire tellement particulière qu’il est intéressant de s’y attarder. C’est à l’été 2018 que la Air Jordan Legacy 312 a été dévoilée pour la première fois.
Un joli clin d’œil à l’histoire entre la filiale de Nike, Jordan, et le Paris Saint-Germain puisque la collaboration entre les deux entités a démarré quelques semaines plus tard. Adorateur de Jordan depuis son enfance, Don C était alors le propriétaire d’une marque de casquette tout en ayant touché avec parcimonie à l’univers de la Jordan.
« J’ai toujours pensé que je concevrais des Jordan, parce que j’en dessine depuis le CM1, par exemple. Je dessine des Jordan depuis l’âge de neuf ans. J’ai toujours aimé les Jordan ! Toute ma vie.
Et c’est en reprenant des éléments de différents modèles que cette paire a été imaginée. La Air Jordan III est quant à elle représentée par la semelle et la bulle Nike Air visible quand la tige rend hommage à la Air Jordan I.
Imaginée pour la première fois sur la base de cette Air Jordan Legacy 312, la sneaker issue de la collab PSG x Jordan arbore un coloris totalement inédit. Tandis que Nike est présent sur la sangle de fermeture, le logo Jordan est quant à lui sur la languette.
En revanche, le reste de la paire est customisée aux couleurs du club de la capitale.
L'évolution des maillots du PSG : Un reflet de l'histoire et de la mode
Depuis les créations de Daniel Hechter jusqu'aux collaborations Jordan, certaines tuniques du PSG s'arrachent aujourd'hui à prix d'or sur le marché du vintage.
Entre passion des collectionneurs et spéculation, ces tissus racontent une épopée qui dépasse le simple cadre sportif. On ne présente plus le Paris Saint-Germain, son Parc des Princes et ses supporters passionnés.
Certains modèles s'arrachent à des prix très élevés, et ce n’est pas simplement une question d’ancienneté : leur valeur dépend d’un subtil mélange de rareté, d’esthétique, d’histoire sportive et d’émotion.
Le design sobre, blanc avec bandes rouge et bleu, est immédiatement associé à cette épopée. D’un brun chocolat inattendu, il comporte un motif ton sur ton de fleurs de lys et Tour Eiffel évoquant les toiles de Louis Vuitton… sans que la maison n’ait jamais été partenaire ! Il est typique du début des années Canal+, période où le PSG passe dans une nouvelle dimension.
Spécificités :
- Design très 90s avec col boutonné
- Sponsor Commodore en blanc
- Flocages parfois très usés (sérigraphie fragile)
Le must ? La version « Commodore » Tourtel
Ce qui fait grimper les prix :
- Rareté : édition limitée, faible tirage, flocage joueur précis.
- Histoire : titres remportés, moments marquants (ex.
Voici un tableau récapitulatif des éléments qui influencent la valeur des maillots du PSG :
| Facteur | Description |
|---|---|
| Rareté | Édition limitée, faible tirage, flocage joueur précis |
| Histoire | Titres remportés, moments marquants |
| Esthétique | Design unique et attrayant |