De toutes les invasions subies depuis la nuit des temps par notre douce vallée de l'Ile de France, il est probable que celle ayant installée le rugby à Chevreuse, a été la moins brutale, la plus facilement accueillie, et la plus durable. Rétrospective de l'histoire du Club depuis sa naissance jusqu'à ses 111 ans.

Les Débuts du Rugby à Chevreuse
C'est à la fin du siècle dernier que quelques anglais venus commercer au Havre et à Bordeaux, ont inoculé le virus "RUGBY" à ce pays aux frontiéres mouvantes qui allait devenir l'"Ovalie". Comment nos jeunes Chevrotins, attaqués sur leur flanc nord, pressés sur leur aile sud-ouest, et de plus, déjà investis de l'interieur par quelques " Méridionaux " acquis à la cause, auraient pu résister ! Ils ne demandaient d'ailleurs qu'à succomber à ces empoignades modernes autour d'un ballon ovale au rebon imprévisible, lassés qu'il étaient de ces sempiternelles batailles au pied du château-fort, en reconstruction des échauffourées médiévales.
Cette invasion fut d'autant mieux acceptée que nos futés méridionaux aient la bonne idée, en important ce nouveau jeu de balle, d'y associer leur fameux cassoulet lors des fraternelles tablées d'aprčs match.
Situé au coeur de la vallée, Chevreuse surprend plus d'un visiteur par son charme et sa douceur mais ces visiteurs sont bien plus surpris à la vue des perches au beau milieu du parc des sports. - Quoi ? Le rugby s'implante durablement à Chevreuse.
Les Premiers Succès et la Montée en Puissance
Malgré tous les efforts déployés que de revers encaissés !
La récompense vient en 1928 avec l'obtention du titre de Champion de Paris 4ème série et une qualification pour le championnat de france.
Des rencontres disputées en Normandie, Pays de Loire, et Berry permettent au CAC d'acquérir une certaine renommée.
Le club grâce au dévouement de ses dirigeants et à la bienveillance de la municipalité voit son essor s'accentuer.
En 1932, le groupe est récompensé par le titre de Champion de Paris 3ème Série; ce titre qualifie Chevreuse pour disputer le Championnat de France; les représentants de notre cité reviennent victorieux de leurs rencontres les opposant successivement au Mans, Le Havre, Chalons et Verdun.
1938 est une des grandes années du C.A.C. Le couronnement de cette saison se concrétise par le titre de Champion de Paris 2ème série, et une qualification pour le championnat de France. Des matchs contre Nantes, Verdun, Vierzon et Bourges.
Dans une épreuve nouvellement créée : La coupe de France, le C.A.C. se taille une réputation nationale.
Chartres, Compiègne, Vierzon et Tours dans des joutes mémorables sont obligés de subir la loi de Chevreuse.
Cette époque coïncide en effet avec les nouvelles et modernes installations dont va se doter le Stade Municipal.
Mais la concurrence est rude, Rambouillet, Palaiseau, Arpajon, Versailles et autres possèdent également leur équipe de rugby.
L'École de Rugby et la Formation des Jeunes
Et bien non !
Cette politique de formation débutée vers 1965 se perpétue et l'école de rugby de Chevreuse grandit petit à petit.
Ils sont à la peine ces dirigeants de club en contact direct avec une jeunesse de plus en plus émancipée du fait d'une éducation qui a bien évolué depuis...
Ils sont à la peine ces responsables du C.A.C. mais la récompense arrive.
Les moments légendaires du Rugby !
Joffrey Delacour : Une Figure Emblématique
Malgré une courte infidélité, Joffrey Delacour reste l'une des figures emblématiques du CA Chevreuse.
A 29 ans, ce talonneur reconverti pour la bonne cause en troisième ligne aile fait partie de la bande de minots ayant permis au CAC de se construire un solide palmarès.
« J'étais de la bande de jeunes Philipponneau et Balandradre quart et demi-finalistes du Championnat de France », se souvient Joffrey qui poursuivra sur sa lancée avec un titre de champion de France seniors 1re Série, deux demi-finales PH et DH, avec au passage une succession de montées jusqu'en Fédérale 2.
Pas mal pour un gamin venu à l'ovalie complètement par hasard.
« J'avais toujours joué au football jusqu'à l'âge de 18 ans.
En fait, j'avais plus le gabarit pour faire du rugby que du foot (NDLR : 1,78 m, 90 kg aujourd'hui).
Puis un jour, deux copains m'ont proposé de venir faire un essai.
J'ai trouvé ça super, je signais le jour même ma licence », raconte Joffrey, dont les compères en question ne sont autres que ses coéquipiers actuels, Stéphane Thomas et Guillaume Barbeau.
Originaire de Cressely, le capitaine chevrotin a goûté à la Fédérale 2 avant même l'accession historique du club en fin de saison dernière.
« C'était de 2006 à 2008, sous les couleurs de Macon et de Lunel.
J'avais repris mes études à l'âge de 26 ans pour un BTS d'Å?nologie et une licence de commerce du vin.
» Diplôme d'Å?nologue en poche, Joffrey va mettre en pratique ses connaissances en ouvrant dans quelques jours sa propre cave à vins à Bures-sur-Yvette dans l'Esonne.
Joueur atypique dans un club qui l'est tout autant, le troisième ligne se montre lucide sur les capacités de son équipe à conserver sa place en Fédérale 2.
« On est un club à part où personne n'est rémunéré.
C'est notre force, mais aussi une faiblesse, notamment pour recruter.
Mais la convivialité qui règne est géniale.
Ici, le jeu prime souvent sur le résultat.
C'est une philosophie que j'apprécie », assure le joueur, avant un match difficile au Creusot.
« On connaît le style bourguignon, où le combat est très présent.
Il faudra donc répondre présent pour ramener un point, voire plus si l'on peut », indique Cyril Murier son coentraîneur.