Capteur GPS au Rugby : Fonctionnement et Avantages

Si vous regardez régulièrement le Top 14 ou que vous avez suivi la dernière Coupe du monde de rugby, vous avez sans doute remarqué une petite bosse sur le dos des joueurs. Non, rassurez-vous, les rugbymen ne souffrent pas de malformations physiques ! Il s'agit en réalité d'un boîtier contenant un capteur GPS et d’autres outils de mesure.

Arrivés dans le rugby professionnel au cœur des années 2000, les outils technologiques de captation de données se sont démocratisés dans les clubs et les sélections. Pas à un paradoxe près, le rugby se veut à la fois conservateur et résolument moderne, fier de ses valeurs ancestrales mais toujours prêt à évoluer pour grandir.

Longtemps avant le football, il fut un pionnier de l’assistance vidéo au soutien des arbitres. Un peu décalé, aussi, au moment d’utiliser des voitures télécommandées pour emmener plus rapidement le tee au buteur. Son esprit d’ouverture l’a naturellement tourné vers les avancées technologiques pour avancer lui-même. Au sens figuré comme au sens propre du terme en ce qui concerne les joueurs.

Pour mieux les accompagner dans leur quête de performance et de développement, des machines ont investi les centres d’entraînement. Fini le temps où les champions du rugby à papa n’avaient que la balance et le chronomètre comme seules références.

Positionnement d'un capteur GPS entre les omoplates d'un joueur de rugby.

Fonctionnement des capteurs GPS

L’appareil électronique contient un capteur GPS et d’autres outils de mesure. Il enregistre des données de performance, comme la vitesse et les accélérations des rugbymen. Ces datas peuvent être collectées en direct par les staffs techniques et les analystes des différentes sélections et clubs.

Ces datas peuvent être collectées en direct par les staffs techniques et les analystes des différentes sélections et clubs. Elles sont également utilisées entre les matchs et les entraînements, afin de présenter des rapports aux joueurs, de déceler leurs points forts ou leurs axes de progression.

Avec un boîtier GPS dans le dos toute la semaine, impossible de mentir ni de se mentir. Que ce soit le nombre de kilomètres parcourus, les variations de la fréquence cardiaque, le nombre de sprints… tout ou presque est mesuré et termine dans l’ordinateur du préparateur physique et de l’entraîneur.

Et si ce boitier connecté est placé dans le dos, entre les omoplates, c’est pour une raison bien précise ! À cet emplacement en effet, le capteur ne risque pas de blesser un joueur. Si un rugbyman tombe sur le dos, sa musculature et ses trapèzes feront que le boitier n’entrera jamais en contact avec le sol, même en cas d’empilement.

Le capteur pèse environ 70 g et il est placé de façon plutôt astucieuse. « Ce n’est pas du tout gênant, a promis Émilien Gailleton, réserviste du XV de France, à la République des Pyrénées. Parfois, quand on est sur le dos, on peut le sentir, mais de toute façon, on est dans le match. »

Avantages des capteurs GPS

Les entraîneurs ont ainsi connaissance de la distance parcourue par leurs poulains. Ils récoltent aussi des données concernant leur état physique, comme la fréquence cardiaque. Pratique, lorsqu’il s’agit de choisir un élément à remplacer en cours de partie.

Toutes ces informations sont directement transmises aux préparateurs physiques de l’équipe, chargés de les analyser sur leur ordinateur et de les partager avec le staff.

Influence sur le jeu et l'entraînement

Pendant les matchs, ces données permettent aux entraîneurs de connaître des statistiques importantes pour adapter une stratégie ou faire entrer des remplaçants. Et durant les entraînements, elles servent à déceler les éventuelles faiblesses d’un joueur et, à long terme, de mieux gérer l’intensité des préparations.

De quoi influer sur le choix des hommes selon l’adversité et les conditions climatiques : "Sur des matchs de très haute intensité avec des temps de jeu effectifs de 37-38 minutes, l’entraîneur peut savoir quels joueurs vont piocher en fin de première et de seconde période. Et donc mettre plus de temps à se replacer et potentiellement ouvrir des brèches à l’adversaire.

Au très haut niveau, on parcourt en match environ 150 mètres par minuteIntéressantes pour le match, elles le sont aussi et même surtout en amont, afin de prévenir les blessures et de tirer le maximum d’un groupe : "Au très haut niveau, on parcourt en match environ 150 mètres par minute. Du coup, lors d’une séance d’entraînement intense de 30 à 40 minutes, les joueurs doivent aller au-delà pour atteindre cet objectif.

Sur une séance, il y a une cible d’intensité et de dépense énergétique à atteindre pour chacun. Celui qui ne l’atteint pas peut faire 15 minutes de rab avec le préparateur physique afin de rentrer dans les objectifs".

Et l’entraîneur de bénéficier d’un levier pour piquer son joueur en cas de méforme : "Quand j’entraînais en Angleterre, je me souviens d’un ouvreur qui avait été bon dans le jeu sur le premier match mais son pourcentage de réussite au plaquage avait été catastrophique, se rappelle l’ancien capitaine des Bleus.

Je lui avais dit : 'Si je sors la stat’ devant tout le groupe, les mecs ne voudront plus jouer avec toi. Donc on va te donner quelques clés et de ton côté, tu feras des extras dans la semaine pour bosser ta technique de plaquage'. Au match suivant, l’ouvreur en question s’était effectivement envoyé".

Évolution des données collectées

Au fil des années, les données récoltées se sont diversifiées. Les outils de mesures aussi, avec l’arrivée récente du drone, qui permet d’analyser et de corriger les placements et les positions en mêlée. Dans leur quête de performance, les staffs vont toujours plus loin dans le détail : "Une nouvelle donnée a pris de l’importance, c’est le temps passé au sol.

Un joueur qui reste au sol est inutile. Celui qui est dans le rouge, met la ronfleuse, a du mal à se relever et à se remettre dans le jeu se pénalise et pénalise l’équipe. Au haut niveau, il doit pouvoir plaquer ou se faire plaquer et se remettre tout de suite debout pour se rendre de nouveau disponible. Les All Blacks ou les Anglais sont très exigeants sur ce point". Pour un rugby toujours plus efficace qui repousse ses limites chiffres à l’appui.

La France s’y est mise sur le tard"On a été un peu les derniers à s’adapter aux nouvelles technologies, raconte Philippe Saint-André, ancien sélectionneur du XV de France de 2012 à 2015. Pourquoi ? Parce que cela représente des coûts supplémentaires.

Pour un effectif de 32 joueurs, il faut acheter 32 GPS. Si on veut bien utiliser ces GPS, il faut un employé à temps plein pour récupérer les données et les exploiter. Tout cela représente de l’argent et ce n’était pas la priorité des présidents de club il y a une dizaine d’années. Les Anglo-Saxons et les Neo-Zélandais ont pris donc pris un coup d’avance sur nous. C’est maintenant rentré dans les mœurs".

Pour les joueurs, le mot révolution n’est pas galvaudé. "Quand j’étais sélectionneur, raconte Saint-André, je notais de grosses différences entre les joueurs issus de clubs où on court beaucoup à l’entraînement comme Clermont et ceux issus de clubs où on court beaucoup moins.

Cela pouvait aller de celui qui était fatigué s’il faisait 4 kilomètres dans la semaine à celui qui était en sous-entraînement s’il n’avait pas fait ses 8 kilomètres".

Exemple de solutions GPS pour le rugby

Il existe plusieurs solutions GPS adaptées aux besoins des équipes de rugby, notamment :

  • Pack Équipe PitcheroGPS : Un outil simple, flexible et prêt à l’emploi pour toutes les équipes, quel que soit leur niveau. Facile à mettre en place et à utiliser, ce pack permet aux clubs, écoles et universités de suivre les performances des joueurs en quelques clics via une application intuitive. Compatible football, rugby et hockey, il s’adapte à chaque sport, chaque joueur, chaque besoin.
  • Catapult : Une marque reconnue pour ses solutions technologiques permettant d’améliorer la performance des athlètes grâce à l’utilisation de trackers GPS et d’outils d’analyse vidéo. Le Catapult One est la gamme phare de Catapult, offrant des données de performance telles que la vitesse, la distance parcourue et les accélérations.

En conclusion, les capteurs GPS sont devenus des outils indispensables pour le rugby moderne, permettant d'améliorer la performance des joueurs, d'optimiser les stratégies d'équipe et de prévenir les blessures.

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