Le Stade Rochelais a connu une ascension remarquable, passant d'un budget de moins de 10 millions d'euros en 2010, lorsqu'il évoluait encore en Pro D2, à près de 35 millions d'euros cette saison. Le club a lentement bâti un système économique « original », selon les mots de son directeur général, Pierre Venayre, ancien trois-quarts centre de ce club centenaire.
Loin du modèle des grosses écuries du Championnat, détenues par un propriétaire ou une entreprise mécène comme le Stade Français, Toulon, le Racing 92, Montpellier ou Clermont, La Rochelle s'est développée en se pliant aux règles d'une « économie réelle », à la manière du Stade Toulousain, son adversaire.
« On est tenus d'être à l'équilibre, c'est stimulant, explique Venayre, et le capital est réparti entre actionnaires et partenaires principaux. » Si Apivia, une complémentaire santé, reste le sponsor majeur - qui a financé le centre d'entraînement en 2016 -, le club fonctionne avec dix autres « gros » investisseurs et six plus modestes qui participent, pour la majorité d'entre eux, à la gouvernance. Ce groupe, dont fait partie le président Vincent Merling, patron de la marque de cafés du même nom, détient 65 % des actions.

La Billetterie : Un Pilier du Système Rochelais
Mais si d'autres clubs fonctionnent aussi avec des partenaires multiples, le vrai pilier du système rochelais reste la billetterie. Sur les 16 000 places du stade Marcel-Deflandre, 13 000 sont réservées à l'année : 10 000 par les abonnés, 3 000 par les 700 entreprises partenaires, une multitude de PME ou TPE qui ont investi modestement avec, en échange, une prestation privilégiée en tribunes.
Cette razzia sur les places a été déclenchée à partir de 2011, année où le club avait fait un aller-retour ProD2 -Top 14, quand les dirigeants ont compris les limites de leur fonctionnement. « On raisonnait comme un club de ville, poursuit Pierre Venayre, sans réaliser que notre attractivité pouvait s'étendre bien au-delà. C'est à partir de là qu'on a décidé d'être l'équipe d'un territoire bien plus vaste, qui allait de Nantes à Cholet, en passant par Angers ou Poitiers, un bassin qui rassemble aujourd'hui plus de 2 millions d'habitants. »
Aujourd'hui, 40 % des supporters de La Rochelle sont basés en dehors de l'agglomération, certains faisant deux heures de route pour venir aux matches dans une zone où il n'y a pas vraiment d'autre équipe de très haut niveau, tous sports confondus, et où le Stade Rochelais, double champion d'Europe en titre, est en situation de monopole.
Ambitions et Stratégies Futures
Reste l'avenir, et si la dynamique rochelaise inspire d'autres clubs, comme celui de Bayonne où on retrouve un engouement populaire comparable et une identité territoriale peut-être encore plus forte, les dirigeants maritimes, fiers de « montrer que n'importe quel club peut y arriver en travaillant bien », ne veulent pas s'arrêter là. Tous les ans, ils envoient des collaborateurs en immersion, souvent à l'étranger, dans de grands clubs ou de grandes entreprises, pour s'inspirer d'une idée, d'un détail. Venayre : « On cherche en permanence, notre philosophie est d'être curieux. »
À l'automne, ils dévoileront leur plan stratégique jusqu'à l'horizon 2030. « L'enjeu n'est plus de faire augmenter notre budget mais de le stabiliser, car nous avons suffisamment pour recruter de grands joueurs et offrir à tous les membres du club des conditions de travail de qualité, estime le DG. En revanche, on peut encore faire grandir la marque Stade Rochelais, loin d'avoir l'audience internationale de celle du Stade Toulousain. On va se concentrer sur la communication, le marketing. On a aussi une marge de progression autour de l'utilisation de notre stade.

Budgets des Clubs du TOP 14
Le TOP 14 a fait son grand retour après plusieurs mois d'absence et une longue attente pour les supporters et fans de rugby. Et comme à chaque intersaison, tous les clubs du championnat se sont renforcés avec des signatures de prestige. C'est notamment le cas pour le Stade Rochelais, le Rugby Club Toulonnais, le Stade Toulousain ou encore le Racing 92. Mais qui dit signatures de prestige dit forcément budgets réévalués.
Le célèbre site mêlant sport et business, Sportune, vient de dévoiler le classement des budgets des clubs du TOP 14 pour la saison 2022/2023 et les grosses écuries trustent toujours et encore les premières places. En tout et pour tout, c'est un budget total de 417,928 M€ qui s'affiche pour les 14 clubs de première division pour une enveloppe moyenne de 29,852 millions d’euros.
Classement des budgets des clubs de TOP 14 :
- Stade Toulousain (43,697 M€)
- Stade Français (41,378 M€)
- Rugby Club Toulon (38,290 M€)
- Lyon LOU (34,582 M€)
- ASM Clermont (32,506 M€)
- Stade Rochelais (30,804 M€)
- Montpellier Hérault Rugby (30,427 M€)
- Union Bordeaux-Bègles (29,672 M€)
- Racing 92 (29,399 M€)
- Section Paloise (24,541 M€)
- Castres Olympiques (23,406 M€)
- Aviron Bayonnais (21,621 M€)
- CA Brive (19,809 M€)