L'Histoire et l'Influence du Football dans le Club de Saint-Nicolas

L'histoire du football est intimement liée à des aspects religieux, notamment en France où le catholicisme a joué un rôle significatif dans son développement. Le club de Saint-Nicolas, comme beaucoup d'autres, s'inscit dans cette histoire riche et complexe.

Pierre de Coubertin, figure clé du renouveau des Jeux Olympiques, a été influencé par les valeurs morales et spirituelles du sport.

Les Racines Religieuses du Football

L’invention britannique du football est bien connue, son extension internationale et son rayonnement mondial également. Ses liens avec le fait religieux le sont moins mais les avancées historiographiques de l’histoire du football les ont fait se croiser.

Au XIXe siècle, l'expansion du football sur le continent européen l'a mis en contact avec le catholicisme, alors confession majoritaire en France. Ce jeu viril véhiculait pour nombre de jeunes prêtres et de jeunes garçons des patronages un système cohérent de vertus morales. Il pouvait être considéré comme une activité à promouvoir pour faire face à une République anticléricale.

Le temps des patronages a donc permis de multiplier les clubs, les infrastructures, les institutions officielles et leurs dirigeants. Le catholicisme français s'est allié avec le football et a contribué largement à sa promotion sur le territoire français, délaissant le rugby. Malgré une intense sécularisation au second XXe siècle, les rapports avec le football n'ont jamais cessé. Les joueurs eux-mêmes revendiquent une foi personnelle et des pratiques religieuses visibles.

On sait désormais que, parmi les premiers clubs anglais, certains ont été promus par des ecclésiastiques ou des fondateurs profondément croyants dans les valeurs morales et spirituelles de l’exercice physique qui se sont déployées au sein des publics schools. Ceux de Bolton, Everton, Fulham ont été créés dans le cadre des « écoles du dimanche » des Églises protestantes et évangéliques.

Le Football et les Patronages Catholiques

Le catholicisme social qui se déploie dans l’hexagone, oriente ses œuvres en particulier auprès des ouvriers et des jeunes dans un impressionnant « feuilletage militant ». Dès le second XIXe siècle, de nombreuses paroisses urbaines développent des structures d’accueil soucieuses de proposer un encadrement autour d’activités physiques. L’une d’elles sera le patronage qui marquera pour longtemps la pastorale de l’Église de France.

À peine 200 vers 1870, ils sont plus de 4 000 en 1900. Avec eux, se déploie un véritable « sport catholique ». On parlera pour l’histoire du football en France du « temps des patronages ».

Une équipe de football de Saint-Nicolas.

Monter une équipe, trouver un terrain et organiser des matchs conditionnent souvent la vitalité d’une paroisse pour attirer la jeunesse masculine. Sur les terres catholiques de Bretagne, le football a été très vite une aubaine pour les jeunes vicaires. Michel Lagrée fut un des premiers à souligner cette connivence du football avec la culture catholique. Le cas breton est ici exemplaire.

À l’Est, en territoire annexé d’Alsace et de Lorraine, l’Église catholique cherche également par les patronages à reconquérir la jeunesse ouvrière. Les curés alsaciens n’hésitent pas à fonder et animer des équipes de football comme l’abbé Hauss en 1910 pour le FC Dornach près de Mulhouse.

Figures Clés et Initiatives

Dans la capitale, les patronages sont nombreux. Vers 1895, dans les beaux quartiers de Paris, le patronage de la paroisse St-Honoré d’Eylau adopte les règles de l’association et fonde un club dirigé par le curé et composé rapidement de deux équipes entraînées par le vicaire.

Un chirurgien de l’hôpital Broussais, Paul Michaux, venu de Lorraine et réfugié à Paris, cherche à faire la promotion de la bonne hygiène de vie parmi la jeunesse. Catholique engagé dans la conférence Olivaint à destination des étudiants et président du patronage de la paroisse Notre-Dame de Javel, il organise des concours de gymnastique et des compétitions sportives entre patronages. Dès 1898, le succès est au rendez-vous.

Il en structure l’organisation autour d’une Fédération Gymnastique et Sportive des Patronages de France (FGSPF) dont le premier tournoi de football se tient en 1901. Deux ans plus tard, elle rassemble une quarantaine de sections de football. Vers 1913, 600 équipes affiliées joueront chaque dimanche.

L'A.J. Auxerre : Un Exemple Marquant

Là, il faut faire mention de l’A.J. Auxerre. Chacun connaît l’aventure dans laquelle s’est lancé l’abbé Ernest Deschamps, fondant en 1905 l’Association de la Jeunesse Auxerroise affiliée à la FGSPF. Il choisit lui aussi en 1909 les couleurs mariales du bleu et du blanc pour son équipe. Son nom reste toujours attaché au club et au stade de la ville.

Nombreux seront donc les prêtres de sa génération à croire aux vertus morales et spirituelles que pouvaient véhiculer les règles du football auprès de la jeunesse.

Charles Simon, Henri Delaunay et Jules Rimet : Piliers de l'Institutionnalisation du Football

L’un d’eux, Charles Simon, ancien membre du patronage d’Honoré d’Eylau, devenu secrétaire de la FGSPF, est un permanent soucieux de promouvoir le football et ses clubs. Il s’emploie à contrer le rugby, là où il est pratiqué, car jugé trop brutal et trop nombreux (XV). Il participe à la création en 1907 du Comité Français Interfédéral (CFI), préfigurant la future fédération française (FFFA), dont le siège est celui de la FGSPF.

C’est là que sera décidée en 1917 la création de la Coupe de France qui prend le nom de Charles Simon, mort au champ d’honneur en 1915. Son successeur est Henri Delaunay, lui aussi venu du même patronage et jeune dirigeant du club de l’Étoile des Deux Lacs. Secrétaire de la FGSPF, il administre aussi le CFI qui devient en 1919 la FFFA.

Parfaitement bilingue, il est appelé l’année suivante à la Fédération Internationale de Football Association (FIFA). Parmi ses idées, il y a celles concernant la création de compétitions internationales. Dans le même temps, il partage avec son président Jules Rimet le principe d’une coupe du monde.

Charles Simon, Henri Delaunay et Jules Rimet ont donc été des promoteurs infatigables de l’institutionnalisation du football à l’échelle nationale mais également mondiale. Leur foi catholique soucieuse d’une vision universelle et de paix entre les peuples les a conduits à une mission civilisatrice au même titre que les religieux(ses) missionnaires déployé(e)s sur tous les continents par l’Église.

Le « temps des patronages » a donc largement participé à la construction du succès populaire que rencontre le football en France. Il coïncide avec l’avènement d’une école de pensée qui est celle du catholicisme social puis d’une pastorale en direction des jeunes.

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Le Vatican et le Football

Rome fut attentive au déploiement du « sport catholique » et du football en particulier. Charles Simon fut reçu plusieurs fois en audience par le pape Pie X. Son successeur Pie XI accueillit régulièrement les représentants de la FGSPF. Mais ce fut surtout Pie XII qui ouvrit les portes du Vatican aux équipes de joueurs, d’abord italiennes dans l’immédiat après-guerre mais aussi argentine comme River Plate en 1949, écossaise avec le Celtic en 1950, parfois française pour le CO Roubaix-Tourcoing en 1948 soutenu par la famille Prouvost et les grands patrons catholiques du Nord.

À l’occasion de la Coupe du monde au Chili en 1962, ce sont les valeurs de « fraternité universelle » et de « concorde entre les nations » qui sont célébrées dans le message qu’adresse le pape Jean XXIII.

Dirigeants et joueurs multiplieront les demandes d’audience sous les pontificats de Paul VI et de Jean-Paul II mais les délégations françaises ne seront pas les plus nombreuses, témoignant du processus de détachement qui affecte le catholicisme français à partir des années 1960.

La Nicolaite Football : Une Saison de Consolidation

Le vendredi 12 juillet dernier s’est tenue au club house du stade de Saint-Nicolas-de-la-Grave, l’assemblée générale annuelle de la Nicolaite Football en présence de Bernard Bouché, maire de la commune, et Nadine Dupouy, adjointe aux associations. L’occasion de présenter le bilan moral, sportif et financier du club pour la saison 2023-2024 qui aura été une saison de consolidation pour le club, qui en outre bat son record avec désormais 316 licenciés le positionnant le deuxième club du département, et de nombreuses coupes et trophées ramenés "a la maison" malgré des changements d’entraîneurs survenus au cours des mois.

Le club réalise une belle progression sportive, la section "loisirs" poursuit sa dynamique, les séniors féminines sont confirmées et de beaux résultats de l’école de foot U 15 et U 7. Le club travaille sur son identité et son image reconnue positive à l’égard des autres clubs. C’est aussi cette saison que le club s’est vu délivrer le label jeune remis personnellement, ce qui est un honneur, par le résident de la Ligue.

L’organigramme de la saison 2024-2025 est en place. Bernard Bouche, maire de la commune, a rappelé les travaux qui allaient être réalisés sur le complexe sportif avec la rénovation des vestiaires, la pose d’une pelouse synthétique sur le terrain d’honneur et la création d’un foot salle, afin de valoriser les équipements, le tout devant être opérationnel pour août 2025. Durant cette période, la Nicolaite Football va devoir s’adapter.

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