Les affiches de la finale du tableau masculin et féminin des Jeux Olympiques de Paris où seront aux prises la Suède et l'Allemagne, et le Brésil et le Canada, témoignent d'une tendance qui se confirme. L'hégémonie des États-Unis (11 médailles, 7 titres) partagée avec le Brésil (13 médailles, 3 titres) est titillée par de nouveaux aspirants.
Chez les filles, les paires canadienne Melissa-Brandie (victorieuse de la Suisse 2-1 :14-21, 22-20, 15-12) et brésilienne Ana Patricia-Duda (vainqueure des Australiennes 2-1 : 20-22, 21-15, 15-12) se sont hissées en finale.
Les Canadiennes auront l'occasion de décrocher le tout premier titre olympique de l'histoire de leur pays tous genres confondus. Grâce à ces dernières, le Brésil s'évite l'affront de Tokyo où il n'avait présenté aucun duo en finale, ni chez les hommes, ni chez les femmes. Ana Patricia et Duda auront la lourde tâche de chasser la malédiction qui a vu leurs prédécesseures trébucher sur la dernière marche à Sydney, Athènes et Rio. Il faut remonter à Atlanta pour voir le Brésil être couronné chez les femmes (les garçons l'ayant été en 2016 et en 2004).
BEACH-VOLLEY JO 2024 - Ana Patrícia Ramos et Eduarda Santos Lisboa remportent le titre chez les femmes, au terme d’un immense combat. Contre Brandie Wilkerson et Melissa Humana-Paredes qui auront longtemps fait douter la meilleure paire du monde, avant de céder (26-24, 12-21, 15-10).
Un match intense dès le départ
Le premier point de cette finale est pour la paire canadienne Melissa Humana-Paredes et Brandie Wilkerson. Qui prennent le match par le bon bout, avec notamment des coups gagnants et un ace dans la foulée. Particulièrement Melissa Humana-Paredes, qui distille quelques missiles que ne peuvent contrôler les deux Brésiliennes. Et Brandie Wilkerson s’y met aussi. Et les Canadiennes mènent rapidement 7-2, avec trois attaques gagnantes pour chacune des deux joueuses. Ana Patrícia Ramos essaye de se révolter, avec beaucoup de hargne, elle et Eduarda Santos Lisboa, sont débordés en ce début de set. Et la paire Canadienne mène 11-5. Chaque point brésilien est tout de suite puni de deux ou trois points canadiens. Mais commencent aussi à trouver des solutions offensives. Et reviennent à un petit point (16-17). Et passent même devant, dans la foulée. Que ce soit Ana Patricia Ramos ou Eduarda Santos Lisboa, chacune peut faire la différence (7 attaques gagnantes chacune à ce moment du set), alors qu’offensivement, le Canada est désormais porté par Brandie Wilkerson (11 attaques gagnantes dans le set). Cette fin de set est folle, quatre balles de set pour les Brésiliennes, deux pour les Canadiennes.
Le premier set était engagé, le second le sera tout autant. Mais, détachées en début de première manche, les Brésiliennes ne lâchent plus rien (6-6). Et sont dorénavant héroïques en défense, pour déborder les Canadiennes, qui trouvent de moins en moins de solutions. Et qui sont obligés de prendre des risques. Qui payent, car au cœur de la seconde manche, les Canadiennes, qui ont retrouvé leur agressivité, font un mini break (13-10). Melissa Humana-Paredes est exceptionnelle en défense, Brandie Wilkerson exceptionnelle en attaque (8 des 11 attaques gagnantes à la moitié du set). Les bombes pleuvent sur les Brésiliennes, qui sont débordées (17-11). Elles font finir par un 4-1 pour égaliser à une manche partout.
Les Brésiliennes menaient 9-7 et ont encaissé un 14-3. Mais le propre des champions, c’est aussi de trouver des solutions. Ce que font Ana Patrícia Ramos et Eduarda Santos Lisboa. Qui prennent rapidement la main dans ce set décisif. Elles mènent 5-2 et 6-3. Après avoir pris la marée dans le second set. Quelle résurrection. Et désormais, les bombes viennent des deux Brésiliennes, qui enchaînent les coups gagnants. Notamment de Santos Lisboa, qui a marqué cinq coups gagnants sur les huit premiers points de ce set décisif. Il n’y a plus photo. Même si les Canadiennes enchaînent deux points. Et il y a même de la tension entre les deux duos. Et les Brésiliennes s’offrent 5 balles de match (14-9). Les Canadiennes en sauveront qu’une seule. Avant de plier.
Vendredi 9 août au soir, l’air s’est raréfié au stade éphémère de la tour Eiffel, alors qu’une dispute éclate entre les finalistes du tournoi féminin de beach-volley. Le Canada et le Brésil sont au coude à coude (1 set partout), les esprits se sont échauffés entre les Brésiliennes Ana Patricia Silva Ramos et Eduarda Santos Lisboa et les Canadiennes Melissa Humana-Paredes et Brandie Wilkerson. Quelques minutes avant ce moment suspendu, Brandie Wikerson marque un ace et crie en direction des Brésiliennes, le coup d’après, Ana Patricia lui rend coup pour coup, marque et la regarde fixement. Les choses ont commencé à s’échauffer, Brandie tente d’expliquer qu’elle criait vers sa mère, située dans la tribune derrière ses adversaires… Mais rien n’y fait, les finalistes en viennent presque aux mains, retenues par l’arbitre qui essaye de calmer les choses.
Une finale est toujours un moment de grande intensité, et c’est encore plus vrai lorsqu’il s’agit des Jeux Olympiques, avec la possibilité de décrocher l’or au pied de la Tour Eiffel. Chaque équipe ayant remporté un set, la tension était à son comble dans le troisième set décisif. Les choses ont pris une tournure plus agressive lorsque les joueuses se sont vivement confrontées au filet. Une dispute a notamment éclaté entre Ana Patrícia Ramos et Brandie Wilkerson. L’arbitre semble désemparé et distribue deux cartons.
Le tube de John Lennon apaise les tensions
C’était sans compter l’éclair de génie du DJ présent à l’Arena. La personne qui est finalement parvenue a faire redescendre la tension est… le DJ du stade. Alors que le ton montait en finale du beach-volley féminin samedi, le DJ a décidé de lancer le tube de l'ancien membre des Beatles pour apaiser les tensions. Un moment de grâce.
Alors que le Canada et le Brésil étaient au coude à coude (un set partout) en finale du tournoi féminin beach-volley, samedi 9 août, une dispute a éclaté entre, d'un côté, les Brésiliennes Ana Patricia et Eduarda Santos, et de l'autre, les Canadiennes Melissa Humana-Paredes et Brandie Wilkerson. Pour détendre l’atmosphère, ce dernier a diffusé "Imagine" de John Lennon, symbolisant la paix et l’amour. Dès les premières notes, un large sourire s’est dessiné sur le visage de Brandie Wilkerson, rapidement suivi par les autres joueuses. Un hymne à la paix rapidement repris par tout le public dans une séquence qui a fait sourire les quatre joueuses, alors qu'elles venaient pourtant de recevoir chacune un carton jaune pour le moment de tension précédent. Tout rentre peu à peu dans l'ordre, malgré la célébration de Brandie Wilkerson pour son ace jugée outrancière par les Brésiliennes.
Puis vient la musique. Le sourire revient sur le visage des deux joueuses. Le public chante à l’unisson et d’une voix. « Imagine qu’il n’y a pas de pays, pas de raison de tuer ou de mourir. Et pas de religion non plus. Imaginez tous les gens vivant en paix ». S’il fallait encore une preuve que la musique rassemble les gens, la voilà.

Eduarda Santos Lisboa et Ana Patricia Silva Ramos, paire brésilienne victorieuse. (Oscar J. Barroso/Presse Sports)